GLUCOSE (EXTRACTION DU SIROP DE FÉCULE DE POMMES DE TERRE
Terminer celle liolle par uii tuyau qui se rendra dans la cheminée à fumée.
Élever la cheminée de quinze à vingt cinq mètres, selon les localités et l'importance de la fabrique.
Construire la chaudière en cuivre munie d’un long bec, afin qu’en cas d'ébullition trop vive la mélasse soit déversée dans un refroidisseur en cuivre, placé près de la chaudière, et non dans un tonneau en bois.
Adapter à la chaudière un couvercle en bois et à charnières percé d'un trou qui reçoit un tuyau venant de l’étage supérieur et déversant la mélasse dans la chaudière.
N’avoir dans la fabrique aucun dépôt de bois, charbon ou matières inflammables.
Ventiler énergiquement les ateliers.
Glucose (extraction du siroj) de fécule de pommes de terre) (5° classe).
Détail des opérations. — La glucose , ou mieux ghjcose , constitue le sucre des fruits acides, et porte alors plus spécialement le nom de sucre de raisin; c’est aussi le sucre d’amidon extrait, soit du blé, soit du riz, soit de la pomme de terre. 11 existe plusieurs variétés de glucose; leurs propriétés sont sensiblement identiques quant à leur emploi dans l’industrie; comme elles ne sont pas l’objet d’un travail industriel, il n’en sera pas parlé.
La glucose est presque entièrement produite par l’industrie ; elle est trois fois moins sucrée et une fois et demie moins soluble à froid que le sucre de canne, elle peut cristalliser dans des conditions assez différentes; elle isole à l’étal d'oxyde rouge l’oxyde des sels de cuivre quand on la chauffe à l’ébullition; elle se colore en noir quand on la fait bouillir avec un alcali caustique ; ces propriétés distinguent facilement le sucre de canne de la glucose. On la trouve dans le commerce à l'état de sirop de fécule , de sucre en masse et de sucre granulé ; on la prépare par les procédés suivants :
De grandes et solides cuves, pouvant contenir environ cent vingt-cinq hectolitres et remplies aux deux tiers d’eau acidulée d’un trente-troisième de son poids d’acide sulfurique, sont chaut-
SUCHES.
fées par de la vapeur à haute pression, qui arrive par un tube en plomb contourné et percé de fentes pour donner issue à la vapeur. La fécule est mise par fractions de cent kilogrammes. Délayée dans un poids d’eau égal mis en réserve, on chauffe à l’ébullition en faisant arriver la vapeur ; on continue l’addition de la fécule jusqu’à concurrence de deux mille kilogrammes, et, trente à quarante minutes après la dernière addition, la réaction est terminée, ce que l’on reconnaît à ce que la teinture d’iode ne colore plus quelques gouttes de la dissolution prises pour essai. Pendant toute la saccharification, la cuve est couverte, la vapeur qui s’en dégage se dirige vers une cheminée d’appel.
Quand la saccharification est effectuée, on sature l’acide sulfurique, qui n’a éprouvé aucun changement pendant cette transformation, par du carbonate de chaux qu’on ne projette que par partie pour éviter une effervescence trop vive qui lancerait le liquide hors de la cuve : il se dépose du sulfate de chaux extrêmement peu soluble.
Quand le liquide est saturé, c’est-à-dire quand il ne fait plus effervescence par une nouvelle addition de carbonate de chaux, on laisse déposer pendant douze heures, on soutire et on filtre sur du noir animal en grains ; le sulfate de chaux est lavé, et l’eau de lavage sert à une nouvelle opération. Au sortir des filtres, le sirop se rend à des chaudières d’évaporation ; on le concentre à trente degrés, et on laisse déposer pendant un temps assez long le sulfate de chaux qu’il retient, puis on le livre au commerce à l’état de sirop.
Si l’on veut obtenir la glucose en masse solide, on concentre le sirop jusqu’à quarante degrés ; on le verse ensuite dans un rafraîchissoir où la cristallisation commence, on fait couler le sirop épais qui surnage dans des tonneaux où s’achève la solidification.
Si l’on veut l’obtenir en grains, on concentre à trente-trois degrés le sirop décoloré par le noir, on le prive de ses sels calcaires par le repos, on le verse le lendemain dans des tonneaux debout dont l’un des fonds est enlevé et l’autre percé de trous
DOCUMENT RELATIF A l'iNDUSTRIE DES SUCRES. 485
bouchés avec des faussets ; on ajoute une solution d’acide sulfureux au sirop pour prévenir la fermentation ; on laisse cristalliser. Quand la masse est aux deux tiers solidifiée, on enlève les faussets pour laisser couler le sirop interposé. On laisse égoutter ensuite sur du plâtre, qui absorbe facilement le liquide, et, à l’aide d’une étuve traversée par un courant d'air chauffé à vingt-cinq degrés, on arriveà unedessiccation assez parfaite en produisant très-peu d’agglomération.
La production de la glucose par la diastase a été détaillée au sujet de la fabrication de la dextrine.
On a renoncé dans les hôpitaux à l’usage du sirop de glucose, comme ayant une saveur âcre mal supportée par les malades.
Causes d’insalubrité. — Aucune.
Causes d’incommodité. — Fumée de la cheminée.
Écoulement des eaux qui ont servi à laver le sulfate de chaux.
Vapeurs désagréables pendant la saccharification.
Résidus.
Prescriptions. — Couvrir les chaudières où s’opère la saccharification.
Diriger les vapeurs dans une cheminée haute de dix à quinze mètres.
Condenser les vapeurs produites dans un serpentin.
Conduire les gaz non condensés sous le foyer et les brûler.
Ne pas mettre trop de carbonate de chaux à la fois dans les cuves, quand on veut transformer l’acide sulfurique, dans la crainte d’une effervescence trop vive du liquide.
Ne jamais garder des amas de charbon non revivifié.
Bien ventiler les ateliers où sont placées les chaudières à évaporation.
Ne jamais jeter les résidus sur la voie publique.
Document relatif à l’industrie des sucres.
CIRCULAIRE MINISTÉRIELLE RELATIVE A LA FABRICATION ET AU DÉBIT DE LA GLUCOSE.
(Du 20 octobre 1851.)
Monsieur le préfet, par une circulaire du 10 mai 1850, un de mes prédécesseurs a appelé l’attention sur la fabrication des sirops vendus dans le
suc: ; rcs .
commerce, et vous avez été invité à provoquer sur ce point la surveillance spéciale des écoles de pharmacie et des jurys médicaux.
Depuis cette époque est intervenue la loi du 27 mars 1851 , sur la répression des fraudes dans la vente des marchandises, et plusieurs fabricants ont été condamnés pour avoir composé des sirops médicamenteux autrement que ne le prescrit le Codex pharmaceutique, ou des sirops d' agrément sans y faire entrer les substances que leur dénomination indique.
L’emploi de la glucose au lieu de sucre a aussi motivé des saisies.
Ces mesures et ces condamnations ont donné lieu à des réclamations prés de mon département. Des fabricants m’ont demandé si, en annonçant dans leurs factures et sur leurs étiquettes la composition de leurs sirops, ils n’éviteraient pas l’inculpation de tromperie sur la nature de la chose vendue, et, comme ils alléguaient l'intérêt des consommateurs, qui profilent de la diminution de prix résultant de l’emploi des nouveaux procédés, leurs observations m’ont paru mériter une attention particulière ; mais, avant de m’arrêter à aucun parti, j’ai cru devoir prendre, au point de vue sanitaire, l'avis du comité consultatif d’hygiène publique.
Après examen de la question, ce comité vient de déclarer : 1° Qu'en aucun cas les sirops médicamenteux, tels que ceux de gomme, de guimauve, de capillaire, etc., ne doivent être préparés par d’autres moyens que ceux qui sont formulés au Codex, ce qui exclut l’emploi de la glucose en remplacement du sucre;
2° Qu’il doit être permis aux fabricants de vendre comme sirop d’agrément tels mélanges qu’ils jugeront convenables, pourvu que les dénominations sous lesquelles ils les vendent n’indiquent ni une préparation du Codex plus ou moins modifiée, ni une autre préparation que la véritable;
5“ En ce qui touche particulièrement la glucose, que l'usage n'en doit pas être interdit, mais que, pour éviter toute confusion, les sirops qui en contiendront devront porter la dénomination commune de sirop de glucose, à laquelle on ajoutera telle ou telle autre dénomination spécifique, pour les distinguer entre eux. Ainsi les étiquettes et les factures porteront : Sirop de glucose à la merise, à la groseille, au limon, à l' orgeat., etc., et de cette manière les fabricants n’auraient pas à redouter des poursuites pour fait de fraude ou de tromperie sur la nature de la chose vendue.
J’ai adopté, sur ces divers points, l’avis du comilé d’hygiène publique, et je vous prie, monsieur le préfet, de le porter à la connaissance des fabricants de sirops, des conseils d hygiène et de salubrité, et du jury médical ou de l’école de pharmacie, s’il en existe une dans votre département. Je vous serai, en outre, obligé de m’accuser réception de la présente circulaire.
Signe : Buffet.
On vend dans le commerce et chez Ions les distillateurs autorisés une liqueur rafraîchissante qui n’est autre chose que le sirop de fécule. Elle porte pour étiquette ces mots : Liqueur de
mélasse (distillerie de). 487
fantaisie à l’orgeat, à la groseille, à la gomme et au citron. — Celte mention doit toujours être faite.
Mélasse (Distillerie üe) (2' classe, par assimilation aux distilleries d’cau-de-vie).
La mélasse est un sirop très-épais, brun, incristallisable, contenant jusqu’à 40 ou 55 0/0 de sucre cristallisable et 22 1/2 0/0 de glucose. Elle marque quarante et un à quarantequatre degrés à l’aréomètre, elle sert à la production de l’alcool, à la fabrication du pain d’épices de Paris, de la bière, du caramel, enfin à fournir de la potasse et de la soude après la distillation de l’alcool. — La mélasse de cannes possède une saveur agréable, elle sert à l’alimentation comme piatière sucrée de basse qualité; il n’en est pas de même de celle de betteraves, qui est âcre et ne sert qu’aux usages précités.
Extraction du sucre des mélasses. — On a mis en pratique le procédé suivant pour extraire le sucre cristallisable des mélasses. On emploie le sulfure de baryum (obtenu en décomposant au rouge le sulfate de baryte par les quatre dixièmes de son poids de bouille), on dissout ce sel et précipite le sucre à l’état de sucrate de baryte, en présence d’un excès de sulfure de baryum destiné à en assurer l’insolubilité. On recueille le précipité, on le presse, on le lave sur un filtre et le décompose par un courant d’acide sulfureux pour avoir un sirop presque pur qu’on peut faire cristalliser par les procédés ordinaires ; s’il restait un peu de sel de baryte dans le sirop, on l’enlèverait facilement par l’acide carbonique et l’alun, en filtrant ensuite sur du noir.
Le sucre ainsi obtenu, étant atteint par les droits, ne peut plus être fabriqué avec économie.
Détail des opérations. — Les mômes, pour la distillerie, que pour les distilleries de genièvre. ( Voir, au mot Alcool , l’article Distillerie de jus de betteraves et de mélasse , t.l, p. 208 et 224.)
Causes d’insaludrité. — Aucune.
Causes d’incommodité. — Danger d’incendie.
Odeurs détestables — provenant de la calcination des vinasses.
sucres.
Écoulement d’eaux susceptibles d’entrer en fermentation.
Prescriptions. — Établir la distillerie dans un bâtiment isolé.
Placer les alcools dans un atelier séparé de la maison d’habitation par des murs en brique et sans autre ouverture que celle de la porte.
Placer au dehors de l’atelier de distillerie les portes du foyer du générateur et le cendrier.
Enduire d’une couche de plâtre ou d’une forte couche de mortier toutes les pièces de bois apparentes dans l’usine.
Conduire à l’égout par un aqueduc toutes les eaux de condensation.
Avoir une pompe à incendie et un réservoir contenant au moins cent hectolitres d’eau.
Ne circuler le soir dans les bâtiments qu’avec une lampe de sûreté.
Réserver une prise de vapeur sur le générateur, avec un robinet d'un diamètre suffisant, fonctionnant au dehors et aboutissant à l’atelier de distillation, afin d’atténuer les effets de l’incendie, le cas échéant, par l’expansion de la vapeur.
Etablir deux séries de bassins, — verser d’heure en heure un lait de chaux dans le premier bassin de manière à employer cent kilogrammes de chaux vive pour cent hectolitres de vinasse introduite ou de liquide mis en fermentation.
Faire pénétrer l’eau des serpentins réfrigérants dans le canal qui fait suite aux bassins de dépôt, et non dans les bassins mêmes.
Faire écouler les eaux de fabrique dans des caniveaux couverts, — quand ces eaux devront traverser une agglomération d’habitants.
Purification «le ln mélasse (5‘ classe).
Détail des opérations. — On fait évaporer du sirop de fécule jusqu’à ce qu’il ait acquis une consistance assez épaisse. — On mélange ce sirop avec des mélasses de sucre indigène pour diminuer la saveur âcre qui lui est propre.
On peut vendre alors ces mélasses pour [des mélasses de su-
bonbons (fabrique de) . 489
cre de canne. Mais il faut en indiquer l’origine et la préparation. Causes d’insalubrité. — Aucune.
Causes d’incommodité. — Fumce. — Cdcur cmpyrcumateuse. Prescriptions . — Cheminée haute en briques.
Ventilation active des ateliers.
Citernes à mélasse.
Inconvénients. — Fermentations accidentelles qui s’y développent quand elles sont exposées à recevoir des eaux qui, suintant par leurs parois, dissolvent une partie de la mélasse qui y est adhérente, et produisent ainsi des sirops de faible densité.
Prescriptions. — Laisser les citernes ouvertes ou les ventiler par une cheminée d’appel ou par une prise d’air déterminant un courant suffisant pour enlever les gaz de la fermentation, si elle a eu lieu.
Calcination tics résidus de fermentation de mélasse dans le but d'ol»tenir du carbonate de iiotusse (3* classe, par assimilation aux fabriques de caramel).
Détail des opérations. — Voir, au mot Potasse , l’article Carbonate dépotasse ( Fabrique de), t. II, p. 342.
Causes d’insalubrité. — Aucune.
Causes d’incommodité. — Pendant la décomposition des matières organiques, dégagement d’odeurs fort analogues à celles qui ont lieu dans les fabriques de caramel.
Prescriptions. — Les mêmes que pour les fabriques de caramel, t. II, p. 482.
Bonbons (Fabrique de) (soumise à l'inspection des conseils, à cause des matières colorantes dont les bonbons sont recouverts).
Détail des opérations. — Les bonbons se produisent sous mille formes différentes ; je ne dirai ici que quelques mots sur les dragées.
Les dragées sont constituées par du sucre aggloméré sous une forme arrondie par addition de couches successives. Elles contiennent à leur intérieur un noyau de la forme que la dragée doit avoir, qui est une amande, une pilule, un grain quel-
sucres.
conque, el souvent aussi des globules de sucre préparés par le confiseur, et qui portent le nom de nonpareilles. On met les noyaux dans une grande bassine en cuivre, suspendue au plafond au moyen de cordes attachées aux anses ; on les humecte uniformément d’une couche de gomme au tiers, en imprimant un mouvement en différents sens à la bassine, puis on y ajoute du sucre en poudre. On continue toujours de remuer, en ajoutant tantôt du sirop de sucre, tantôt delà dissolution de gomme; on ajoute souvent à cette dernière de l’amidon légèrement bleui pour donner de l’opacité aux dragées etalténuerla teinte jaune légère que prend le sucre pendant les manipulations. 11 faut pendant presque tout le travail chauffer légèrement le fond de la bassine, et sécher chaque couche de sucre, avant d’appliquer la suivante. A la fin, on remue longtemps sans addition d’amidon ni de gomme, de manière à lisser la surface ; cette opération porte le nom de glaçage. On ajoute quelquefois pendant cette dernière partie du travail une matière colorante, afin de modifier de diverses manières la couleur naturelle blanche des dragées.
Causes d’insalubrité. — L’introduction dans ces bonbons d’une matière toxique dans les différentes colorations qu’on donne à leur surface.
L’addition de fragments de poudre fulminante dans les bonbons appelés cosaques ou pétards.
Les diverses enveloppes colorées qui contiennent du cuivre, du plomb, de l’arsenic.
Prescriptions. — Prohiber d’une manière absolue les bonbons dits cosaques.
Se soumettre à toutes les ordonnance de police sur la matière, et spécialement à celle du 11 août 185‘2 sur les bonbons colorés.
Faire faire exactement, au moins une fois par année, la visite de tous les débits de dragées et bonbons par des membres du conseil d’hygiène. — (Voir, à la fin de l'article Sucres (Industrie des), les ordonnances et avis du conseil de la Seine, sur les Sucreries et Pastillages .)
Documents relatifs à l’industrie des sucres.
I. ORDONNANCE DE POLICE DU 22 SEPTEMBRE ISM, CONCERNANT LES LIQUEURS, SUCRERIES, DRAGÉES ET PASTILLAGES COLORIES.
1° Il est expressément défendu de se servir d’aucunes substances minérales, le bleu de Prusse et l’outremer exceptés, pour colorier les liqueurs, bonbons, dragées, pastillages et toute espèce de sucreries ou pâtisseries.
On ne devra employer pour colorier les liqueurs, bonbons, etc., que des substances végétales, à l’exception de la gomme-gutte et de l’aconit napel.
2° 11 est défendu d'envelopper directement ou de couler des sucreries dans des papiers blancs lissés ou dans des papiers coloriés avec des substances minérales, et de les recouvrir de découpures faites avec ces papiers.
5° Il est défendu de faire entrer aucune préparation fulminante dans la composition des enveloppes des bonbons.
Il est également défendu de se servir de fils métalliques comme supports de fruits artificiels.
Ces supports devront être en baleine, en paille ou en bois.
4° Les confiseurs, épiciers ou autres marchands qui vendent des liqueurs, bonbons ou pastillages coloriés, devront les livrer enveloppés dans du papier qui portera des étiquettes indiquant leurs noms, professions et demeures.
5° Les fabricants et marchands seront personnellement responsables des accidents occasionnés par les liqueurs, bonbons et sucreries qu’ils auront fabriqués ou vendus.
0° 11 sera fait annuellement des visites chez les fabricants et détaillants, à l’effet de constater si les dispositions prescrites par la présente ordonnance sont observées.
7° Les ordonnances de police des 10 décembre 1850, 11 août 1852 et 15 novembre 1858, sont rapportées.
IL ORDONNANCE CONCERNANT LES LIQUEURS, SUCRERIES, DRAGÉES ET TASTILLAGES
coloriés. (Du 22 septembre 1841.)
Celte ordonnance est semblable à l’ordonnance du 10 décembre 1850,
Sauf : 1° Les modifications ci-après :
Modification au troisième paragraphe du considérant. — « Que les mêmes « accidents sont résultés de la succion des papiers blancs lissés ou des papiers « coloriés avec des substances minérales, telles que le blanc de plomb, le « blanc de zinc, l’oxyde de cuivre, le jaune de chrome, le vert de Scheele ou « de Schweinfurt, dans lesquels les sucreries sont enveloppées ou coulées. »
Addition au vu. — « 6° Les ordonnances de police des 10 décembre 1850, « 11 août 1852 et 15 novembre 1858. »
Modification au deuxième paragraphe de l' article 1". — « On ne devra “ employer pour colorier les liqueurs, bonbons, etc., que des substances vé- « gétales, à l’exception de la gomme-gutte et de l’aconit napel. »
Addition des articles ci-après . — 2. Il est défendu d’envelopper directement ou découler des sucreries dans des papiers blancs lissés ou dans des
SUCRES
papiers coloriés avec des substances minérales, le bleu de Prusse et l’outremer exceptés.
11 est également défendu de placer des bonbons dans des boites garnies à l’intérieur de papier colorié par des substances minérales et de les recouvrir de découpures faites avec ces papiers.
5. 11 est défendu de faire entrer aucune préparation fulminante dans la composition des enveloppes de bonbons.
Il est également défendu de se servir de fils métalliques comme supports de fruits artificiels.
Ces supports devront être en baleine, en paille ou en bois.
Les articles 3, 4, 5, 6, 7 de l'ordonnance du 10 décembre 1850 sont devenus les articles 4, 5, 6, 8 et 9 de la présente ordonnance ; et l'article 7 ici rapporte les ordonnances des 10 décembre 1850, 11 août 1832 et 15 novembre 1858. (Signé : Delessert.)
2° L'addition à la présente ordonnance, de lavis du conseil de salubrité, comme annexe. (Voir ci-après.)
III. AVIS DU CONSEIL DE SALUBRITÉ SUR LES SUBSTANCES COLORANTES QUE PEUVENT EMPLOYER LES CONFISEURS OU DISTILLATEURS POUR LES BONBONS, PASTILLAGES, DRAGÉES OU LIQUEURS.
Couleurs bleues.
L'indigo, que l’on dissout par de l’acide sulfurique ou huile de vitriol,
— le bleu de Prusse ou de Berlin, — l’outremer pur.
Ces couleurs se mêlent facilement avec toutes les autres, et peuvent donner toutes les teintes composées dont le bleu est l'un des éléments.
Couleurs rouges.
La cochenille, — le carmin, — la laque carminée, — la laque du Brésil, — l’orseille.
Couleurs jaunes.
Le safran, — la graine d’Avignon, — la graine de Perse, — le quercitron,
— le curcuma, — le fustel, — les laques alumineuses de ces substances.
Les jaunes que l’on obtient avec plusieurs des matières désignées, et surtout avec les graines d’Avignon et de Perse, sont plus brillants et moins mats que ceux que donne le jaune de chrome, dont l’usage est dangereux.
Couleurs composées.
Vert.
On peut produire cette couleur avec le mélange du bleu et des diverses couleurs jaunes; mais l'un des plus beaux est celui que l’on obtient avec le bleu de Prusse ou de Berlin et la graine de Perse; il ne le cède en rien, pour le brillant, au vert de Schweinfurt, qui est un violent poison.
Violet.
Le bois d'Inde, — le bleu de Berlin.
Par des mélanges convenables, on obtient toutes les teintes désirables.
Pensée.
Le carmin, — le bleu de Prusse ou de Berlin.
Ce mélange donne des teintes très-brillantes.
Toutes les autres couleurs composées peuvent être préparées par les mélanges des diverses matières colorantes qui viennent d’être indiquées et que le confiseur ou le distillateur sauront approprier à leurs besoins.
Liqueurs.
Le liquoriste peut faire usage de toutes les couleurs précédentes, mais quelques autres lui sont nécessaires ; il peut préparer avec les substances suivantes diverses couleurs particulières.
Pour le curaçao de Hollande.
Le bois de campêche.
Pour les liqueurs bleues.
L’indigo, dissous dans l’alcool '.
Pour l'absinthe.
Le safran, mêlé avec le bleu d’indigo soluble.
Substances dont il est défendu de faire usage paur colorier les bonbons, pastillages, dragées et liqueurs.
Toutes les substances minérales, l’outremer pur et le bleu de Prusse exceptés, et particulièrement :
Les oxydes de cuivre, les cendres bleues;
Les oxydes de plomb, le massicot, le minium, le sulfure de mercure, le vermillon ;
Le jaune de chrome, connu en chimie sous le nom de chromate de plomb, et qui est formé de deux substances vénéneuses ( l’oxyde de plomb et l’acide chromique) ;
Le vert de Sclrweinfurt ou le vert de Scheele, et le vert métis, poisons violents qui contiennent du cuivre et de l’arsenic ;
Le blanc de plomb, connu sous les noms de céruse ou de blanc d’argent 2.
Les confiseurs ne doivent employer, pour mettre dans leurs liqueurs, que des feuilles d’or ou d’argent fin: on bat actuellement du chrysochalque presque au même degré de ténuité que l’or; celte substance, contenant du cuivre et du zinc, ne peut être employée par le liquoriste.
Quelques distillateurs se servent d’acétate de plomb, ou sucre de Saturne, pour clarifier leurs liqueurs; ce procédé est susceptible de donner lieu à des accidents graves, cette matière étant vénéneuse.
Papiers servant à envelopper les bonbons.
11 est important d’apporter beaucoup de soins dans le choix du papier co-
' On obtient cette dissolution en traitant l'indigo par l’acide sulfurique, et versant dans la liqueur de l'alcool qui se charge de la substance colorante, et donne une belle couleur bleue.
* Les confiseurs-paslilleurs ne doivent employer aucun mélange dans lequel entrerait 1 une ou l’autre de ces substances.
sucnES.
lorié et du papier blanc qui servent à envelopper les bonbons; les papiers lissés, blancs ou coloriés, sont souvent coloriés avec des substances minérales très-dangereuses.
Ils ne doivent pas servir à envelopper les bonbons, sucreries, les fruits confits ou candis, qui pourraient, en s’humectant, s’attacher au papier et donner lieu à des accidents, si on les portait à la bouche.
Le papier colorié avec des laques végétales peut être employé sans inconvénients.
Comme il arrive fréquemment aux enfants de mettre dans leur bouche des papiers qui ont servi à envelopper les bonbons, il est nécessaire de les en empêcher, quelle que soit l’enveloppe, pour prévenir des accidents graves.
Instructions sur les procédés à suivre pour reconnaître la nature chimique des principales matières colorantes dont l'usage est interdit aux confiseurs.
Couleurs blanches.
Le carbonate de plomb, connu dans le commerce sous les noms de blanc de plomb, céruse, blanc d’argent, étant appliqué en couche mince, à l’aide d’un couteau, sur une carte non lissée à laquelle on met le feu, donne naissance à du plomb métallique, qui se montre sous la forme de petits globules très-multipliés, dont les plus volumineux égalent la grosseur de la tête d’une petite épingle. En opérant cette combustion au-dessus d’une feuille de papier blanc ou d’une assiette de porcelaine, les globules y tombent et sont faciles à apercevoir.
Les papiers d’enveloppe lissés à la céruse et les cartes dites porcelaine donnent aussi lieu, quand on les brûle, à la production de globules de plomb ; de plus, un cercle jaune entoure les parties de carte ou de papier en combustion.
Enfin, le carbonate de plomb et les papiers ou cartes qui sont lissés avec ce corps brunissent quand on les louche avec de l’eau de Baréges non altérée (ce qui se reconnaît à ce qu'elle dégage l’odeur d’œufs pourris).
Couleurs jaunes.
Le massicot, ou oxyde de plomb, se comporte delà même manière que la céruse.
Il en est de même du jaune de chrome, ou chromate de plomb; mais il faut avoir le soin de le mêler d’abord très-intimement avec un quart de son volume de sel de nitre en poudre; le mélange est étendu sur la carte; on enflamme celle-ci, et les globules de plomb apparaissent a mesure que la combustion fait des progrès.
Cette couleur devient brune avec l’eau de Baréges; il en est de même du massicot.
La gomme-gutte délayée dans l’eau donne un lait jaune qui rougit par l’addition de l'ammoniaque ou alcali volatil : jetée sur les charbons rouges, elle se ramollit, puis brûle avec flamme cl laisse un résidu de charbon et de cendres.
Couleurs rouges.
Le vermillon, ou sulfure de mercure, jeté sur les charbons rouges bien ardents, brûle avec une flamme bleue pâle, et produit la même odeur que la partie soufrée d’une allumette pendant sa combustion : une pièce de cuivre rouge, nettoyée au grès, étant tenue au-dessus de la fumée, ou vapeur blanche, se couvre d’une couche blanchâtre de mercure métallique.
Le carmin mêlé de vermillon se comporte de la même manière.
Le minium, ou oxyde de plomb, se comporte comme le massicot et la céruse.
Couleurs vertes.
Les verts de Schweinfurt, de Scheele et métis, sont des arséniles de cuivre; mis en contact dans un verre avec de l’ammoniaque ou alcali volatil, ils s’y dissolvent en donnant lieu à une liqueur bleue.
Quand on en jette une pincée sur des charbons rouges, ils produisent une fumée blanche qui a une odeur d’ail très-prononcée ; on doit s’abstenir de respirer longtemps cette fumée.
Les papiers coloriés avec ces substances se décolorent au contact de l’ammoniaque; une goutte suffit pour blanchir le papier dans le point qu’elle touche, et elle prend instantanément la couleur bleue. Enfin, ces papiers, en brûlant, dégagent l’odeur d’ail, et les cendres qu’ils laissent ont une teinte rougeâtre et sont constituées en grande partie par du cuivre métallique.
Couleurs bleues.
Les cendres bleues (oxyde ou carbonate hydraté de cuivre) donnent avec l’ammoniaque une couleur bleue.
L’outremer pur ne colore pas ce liquide ; mais, quand il a été falsifié par le carbonate hydraté de cuivre, il acquiert la propriété de donner la couleur bleue, qui est caractéristique de la présence d’un composé cuivreux.
Feuilles île chrysochalque.
Elles se dissolvent peu à peu dans l'ammoniaque, qui se colore promptement en bleu.
Vu les avis et instructions qui précèdent pour être annexés à notre ordonnance du 22 septembre 1841.
Le conseiller d’Élat, préfet de police, G. Delessert.
IV. ORDONNANCE CONCERNANT LES SDCRER1ES COLORIÉES,* LES SUBSTANCES ALIMEN- TAIRES, LES USTENSILES ET VASES DE CUIVRE, ET AUTRES MÉTAUX. (Du 28 février 1853.)
Nous, préfet de police, — Considérant, etc.; — Vu, etc.
(Comme à l’ordonnance du 22 septembre 1841.)
Titre premier. — Sucreries, liqueurs et pastillages.
1. Il est expressément défendu de se servir d’aucune substance minérale, le bleu de Prusse, l’oulremer, la craie (carbonate de chaux) et les ocres exceptés, pour colorier les liqueurs, bonbons, dragées, pastillages et toute espèce de sucreries et pâtisseries.
SUCRES
(Ensuite comme à l’ordonnance de 1841, mais avec addition.)
Les mêmes défenses s'appliquent aux substances employées à la clarification des sirops et des liqueurs.
2. (Comme à l’ordonnance de 1841 , avec addition de ces mots après : Bleu de Prusse et l’outremer, « les ocres et la craie exceptés.»)