SOUFRE DES PYRITES
deux par jour. Le soufre, condensé en poudre impalpable, est retiré par la porte maçonnée dont il a été question; celui qui avoisine celte porte est ordinairement humide, on le lave avant de l’emballer, car il contient de l’acide sulfurique.
Soufre des pyrites. — On peut aussi retirer du soufre des pyrites ou bisulfure de fer, en les chauffant dans des cylindres d’argile à creusets, et les faisant communiquer a un récipient contenant de l’eau froide. Les frais de combustibles rendent ce soufre beaucoup plus cher que le soufre de Sicile; aussi a-t-on abondonné ce procédé.
Usages. — Le soufre sert à fabriquer l’acide sulfurique, la poudre, les allumettes, les mèches soufrées et divers autres produits. C’est avec lui qu’on obtient le gaz acide sulfureux, dont les usages sont si utiles et si répandus dans l’industrie. — On emploie l’acide sulfureux pour arrêter les incendies. La combustion des fleurs de soufre dans un espace bien fermé produit de très-grandes quantités d’acide sulfureux, gaz impropre à alimenter la flamme.
On désinfecte avec lui les lazarets, les vaisseaux, les casernes. (Lotions d’eau contenant de l’acide sulfureux.) On prépare aussi par son action sur les parois les tonneaux destinés à conserver le vin, la bière, les sirops et autres liqueurs fermentescibles. C’est en s’opposant au développement de la fermentation qu’il est utile dans la conservation des viandes.
Causes d’insalubrité. — Langer du feu et odeur très-désagréable. (Fabrication des fleurs, distillation et fusion.)
Quelquefois danger d’explosion. (Raffinage.)
Causes d’incommodité. — Dégagement de vapeurs d’acide sulfureux, nuisible quelquefois aux ouvriers et à la végétation.
Prescriptions. — Diriger les gaz produits vers des condenseurs pendant la distillation et la fusion.
Dissiper par une bonne ventilation les gaz qui s’échappent des appareils.
Fermer hermétiquement les chambres à condensation, et, après le refroidissement, les aérer avec soin, avant que les ouvriers y pénètrent. (Fabrication des fleurs.)
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Ne pas faire communiquer les creusets de fusion avec les foyers.
Opérer la fusion et la décantation sous un manteau de cheminée.
Donner à la cheminée une section et un tirage suffisants. — L’élever au moins à vingt mètres à partir du sol, afin de disperser dans l’air les gaz sulfureux provenant des combustions accidentelles et journalières du soufre. Ces gaz, mélangés à l’air humide, perdent de leur action et peuvent retomber sans grave inconvénient.
Construire en matériaux incombustibles et isoler complètement les chambres où s’opèrent la fonte et le raffinage du soufre.
Revêtir de plâtre les charpentes et toitures du bâtiment sous lequel se trouvent ces chambres.
Etablir au sommet de ces chambres une cheminée destinée à porter très-haut les vapeurs qui y restent après chaque opération.
Si l’on a besoin de débarrasser rapidement les chambres de toute vapeur sulfureuse, y verser ou y faire dégager du chlore. — (Consulter l’ordonnance de mai 1857 sur la vente du soufre en canon.)
Soufreries.
Dans un grand nombre d’industries, on a recours au soufre pour imprégner de ses vapeurs des substances très-variées. — Dans le but, soit de les blanchir, soit de les assainir, soit de s’opposer à leur fermentation s’il s’agit de matières organiques. On doit prendre pour la construction des soufroirs ou soufreries les mêmes précautions que pour celle des chambres à distillation et fusion du soufre, c’est-à-dire que les parois en seront faites en matériaux incombustibles, que l’air ne pourra y pénétrer, et que la cheminée qui donnera issue aux produits gazeux aura de vingt à trente mètres d’élévation, selon les localités. — On recommandera avec beaucoup de soin de ne pas aisscr pénétrer les ouvriers dans ces soufreries avant que toute