‹ Traité pratique d'hygiène industrielle et administrative comprenant l'étude des établissements insalubres, dangereux et incommodesChapitre 187 sur 240 · TEINTURE DE LA SOIE, DE LA LAINE ET DU COTON AVEC LE MUREXIDE · texte numérisé non relu

TEINTURE DE LA SOIE, DE LA LAINE ET DU COTON AVEC LE MUREXIDE

tureries spéciales, limitées à un seul objet. Ainsi les teinturiers pour cannes et placages, — pour plumes, — pour les peaux de gants, — pour les coiffes de casquettes, — pour les réserves sur châles cachemire. J’ai examiné les teintureries de toutes ces pièces, elles dérivent des mômes principes, et , saut certaines indications particulières relatives à quelque procédé spécial, on doit leur appliquer les prescriptions qui sont imposées aux teintureries. Dans une seule, la teinturerie pour les gants, où l’on fait souvent usage de l’urine, et dont on emploie cinquante ou cent litres par semaine, il faut ordonner de conserver ce liquide dans des vases hermétiquement fermés, goudronnés à l’intérieur et placés dans un lieu très-isolé. Partout ailleurs, ce sont les mêmes dangers d’incendie à cause des étuves, et d’inconvénients à cause des buées et des eaux colorées.

Teinture «le la soie, de In laine et du coton avec le niurexide ou

la niurexine.

Si l’on traite l’acide urique par l’acide azotique qu’on a étendu d’un même volume d’eau, et à l’aide d’une douce chaleur, le premier de ces acides se dissout dans cet agent d’oxydation. Si on évapore cette solution avec précaution jusqu’à siccité, on obtient une masse d’un rouge intense, qui prend une nuance rouge pourpre foncé dès qu’on la traite par l’ammoniaque. Cette réaction est tellement remarquable et certaine, qu’elle avait déjà servi depuis longtemps aux chimistes pour démontrer la présence de l’acide urique dans les substances organiques. Prout avait remarqué, en 1818, que cette substance ôtait composée d’ammoniaque et d’un corps particulier qui présentait les propriétés d’un acide, et il indiquait de la manière suivante la préparation de cet acide. On fait digérer de l’acide urique dans de l’acide azotique étendu d’eau, solution qui s’opère avec une vive effervesce7ice ; on neutralise alors l’acide azotique en excès par l’ammoniaque, et on évapore le tout avec précaution. Pendant l’évaporation, il y a changement dans la couleur de la solution qui devient peu à peu rouge pourpre, et il s’y précipite un très-grand nombre de cristaux grenus, rouge foncé, parfois

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d’un aspect verdâtre à la surface, cristaux qui se composent d’ammoniaque et de l’acide en question.

Le purpurale d'ammoniaque (murexide) cristallise en prismes à quatre pans, qui sont translucides, rouge grenat avec reflets d’un vert magnifique. Ce dernier phénomène se remarque plus ou moins chez d’autres sels alcalins et même chez des sels des terres alcalines. Le purpurate d’ammoniaque se dissout dans environ quinze cents parties d’eau à quinze degrés centigrade. L’eau bouillante en dissout bien davantage. La solution est colorée en beau rouge carmin ou en rouge rosé. 11 est peu soluble dans l’alcool ou l’éther, et même ne s’y dissout pas du tout. Si on mélange les solutions de sels neutres d’autres bases avec la solution dans l’eau du purpurate d’ammoniaque, on obtient divers autres purpurates.

Purpurate de chaux. Si on mélange les solutions saturées et bouillantes de purpurate d’ammoniaque avec du chlorure de calcium, on obtient un précipité pulvérulent de couleur rouge écrevisse avant d’avoir été bouilli. Ce précipité est peu soluble dans l’eau froide, plus soluble dans l’eau bouillante, et la solution possède une belle couleur rouge pourpre.

Purpurale de mercure. Le perchlorure de mercure (sublimé) produit, dans la solution du purpurate d’ammoniaque, un beau précipité rouge pourpre, et la solution se décolore entièrement.

Purpurate de plomb. Si on mélange des solutions de purpurate d'ammoniaque et d’azotate de plomb, la liqueur se colore en rouge rosé, mais sans donner de précipité.

Purpurate de zinc. Une solution d’acétate de zinc donne, avec le purpurate d’ammoniaque, un précipité jaune d’or, et il se forme à la surface de la liqueur une pellicule frisée, brillante, dans laquelle dominent le vert et le jaune.

Tel est le petit nombre de combinaisons de l’acide purpurique que Prout avait déjà décrites. Leurs belles couleurs constituent un caractère suffisamment tranché pour les distinguer de toutes autres substances. Prout annonçait encore qu’on pourrait employer quelques purpurates, celui de chaux, par exemple, dans la peinture, et il recommandait d’appliquer ce

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