CHANDELLE VÉGÉTALE
trait irrégulier et une adhérence trop grande. Les chandelles se détachent après un nombre d’heures d’autant moins grand qu’il fait plus froid ; il suffit de les rogner par l’extrémité par laquelle la coulée s’est effectuée et à les exposer à l’air pour les taire blanchir.
2° A labaguette. — Ce procédé consiste à disposer sur une baguette arrondie, longue d’un mètre environ, dix à quinze mèches et plus, en conservant entre chacune un espace suffisant pour éviter tout choc pendant le travail. Les mèches sont trempées dans du suif fondu, sur le point de se solidifier; par refroidissement, les mèches prennent déjà une position moins rigide; on les dresse à l’aide de deux planchettes; puis, par une série de trempes et de refroidissements successifs qui s’élèvent jusqu’à quinze et même plus, on arrive à obtenir des chandelles assez régulières dont dix ou douze font un kilogramme. On les blanchit à l’air avant de les livrer au commerce.
Chandelles bougies.
Quand on fond le suif à la vapeur pour obtenir des chandellesbougies , on se sert de deux cuves en cuivre à double fond, enveloppées de bois. On met dans ces cuves le suif en branches avec addition probablement d’alun (c’est un procédé, breveté), qui a pour objet d'épurer immédiatement la matière et d’empêcher toute mauvaise odeur. La vapeur, amenée dans le double fond par un tube, opère la fusion. On remplit les moules en deux heures. On n’ajoute pas d’acide stéarique, parce que, par ce procédé, le suif est amené à un assez grand degré de pureté. Les résidus peuvent servir à fabriquer des savons sans odeur. On épurerait les huiles par ce procédé.
Chandelle végétale. (Voir Graisse végétale, t. II, p. 61.)
On fait fondre dans des bassines à double fond de l’huile de coco, tirée de Calcutta, de Ceylan, etc. Quand cette huile est fondue, on y ajoute une proportion de résine de Carnauba qui est avec l’huile de coco dans le rapport de deux à trois ; celte résine est tirée de la province de Ciara (Brésil). Toute sa masse
VEBNOIS, Il VG . IND. 11. 34
SUIF
étant entrée en fusion, il n’y a plus qu’à la verser dans des moules, absolument comme on verse l’acide stéarique dans les fabriques de bougies. — Seulement ces moules doivent être renfermés dans des étuves à une température de quarante à cinquante degrés.
Suif d’o*. (Voir Graisse d'os, t. II, p. 57.)
On pratique cette fonte, soit à feu nu , soit en vases clos à feu nu; elle est analogue, pour ses inconvénients surtout, à la fonte aux cretons ; en vases clos, on fond à Y acide ou à l’alcali. Voici un procédé Poulet , de Grenelle (Seine), à l’aide duquel on évite une partie de l’incommodité des odeurs.
On place le suif d’os dans des cuves en tôle à quatre ouvertures. La première, qui est inférieure, donne passage à la vapeur qui doit fondre le suif. — La deuxième, postérieure, donne issue aux gaz et vapeurs. — La troisième est un robinet par lequel on fait pénétrer de haut en bas une solution de sulfate de fer. — La quatrième, placée à la partie antérieure, est un autre robinet qui donne issue au suif. Par ce procédé, le sulfate de fer est transformé en sulfate d’ammoniaque, et la masse des vapeurs et des gaz odorants est désinfectée ; c’est à peine si la vapeur est sensible, et l’odeur se perçoit très-faiblement. — 11 y a, en outre, pour l'industriel l’avantage de transformer le sulfate de fer, qui coûte huit francs le kilogramme, en sulfate d’ammoniaque qui se vend vingt-cinq à trente francs.
Pour la fonte des suifs à feu nu. — Causes d’insalubrité. — Danger d’incendie.
Odeurs fort désagréables.
Odeurs infectes déterminées par la fermentation du suif en branches dans les magasins et par la température plus élevée à laquelle donne lieu cette action.
Prescriptions. — En général il faut la proscrire. — Si cela n’est pas possible dans quelques localités, il faut la reléguer dans des endroits isolés de toute habitation.
Placer la chaudière sous une hotte qui la dépasse de cinquante centimètres et communique par sa partie supérieure
FONTE DU SUIF A L’ACIDE ET A l’ ALCALI. 551
avec une cheminée haute de vingt-cinq à trente mètres, destinée à recevoir les vapeurs et les gaz produits pendant la fonte.
Aérer les ateliers sans laisser aucune ouverture sur la voie publique. — Les plafonner et plâtrer dans toute leur surface. — Les paver en pierres dures, ainsi que les cours de l’usine.
Donner à la chaudière une capacité plus grande d’un tiers que le volume de la matière à y introduire.
Ne verser aucun résidu sur la voie publique.
Ne pas garder de suif en branches plus de vingt-quatre heures, — ni aucune matière en putréfaction.
Déposer les suifs en branches dans des magasins sans ouvertures sur la rue ou les voisins et ventilés à l’aide d’une cheminée d’appel pour éviter les odeurs que donne la fermentation du suif réuni en masse.
Placer l’ouverture des foyers et cendriers en dehors de l’atelier de fusion.
Pour la fonte à l'acide et à l’alcali. — ■ Causes d’incommodité. — Odeur désagréable, — mais qu'on peut éviter en grande partie à l’aide de précautions minutieuses.
Écoulement des eaux acides ou alcalines.
Prescriptions. — Opérer en vases clos.
Recouvrir les chaudières d’une large hotte, comme pour la fonte aux cretons.
Ne donnera la cheminée qu’une hauteur de quatre à six mètres au-dessus des toits voisins.
Clore l’atelier de tous côtés, — le paver, daller ou bitumer, avec pente convenable pour l’écoulement des eaux. — Munir d’un tambour la porte d’entrée.
Ne point laisser couler les eaux acides sur la voie publique, les neutraliser et les vendre pour engrais. — Traiter les eaux alcalines et en extraire la graisse ou les vendre directement pour les besoins de l’agriculture.
N’avoir jamais dans l’usine de presse à cretons (pour la garantie des opérations à l’acide ou à l’alcali).
Plonger dans l’eau acide ou alcaline les suifs dès leur arrivée dans l’usine.
SUIF
N’apporter dans l’usine que des suifs en pains ou ayant déjà subi une première fonte.
N’y fondre ni graisse ni matières étrangères.
Ne brûler dans les foyers aucun résidu de la fabrication, ni restes de tonneaux ayant servi au transport des suifs.
Pour la fonte à la vapeur. — Causes d’insalubrité. — Danger du feu.
Vapeurs et gaz odorants très-désagréables.
Prescriptions. — Eloigner les fonderies par ce procédé de tout centre d’habitation.
Exiger que les gaz et vapeurs soient brûlés dans le foyer ou lancés très-haut dans l’atmosphère à l’aide d’une cheminée élevée de six à dix mètres.
Opérer en vases clos.
Surmonter les chaudières d’un manteau qui puisse recueillir les odeurs et les buées produites, et les porter dans la cheminée du foyer.
Placer l’ouverture du foyer et du cendrier en dehors de l’atelier de fonte.
Interdire les presses à cretons dans l’usine.
Pour le suif brun. — Causes d’insalubrité. — Danger du feu.
Odeurs très-agréables.
Prescriptions. — Voûter l’atelier et le construire en matériaux incombustibles.
Pour le reste. (Voir prescriptions de la Fonte aux cretons.)
Pour le suif d’os. — Causes d’incommodité. — Odeurs détestables.
Écoulement d’eaux de fabrication .
Prescriptions. — Déposer les os frais sous des hangars ou magasins parfaitement aérés, à sol pavé, dallé ou bitumé et trèssec. — Les disposer en tas qui n’auront pas plus d'un mètre cube. — Recouvrir ces tas d’une couche de noir. — Ventiler ces hangars ou magasins à l’aide de larges ouvertures ou de cheminées d’appel.
Opérer en vase clos, sous une hotte, avec une cheminée haute, comme pour la fonte à feu nu du suif.