‹ Traité pratique d'hygiène industrielle et administrative comprenant l'étude des établissements insalubres, dangereux et incommodesChapitre 97 sur 240 · PAPIER A FILTRER · texte numérisé non relu

PAPIER A FILTRER

eu lieu, il les soumet à une seconde compression sans interposition de flôtrc, puis à une troisième, en changeant leur ordre de superposition, enfin il les étend sur des perches horizontales pour les faire dessécher.

Collage du papier à la main. — Le collage du papier à la main a lieu directement sur les feuilles ; on y emploie la gélatine ou colle forte provenant des peaux de lapin, des parchemins, des pieds de moutons et de chèvres.

On la fabrique sur place; on se sert de celle que le commerce livre sous forme de plaques minces, transparentes, qu’on fait distendre dans l’eau froide, puis dissoudre dans l’eau bouillante. A la dissolution de gélatine on ajoute le tiers d’alun du poids de la gélatine sèche, pour obtenir une colle plus résistante et plus imputrescible.

Les feuilles sont plongées par poignées en les tenant écartées par les doigts dans la dissolution de gélatine alunée, maintenue à vingt-cinq degrés ; puis on les étend sur des cordes tendues entre des bâtis qu’on élève pour laisser s’accomplir une dessiccation lente, mais pas trop, pour empêcher la putréfaction de la gélatine, ce qui arriverait facilement par les temps chauds, humides et orageux.

Pour enlever la teinte légèrement jaune que communiquent la colle et l’insuffisance du blanchiment, on mêle à la pâte une certaine quantité de bleu de Prusse, quelquefois du bleu de cobalt ou d’outre-mer, ou même de cendres bleues ; en forçant les doses on a du papier bleu d’azur. Pour donner frauduleusement, ou môme dans un but avoué, un poids plus considérable au papier, on môle à la pâte des quantités notables de sulfate de baryte, de sulfate de chaux, et même de sulfate de plomb : l’emploi de ce dernier surtout peut avoir de graves inconvénients: en tout cas, ces trois sels sont éminemment nuisibles à la conservation de la ténacité et de la beauté du papier.

Papier à filtrer.

Le papier à filtrer doit être formé de cellulose sensiblement pure, c’est-à-dire ne contenant pas de sels calcaires ou autres;

PAPIËHS.

il doit être facilement perméable aux liquides. Ou emploie à sa fabrication des chiffons blancs de lin ou de chanvre de bonne qualité, on ne se sert que d’eau distillée de condensation de machines à vapeur; en Suède, le papier dit Berzelius est fabriqué avec l’eau provenant de la fonte des glaces ou des neiges. Jamais le papier à filtrer ne doit être collé.

Papier à calques.

11 est formé avec des fils de chanvre ou de lin écrus ; on les réduit en une pâte nommée verte , on ne les blanchit point : l’acide pectique et les pectates qui restent interposés entre les fibres forment la matière transparente ; le papier d’actions et de billets de banque est très-analogue.

Papier commun ou gris.

Le papier gris se fait avec un mélange de chiffons de couleur, avec des chiffons de laine et de soie non blanchis.

Papier d'intestins.

On emploie quelquefois les intestins à la fabrication du papier; il est dur, résistant, peu perméable à l’humidité, et sert à fabriquer les gargousses en Allemagne.

Carton.

Le carton est un papier épais formé d’une pâte obtenue eu laissant pourrir, pendant quinze à trente jours, les vieux papiers et les rognures du neuf ; on brise la pâle sous des meules dans une auge circulaire, on la met en forme sur un châssis à toile métallique, on soumet les feuilles à la presse entre les flôtres et les laisse sécher à l’air.

On a essayé d’en fabriquer avec les pulpes des pommes de terre ou de betteraves ; on les épure avec de l’acidc sulfurique étendu, on les lave, on les imprègne de 1 ou 2 pour ICO d’ammoniaque qui forme un pectale d'ammoniaque qui devient trèsadhérent. Par l’addition de 8 ou 10 pour 100 de pâte de papier, on oblient un carton plus résistant, moins fragile. (Voir Cavtonniers, t. I, p. 551 .)

P..PIEUS D1VEUS (fabhiques de'. 267

Carton-pierre.

Le carton-pierre est un mélange de pâte à papier, de ciment, d’argile et de craie ; on le coule dans des moules, il devient dur en se desséchant.

Divers autres papiers.

On a encore fait, en Amérique, du papier avec des rognures d’ivoire. — On en fait aussi avec un certain nombre de matières textiles (voir Bulletin de la Société d' acclimatation , mai, 1858, tome V, n°5, page 199), — et avec le sparte ou alpha, le diss et la feuille de palmier nain recueillie en Algérie.

M. Hoffmann, de Londres, vient de publier sur le parcheminpapier de M. Gaine un long mémoire plein de curieux détails.

Cette substance présente dans la plupart de ses propriétés une telle analogie avec une membrane animale, que c’est à juste titre qu’on peut lui appliquer le nom de papier-parchemin ou de parchemin végétal. Par son aspect, elle ressemble beaucoup au parchemin animal, dont elle possède la nuance particulière, la translucidité, la même transformation de l’état fibreux à l’état corné, la cohésion, la souplesse, la disposition hygroscopique, etc. Plongée dans l’eau, elle présente tous les caractères des membranes animales, devient douce et mollasse, sans perdre de sa force, et ne laisse pas filtrer les liquides, qui la traversent toutefois par voie d’endosmose.

Quelques expériences ont été entreprises afin d’établir une comparaison entre cette matière et le parchemin animal. A cet effet, on a pris des bandes de ce papier et de parchemin de 2 1 millimètres 225 de largeur, et, autant qu’il a été possible, de même épaisseur, dont on a ramené les bouts l’un sur l’autre, puis qu’on a couchées sur un cylindre horizontal et arrêtées convenablement parles deux bouts sur le sommet de ce cylindre par des vis de pression. Chaque bande prenait donc ainsi la forme d’une boucle dans l’ouverture de laquelle on a placé un petit cylindre en bois en saillie des deux côtés de la bande d’environ 25 millimètres, et portant, au moyen de cordes arrêtées à chaque extrémité, un plateau qu’on a chargé de poids jusqu’à

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