‹ Traité pratique d'hygiène industrielle et administrative comprenant l'étude des établissements insalubres, dangereux et incommodesChapitre 194 sur 240 · TRÉFILER1ES DE MÉTAUX · texte numérisé non relu

TRÉFILER1ES DE MÉTAUX

moins ductile après son passage dans une série de trous. On le recuit au rouge brun dans des caisses ou marmites en fer ou dans un four à réverbère , chauffé par la chaleur perdue des feux de (inerie, et comme chaque recuit donne lieu à la formation d'une certaine quantité d’oxyde, on s’en débarrasse par le décapage (à chaud ou à froid), au moyen d’une eau acidulée par l’acide sulfurique ; on évite ainsi la détérioration rapide de la filière.

Quelques métaux, particulièrement le zinc, sont découpés en rubans dans des feuilles suffisamment épaisses, au moyen de cisailles ordinaires ou de cisailles rotatives ; on passe ces rubans à la filière comme les barres de fer laminé dans le cas précédent.

Quand il s’agit des métaux précieux, dont la quantité employée sous forme de fils est très-faible, relativement au fer, au cuivre, on fait usage de bancs à étirer, et pour les diamètres très-petits auxquels on les réduit ou supplée aux filières d’acier par des filières en rubis.

Dans tous les cas, on peut tirer des fils cylindriques, demicylindriques, carrés, hexagonaux..., suivant que l’on a donné telle forme ou telle autre à la filière.

Autrefois les tréfileries ne marchaient ni au laminoir ni à la filière, mais au simple travail du marteau à la main. 11 en résultait alors beaucoup plus de bruit et d’ébranlement des habitations.

Causes d'insalubrité. — Quelquefois danger d’incendie. — (11 y en a moins maintenant qu’on ne chauffe plus les fils qu’au rouge sombre.)

Causes d’incommodité. — Bruit des mécanismes.

Fumée des fours.

Prescriptions. — Isoler les fours à réverbères, où se pratiquent les recuits, de tout mur mitoyen par un espace de trente à cinquante centimètres.

Surmonter les fours d’un manteau communiquant avec une cheminée qui dépasse les toits voisins de trois à quatre mètres.

Ne pas laisser d’ouverture sur la voie publique.

Ne travailler qu'aux heures tolérées par les ordonnances.

TRiriEItS.

Isoler l’atelier de décapage. Prendre ici toutes les précautions indiquées pour le dérochage. (Voir au mot Cuivre ( Industrie du) l’article Dérochage , I. I, p. 566.)

Traiter les eaux de dérochage. — En extraire les sulfates, — ou les neutraliser par la craie.

TRIPIERS (lrc classe). — 15 octobre 1810. — 14 janvier 1815.

Détail des opérations. — Les triperies sont en général fort incommodes, parce qu’on y fait bouillir beaucoup de matières animales déjà fermentées, et qu’on y conserve souvent des débris de chairs putréfiées. — Les opérations de cette industrie ont le plus souvent lieu dans les abattoirs. — J’ai déjà dit (voir au mot Abattoirs publics, l'article Cuisson de têtes d’animaux , t. I, p. 124) ce qui constituait en partie ces établissements. Il y en a cependant qui sont tout à fait isolés, et qui cuisent dans de larges chaudières une foule de débris destinés à l’alimentation des animaux. — • Ils doivent être surveillés avec la plus grande sévérité.

Causes d’insalubrité. — Odeurs putrides provenant du séjour dans les ateliers des matières animales accumulées, et qui, dans les temps chauds, fermentent très-facilement.

Odeur venant de la décomposition superficielle et du dessèchement des pieds de veau, destinés à servir à la fabrication de la gélatine pour le collage de la bière, opération pratiquée dans certains pays du nord.

Causes d’incommodité. — Buées fades et nauséabondes s’élevant des chaudières à ébullition.

Écoulement sur la voie publique d’eaux fortement chargées de principes solubles et azotés, lesquelles s’infiltrent dans le sol, s’y décomposent et deviennent la source d'émanations insalubres et incommodes.

Fumée des fours.

Prescriptions. — Eloigner ces établissements de tout centre d’habitation.

Les reléguer dans les abattoirs.

uiiate (fabrication d’). 575

Dans le cas contraire, n’amener dans la triperie que des matières fraîches, parfaitement lavées , et prêtes à être soumises à la cuisson.

Construire les fours et l’atelier en matériaux incombustibles.

Recouvrir le fourneau d'une botte suffisamment large pour recueillir la buée et les odeurs produites, et disposée de façon à conduire celles-ci dans une cheminée à large section, à bon tirage, dépassant de trois à cinq mètres les toits voisins.

Munir les chaudières d’un couvercle en tôle.

Paver, daller ou bitumer l’atelier, avec pente convenable pour conduire les eaux, soit dans une citerne étanche, soit dans l’égout le plus voisin, par un canniveau souterrain. Dans le cas de citerne, extraire ces eaux tous les soirs dans des vases clos, et les vendre pour l’agriculture et la nourriture des porcs.

Les eaux ne contenant aucune matière solide peuvent être conduites sur la voie publique, en les faisant suivre d’un lavage abondant à l’eau fraîche. (Voyez, au mot Abattoirs, l’ordonnance, 1. 1, p. 80.)

TUERIES. Voir Abattoirs, t. I, p. 74.

TUILERIES. Voir Briqueteries, t. I, p. 529.

URATE (Fabrication d’), mélange de l’urine avec la chaux, le plâtre et la terre (lre classe). — 9 février 1 825.

Détail des opérations. — Elles sont confondues avec toutes celles qui se pratiquent dans la fabrication des engrais.

Causes d’insalubrité. — Odeurs ammoniacales très-désagréables et nuisibles.

Prescriptions. — Apporter les urines dans l’usine au moyen de tonneaux hermétiquement fermés, quel que soit l’éloignement des lieux habités.

Paver en pierres dures l’atelier de travail. — Le clore de tous côtés. — Le surmonter d’une large cheminée d’appel dont la hauteur variera selon les localités voisines, et qui sera alimentée par des ouvreaux à la partie basse de l’atelier. — (Voir Entrais (Fabrique d’), t. I p. 001.)

urinoirs.

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