‹ Traité pratique d'hygiène industrielle et administrative comprenant l'étude des établissements insalubres, dangereux et incommodesChapitre 54 sur 240 · LAQUES (FABRICATION DES · texte numérisé non relu

LAQUES (FABRICATION DES

les obtenir. Je ne parlerai ici que des laques françaises, qui constituent une industrie particulière.

Laques françaises.

Le nom de laques françaises a été appliqué aux ouvrages en carton recouverts d’un beau vernis et de figures dorées, qui nous venaient autrefois de la Chine, et que l’on fabrique maintenant en France.

11 faut se rappeler ici qu’il y a deux sortes de carions : le carton de pâte et le carton des cartiers; ce dernier formé de feuilles de papier superposées. (Voir Cantonnier, 1. 1, p. 301.)

Le carton de pâte dit papier mâché est seul employé pour les formes arrondies ; au lieu de colle de farine on emploie pour le coller le parum ou colle forte avec de la ratissure de peau. Ce mélange délavé et cuit sert à coller les feuilles de carton de cartiers et à imprégner la pâte du carton de pâte à l’aide d’une douce chaleur ; on moule cette pâte et on fait sécher les pièces à l’étuve ou même à l’air libre, s’il fait chaud. Les moules sont ordinairement en plâtre ou en bois ; dans ce cas on les forme de plusieurs pièces croisées pour éviter leur déformation, on les imprègne même d’huile au feu pour les durcir.

Les pièces sèches sont très-dures, on les passe à l’huile de lin rendue siccative par la lilharge, additionnée d'essence de térébenthine, d’alun. On y plonge les pièces pendant qu’elle est encore très-chaude, ou, si le trempage est impossible, on l’étend très-chaude au moyen d'éponges ou de pinceaux et on fait sécher. On recuit ensuite avec du karabé pur ( vernis au succin ), et on applique les apprêts.

Les apprêts sont de la terre d’ombre et du blanc calcinés, broyés d’abord à l’eau, puis avec un vernis au karabé (succin), contenant très-peu d'essence. Les pièces enduites sont séchées dans un four extrêmement chaud pour faire pénétrer le vernis dans tout le carton et le rendre imperméable. On ponce et on vernit.

Usages. — On fabrique ainsi des vases Môdicis, des panneaux, des candélabres, des tabatières, etc.

LA VASE ET SÉCHAGE d’ÉPONGES. 129

On peut rapprocher aussi de celte industrie celle qui consiste à appliquer des morceaux de nacre de perle sur des petits meubles ou objets d’ornements préalablement enduits d’un vernis épais. On les met à l’étuve afin de donner au vernis une consistance convenable et de faire adhérer ensemble les parties accolées. On polit au sortir de l’étuve, on décore au pinceau, et on applique une dernière couche de vernis.

Causes d’insalubrité. — Aucune.

Causes d’incommodité. — Odeur du vernis.

Danger du feu.

Eaux de macération. — Eaux alcalines qui ont servi à la dissolution des matières colorantes.

Quelquefois amas de matières résineuses.

Fumée des fourneaux.

Buées.

Prescriptions. — Isoler le fourneau.

Le recouvrir d’une hotte qui recueille toutes les vapeurs et les dirige dans une cheminée qui dépasse de deux mètres le faîte des toits voisins.

Bien ventiler l’atelier.

Ne pas fabriquer le vernis dans les ateliers, à moins d’une autorisation spéciale. (Voir Fabrique île vernis .)

Conserver dans une armoire séparée les bouteilles de vernis dont on peut faire usage.

Ne point laisser couler sur la voie publique les eaux alcalines avant d’être rendues neutres et limpides.

Sans cela les porter à l’égout voisin.

Emmagasiner isolément les matières résineuses, s’il en existe, de manière à éviter les incendies.

S’il y a une étuve, l’isoler convenablement du four.

LARD (Ateliers a enfumer le). Voir Conserves de substances alimentaires ( Industrie des), t. I, p. 462.

LAVAGE ET SÉCHAGE D’ÉPONGES. Voir Éponges, t J

VEr.NOiS, HYG 1ND. II.

LAVOIRS

LAVOIRS (Industrie des). — Blanchiment de toute nature. — Buanderies.

Blanchiment «les toiles par l'acide inuriati«iue oxygéné (2' classe). —

15 octobre 1810. — 14 janvier 1815.

Blanchiment «les tissas par le chiure (2* classe). — 14 janvier 1815. — 5 novembre 182G.

Blanchiment par les chlorures alcalins (5’ classe). — 5 novembre 1820.

Le blanchiment constitue une série d'opérations qui ont pour but de donner aux matières textiles la blancheur avec laquelle nous sommes habitués à les employer aux usages domestiques. Le coton n’a pas besoin de traitements aussi énergiques que le lin et le chanvre, bien qu’il soit soumis aune série d’opérations au moins aussi multipliées et aussi longues.

Détail des opérations. — Marquage , ébullition dans l'euu , et grillage. — Les pièces sont marquées avec une encre indélébile ou avec des fils de garance; puis mises dans l’eau que l’on porte à l’ébullition, pour enlever la plus grande partie des matières solubles. Les pièces sont ensuite grillées. (Voir article Grillage des tissus , 1. 1, p. 495.)

Macération ou fermentation. — La macération a pour but de dépouiller les toiles de celte espèce de parement ou paron dont on les* imprègne pour faciliter le tissage et qui s’oppose à l’action des liquides sur les fils. Ce paron est formé de colle-forte ou d’amidon, d’empois, de résine, d’un alcali, d’une matière grasse; ou y joint quelquefois du chlorure de calcium pour maintenir la moiteur des chaînes, mais il a l’inconvénient de faire piquer les toiles. On dispose les tissus par ordre de finesse pour leur faire subir une fermentation dans des cuves avec de l’eau à vingt-cinq degrés environ. Si la toile contient peu de parement, on y délaye une matière fermentescible, de la farine de seigle ordinairement; cette opération dure de vingt-quatre à trente-six heures. Il ne faut pas la prolonger au delà du temps nécessaire, de peur d’arriver à la fermentation putride , qui altérerait le tissu.

Traitement par l’eau de chaux au lieu de fermentation. — On a bien souvent substitué l’eau de chaux bouillante à la fer-

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