‹ Traité pratique d'hygiène industrielle et administrative comprenant l'étude des établissements insalubres, dangereux et incommodesChapitre 6 sur 240 · FORGES CATALANES ET CORSES · texte numérisé non relu

FORGES CATALANES ET CORSES

ses fers une juste renommée pour la fabrication de l’acier. On emploie beaucoup en Angleterre le carbonate de fer, qui donne des produits de première qualité.

Les minerais de fer précités sont facilement réduits par l’hydrogène et l’oxyde de carbone; on conçoit dès lors que la plus grande difficulté consiste à les séparer de leur gangue; il faut donc rendre celle-ci aussi fusible que possible, en y ajoutant du calcaire si elle est siliceuse, et de la silice si elle est calcaire, de manière que le verre qui en résulte préserve le fer de toute oxydation ultérieure. Généralement il y a aussi de l’alumine dans le minerai, cette alumine entre en combinaison avec la silice ainsi qu’une partie de l’oxyde de fer pour former le laitier. L’emploi de la chaux donne plus de fer, mais demande des minerais plus riches et plus de combustible; c’est dans la méthode catalane qu’on en trouve surtout l’application; quand les minerais contiennent du manganèse, la scorie ou le laitier est beaucoup plus fusible, ce qui permet de diminuer la quantité de chaux.

Préparation des minerais. — Les minerais purs sont employés tels qu’on les extrait; les minerais en grains sont exposés à l’air pour laisser déliter l’argile et les pyrites qui peuvent y être contenues; on les lave ensuite en les faisant osciller dans l’eau dans des paniers à claire-voie, suspendus à l’aide d’une perche élastique, ou par l’emploi des patouillets. Assez souvent aussi on grille ou calcine les minerais oxydés ou carbonatés pour étonner les gangues, dégager les matières volatiles qui y sont contenues, telles que les matières bitumineuses et môme l’acide carbonique; on opère en tas à l’air ou dans des fours intermittents ou continus analogues à ceux qui servent à la cuisson de la chaux; on ne chauffe pas au delà du rouge, pour empêcher toute réaction, et on laisse aussi longtemps que possible les minerais à l’air, pour les débarrasser de toute trace de soufre.

For gcs catalanes et corses.

L'extraction du fer malléable se fait en une seule opération par la méthode catalane ; le fer qui en résulte est d’excellente

FER

qualité, très-propre à fabriquer des pièces résistantes et des aciers de cémentation. On ne peut employer cette méthode que pour des minerais très-riches, par conséquent rares ; elle nécessite une main d’œuvre et offre des difficultés bien plus considérables que les autres procédés de fabrication ; elle emploie un peu moins de charbon ; les conditions favorables à son exploitation se trouvent dans les pays de montagnes, tels que la Corse, les Pyrénées.

Cette forge est composée d’un creuset ou feu , formé par une cavité quadrangulaire de soixante- dix centimètres de profondeur, appuyée contre un mur. Ce creuset est en pierres reliées avec de l’argile, le fond est garni d’une sole en granit, les parois ont des formes un peu différentes les unes des autres.

Une tuyère inclinée de quarante degrés reposant sur la partie supérieure de la paroi latérale amène l’air dans le foyer; cet air est lancé par une machine soufflante. Cette machine, nommée trompe d’air dans l’Ariége , se compose d’un bassin supérieur alimenté par l’eau d’une source, de deux tuyaux en bois creusés intérieurement et de six mètres de hauteur environ qui viennent du fond de ce bassin dans une caisse inférieure. Cette caisse, qui forme la troisième pièce principale de l’appareil, porte deux ouvertures, l’une placée au bas, l’autre supérieure, que surmonte un tube terminé par le porte-venL de la tuyère. L’orifice supérieur des tuyaux est rétréci en entonnoir par des planches maintenues à l’aide de tringles ; la partie inférieure constitue 1 ’êtranguillon ou resserrement à la hauteur duquel les tuyaux portent des trous inclinés appelés aspirateurs.

L’eau du bassin, venant à entrer dans les tubes verticaux par les étranguillons, entraîne l’air extérieur qui passe par les ouvertures latérales, l’eau tombe sur une banquette placée dans la caisse inférieure, où elle s’écoule par un orifice situé au-dessous, tandis que l’air se dégage par la base. A l’aide de coins maintenus par des leviers, on peut régler l’ouverture des étranguillons, et par conséquent la chute de l’eau et celle de l’air.

C’est dans ce foyer que, à l’aide d’arrangements particuliers, on dispose du minerai dans le côté droit et du charbon dans le

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