TARTRE
Pour le purifier, on le fait bouillir pendant deux heures dans de grandes chaudières. On laisse refroidir pendant trois jours, le tartre vient cristalliser sur les parois, les boues se déposent. On redissout les cristaux avec 4 ou 5 pour 100 d’argile et autant de noir animal ; l’argile enlève la matière colorante, en se combinant avec elle, et vient se précipiter au fond des chaudières coniques qu’on emploie. Après huit jours de repos, on peut dé tacher les cristaux incolores de crème de tartre, et leur faire acquérir un nouveau degré de blancheur, en les exposant en plein air sur des toiles. Il contient quelquefois des cristaux de tartrate de chaux, qu’il est facile de séparer par un séjour dans une solution d’acide chlorhydrique très-faible et des lavages. Il est alors livré au commerce sous le nom de tartre pur, cristaux de tartre , crème de tcuire.
Le hi tartrate de potasse est presque insoluble dans l’eau, il donne le tartrate neutre par saturation, avec du carbonate de potasse.
La crème de tartre sert en teinture : on l’emploie à faire la crème de tartre soluble pour la médecine; celle-ci s’obtient en faisant bouillir et dissoudre, puis évaporer doucement à sec un mélange d’une partie d’acide borique pour quatre parties de crème de tartre.
Elle sert à faire le sel de seignette, tartrate double de potasse et de soude, en la saturant par du carbonate de soude,
— et le tartrate double de potasse et d’antimoine ou émétique.
— Ces trois derniers produits sont d’un assez grand usage en médecine et dans les arts. — Enfin, c’est avec elle qu'on fait tous les autres tartrates doubles.
Causes d’incommodité. — Buées provenant des chaudières.
Fumée des foyers.
Eaux de raffinage.
Prescriptions. — Recouvrir les chaudières d’un large couvercle, et les placer sous un manteau communiquant avec une cheminée qui dépassera de deux mètres les toits voisins.
Me pas laisser d’ouvertures sur la voie publique.
Me pas laisser couler sur cette môme voie les eaux de raffi-
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nage, ni les boues, mais par un conduit souterrain les mener à l’égout le plus prochain.
TARTRIQUE (Acide). Voir Acides, t. I, p. 172.
TEILLAGE DU CHANVRE. Voir Chanvre, t. I, p. 581.
TEINTURE (Industrie de la).
Teintureries (2* classe), — 15 octobre 1810. — 14 janvier 1815.
Détail des opérations. — L’art du teinturier consiste à fixer sur des libres textiles, ou sur des tissus de différentes espèces, toutes les nuances que la nature ou les arts chimiques nous fournissent, de manière qu’elles ne soient ni détruites ni altérées par les agents atmosphériques auxquels elles doivent être exposées.
La fibre textile n’ayant pas toujours une affinité assez grande pour le principe colorant, on a recours à des agents intermédiaires, appelés mordants , qui augmentent l’affinité des deux matières, et qui forment avec le principe colorant une combinaison insoluble. Les mordants sont souvent employés aussi pour modifier la couleur. On connaît trois mordants principaux : le mordant d’alumine (Acétate d’alumine); le mordant d’étain et le mordant de fer (sulfate, mais plus souvent le pyrolignite); la chaux, ses sels et quelques autres sels sont également, mais plus rarement employés.
La laine et la soie s’unissent plus facilement aux principes colorants que le fil et le colon; souvent même il n’est besoin d’aucun mordant. 11 est bien entendu que la laine est toujours dessuintée et la soie décreusée; ces préparations ont été décrites.
Le bain de teinture est le liquide colorant qui doit se fixer sur ce tissu. — On appelle donner un pied, donner une première couleur sur laquelle on doit en appliquer une ou plusieurs autres pour la modifier.
Quand on teint des pièces, on les coud les unes à la suite des autres, si chacune d’elles n’a pas une longueur trop considérable; on les enroule sur le tour , jusqu’à la dernière extrémité, en les faisant passer dans le bain de teinture, puis on
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tourne à contre-sens pour que la partie qui a été immergée en premier lieu, au premier passage dans le bain, ne le soit qu’en dernier lieu, la pièce est ensuite réunie par les deux bouts, et placée sur des fourchettes.
Quand on teint des écheveaux de fil, de laine, on lise ou lisse , c’est-à-dire on fait tourner les écheveaux dans le bain, au moyen de bâtons ou lisoirs.
Les matières colorantes sont d’origines diverses, je vais en rappeler quelques-unes. J’ai détaillé la préparation de presque toutes celles qui présentent quelques dangers ou quelques inconvénients dans leur fabrication.
Matières animales. — Cochenille, kermès, etc.
Matières végétales. — Curcuma, carthame, garance, indigo, gaude, quercitron, bois de Brésil, campêche, orseille, rocou, cachou, aloès, etc.
Matières minérales. — Alun, acides divers, bleu de Prusse, cyanoferrures, chromâtes, sels de fer, de manganèse, de cuivre, oxalates, etc.
L’atelier du teinturier doit être vaste, rectangulaire, s’il est possible, bien aéré, bien éclairé, voisin d'une eau limpide et propre aux usages de la teinture. 11 doit être pavé en pente pour faciliter l’écoulement des eaux; les interstices des pavés doivent être remplis par un ciment hydraulique.
La plupart des opérations de teinture se faisant avec des bains chauds, l’atmosphère de l’atelier est continuellement viciée par la présence d’une grande quantité de vapeurs d’eau, aussi faut-il établir des évents nombreux pour faciliter le renouvellement rapide de l’air. Il est même nécessaire parfois de donner à la toiture une assez grande inclinaison pour éviter que les vapeurs condensées retombent dans l’atelier, et y forment une goultière qui déverserait continuellement de l’eau chargée de matières colorantes, de rouille, dépoussiérés..., provenant de l’air et du toit.
Si l’on donne la forme rectangulaire à l’atelier, cl c’est la forme la plus avantageuse, on dispose sur l’un des côtés les caisses nécessaires au bousage, à la teinture, au passage dans
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les bains acides, savonneux..., et sur l’autre côté les appareils à dégorger, clapeau, battoir, plateau, pour le rinçage des étoffes et des écheveaux.
Les brouettes ne doivent point avoir de fer dans les parties qui ont le contact des pièces, parce qu’il pourrait se former par l’eau et par les acides de la rouille ou des sels de fer qui modifieraient souvent la nuance. La même remorque s’applique aux différents ustensiles.
Les chaudières sont presque toujours en cuivre rouge ou jaune; on se sert d’une chaudière en étain pour les couleurs délicates où l’on fait usage de la dissolution d’étain. On emploie quelquefois des cuves en bois pour les bains de teinture, mais pour des usages spéciaux, car elles retiennent trop fortement la couleur pour qu’on puisse indifféremment les utiliser dans tous les cas. Toutes les chaudières se vident ordinairement par un robinet inférieur, et le liquide qui s’en échappe ne doit jamais avoir issue sur la voie publique ou dans les lieux où il puisse altérer l’eau du voisinage.
Ces chaudières sont presque toujours chauffées par-dessous, excepté pour les cuves à indigo que l’on chauffe par côté à peu près à moitié de la hauteur du liquide. Quand on chauffe au bois ou à la houille, on peut avantageusement disposer les chaudières sous un même manteau de cheminée et munir chacun des foyers d’un registre de tirage pour régler le feu. Si l’on emploie la vapeur pour chauffer les chaudières, on place le générateur au centre de l’atelier ; la vapeur passe dans les doubles fonds des chaudières ou dans un serpentin placé dans la chaudière elle-même.
Chaque atelier de teinture est muni d’un séchoir, quelquefois d’une étuve et habituellement d’un soufroir; je me suis suffisamment étendu sur ces appareils à propos du blanchiment et des étoffes imprimées.
Causes d’insalubrité. — Danger d’incendie à cause des étuves.
Causes d’incommodité. — Huée. — Fumée.
Odeurs fétides et désagréables quand les soufroirs ont des fuites.
TEINTURE
Ecoulement d’eaux sales et colorées.
Action spéciale sur les mains des ouvriers qui sont diversement colorées et reconnaissables.
Prescriptions. — Elles s’adressent spécialement à l'atelier destiné à la teinture, au soufroir et à Y étuve.
Paver, daller ou bitumer le sol avec pente convenable pour les eaux.
Avoir une quantité suffisante d’eau pour le lavage du sol et des ruisseaux.
Ne point écouler les eaux fortement colorées sur la voie publique, mais les faire parvenir à l’égout le plus voisin par un caniveau souterrain.
Construire le fourneau et l’étuve en matériaux incombustibles. Doubler en tôle l’intérieur de la porte.
Placer les chaudières sous un manteau qui les dépasse de trente centimôlres et conduise les buées et vapeurs produites dans une cheminée à large section et à bon tirage, dépassant de deux mètres les toits environnants.
Avoir des chaudières en cuivre.
Construire le soufroir en matériaux incombustibles et de façon qu’aucune vapeur ne puisse s’en échapper, — y pratiquer une cheminée à tuyau spécial qui s’élève jusqu’au toit et le dépasse de trois à quatre mètres, selon les localités.
Enduire le pourtour de l’atelier, et surtout les murs mitoyens, à un mètre cinquante centimètres de hauteur, d’une couche de mortier hydraulique.
Dans les grands établissements, où l’on emploie beaucoup de matières tinctoriales, dont quelques-unes sont des poisons actifs, faire construire des bassins ou réservoirs où seront reçues les eaux de fabrication. — Là, on les absorbera avec de la tannée qui s’emparera des matières en suspension. — Le reste sera traité par la chaux.
Ne laisser aucune ouverture de l'atelier sur la rue ou sur les voisins.
Il existe une foule d’industries particulières qui ne sont pas, à proprement parler, des teintureries en grand, mais des lein-