FORGES A BRAS OU L’ON FABRIQUE DE GROSSES PIÈCES
côté gauche; il ne faut pas laisser refroidir le foyer, si l’on vient de faire une opération, parce qu’alors on utilise la chaleur acquise par les parois. Le feu est activé faiblement au commencement, on l’augmente progressivement, le minerai se réduit au fur et à mesure ; on ajoute du minerai et du charbon à mesure que la réduction s’opère. 11 se forme de l’oxyde de carbone, par suite de la combinaison de l’acide carbonique provenant de la combustion avec le charbon incandescent; c’est cet oxyde de carbone qui réduit l’oxyde de fer ; une partie de l’oxyde de fer se combine avec la gangue et coule au fond du creuset, on la fait sortir par une petite ouverture pratiquée au bas de la face postérieure du foyer. Après six heures de chauffe convenablement dirigée on a un massé ou fer spongieux incandescent.
Ce massé, retiré du feu, est porté sous un marteau en fonte de six cents kilogrammes environ, monté sur un manche en hêtre mis en mouvement au moyen de cames en fer disposées sur un arbre de roue hydraulique ; ce marteau bat de cent à cent vingt-cinq coups par minute ; il frappe sur une enclume solidement fixée dans le sol. A l’aide d’un coin, on divise le massé en deux portions dès que le marteau en a fait sortir la scorie; les deux moitiés, appelées massoques, sont allongées en parallélipipèdes, qu’on divise à leur tour en deux massouquettes que l’on étire en barres.
Le foyer corse en diffère en ce qu’il n’est pas en maçonnerie, mais formé de gros charbons et même de minerai ; l’opération est du reste à peu près la môme que pour la forge catalane proprement dite.
Forges de grosses œuvres, c’cst-ù-dire où l'on fuit usage de moyens mécaniques pour mouvoir soit les marteaux, soit les masses soumises nu travail, avec four iV réverbère (2° classe). — 5 novembre 1826. Forges ù bras où l’on lubrique de grosses pièces, des essieux de voiture, et où l'on brûle une grande quantité de houille (2” classe). — Ordonnance de 1831.
Détail des opérations. — Ces opérations sont très-variées et ne sauraient être indiquées d’une manière spéciale. Elles con-
FER
sislent surtout dans la fabrication des machines à vapeur, des grands réservoirs en tôle boutonnés, — des appareils qu’on emploie pour le travail mécanique des usines de toutes espèces, etc., etc.
Causes d’insalubrité. — Aucune.
Causes d’incommodité. — Beaucoup de fumée.
Danger d'incendie par les flammèches.
Bruits des marteaux à main ou des marteaux pilons.
Ébranlement du sol.
Bruit du ventilateur soufflant.
Prescriptions. — Selon les localités, mais surtout dans l'intérieur des villes , faire enfermer les ventilateurs soufflants dans des cabanes en plâtre et en planches fermées par une porte à deux parois, dans l’intervalle desquelles on mettra du son ou de la sciure de bois.
Enfermer les forges dans des lieux clos et couverts (selon les lieux) .
Pour atténuer le bruit des marteaux pilons, voir les prescriptions ordonnées aux batteurs d’or et fabricants déboutons à l’aide de moutons.
Selon les localités, permettre ou défendre la fabrication de grandes pièces de chaudronnerie.
Fondeurs au creuset (5° classe). — 14 janvier 1815.
Les fonderies où l’on ne se sert que du four au creuset sont en général les moins importantes, au point de vue de l’espace occupé et de la grande quantité des matériaux sur lesquels on a opéré. — La sole de ces fours contient au centre un creuset de dimensions et de nature variables. — Le creuset peut être en plombagine , c’est-à-dire, dont la pâle contient du graphite ; il est très-résistant à l’action du feu et à celle de beaucoup de corps. — On remplace souvent le graphite par du coke grossièrement pulvérisé. — D’autres fois, il est purement argileux, — perméable ou rendu imperméable ( porcelaine ). — Comme toutes les substances oxydantes agissent chimiquement sur les creusets, on a construit des creusets dits brusqués , pour s'opposer à