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rupture de la bande. Une série d’expériences exécutées de celte manière a conduit à ce résultat, que le papier soumis à l’action de l’acide sulfurique, ainsi qu’il a été dit, acquiert environ cinq fois plus de force qu'il n’en possédait auparavant, et qu’à poids égaux le papier parchemin possède environ les trois quarts de la force du parchemin animal. On a remarqué en outre que les bandes de ce papier, prises dans des feuilles différentes d’un même papier, offraient une uniformité de force trèsremarquable ; tandis que le parchemin animal, par suite même de son mode de fabrication, a présenté toujours une très-grande inégalité dans son épaisseur et des variations extraordinaires, même dans des bandes découpées dans une môme peau.
Mais, si le parchemin végétal n’est pas, sous le rapport de la force, égal au parchemin animal, il le surpasse de beaucoup dans sa résistance à l’action des agents chimiques et spécialement de l’eau. Ainsi qu’on l’a déjà dit, le parchemin végétal, de même que le parchemin animal, absorbe l’eau et devient parfaitement doux et facile à plier, mais il peut rester en contact et même être bouilli dans ce liquide pendant des journées entières sans en être affecté le moins du monde, en conservant toute sa force et en reprenant son aspect primitif en séchant.
D’un autre côté, on sait avec quelle rapidité le parchemin animal est altéré par l’eau bouillante, dont l’action prolongée le convertit en gélatine. Même à la température ordinaire, le parchemin ordinaire est très-disposé, en présence de l’humi dité, à éprouver une décomposition putride, tandis que le parchemin végéta], dans lequel il y a absence d’azote, corps puissant pour troubler l’équilibre chimique, peut être exposé à l’humidité sans éprouver le moindre changement dans son aspect ou ses propriétés. Il serait, en effet, difficile de trouver une matière papyracée douée d’une plus grande faculté de résister aux influences désagrégeantes de l'eau que le papierparchemin.
Si l’on prend en considération la composition chimique de cette matière nouvelle, sa cohésion, la manière dont elle se comporte avec les dissolvants chimiques, surtout l’eau, tant à
BLANCHIMENT DU l'APlER.
la température ordinaire qu’à celle de l'ébullition, il est clair que cette substance réunit en elle, à un degré remarquable, des conditions de permanence et de durée ; qu’on ne doit pas hésiter à déclarer que le parchemin végétal convenablement préparé est capable de résister à l’action du temps pendant bien des siècles, et que, dans diverses circonstances, il durera même plus longtemps que le parchemin animal.
Les moyens par lesquels on opère la transmutation du papier en parchemin sont les suivants :
Le procédé consiste à immerger le papier pendant quelques secondes dans de l’acide sulfurique étendu d’eau.
Pour obtenir un produit parfait, il faut apporter une grande attention à proportionner également l’acide et l’eau, et à calculer la durée de l’immersion, selon que la température est élevée ou basse.
Enfin, ce qui importe le plus, c’est, la réaction achevée, d’éliminer tout l’acide sulfurique, dont les moindres parties restées dans le papier causeraient tôt ou tard la destruction de ce dernier.
Pour arriver à un résultat complet, on opère sur le papier des lavages mécaniques et prolongés pendant longtemps ; ensuite on l’immerge dans une solution étendue d’ammoniaque caustique, et enfin on renouvelle les lavages à l’eau.
L’expérience a démontré que l’acide sulfurique ne produit aucun changement chimique dans la constitution du papier. 11 ne fait que déterminer dans ses éléments une nouvelle disposition moléculaire.
Blanchiment du papier. — Il a lieu par différents procédés. — Par des fumigations, soit d’acide sulfureux, dans une chambre close, soit de chlore; — mais il est difficile de régler l’action de ce gaz. Aussi préfère-t-on l’employer en dissolution dans l’eau. Il faut éviter avec soin que les rayons directs ou réfléchis du soleil viennent à frapper le bain d’eau chlorurée. — 11 en résulterait de l’acide chlorhydrique très-nuisible au tissu . — On substitue souvent à l’eau chlorurée les chlorures de chaux ou de soude, on en neutralise les traces que des lavages à l’eau n’au-
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paient pas fait disparaître, au moyen d’une dissolution faible d’acide sulfureux ou d’un sulfite alcalin.
Causes d’insalubrité. — Danger d’incendie.
Causes d’incommodité. — Odeur fétide provenant des amas de chiffons ou du pourrissage. Écoulement des eaux de lavage.
Odeurs et vapeurs de chlore pendant le blanchiment.
Buée des chaudières.
Prescriptions. — Ne laisser écouler sur la voie publitjue les eaux de lavage des chiffons qu’après qu’elles auront séjourné dans un réservoir et déposé les matières organiques qu’elles tiennent en suspension.
Ne les diriger sur un cours d’eau utilisé qu’après les avoir tamisées ou filtrées à travers une couche de tan usé.
Opérer la cuisson des pâtes sous une hotte qui porte au dehors les buées produites.
Pendant le blanchiment par le chlore, diriger les vapeurs dans une cheminée à fort tirage et élevée de trois mètres audessus des cheminées voisines.
Dans le cas où l’on fabrique le chlore dans l’usine, se conformer aux prescriptions sur les fabriques de chlore. (Voir Chlore , t. I, p. 407.)
Construire les séchoirs en matériaux incombustibles, dans le cas où ils ne sont pas chauffés à la vapeur, et entourer les tuyaux d’un grillage.
Ne jamais introduire dans les pâtes aucune préparation de plomb destinée à augmenter le poids du papier ; car dans ce cas il y a fraude. — Danger pour la santé des ouvriers et pour les consommateurs qui pourraient s’en servir pour envelopper des substances alimentaires.
Quant aux substances vénéneuses (préparations arsenicales) ou autres qui sont quelquefois usitées (voir Papiers peints , et ordonnance du 28 février 1853 sur les sucreries coloriées , etc., voir celle ordonnance à l’article Sucres ( Industrie des).
Je transcris ici un document important, et qui sera lu avec intérêt.
IIAN'OllT AU CONSEIL DHYGIÈNE DE l’eüHE.
«APPORT FAIT PAR UNE COMMISSION, EN 1856, AU CONSEIL dTiYGIÈNE LE L’EURE, SUR UNE DEMANDE DE MM. X..., TENDANT A FAIRE AUTORISER LE MAINTIEN DE LEURS APPAREILS A DLANCII I R LES CHIFFONS DANS LA PAPETERIE DE l'eSTRÉE, COM- MUNE DE MUZY .
Autrefois le chlore gazeux était produit par la réaction à chaud de l’acide hydrochlorique sur le peroxyde de manganèse. Les vases de grès contenant les réactifs étaient placés sur des fourneaux construits en plein air ; le gaz s’introduisait dans des caisses de hois, qui restaient fermées pendant le temps jugé suffisant pour que la décoloration des chiffons fût complète, et qui étaient ouverts ensuite sans précaution particulière; ces caisses se trouvaient sous des hangars. Les inconvénients de ce système, encore usité dans beaucoup de papeteries, sont : en premier lieu, les explosions assez fréquentes des vases chauffés, qui répandent dans l’air des torrents de chlore gazeux ; en second lieu, le dégagement de chlore qui se produit, à hauteur d’homme, par les jointures imparfaites des caisses de bois, et surlout au moment où ces caisses sont ouvertes.
Le chlore gazeux est produit, à froid, par la réaction de l’acide hydrochlorique sur le chlorure de chaux; il s’introduit dans une caisse de pierre dure dont les parois et les fonds supérieur et inférieur sont mastiqués par un ciment très-énergique.
La porte de chaque caisse, également en pierre, est lutée pendant toute la durée de l’action du chlore sur les chiffons ; on n’ouvre cette porte qu’après avoir fait fonctionner l'appareil d’évaporation dont on va décrire le jeu.
Tant que le chlore gazeux s’introduit par le tuyau dans la caisse pleine de chiffons, et tant que ce gaz agit sur la matière à décolorer, les cloches son! dans les positions respectives.
Avant d’ouvrir la porte, on soulève la cloche et on remet l’autre cloche en place ; cette manœuvre, qui se fait en moins de temps qu’il n’en faut pour la décrire, met l'intérieur de la caisse en communication avec la cheminée d’appel par le tuyau ; ensuite on enlève la cloche, ce qui permet à la pression atmosphérique de s’exercer par le tuyau sur le gaz que n’ont pas absorbé les chiffons. Ce gaz, en quantité toujours minime, attiré d’un côté et pressé de l’autre, s’échappe rapidement par la cheminée.
Après un temps indiqué par l’expérience, on peut ouvrir la porte sans qu'il s’exhale la moindre odeur de chlore de la masse renfermée dans la caisse.
Chacune des cloches est lutée à l’eau, le tuyau est mastiqué dans l'ouverture que présente le fond supérieur de la caisse.
L’appareil de production du chlore est aussi l’objet de précautions minutieuses pour éviter la déperdition du gaz. Le récipient du chlorure de chaux est recouvert d une cloche en plomb à deux tubulures, lutée à l’eau sur
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l’orifice du récipient ; le dessus de celle cloche forme cuvelle, de lelle sorle que l’on peul y luler également à l’eau le tube en plomb qui entre dans la caisse et une petite cloche en plomb que traverse !e tube en gutta-percha venant du réservoir d’acide hydrochlorique. Enfin, le fond supérieur de la caisse qui supporte les deux vases est recouvert d’une cuvette en plomb pleine d’eau, qui garantit la pierre de l’action de l’acide.
La partie la plus négligée de tout cet appareil est l'orifice du réservoir d’acide hydrochlorique. Sans doute il ne faut pas qu’il soit hermétiquement fermé, pour que la pression atmosphérique puisse agir; mais il serait bon, au moins, d’y adapter un couvercle en terre cuite ou en bois, pour réduire autant que possible les émanations très-pénétrantes de l'acide.
Sauf cette addition, de peu d’importance, nous ne voyons pas qu’il y ait lieu d’apporter aucun changement à la disposition des appareils.
Quant aux inconvénients que présente le blanchiment en lui-même, nous ne pensons pas qu’ils soient sérieux , les ouvriers que nous avons vus dans l’enceinte même des appareils, et dont un est attaché à l’établissement depuis plus de vingt ans, nous ont paru mieux portants que la plupart des ouvriers de fabrique; les attestations données par l’ancien fermier et par le fermier actuel de M. Maugars viennent à l’appui de notre observation.
Pour rendre compte, enfin, de nos impressions personnelles, nous dirons que, placés près de la propriété deM. Maugars, nous avons senti l’odeur du chlore, mais tellement légère, qu’elle n’était pas même désagréable
Nous n’avons trouvé de gênant que l 'émanation d'acide hydrochlorique, mais nous ne l’avons senti que dans l’intérieur du bâtiment de blanchiment et au moment où nous avons visité les appareils placés sur les caisses.
Il est indispensable et très-facile d 'éviter le jet en rivière des résidus de la production du chlore et de la minime quantité d'eau qui sert au lutage ou qui se trouve dans la cuvette, sur des caisses de pierre.
11 n’est pas possible d’empêcher le retour en rivière de l’eau qui sert à tenir la pâte en suspension dans les piles; mais l’expérience de trente ans prouve que ce retour est sans inconvénient, puisqu’il est continuel, et que ce n’est qu’en deux occasions et par des causes accidentelles reconnues qu’une certaine quantité de poisson a été détruite.
D’après ce qui précède, nous avons l'honneur de proposer au conseil d'émettre un avis favorable au maintien des appareils de blanchiment, en indiquant les prescriptions suivantes comme devant être introduites dans l’arrêté d’autorisation.
1° Le chlore gazeux sera produit à froid ; les appareils destinés à la production de ce gaz seront placés au-dessus d’une cuvette en plomb remplie d’eau et reposant elle-même sur les caisses à blanchir; le tout sera renfermé dans un bâtiment qui ne pourra être ouvert que lorsque toutes les caisses seront fermées ou vidées.
2° Les caisses seront en pierre dure, dont les joints seront mastiqués avec le ciment le plus énergique ; les portes, également en pierre dure, seront, à chaque mise en place, lulées complètement et dans tout leur pourtour
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