OUATE
©s (Calcination tics). Voir Noirs ( Industrie îles), t. Il, p. 240.
Os (Dépôts «I"). Voir Chiffonniers, t. I, p. 404.
OUATE (Fabrique u’) (2e classe, par assimilation aux dépôts de matières inflammables et aux filatures de coton. — Rapports du conseil d'hygiène de Douai. 1857).
Détail ues opéiiatioins. — La ouate est formée par du colon réduit en poils a l'aide du battage et du délirage. On le carde en le faisant passer sous le rouleau d’une machine à bras qui lui donne la forme d’une large galette carrée. L’une des surfaces est enduite à la brosse d’une solution de colle de Flandre. On unit les deux galettes par le côté poilu, et on forme ainsi une pièce de ouate. Ces pièces sont mises à sécher dans des étuves, dont le mode de chauffage peut varier (Poêles, calorifères. — Eau chaude;. Quelquefois on prépare dans la fabrique la colle . dont on a besoin pour le lustrage.
On teint la ouate en noir, en bleu et en rose, par les procédés ordinaires de la teinture.
Causes d’insalubrité. — Danger d’incendie par l’accumulation d’une grande quantité de matières inflammables, et par le feu, qui prend souvent dans les séchoirs.
Danger pour les ouvriers de respirer un air chargé de particules et filaments très-déliés de coton. (Bronchites, tubercules pulmonaires.— Hémorragies des voies respiratoires. — Ophlhalmics et blépharites.)
Causes d’incommodité. — Bruit incessant des machines à battre ou des mécaniques des ateliers.
Poussière abondante.
Prescriptions. — Aérer convenablement les ateliers, y pratiquer une cheminée d’appel.
Ne point ouvrir l'atelier sur la rue ou les voisins pendant le travail.
Prendre contre l’incendie toutes les précautions possibles.
Conseiller aux ouvriers de ne pas travailler constamment aux mêmes détails de la fabrique, qui les exposent à respirer un air impur. — Les changer de travail.
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Pratiquer le séchage à l’aide de l’eau chaude ou de la vapeur d’eau passant dans des tuyaux métalliques , placer le loyer tout à fait en dehors des ateliers.
Les éclairer par des lampes à cheminée de verre, et placées derrière des châssis dormants. Le soir, ne circuler dans les ateliers qu’avec des lampes de sûreté à double toile métallique.
Dans les cas où l’on préparera la colle et la teinture, séparer les fourneaux des ateliers.
Interdire absolument l’entrée dans les ateliers, des pipes, cigares, allumettes chimiques et de toute matière en ignition.
Carreler ou bitumer les ateliers et couvrir d’une épaisse couche de plâtre, mortier ou ciment, toutes les parties visibles et combustibles des parois et plafonds.
Enlever les résidus de la colle, comme engrais, au fur et à mesure de leur production.
Ne déverser les eaux sur la voie publique qu’à l’état neutre ou légèrement alcalin, et limpides. A cet effet, des bassins d’une capacité de dix mètres cubes recevront les eaux de teinture et autres. Ces bassins seront disposés de manière à permettre la précipitation des matières en suspension et la filtration des liquides à travers une coucbe très-épaisse de tannée. Les eaux acides ou chargées de sels cuivreux ou autres doivent préalablement être décomposées par la chaux.
OUTRES EN PEAU DE BOUC (Fabrique d’) (lre classe). — 24 décembre 1830. — Décision ministérielle.
Détail des opérations. — Ces outres sont préparées au moyen d’un enduit en caoutchouc dissous par des éthers combinés.
Les opérations sont en tout point analogues à celles employées dans la fabrication des cuirs, des taffetas et toiles cirés et vernis.
Causes d’insalubrité. — Prescriptions. — Voir, au mot Etoffes (Industrie des), l’article Toiles et tissus imperméables , 1. I, p. 640.
PAPIERS
OXALIQUE (Acide). Voir Acides, t. I, p. I5G.
OXYDE ROUGE DE FER. Voir, au mol Fer {Industrie du), l'article Bouge de Prusse, t. II, p. 19.
PANNES (Fabrique de). Voir, au mot Briqueteries, l’article Tuiles, t. I, p. 335, et, au mot Céramique ( Industrie ), l’article Verrerie, 1. 1, p. 570.
PAPIERS (Industrie des).
Papiers (Fabriques «le) classe). — 14 janvier 1815.
La matière première du papier est généralement ce qu’on désigne en chimie sous le nom de cellulose; le vieux linge, le coton, les cordes, les fils de lin, de chanvre, etc., sont employés à produire l’espèce de feutrage qui constitue le papier.
Papier de chiffons.
Détail des opérations . — Triage. — Leschiffons forment la plus grande partie de la matière première : on les sépare en blancs, demi-blancs et colorés; c’est le triage : onlcs trie encore selon qu’ils sont en chanvre, en lin ou en coton; ces derniers, donnant un papier d’une faible résistance quoique bien beau sous tous les autres rapports, n’entrent qu’en certaines proportions dans la pâte et en sont même exclus complètement dans certains cas. Les chiffons d’origine animale, comme ceux de soie ou de laine, n’entrent que dans le papier gris, parce qu’ils ne peuvent être blanchis par le chlore sans être détruits.
On enlève la poussière et les matières terreuses qui y adhèrent en les frottant sur une toile métallique, puis les jetantdans un blutoir tournant avec une vitesse de quinze à vingt tours à la minute.
Les chiffons sont découpés à la main; tous les efforts tentés pour y introduire l'emploi des machines n’ont abouti à aucun bon résultat.
Lavage ou lessivage. — Celle opération1 s’effectue à l’aide de dix ou vingt kilogrammes de soude caustique pour mille kilogrammes de chiffons. On verse dessus une quantité d’eau suffisante pour les humecter, puis on les met dans un cuvier ou appareil de lessivage chauffé par la vapeur à haute pression. On peut encore rendre l’opération plus économique en déplaçant
I'APIEli PE CHIFFONS.
la lessive pai* de l’eau bouillante, et la faisant servir à un deuxième lessivage qu’on termine par une lessive neuve. Plusieurs appareils fonctionnent en môme temps afin de rendre l’opération continue; on lave les chiffons lessivés, on les laisse égoutter dans une caisse à double fond', puis on leur fait subir Y effilochage.
Il existe cependant encore un procédé de désagrégation des chiffons pour en obtenir de la pâte à papier, procédé qui fut seul mis en usage jusqu’à la fin du siècle dernier et qu’on emploie encore dans la plupart des petites fabriques. 11 consiste dans le pourrissage des chiffons. Les chiffons, préalablement lavés avec de l’eau ordinaire, sont mis en tas dans le pourrissoir , et y sont laissés pendant un temps variable selon leur nature; la masse s’échauffe, il se produit des moisissures, et, si la fermentation est trop active, on l’arrête en remuant le tas, et on défait complètement celui-ci quand on juge l’opération terminée. Le pourrissage a surtout pour but de détruire les dernières traces de matières grasses qu’ils retiennent énergiquement; il ne faut pas le pousser trop loin, de peur d’avoir un déchet trop considérable et de détruire la ténacité des fibres.
L’ effilochage consiste à amener les chiffons à n’être plus qu’un mélange de fibrilles comme la charpie, en évitant tout ce qui pourrait les briser.
Pour diviser les chiffons et les triturer, on a fait beaucoup usage du moulin d maillets. Ce moulin est formé d’une suite de piles ou espèces de mortiers creusés dans une pièce de chêne ou d’orme en nombre proportionné à la longueur de celui-ci. Les maillets sont en bois et au nombre de quatre à six pour chaque pile ; ils sont mis en mouvement au moyen d’un arbre armé de cames qui soulèvent alternativement ces maillets pour les laisser retomber par leur propre poids sur les chiffons placés dans la pile avec une certaine quantité d’eau, constamment renouvelée. On a conservé le nom de piles aux machines qui exécutent maintenant ce travail.
La machine qu’on emploie ordinairement est une caisse de trois mètres de longueur terminée aux deux extrémités par un
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demi-cylindre formé de plaques de fonte boulonnées; un diaphragme longitudinal divise la caisse en deux canaux en laissant aux extrémités un espace aussi large que chaque canal pour donner un facile passage aux chiffons.
Sur l’un des côtés de la caisse, et perpendiculairement au diaphragme, repose l’axe d’un cylindre armé de lames divisées par paires et serrées avec un coin en bois ; au-dessous du cylindre est une platine en fonte, sorte d’encaissement rempli de lames parallèles boulonnées les unes contre les autres, au nombre de treize.
Le cylindre se meut avec une vitesse de cent quatre-vingtdix à deux cent vingt tours environ à la minute, détermine le mouvement circulaire de l’eau, tandis que les chiffons qui s’engagent entre le cylindre et la platine se déchirent sans se couper, et se lavent sous l’influence continuelle d’un courant d’eau; cette eau s’échappe par deux châssis en toile métallique placés en avant et en arrière du cylindre.
Blanchiment. — Les chiffons qui ont subi cette opération constituent le défilé; on le soumet à un blanchiment au chlore gazeux ou au chlorure de chaux, en agissant lentement avec une dissolution étendue à basse température, afin de ne point désagréger les molécules des filaments. On se sert de cuves en maçonnerie à la chaux hydraulique tapissées en carreaux de faïence dure, ou de cuviers en bois, munis d’agitateurs; dans ces derniers, le blanchiment suffisant est atteint en six ou cinq heures, tandis qu’il en faut jusqu’à vingt-quatre et quarante-huit par l’emploi des cuves à repos.
Quand on a recours au chlore gazeux, c’est dans le où on éprouve de grandes difficultés par les hypoçhïorites; on fait alors déboucher le gaz au moyen d’un tube de plomb épais dans la partie supérieure d’une chambre où on a disposé le défilé . Celui-ci, suffisamment débarrassé de son eau d’interposition par une presse à deux cylindres, et cardé par un loup (cylindre armé de dents de fer), est placé sur des planches en étages sur lesquelles tombe le chlore. Après le blanchiment, le défile est lavé pour lui enlever tout son chlore, ce qui est difficile ; on peut ici
paheh a la mécanique. 2(33
faire une des meilleures applications des sulfites alcalins, qui donnent un chlorure et un sulfate sans action sur la fibre.
Ap rès le blanchiment vient Y affinage. Le défilé est remis dans les piles pendant deux ou trois heures; on rapproche de plus en plus le cylindre de la platine, au moyen d’une vis de rappel, de manière à obtenir finalement une pâle susceptible d’être étendue d’une manière uniforme en couches aussi minces qu’on le désire. Cette pâte sert immédiatement à la fabrication du papier non collé; tel est le papier d’impression ordinaire.
Si le papier doit être collé, c’est-à-dire, rendu imperméable à l’encreà écrire et au lavis, on colle les feuilles fabriquées quand le travail se fait à la main et la pâte elle-même si l’on se sert de machines.
Collage du papier à la mécanique. — Le collage de la pâle se fait avec un savon résineux, de la fécule et de l’alun; — cent cinquante kilogrammes de résine finement pulvérisée sont mis dans une chaudière avec une lessive caustique obtenue au moyen de soixante-quinze kilogrammes d’eau et douze kilogrammes cinquante centigrammes de chaux; on produit sept cent cinquante kilogrammes de savon résineux en trente minutes d’ébullition.
On prend soixante-quinze kilogrammes de ce savon, on le délaye dans cinq cents kilogrammes d’eau tiède, contenant vingt kilogrammes de fécule; on fait passer dans le mélange un courant de vapeur d’eau qui élève l’eau à l’ébullition et distend considérablement la fécule. On verse le tout dans la pile, un quart d’heure après, ou y ajoute une solution d’alun destinée à former une colle imperméable insoluble. C’est ce qu’on appelle la colle végétale ou savon de résine.
Papier ù la mécanique. — La pâte à papier collé au savon de résine est conduite dans une grande cuve où elle est maintenue en suspension dans une grande quantité d’eau au moyen d’un agitateur mécanique. A l’aide d’un robinet on règle l’écoulement de la pâte sur le distributeur mécanique; elle se tamise et s’épure dans des caisses, puis elle passe sur une toile mécanique sans fin, à tissu serré, qui se meut longitudinalement et laté-
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râlement en frottant contre une rangée horizontale de rouleaux destinés à bien répartir et feutrer la pâle. L’eau se sépare de la pâte à mesure qu’elle se feutre davantage, et tombe dans un réservoir d’où une danaïde la remonte aux caisses d’épuration.
La feuille qui a subi ce commencement de formation passe sur une petite caisse garnie de rouleaux sur lesquels s’appuie la toile métallique, et dans laquelle est opérée une aspiration continue par une pompe à air formée de trois cloches, afin de dépouiller la feuille de la plus grande partie de l’eau quelle retient encore. Le papier n’a encore que peu de consistance; il en prend davantage en passant entre deux cylindres garnis de feutre maintenus humides par un courant d’eau qui les nettoie en même temps qu’une lame de bois en exprime l’excès. La feuille passe ensuite entre des cylindres lisseurs en fonte, bien tournés et polis, puis entre des cylindres sécheurs , chauffés à la vapeur, et, enfin, vient s’enrouler sur un dévidoir.
Il ne reste plus qu’à couper le papier selon les dimensions voulues, et à le mettre en rames. Souvent le lissage ne se fait que sur le papier en feuilles ; on emploie des cylindres qu’on fait appuyer fortement pendant leur rotation sur des feuilles polies de laiton ou de zinc entre lesquelles on dispose le papier.
Papier à la main. — Quand on fabrique le papier à la main, pour lui donner certaines qualités qu’on n'atteint pas à un si haut degré par la machine, on réduit le chiffon en pâte, soit par l’action du pilon, soit par celle de la pile qui a été décrite.
La pâte est maintenue en agitation dans l’eau par un agitateur à palettes tournant au moyen d’un axe horizontal ; l’ouvrier ouvreur ou pinseur y plonge sa forme ou vergeure; c’est un cadre mince en bois de la dimension de la feuille, et qui est garni d'une toile métallique ; la pâte s’y applique, il en régularise l’épaisseur au moyen d’un cadre mobile en bois. Le feutrage et l’écoulement d’une partie de l’eau s’opèrent au moyen de mouvements qu’il imprime au cadre ; puis il retourne le cadre sur un feutre ou / lôtre humide; un autre ouvrier, dit coucheur, place les feutres en pile sous une presse, et, quand la compression a