‹ Traité pratique d'hygiène industrielle et administrative comprenant l'étude des établissements insalubres, dangereux et incommodesChapitre 53 sur 240 · LAQUES (FABRICATION DES · texte numérisé non relu

LAQUES (FABRICATION DES

liront le commissaire de police. Ceux qui changeront de division en préviendront les commissaires de leur ancien et de leur nouveau domicile.

7. Il est défendu aux graveurs, serruriers, forgerons, fondeurs et autres, de fabriquer des laminoirs, moutons, presses, balanciers et coupoirs.

Ils pourront néanmoins en fabriquer pour les manufacturiers, orfèvres, horlogers et tous autres, qui leur juslilieront d’une permission du préfet de police.

Dans ce cas, ils se feront remettre ladite permission et ne la rendront qu’à l'instant où ils livreront les machines fabriquées.

Le tout à peine de mille francs d’amende et de confiscation. (Article 7 des lettres patentes du 28 juillet 1783.)

8. Les graveurs, forgerons, serruriers ou autres, qui auraient actuellement en leur possession des laminoirs, moutons, presses, balanciers et coupoirs, ne pourront les conserver qu'à la charge d’en faire leur déclaration, conformément à l’article 2, et ils ne pourront les vendre sans une permission, sous les peines portées par les lettres patentes rappelées ci-dessus.

9. Ceux qui voudraient cesser de faire usage de ces machines seront tenus d’en faire leur déclaration, et ils ne pourront les vendre qu’à ceux qui seraient munis d’une permission du préfet de police.

10. Ceux qui auront obtenu la permission d’avoir chez eux des laminoirs, moulons, presses, balanciers et coupoirs, seront tenus de les placer dans leurs ateliers aux endroits les plus apparents, et sur la rue, autant que faire se pourra, en observant toutefois de les tenir dans des endroits fermant à clef lorsqu’ils ne s’en serviront pas.

Il leur est défendu d’en faire usage avant cinq heures du matin et après neuf heures du soir, comme aussi de les employer à tout autre travail que celui qu’ils auront indiqué dansleur déclaration, sous peine de révocation des permissions accordées, et d’être contraints à déposer leurs machines à la préfecture de police.

1 1 . Les commissaires de police et officiers de paix feront des visites chez les manufacturiers, orfèvres, horlogers, graveurs, fourbisseurs, serruriers, forgerons, fondeurs, ferrailleurs, ouvriers et tous autres, à l’effet de surveiller l'exécution des dispositions ci-dessus.

Le préfet de police, Dubois.

LAQUES (Fabrication des) (3p classe). — 14 janvier 1815.

On désigne sous le nom de laques des couleurs matérielles formées par la combinaison d’une matière colorante organique avec une base terreuse ou métallique ; l’alumine est la base la plus employée ; l’oxyde d’étain et la chaux viennent après.

Ces laques sont des couleurs généralement moins solides que celles qu on peut retirer des matières premières en se servant

LAQUE CARMINEE.

d’une autre forme; on emploie de nombreux procédés de préparation ; on les modifie selon la nature de la substance.

Laque de garance.

Détail des opérations. — Pour avoir la laque de garance, on fait macérer deux parties de garance dans huit parties d’eau froide : on jette la garance sur des toiles, on l’exprime et on recommence trois fois de suite la même opération. Le résidu est mis en digestion pendant trois heures, à la chaleur du bainmarie, avec une solution d’une partie d’alun pour douze parties d’eau. Le liquide filtré est précipité par une solution de carbonate de soude qu’on ajoute par fractions ; en séparant les différentes parties dans le cours de la précipitation, on aurait des nuances variées. L’alumine s’est précipitée dans cette opération en entraînant avec elle le principe colorant.

On remplace quelquefois le carbonate de soude par le borate qui donne un beau produit ; on se sert aussi du charbon sulfurique ou de la garancine pour obtenir la laque ; par l’emploi de ces derniers produits on a une laque privée de la teinte fauve que lui communique souvent la matière huileuse qu’elle retient.

Laque de Fernambouc.

La laque de Fernambouc s’obtient d’une manière analogue, la crème de tartre remplace le carbonate de soude, et c’est l’alun qui sert à la précipitation. L’emploi du protochlorure d’étain avive la couleur de cette laque et de presque tous les rouges.

Laque carminée.

La laque carminée se fait avec le résidu de la fabrication du carmin. — On fait bouillir ce résidu dans l’eau pure, on y ajoute l’eau-mère du carmin ; quand l’ébullition est achevée, on y verse une solution contenant un poids d’alun double de celui du résidu, et quelques gouttes de chlorure d’étain. On filtre le tout et on précipite la laque au moyen du carbonate de soude; on agite constamment, on fait égoutter et sécher en trochisques à l’ombre.

U existe un grand nombre de laques et de modifications pour

Page 1