CUISSON DE L’HUILE DE LIN EN GRAND
pris une couleur rougeâtre. L’oxyde de plomb entre partiellement en dissolution et l’autre partie se réduit à l’état métallique, sans doute, en cédant son oxygène aux éléments de l'huile. Du reste, une simple agitation de l’huile de lin avec une solution d’acétate de plomb augmente ses propriétés siccatives.
Dans les grands établissements de cuisson d’huile, on brûle les gaz produits en les faisant passer dans des cloches rougies par une température très-élevée ; mais cette opération demande un feu soutenu et beaucoup d’oxygène en excès pour brûler les vapeurs. — Sans cela, il y aurait plus d’inconvénients que d’avantages. — Mieux vaut faire passer les gaz par le foyer et lancer le reste dans une cheminée très-haute.
Gomme les peintures préparées par ce procédé noircissent à la lumière, on a proposé de lui substituer le suivant : on chauffe l’huile de lin jusqu’à une certaine température dans un vase de cuivre, on l’enlève du feu, on y ajoute goutte à goutte, en remuant continuellement, douze à quinze grammes d’acide azotique concentré : il se fait un grand dégagement de vapeurs hypoazotiques ; on laisse reposer et on conserve pour l’usage le produit décanté.
L’huile de lin cuite est souvent par confusion vendue sous le nom de vernis; elle ne tache plus alors le papier et peut être étendue sur les cuirs. — Cette erreur ne doit pas être commise.
Sous le nom de taffetas imperméables, on désigne souvent des étoffes rendues imperméables par des couches successives d’un vernis d'huile de lin lithargyrée
Sous le nom de caoutchouc des huiles, on désigne le produit analogue au caoutchouc, qu’on obtient en faisant bouillir longtemps l’huile de lin avec de l’acide azotique étendu. On en fait des instruments de chirurgie.
La cuisson des huiles a lieu habituellement dans la même usine où l’on fabrique les cuirs ou toiles vernis. — 11 faut surtout être sévère contre cette industrie, qui donne naissance à des odeurs bien plus désagréables que celle de la fabrication et de l’application du vernis.
Causes d’insalubrité. — Danger d’incendie.
HUILES
Odeurs et vapeurs détestables.
Danger des préparations de plomb pour les ouvriers.
Causes d’incommodité. — Vapeurs très-désagréables pendant la cuisson, et surtout à la fin de celle opération.
Dégagement considérable de vapeurs hypo-azotiques, quand on emploie l’acide nitrique.
Prescriptions. — Éloigner ces établissements de toute habitation, et placer le four à cuisson dans l’endroit le plus isolé de la fabrique.
Opérer en vases clos (appareil de M. Payen), dans des chaudières en fer munies d’un couvercle en tôle à charnières.
Brûler les gaz produits de manière qu’il ne s’en échappe que de très-faibles quantités et que l’odeur dans l’usine soit à peine sensible.
Bien ventiler l’atelier.
Opérer sous un large manteau qui conduise toutes les vapeurs dans une cheminée de hauteur variable, selon les localités.
Ouvrir le foyer en dehors de la chambre où se fait l’opération.
Moulins à huile (Huiles (le lin) dans les villes (5* classe). Il janvier 1815.
L’huile de lin est une huile grasse, difficilement congelable, plus légère que l’eau, soluble dans l’alcool et P éther; on l’extrait par expression des graines de lin réduites en poudre.
Détail des opérations. — L’huile de lin, comme les autres huiles extraites des graines oléagineuses, est obtenue, soit à l’aide de meules, soit à l’aide de la pression d’une ou plusieurs batteries de pilons sur des coins qui pressent la graine dans une cuve de fonte.
Un robinet placé à la partie inférieure de la cuve permet d’en soustraire l’huile au fur et à mesure de sa production.
On façonne ensuite les résidus de la fabrication en tourteaux.
On peut opérer sans bruit à l’aide de presses muettes. (Voir Huiles extraites des graines oléagineuses.)
Usages. — On l’emploie en peinture, parce qu’elle est éminemment siccative, c’est-à-dire qu’elle se résinifie promptement en
IIl’ILE DE PÉTROLE (FABRIQUE DE L*). 81
absorbant l’oxygène de l’air ; on augmente encore beaucoup cette faculté en la faisant bouillir avec 7 à 8 pour 100 de litharge et souvent avec du sulfate de zinc.
Causes d’insalubrité. — Aucune.
Causes d’incommodité. — Bruit des pilons. — Ébranlement du sol.
Odeur de l’atelier.
Odeur du magasin où sont entassés les tourteaux.
Prescriptions. — Près des habitations, permettre les moulins à presses muettes.
Dans le cas de presse à batteries de pilons, isoler le moulin des habitations voisines.
Ne tolérer le travail que pendant le jour seulement.
Isoler entièrement les presses à pilons des murs mitoyens, à l’aide d’une tranchée de un mètre de profondeur, sur cinquante centimètres de largeur, et de poutrelles assises sur des dés en maçonnerie.
Donner à la cheminée cinq mètres d’élévation au-dessus des bâtiments voisins les plus élevés.
Y faire pénétrer le tuyau sortant de la botte placée au-dessus du foyer où sont chauffées les graines.
Ne point laisser couler les eaux de fabrication sur la voie publique. — Les mener jusqu’à l’égout voisin par un conduit souterrain.
nulle de naphte. Voir Huile de pétrole, t. II, p. 81.
Huile de uoix. Voir Huiles de graines oléagineuses, t. II, p. 72 et 74.
Huile d'olives. Voir Huiles de graines oléagineuses, t. II, p. 75.
lluilc de pétrole (Fabrique de 1’) (1” classe, par assimilation à la fabrication
des huiles de térébenLhine. — 27 octobre, avis du comité consultatif des arts et manufactures. — 25 novembre 1849, décision ministérielle.
Ce jiétrole brut est un bitume naturel, liquide, onctueux, rougeâtre ou brun noirâtre, d’une odeur très-tenace, il est trèscombustible. Soumis à la distillation, il donne de l’asphalte comme résidu, et une huile incolore nommée pétrolène, qui bout à deux cent quatre-vingts degrés et distille facilement. On en trouve à Gabian (Hérault), et au puits de la Dége, près Clermont-Ferrand; il en vient beaucoup de la mer Caspienne. Le
vebnois, nvc. ino. II. 6
HUILES
pétrolènc ou huile de pétrole sert à l’éclairage et à la préparation des vernis.
Huile de naphte. — Le naphte naturel est aussi un bitume liquide, d’un jaune clair qui donne après distillation et rectification une huile de naphte incolore bouillant à quatre-vingt cinq degrés, qui a pour densité, 0,758. Aussi l’emploie-t-on avec succès à la conservation du sodiumetdu potassium. L’Italie elles bords de la mer Caspienne fournissent tout celui du commerce.
Mômes dangers, mêmes inconvénients, mêmes prescriptions que pour la fabrication de l’huile de térébenthine. (Voir Huile de térébenthine , t. II, p. 97.)
Huile «le pieds de bœuf et de cheval (Fabrique de 1') (1" classe). —
15 octobre 1810. — 14 janvier 1815.
L 'huile de pieds de bœuf, est presque incolore, elle reste liquide, même au-dessous de zéro et peut se conserver longtemps sans s’altérer; aussi est-elle fabriquée en assez grande quantité pour graisser les coussinets de machines.
Détail des opérations. — On l’obtient en enlevant les poils et les sabots des pieds de bœuf, en écrasant ensuite la partie inférieure de la jambe, puis la faisant bouillir dans l’eau.
Ces matières premières sont en général amenées deux fois par semaine de l’abattoir; on les lave immédiatement à grande eau, on les dépèce et on les jette dans les cuves; on se sert le plus souvent d’un courant de vapeur d’eau pour élever la température au degré voulu.
Pendant l’ébullition, l’huile se sépare et vient surnager : on l’enlève et la laisse déposer quelque temps avant de l’employer.
On retire des pieds de chevaux une huile très-estimée; il suffit de faire bouillir dans l’eau les pieds de chevaux pendant un temps suffisamment long; l’huile se sépare, surnage; on l’enlève après refroidissement.
Cette huile a trouvé un débouché considérable dans le graissage des machines, dans l’assouplissement du cuir dont les bourreliers font usage; les émailleurs l’emploient aussi parce qu’elle est très-fluide et brûle sans fumée.
HUILE DE POISSONS ET HUILE DE FOIE DE MOftUE (FABRIQUE d’). 83
Causes d'insalubrité. — Parfois, odeurs putrides par la négligence des fabricants.
Causes d’incommodité. — Mauvaise odeur causée souvent par l’amas de débris ou de matières premières en fermentation putride.
Buée pendant la cuisson.
Vapeurs désagréables.
Prescriptions. — Opérer dans un atelier couvert.
Placer au-dessus des cuves un large manteau qui recueille toutes les vapeurs produites et les porte dans une cheminée de hauteur variable selon les localités.
Paver, daller ou bitumer l’atelier.
Y établir un puits convenable pour les eaux, qui devront être conduites dans une citerne étanche, d’où elles seront extraites en vases clos, sans jamais être jetées sur la voie publique ou envoyées à l’égout prochain.
Ne jamais conserver aucunes matières animales susceptibles de se putréfier : les livrer tout de suite aux industries qui les utilisent.
Ne brûler aucun débris de fabrication.
Iluile de poissons et liuile de ioie de morue et de baleine (Fabrique d') (1" classe). — 15 octobre 1810. — 14 janvier 1815.
Détail des opérations. — Les huiles de dauphin, de baleine, et plusieurs autres analogues, sont des huiles grasses, pouvant fournir des savons; on les retire de la panne de ces cétacés; il suffit de la faire bouillir dans de grandes chaudières contenant de l’eau; la matière grasse vient surnager, on la sépare. L’huile hrute de baleine laisse facilement déposer par le froid une matière grasse solide formant 5 à 10 pour 100 de la masse totale.
On peut débarrasser la matière solide de la matière liquide en la fondant à la vapeur dans un cuvier, y ajoutant 1 à c2 pour 100 d’acide chlorhydrique, agitant et laissanL refroidir le plus lentement possible; la matière solide se rassemble à la surface avec plus de consistance; l’huile liquide est ensuite traitée par
IIUII.ES.
'1 pour 100 de soude caustique; il se forme une espèce de savon avec les matières colorantes; on liltre, il reste une huile claire.
Les huiles de morue, de raie et d’autres poissons de ce genre sont extraites par expression des foies, qui en fournissent d’assez grandes quantités; on opère à froid quand on veut un produit incolore; mais, dans les mers du Nord, on laisse les foies en tas pendant quelque temps , de manière à leur faire éprouver un commencement de fermentation, souvent môme une sorte de putréfaction; puis on les chauffe à une température assez élevée et on en retire par expression une huile brune, d’une odeur et d’une saveur des plus désagréables. L’huile de poisson du commerce est l’huile extraite par ce moyen des foies d’un grand nombre d’espèces de poissons.
On a proposé d’extraire l’huile des harengs en les faisant bouillir dans l’eau, et enlevant l'huile après refroidissement du liquide : on a proposé aussi d’employer les résidus comme engrais, en les pressant d’abord, puis les desséchant pour les conserver.
L’extension que depuis un certain nombre d’années a prise le commerce de l’huile de foie de morue demande quelques détails spéciaux.
On commence pour ainsi dire l’opération de l’extraction de cette huile sur le lieu même de la pêche, dans les mers du Nord. Les foies enlevés aux morues sont placés dans des tonnes qu’on remplit ordinairement au deux tiers de leur capacité. Pendant les deux ou trois mois que dure la pêche, ces foies se décomposent et fermentent tellement, qu’à l’arrivée au port, malgré la précaution qu’on avait eue de laisser une ouverture près de la bonde et de ne les emplir qu’aux deux tiers, les tonnes ne contiennent quelquefois que très-peu de chose. Dans cet état, on les conduit sous des hangars bien aérés. — Elles y sont placées debout; défoncées par le haut, rangées en ligne et laissant entre elles un espace suffisant pour la circulation. Là, elles sont de nouveau abandonnées à elles-mêmes et sans qu on agite leur contenu; et au fur à mesure que l’huile surnage on 1 extrait avec des cuillers. — C’est l’extraction à froid. Au bout dun
HUILE DE POISSONS ET HUILE DE FOIE DE MORUE (FABRIQUE d’). 85
mois à six semaines, l’opération est terminée. Quand toute l’huile a été recueillie, les tonnes ne contiennent plus que de l’eau et les résidus parenchymateux de foie en putréfaction. Cette eau répand une odeur très-fétide quand on l’agite. Les éléments organiques qu’elle renferme en font un bon engrais. Quelquefois on extrait l’huile à chaud. On place alors dans des chaudières les résidus des tonnes. — On chauffe à feu nu, et l’on extrait l’huile par les procédés ordinaires. Cette opération donne lieu à des odeurs très-désagréables. Elle doit être prohibée.
Causes d’insalubrité. — Odeur putride provenant des débris des matières organiques atteintes par la fermentation, — et se développant surtout au moment où l’on extrait les eaux des cuves à macération.
Danger du feu.
Causes d’incommodité. — Odeur détestable quand on agit à chaud et à feu nu.
Ecoulement d’eaux putrides.
Prescriptions. — Applicables à la fabrique des huiles de poisson et spécialement de l'huile de foie de morue.
Proscrire d’une manière absolue le traitement à chaud et à feu nu} et faire disparaître de l’usine toute chaudière pouvant servir à cet effet.
Paver, daller ou bitumer l’atelier où sont placées les tonnes.
Les enfermer dans des ateliers munis de manteaux ou de hottes qui comprennent sous leur étendue toutes les tonnes, — et qui recueillent toutes les vapeurs qui se dégagent. — Terminer cette hotte par un tuyau d’appel à large section qui condense toutes les émanations dans une cheminée haute de trente mètres.
Etablir des ventouses le long du toit.
N’autoriser l’ouverture de l’usine qu’à la condition qu’il y ait une quantité d’eau suffisante de puits ou de citerne pour pratiquer les lavages nécessaires.
Disposer le sol de l’atelier de manière à donner aux eaux un écoulement facile et convenable.
HUILES
Les recevoir dans une fosse étanche qui aura au moins la capacité d’un hectolitre. — On y pratiquera à la partie latérale, à trente centimètres du fond, une ouverture de dix centimètres de diamètre qui restera hermétiquement fermée pendant la fabrication et la vidange des tonneaux, et qui ne sera ouverte que pour livrer passage aux eaux de lavage qui se rendront par un conduit souterrain maçonné dans l’égout le plus voisin.
Revêtir les murs séparant les propriétés voisines d’un contremur en pierres dures fondé à quarante centimètres au-dessous du parement avec lequel il formera corps et élevé de un mètre cinquante centimètres au-dessus de ce parement. N’employer pour ce contre-mur que du ciment de cendrée.
Tenir les portes et fenêtres de l’atelier complètement fermées pendant le travail de vidange des fosses.
Ne jamais laisser couler sur la voie publique les eaux de lavage ou de macération.
Ne jamais conserver dans l’établissement aucun débris putréfié.
Ne jamais brûler rien qui provienne des débris desséchés ou des tonnes hors de service.
Mettre tous les résidus en barils hermétiquement fermés et les transporter hors la fabrique dans le plus court délai possible.
Pour la fabrication des huiles de poisson, opérer en chaudières couvertes, sous la hotte d’une vaste cheminée qui porte haut dans l’atmosphère les vapeurs et buées odorantes produites. — Mettre en dehors de l’atelier de fabrication les ouvertures des foyers et cendriers.
Avoir une pompe à incendie.
lluile de résine et do houille (1" classe, par assimilation à la fabrication de
l’huile de térébenthine).
Huile de résilie et de houille, quand on distille seulement les huiles
pour en obtenir le gu*, ou les résines elles-inôines, dans le mémo
but (2* classe). — Décision ministérielle du 28 octobre 1857.
Fabrication de l’huile de résine.
Détail des opérations. — Celte huile est un mélange de quatre principes liquides, volatiles à diverses températures, obtenu en
FABRICATION DE l’iIUILE DE RÉSINE.
distillant la colophane à feu nu. On place celle-ci clans la cucurbite d’un alambic en fer ou en cuivre; on chauffe; il passe de l’eau et de l’huile essentielle; on sépare ces deux corps quand, tout en conservant la même température, on ne recueille plus rien. Après cette séparation, on continue vivement le feu; il se dégage de l’hydrogène peu carboné et il passe à la distillation de l’eau acide en faible quantité et une forte proportion d’huile; on peut pousser la distilation jusqu’à ce qu’il ne passe plus rien. Mais, pour ne pas endommager les cucurbites, on ne décompose que les neuf dixièmes de la résine et on cesse le feu . On soutire le résidu liquide à l’aide d’un tuyau de vidange; ce résidu est analogue par ses propriétés à la colophane et se vend plus cher.
Douze cents kilogrammes de colophane donnent par ce traitement quatre-vingt-dix litres d’huile essentielle, huit cent vingt litres d’huile volatile fixe et cinquante kilogrammes de brai gras.
L’huile est épurée sur place; on la mêle intimement avec 5 pour 100 de carbonate de soude sec et en poudre; pendant qu’elle est encore chaude, on tire à clair après repos. Cette huile de résine ne peut servir à l’éclairage direct, parce qu’elle donne en brûlant une quantité considérable de noir de fumée. Elle sert quelquefois à des peintures extérieures, et à faire des graisses pour les machines; elle peut donner un gaz d’éclairage très-brillant.
On fabrique encore l’huile de résine, 1° en distillant celleci seule ou avec 10 pour 100 de chaux. — 2° En rectifiant l’huile obtenue sur 20 pour 100 de chaux. — 5° En l’agitant dans des appareils convenables avec 6 pour 100 d’acide sulfurique, et recommençant deux fois ce traitement. — 4° En la mélangeant avec 5 pour 100 de noir animal ou de charbon végétal et un carbonate alcalin; enfin la filtrant sur du noir animal. Cette huile est propre à être brûlée dans les lampes; les résidus d’alambic mêlés à de la chaux servent à lubrifier les machines.
Cette fabrication a lieu soit en grand, soit en distillant directement pour produire le gaz ou l’huile de résine.
La première opération offre les inconvénients de la fonte ou
HUILES
de l’épuration des résines. — Elle se pratique au moyen d'un grand vase de fer présentant deux ouvertures à sa partie supérieure. Par l’une s’introduit la résine et se retirent les résidus. — Par l’autre passent les produits de la distillation, qui vont se condenser dans des récipients pleins d’eau. Les produits de la distillation sont une huile d’abord limpide et volatile comme l’essence de térébenthine et qui devient ensuite de plus en plus épaisse et colorée. Dans tout le cours de cette distillation, la production de cette huile est accompagnée d’une odeur forte et désagréable, et il se dégage en même temps beaucoup de gaz inflammable. Le résidu est une matière charbonneuse d’une masse peu considérable, relativement au volume de la résine employée, et que l’on n’enlève qu’après un certain nombre d’opérations (une opération, quand on agit sur douze à quinze cents kilogrammes de résine, dure ordinairement plusieurs jours). Indépendamment des inconvénients que présentent les épurations de résine et qui sont les mêmes pour les distillations, ces établissements présentent de grandes chances d’incendie, par la possibilité d’explosions qui peuvent avoir lieu dans quelques parties de l’appareil. — Par les fuites dans le foyer. — Au moyen de fissures que peut présenter le vase à distillation. — Par l’obligation où l’on est de déboucher la cornue et de la recharger avant son entier refroidissement. — Enfin par l’accumulation de matières combustibles dans le voisinage du foyer.
L’opération qui consiste à distiller les résines pour en obtenir le gaz ou à distiller les huiles de résine dans le même but, offre moins de dangers. Ces opérations se font dans des cornues enfer. — Mais les quantités qui sont soumises à la distillation sont toujours moins considérables. — La mauvaise odeur, les chances d’incendie et d’explosion, sont moindres.
Usages. — On se sert de ces huiles pour remplacer, dans les peintures grossières et dans la confection du mastic des vitriers, l’huile de lin, dont le prix est plus élevé. C'est pour augmenter sa propriété siccative qu’on la soumet à faction de la chaleur, en présence du peroxyde de manganèse. On tilLre à froid et on chauffe à une douce température.