PROCÉDÉ PAU LES ALCALIS
roussissent. On peut donner issue aux vapeurs par un tuyau, et les faire passer dans un foyer. Cette opération est surtout facile quand on opère à vases clos; on peut même condenser ces vapeurs dans un égout, et ramener les gaz sous le foyer. Les résidus du traitement par les acides ont besoin A' être neutralisés, avant d’être employés en agriculture.
Procédé par les alcalis.
Le procédé de M. Evrard (1849), à Douai, consiste à employer une solution faible de soude ou de potasse caustique à un degré ou un degré et demi, et à la faire bouillir avec le suif en branches sans le découper (quatre à cinq cents grammes de soude rendue caustique par la chaux, et cent litres d’eau pour fondre 100 à 150 kilogrammes de suif en branches). La soude bouillante pénètre les membranes, les gonfle, les distend, et permet facilement aux utricules de graisse de s’cn échapper ; le suif qui a subi ce traitement est plus blanc et moins odorant; il suffit d’une température de cent degrés, ce qui permet d’opérer en vases libres. On opère dans des cylindres en tôle d’un mètre de diamètre et un mètre vingt-cinq centimètres de hauteur, disposés sur un premier étage pour faciliter les soutirages ; ces cylindres sont munis chacun d’un faux fond en tôle percé de trous de trois millimètres ; c’est par ce faux fond qu’arrive la vapeur. On introduit dans chaque cylindre, contenant chacun neuf hectolitres trente-cinq litres, trois hectolitres de solution alcaline à un degré vingt-cinq centièmes, et quatre cents kilogrammes de suif en branches; on place pardessus un faux fond mobile, portant trois tiges qui permettent de presser à la main à mesure que, par la fusion, les membranes s’affaissent : après trois heures d’une température de cent degrés, maintenue par un courant de vapeur, les deux faux fonds se touchent presque; on soutire par un robinet de vidange, en ayant soin de changer de récipient quand le liquide alcalin qui sort le premier cesse de couler et que le suif le remplace. Alors on ferme le robinet. On fait couler de l’eau pure dans la chaudière, — on fait bouillir. — On donne issue
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à l’eau de lavage, et on soutire le suif qu’on abandonne au repos jusqu'à ce qu’il soit parfaitement limpide. D’autres fois, le suif fondu est reçu dans des récipients en tôle, maintenus à une température suftisamment élevée par un bain-marie commun. — On en soutire le suif à l’aide d’un siphon, après quelques heures de repos.
Ce procédé qui fond le suif à une température moins élevée et dans un temps plus court que par la fonte à feu nu , et surtout qui évite de diviser le suif en morceaux avant de le mettre dans la chaudière, donne un produit plus beau , plus ferme et plus sûr. Le liquide alcalin, primitivement extrait de la chaudière avant le suif, saturé par un acide, donne une petite quantité de matière grasse, à odeur spéciale , suivant l’animal dont les tissus adipeux ont été traités. C’est un moyen employé par les industriels pour reconnaître l’origine des suifs. — Cette graisse, qui est formée d’acides gras ordinaires et d’autres acides volatils, existe dans la proportion de 1/2 à 1 0/0 ; les créions qui résultent de celte opération, plus mous et moins volumineux, sont utilisés comme engrais ou pour la nourriture des animaux. Les eaux alcalines peuvent être employées directement en agriculture sans aucun traitement préalable.
Procédé par la vapeur.
En général, on agit alors avec des cuves à double fond. — Le suif est placé dans la partie supérieure et la vapeur d’eau arrive par le double fond. — Le suif entre alors en fusion, d’une manière lente et douce — qui donne lieu à des vapeurs encore odorantes, il est vrai, mais beaucoup moins désagréables que par la fonte à feu nu.
Fabrication des chandelles.
Les chandelles se font par deux procédés :
1° Au moule. — 11 consiste à fixer une mèche de colon suivant l’axe d’un cylindre légèrement conique en alliage de plomb et d’étain, et à remplir ce moule avec du suif fondu, sur le point de se solidifier de nouveau, de manière à éviter un rc-