‹ Traité pratique d'hygiène industrielle et administrative comprenant l'étude des établissements insalubres, dangereux et incommodesChapitre 190 sur 240 · TIR · texte numérisé non relu

TIR

Tir nu fusil, nu pistolet, clans l'intérieur des villes.

Tir au canon, dans les écoles militaires.

Les tirs au fusil et au pistolet dans l’intérieur des villes ont plus d’une fois donné lieu à de vives réclamations. On le comprend facilement. A part le danger de la dispersion des balles , il y a production d’un bruit incessant fort désagréable.

En principe, on doit engager l’autorité à n’accorder aucune

autorisation semblable dans un centre d'habitation. — Si cela devait cependant être toléré, il faut obliger l’armurier à entourer de murs élevés à cinq et six mètres, de trois côtés, et dans l’étendue des cinq sixièmes de son tir, l’espace consacré à ces exercices. Le mur devrait avoir une épaisseur de vingt-cinq centimètres au moins ; — on ne devra jamais tolérer une simple clôture en planches.

Si le tir est placé hors la ville, des indications en grosses lettres seront placées extérieurement dans le but d’inviter le public à s’éloigner de ces endroits.

Dans tous les cas, en ville surtout, l’exercice du tir n’aura lieu qu’aux heures permises par les ordonnances de police qui régissent les industries ou métiers incommodes parleur bruit.

De graves accidents survenus pendant l’exercice à tir du canon, soit à Vincennes ou ailleurs, soit pendant les exercices à feu des troupes, doivent engager le public à se tenir à l’écart, et, sous ce rapport, l’autorité militaire devrait, toutes les fois qu’ils ont lieu, placer de loin en loin des factionnaires pour empêcher d’approcher.

TISSUS (Industrie des).

Tissus imperméables . Voir Étoffes (Industrie des), t. I, p. 646.

Tissus d’or et d'argent (llrùlerie îles). Voir Brfllcries , t. 1, p. 34;>.

TOILES (Industrie des).

Toiles goudronnées et vernies. Voir Vernis.

Toiles peintes (Ateliers pour). Voir Vernis.

TOLE (Industrie de la).

Tôle galvanisée. Voir Étain (Industrie de l’), 1. 1, p. 624.

Tôle vernie. Voir Vernis.

TORCHES, MÈCHES, ALLUME-FEU. Voir Poudres ( Industrie des), t. Il, p. 350, et Résineuses (Matières), t. II, p. 409. TOURBE (Carbonisation de la). Voir Combustibles ( Industrie des), t. I, p. 144.

TRAVAIL DES ENFANTS (dans les manufactures).

Tout ce qui se rattache à l’exercice des grandes industries et se lie à l’hygiène administrative doit trouver place dans cet ouvrage. A ce titre, je donne ici la loi sur le travail des enfants

dans les manufactures ; les industriels y puiseront des notions qui leur sont indispensables à connaître.

« Veiller sur le sort des enfants, sur leur santé et leur bienêtre, autant du moins que cela est possible, en conservant à l’ autorité paternelle sa légitime part d’influence ; satisfaire à ce que demande le juste soin de leur éducation religieuse, morale et intellectuelle, tel est le but important que la législation recueillie sous la présente section est destinée à atteindre. »

Depuis longtemps on signalait les résultats désastreux pour les centres de population ouvrière, produits par le travail excessif des jeunes enfants envoyés aux manufactures ; on s’indignait contre la coupable conduite des parents qui, pour une augmentation de salaire, souvent minime, consentaient à ce qu’on épuisât ainsi leurs enfants par des travaux dépassant toutes les forces de leur âge.

La concurrence excessive des individus (disait le rapporteur de la loi du 22 mai 1841 , devant la chambre des pairs) qui, dans chaque pays, exercent la môme industrie, la concurrence non moins redoutable des nations qui luttent ensemble afin d'obtenir l’avantage en fabriquant un même genre de produits, telles sont les causes les plus générales de la funeste tendance d’accroître au delà de toutes bornes la durée du travail journalier.

Celle extension acquiert de nouveaux motifs; elle devient plus dangereuse dans les établissements où la force productive est fournie à la fois par des moteurs inépuisables et infatigables, tels que les moteurs mécaniques de l’eau, du feu, de la vapeur.

Ainsi, dans l’industrie, les progrès qu’on admire le plus, à raison du génie de l’inventeur, peuvent conduire à des conséquences fatales à la santé, à la vie même des hommes : les travailleurs deviennent en quelque sorte des accessoires plus ou moins sacrifiés anx grandes forces impulsives qu’on emprunte à la nature inanimée.

Si la soif immodérée du lucre conduit certains chefs d’établisscinenls industriels à dépasser de justes limites, celles où la nature suffit à réparer les forces perdues par le travail de

l’homme fait et robuste, qu’on juge du dépérissement où doivent tomber des adolescents et surtout des enfants lorsqu’ils sont assujettis à la même longueur démesurée du travail journalier.

Quelles peuvent être les conséquences de semblables excès? Un rapide affaiblissement de la santé; des maladies professionnelles, variées et fréquentes; des infirmités précoces et graves; enfin ceux des jeunes travailleurs qui ne périssent pas victimes d’un tel excès de barbarie n’atteignent la virilité qu’avec un témpérament délabré, des forces énervées et des maux la plupart incurables.

Au surplus, avant la publication de cette loi, le gouvernement s’était préoccupé activement de l’état de choses signalé par l’opinion. Et, dans sa sollicitude d’y apporter un remède, une circulaire du ministre de l’intérieur avait été adressée aux préfets, le 31 juillet 1857, dans laquelle on trouve le passage suivant qui mérite d’être reproduit :

« Un travail continu et prématuré imposé à l’enfance peut avoir de graves inconvénients à cette époque de la vie, non- seulement parce qu’il nuit au développement naturel des forces, mais encore parce qu’il est souvent un obstacle à l’instruction, les enfants ne pouvant y donner le temps nécessaire. 11 en résulte que plusieurs d’entre eux arrivent à l’âge d’homme ne sachant ni lire ni écrire, affaiblis de corps et d’esprit et ayant parfois puisé au sein des fabriques des leçons d’une immoralité précoce.

« Avant tout, il importe d’apprécier avec vérité quelle est aujourd'hui la condition des enfants dans les fabriques. J’ai pensé ne pouvoir mieux m’adresser qu’à vous, messieurs les préfets, pour m’éclairer à cet égard, et voici les questions auxquelles je vous prie plus spécialement de répondre :

« Depuis quel âge les enfants sont-ils reçus dans les fabriques?

« Quels sont les salaires qui leur sont attribués?

« Quelle économie résulte pour le fabricant de la substitution des enfants à des ouvriers adultes?

« Quelle est la durée de leur travail ?

« Sont-ils soumis à des travaux de nuit?

« Les enfants des deux sexes sont-ils confondus dans les mêmes ateliers?

« Appartiennent-ils le plus souvent aux ouvriers occupés euxmêmes dans les fabriques, et dans quelle proportion?

« Quel est leur degré d’instruction? — Suivent-ils les écoles?

— Les suivent-ils le jour, le soir ou les dimanches?

« Quel est l’état de la moralité de ces enfants?

« Sont-ils l’objet de mauvais traitements de la part des maîtres ou de ceux qui les emploient? »

Documents relatifs au travail des enfants dans les manufactures.

usines ou ateliers. (Du 22-24 mars 4841.)

Art. 1er. Les enfants ne pourront être employés que sous les conditions déterminées par la présente loi. — 4° Dans les manufactures, usines et ateliers à moteur mécanique, ou à feu continu, et dans leurs dépendances. — 2° Dans toute fabrique occupant plus de vingt ouvriers réunis en atelier1.

Art. 2. Les enfants devront, pour être admis, avoir au moins huit ans.

— De huit à douze ans, ils ne pourront être employés au travail effectif plus de huit heures sur vingt-quatre, divisées par un repos. — Ce travail ne pourra avoir lieu que de cinq heures du matin à neuf heures du soir2. — L’âge des enfants sera constaté par un certificat délivré, sur papier non timbré et sans frais, par l’officier de l’état civil.

Art. 3. Tout travail entre neuf heures du soir et cinq heures du matin est considéré comme travail de nuit. — Tout travail de nuit est interdit pour les enfants au-dessous de treize ans. — Si la conséquence du chômage d’un moteur hydraulique ou des réparations urgentes l’exigent, les enfants audessus de treize ans pourront travailler la nuit, en comptant deux heures pour trois, entre neuf heures du soir et cinq heures du malin. — Un travail de nuit des enfants ayant plus de treize ans pareillement supputé, sera toléré, s’il est reconnu indispensable, dans les établissements à feu continu dont la marche ne peut pas être suspendue pendant le cours de vingt-quatre heures.

1 En limitant ainsi son application aux grandes manufactures, cette loi établissait elle-même une grande lacune ; car les petits ateliers, la boutique du marchand, l’échoppe même de l’artisan, qui n’emploient qu’un seul ou quelques apprentis, appelaient également, et d’une manière tout aussi impérieuse que les grandes manufactures, le secours de la loi pour protéger les enfants contre un travail excessif et contre la barbare exigence des parents et des patrons: aussi cette lacune a-t-elle été comblée par la loi ciaprès des 22 février, A mars 1851, qui détermine les conditions générales de l’apprentissage.

* Voir, sur la limitation des heures de travail, le décret des 9-14 septembre 1848, et les notes.

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