FABRICATION DES BOUGIES
Fabrication des bougies.
Détail des opérations. — Le moulage des bougies s’opère dans des cylindres légèrement coniques, adaptés au fond d’une caisse ou entonnoir commun à trente moules ; les mèches sont tressées, introduites par l’extrémité conique du moule, et fixées par un nœud à un disque percé à l’extrémité opposée; une petite cheville maintient la mèche à la partie inférieure, et ferme toute issue au liquide qu’on doit introduire dans le moule. Les mèches sont préalablement trempées dans une solution de cinq à six parties d’acide borique pour 100 d’eau additionnée d’autant d’acide sulfurique; cette solution est destinée à faciliter l’incinération, à faire couler la mèche, et à empêcher la cendre de retomber, en formant avec elle un verre fondu en globule à l’extrémité de la mèche.
Quand les moules sont disposés dans les entonnoirs, on porte ceux-ci dans un chauffoir à air maintenu à cent degrés, par un courant de vapeur circulant dans une double enveloppe. Quand ces moules ont une température de quarante -cinq degrés en viron, on les retire, on y verse de l’acide stéarique fondu et sur le point de se solidifier, on permet ainsi à l’acide gras de rester un instant fondu sur la surface du moule, et de se coaguler assez promptement pour ne pas donner à la bougie un aspect cristallin. On pourrait encore obvier à cet inconvénient en ajoutant 2 à 5 pour 100 de cire blanche à l’acide stéarique, mais il n’y aurait pas d’économie.
Après solidification dans les moules, on retire les bougies d’un seul coup, et on les coupe sous les disques qui servent à fixer les mèches. Les déchets sont épurés, dans une chaudière plaquée en argent, avec de l’acide tartrique.
Les bougies sont blanchies par exposition à l’air, puis plongées dans une solution au centième de carbonate de soude pour les débarrasser des corps étrangers qui les souillent extérieurement, enfin, frottées mécaniquement ou à la main avec un tampon de laine humecté d’alcool pour les lustrer.
On remplace maintenant presque toujours la solution de
SUIF
carbonate de soude destinée au lustrage de la bougie par une eau rendue alcaline par une certaine quantité d’ammoniaque caustique; on n'a pas à redouter par son emploi l’adhérence d’une faible quantité sur la bougie, parce qu’elle est volatile et ne fournit pas de cendres. (Voir Acide stéarique , t. I, p. ICO.)
Uougics stéariques (Fabriques de) (2* classe).
Le suif, les graisses et les huiles sont formés par la combinaison d'acides gras avec une matière oléagineuse, appelée glycérine. Pour isoler ces acides gras, on substitue à la glycérine une base plus puissante, la chaux, qui forme un mélange de sels ou savon insoluble ; on sépare par lavage la glycérine, et on décompose le savon insoluble par un acide.
Saponification par la chaux. — Cette saponification s’opère dans une cuve de bois conique, doublée en plomb, d’une capacité de deux mille litres environ. On y verse cinq cents kilogrammes de suif et huit cents kilogrammes d’eau, et l’on chauffe le tout à l’aide d’un tube en plomb enroulé en boudin, qui lance des jets de vapeur par des ouvertures faites avec un trait de scie. Quand le liquide est porté à une température suffisante, on y met six cents litres d’une bouillie contenant soixante-dix kilogrammes de chaux vive ; on agite la masse mécaniquement.
Après sept heures de réaction environ, la saponification étant terminée, on laisse reposer, on soutire la partie liquide qui entraîne la glycérine, et on enlève le savon de chaux, formé de stéarate, de margarate et d’oléate; on le pulvérise, on le tamise, et, en présence d’un jet de vapeur, on le décompose par l’acide sulfurique faible dans des cuves doublées en plomb.
On emploie toujours un petit excès d’acide sulfurique; la décomposition étant terminée après trois heures de contact, on laisse reposer; les acides gras fondus viennent nager à la surface; le sulfate de chaux se précipite, et il reste l’eau acide entre les deux couches. Gela fait, on décante les acides gras, on les lave dans des cuves semblables aux précédentes avec de l’eau acidulée pour leur enlever la chaux, puis, avec de l’eau or-