‹ Traité pratique d'hygiène industrielle et administrative comprenant l'étude des établissements insalubres, dangereux et incommodesChapitre 37 sur 240 · HUILE DOUVES · texte numérisé non relu

HUILE DOUVES

fer pour y introduire une certaine quantité d’eau bouillante, afin d’obtenir le reste de l’huile par une nouvelle pression.

Les tourteaux provenant des diverses expressions par les procédés ordinaires sont encore imprégnés d’huile; on les traite dans des ateliers spéciaux appelés recenses ou moulins de recense.

Dans ces ateliers, on étend les marcs sur des planchers, on en prend successivement par partie pour les faire écraser dans une cuve en pierre, dans laquelle se meut autour d'un axe vertical une meule ordinairement en granit de un mètre soixante centimètres de hauteur sur vingt centimètres d’épaisseur. Au bout d’un certain temps de broyage, on fait arriver peu à peu de l’eau sur le mélange ; la meule ne cesse point de tourner; les débris de fruits, l’huile, les diverses parties écrasées de l’amande, sont entraînés par le courant d’eau dans des réservoirs; ils constituent le grignou noir.

Quand on croit les résidus de noyaux à peu près épuisés, on ouvre une soupape placée au fond de la cuve et on laisse écouler le grignou blanc pour en séparer la faible quantité d’huile qu’il retient, et qui vient surnager l’eau des réservoirs où s’effectue le dépôt. Dès que toute la matière a évacué la cuve, on ferme la soupape et on recommence une nouvelle opération.

L’huile et une partie des résidus viennent surnager les réservoirs dans lesquels s’est rendu le grignou noir ; à l’aide d'un bâton on amène cette pâte dans un des coins du réservoir ; on la jette dans un baquet au moyen d’une poêle à manche court et percée de trous assez fins ; enfin, on vide ces baquets dans une chaudière. On cuit la pâte liquide jusqu’à ce que la vapeur soit blanche et épaisse, et on soumet le produit de l’évaporation à la presse dans des cabas. — On remue de temps à autre le dépôt des réservoirs pour en obtenir une nouvelle matière qu’on concentre et cuit comme la première, afin d’en retirer une nouvelle quantité d’huile; les tourteaux servent de combustible pour la chaudière d’évaporation : on retire un seizième d’une huile verte facile à saponifier.

Causes d’ins alubiiité. — Aucune.

IIL'ILES.

Causes d’incommodité. — Bruit assourdissant, régulier et continuel des presses à coins, qui fonctionnent nuit et jour.

Odeurs. — Vapeurs de la chaudière où chauffent les huiles.

Danger du feu, s’il y a accumulation de matières.

Ébranlement des habitations.

Prescriptions. — Voir celles imposées aux usines ou métiers où l’on se sert de marteaux, de presses ou de moutons, de meules.

Demander, s’il y a lieu, la suspension du travail pendant la nuit, selon les localités.

Isoler complètement les presses des murs mitoyens, à l’aide d’une tranchée de un mètre de profondeur sur cinquante centimètres de largeur, et de poutrelles assises sur des dés en maçonnerie.

Cheminée plus haute de cinq mètres que celles des maisons voisines.

Ne laisser jamais écouler sur la voie publique les eaux de fabrique.— Les conduire par un aqueduc souterrain à l’égout le plus voisin.

Ne point brûler les tourteaux.

lluilc de houille. Voir Huile de résine.

Cuisson de l’huile de lin en grand (t" classe). — 31 mai 1833.

Détail des opérations. — La cuisson de l’huile de lin a lieu surtout pour être employée dans l’industrie des toiles vernies. C’est une opération des plus désagréables, à cause de l’odeur âcre et nauséabonde qui se dégage de la haute température à laquelle elle est soumise (cent cinquante degrés). C’est surtout vers la fin de l’opération que les vapeurs sont détestables. 11 ne faut pas aller au delà d’un certain degré, car alors il se développe des produits qui altèrent la pureté de l’huile cuite. La cuisson se fait ordinairement dans des chaudières en fonte ou en fer, soit à l’air libre, ce qui est très-incommode, soit en vases clos.

On peut encore fabriquer de l’huile de lin cuite dans un pot de terre vernissé; on fait bouillir l’huile pendant trois à six heures, on écume avec soin et on l’enlève du feu quand elle a

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