‹ Traité pratique d'hygiène industrielle et administrative comprenant l'étude des établissements insalubres, dangereux et incommodesChapitre 173 sur 240 · ANCIEN PIIOCÉDÉ. — FONTE AUX CRETONS · texte numérisé non relu

ANCIEN PIIOCÉDÉ. — FONTE AUX CRETONS

ncux qui l’emprisonne, on le coupe en morceaux à l’aide de hachoirs, et on le fond par différents procédés que voici :

Ancien procédé. — Fonte aux cretons.

On emploie de grandes chaudières en cuivre ou en fonte, munies ou non à leur fond d’un tuyau de vidange cl d’un robinet. Le suif en branches est divisé en morceaux et placé dans cette chaudière avec une petite quantité d’eau; on chauffe, la matière grasse fond, se sépare des membranes, et, se trouvant toujours dans une atmosphère de vapeurs d’eau, ne brûle en aucun point de la chaudière : on a soin, du reste, d’agiler constamment le mélange. Quand la séparation est effectuée, on décante à l’aide de poches en cuivre, ou l’on soutire sur un tamis, si la chaudière est munie d’un tube de vidange. On môle au liquide soutiré quatre à cinq millièmes d’alun en poudre pour précipiter quelques débris membraneux. Après un repos de six à huit heures, on sépare le suif fondu du dépôt, on le verse dans des baquets dont il prend la forme par refroidissement.

On donne le nom de cretons aux résidus de la fonte des suifs. Ils sont principalement constitués par des débris de membranes et par des restes de graisse qui y sont interposés. Certains industriels, appelés cretonniers , achètent ces résidus, les chauffent dans de grandes chaudières en fonte, pour les fondre de nouveau ; ils y joignent les ratissures des cuves de bois ou caques qui ont servi à couler le suif. Quand on en a retiré avec une cuiller tou lie suif qu’on a pu, on met le résidu dans un seau ou cylindre en fer percé de trous, et on le soumet à l’action d’une forte presse à vis, à l’aide d’une pièce de bois appelée billot.

Le suif noirâtre qui en découle, et qui porte le nom d’huile rousse , suif brun, est conduit par un canal en bois dans une chaudière enfouie en terre; les corroyeurs, les hongroyeurs, s’en servent pour adoucir le cuir. Les résidus de la presse, qui contiennent encore environ 10 à 15 pour 100 de leur poids de suif, sont employés a engraisser les animaux, et surtout à

SUIF

nourrir les chiens et les porcs, sous le nom de pain de créions.

Au début de l’opération de la fonte du suif par l’ancien procédé (Fonte aux créions), si le feu est faible, les vapeurs ne sont pour ainsi dire pas incommodes, et ne dépassent guère le fondoir ; — mais, quand pour obtenir les dernières portions de suif, on est obligé d’élever la température, il se produit alors des vapeurs d’une odeur détestable, très-incommodes pour les localités voisines.

Procédé par l'acide sulfurique.

Dans ce procédé, dû à M. Darcet, on ne produit guère que la moitié de cretons ; le tissu adipeux se trouvant désagrégé complètement par l’acide sulfurique affaibli, il ne reste qu’un magma qui a peu de valeur.

On se sert d’une chaudière en cuivre chauffée par la vapeur circulant dans une double enveloppe, et qui peut contenir douze cents litres environ ; on y verse cinquante kilogrammes de boulée ou eau acide d’une opération précédente ; mille kilogrammes de suif en branches, en deux fois ; enfin cent cinquante litres d’eau additionnée de cinq kilogrammes d’acide sulfurique. On ferme le trou d’homme de la chaudière, on chauffe entre cent cinq et cent dix degrés pendant deux heures et demie ; quand la dissolution est effectuée, on décante le suif; on le clarifie par l’alun, et on l’emploie directement à couler les chandelles. Le suif ainsi obtenu diffère un peu par son aspect du suif retiré par le procédé précédent, mais lui est préféré dans certains cas.

Ce procédé ne détruit pas complètement l’odeur : on enlèverait la plus grande partie des hydrogènes carbonés odorants en faisant passer la vapeur avec laquelle ils se dégagent sur une couche épaisse de charbons ardents, dont ils paraissent entretenir la combustion.

Quand on n’emploie pas la vapeur, mais un feu direct, comme source de chaleur, il est utile de mettre un diaphragme au fond de la chaudière, afin d’empêcher l’adhérence à ses parois des matières en suspension et d’éviter qu’elles ne

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