TEINTURE DE LA SOIE, DE LA LAINE ET DU COTON AVEC LE MUREX1DE
sel à la teinture (le la laine et d’autres matières d’origine animale.
On voit donc qu’il ne restait plus à Prout qu’à appliquer en grand les belles expériences qu’il avait faites, et à les introduire dans l’industrie, introduction qui n’a eu lieu que quarante années plus tard. Le haut prix, à cette époque, de l’acide urique, qui coûtait de cent cinquante à deux cents francs le kilogramme, tandis qu’aujourd'hui on se le procure pour dix francs, a présenté le plus grand obstacle à ce que cette découverte ait alors été accueillie par la pratique.
Teinture delà soie et de la laine , d'après M. Depouilly. — 11 y a déjà deux années que M. Depouilly a réussi à teindre la soie et la laine avec le murexide. Le procédé est fort simple et réussit bien sur soie, mais il laisse encore trop à désirer sur laine.
Pour teindre la soie, on prend une solution de murexide qu’on mélange à une certaine quantité d’une solution de perchlorure de mercure. Ces deux liqueurs se troublent au bout d’un certain temps, de manière qu’on peut y plonger la soie, qui se teint immédiatement en rouge pourpre ; l’intensité de la couleur dépend de la concentration du bain et des quantités de chacune des substances qu’on a employées.
Le procédé n’est pas aussi simple sur laine. Il faut, pour développer la couleur, avoir recours à un acide, par exemple l’acide oxalique. La marche qui a fourni les meilleurs résultats dans la teinture de la laine en murexide, est la suivante : la laine est bien lavée et dépouillée puis plongée pendant un temps déterminé dans un bain concentré de murexide, où on la travaille, puis séchée à l’air. On l’introduit alors dans un bain composé ainsi qu’il suit :
10 litres d’eau.
60 grammes de sublimé.
75 — d’acétate de soude.
Le bain doit avoir une température de quarante à cinquante degrés centigrade.
Le nom de murexide, appliqué par MM. Liebig et Wohler au purpurale d’ammoniaque, a suggéré plusieurs fois l’idée que le murexide était identique à la pourpre de Tyr des anciens (mu-
TEINTURE
rex était le nom d’un coquillage dont les anciens tiraient la pourpre) ; mais la pourpre des anciens résiste à l’action des acides les plus forts, tandis que le murexide est attaqué par les acides les plus faibles, et môme par un grand nombre de réactifs qui se montrent indifférents à l’égard de la plupart des matières colorantes. Les travaux de Prout, dont on vient de présenter le résumé, nous apprennent que le murexide, trés-peu coloré par lui-même, peut fournir avec diverses bases des laques de ton cl de nature variés. 11 n’y a donc rien d’étonnant que les expériences entreprises sur ce sujet par i\I. Schlumberger et d'autres encore n’aient pas eu de succès, parce que tous ces chimistes ont dirigé leurs efforts pour appliquer le murexide sur les tissus à l’aide de la chaleur ; or, le murexide n’étant autre chose qu’un purpurate d’ammoniaque, il n’y a pas d’apparence qu’on puisse établir une combinaison solide entre lui et la libre animale ou végétale.
Teinture du coton, d’après M. Lauth. — La teinture du coton, du fd et des tissus de ce genre avec le murexide est également très-simple, grâce aux heureuses découvertes de M. Lauth. Le procédé consiste à fixer d’abord de l’oxyde de plomb sur le coton, soit en le plongeant dans un bain d’acétate de plomb; puis dans un bain de carbonate d’ammoniaque, ou bien en l’introduisant directement dans une cuve montée avec de l’oxyde de plomb et de la chaux (plombalc de chaux). Par l’un ou l’autre de ces moyens, on obtient une combinaison de la fibre avec l’oxyde de plomb, et il ne s’agit plus que de développer la couleur en introduisant le tissu dans un bain d’azotate de mercure ou de sublimé, ou dans un mélange de ces deux sels avec addition d’une certaine quantité d’acétate de soude.
Si on veut imprimer cette couleur, on prend de l’acétate de plomb suffisamment épaissi, et on y ajoute le murexide en quantité suffisante pour obtenir la nuance voulue; on fait sécher et on passe par un bain composé de :
100 litres d’eau.
1 kilogramme de sublimé.
1 kilogramme d’acétate de soude.
On obtient ainsi de fort beaux dessins, niais seulement sur certains fonds.
Les ouvriers sont exposés aux dangers de la manipulation des sels de plomb et de mercure. Voir Plumes , t. II. p. 558.
Tein<iiriers-€légrnrs«e«irs (ô* classe). — 15 octobre 1SI0. — 1-i janvier 1815.
Détail des opérations. — Ces établissements sont en petit des teintureries ordinaires. Cependant beaucoup d’entre elles n’ont ni soufroir ni étuves, et le dégraissage des étoffes est leur principale occupation.
Causes d’incommodité. — Buée. — Fumée. — Odeur fade.
Écoulement souvent considérable d’eaux de fabrication et de neltovage.
Prescriptions. — Les mômes que pour les teinturiers, au point de vue de la répression de la buée et de l’écoulement des eaux.
Document relatif à l'industrie de la teinture.