‹ Traité pratique d'hygiène industrielle et administrative comprenant l'étude des établissements insalubres, dangereux et incommodesChapitre 99 sur 240 · PAPIERS PEINTS ET PAPIERS MARBRÉS (FABRIQUES DE · texte numérisé non relu

PAPIERS PEINTS ET PAPIERS MARBRÉS (FABRIQUES DE

avec de la terre glaise ou une composition également imperméable aux gaz.

Toutes les caisses communiqueront avec une cheminée d'appel ayant au moins quinze mètres de hauteur au-dessus du sol. Cette communication sera établie au moyen d’un tuyau dont le bras horizontal, engagé et mastiqué, dans la paroi de la caisse, s’embranchera entre deux orifices, l'un extérieur et supérieur, l’autre intérieur et inférieur, dont chacun pourra être fermé par une cloche lutée d’eau. Un orifice muni d’une fermeture semblable sera ménagé dans le fond supérieur de chaque caisse.

5° Tout vase contenant de l’acide hydrochlorique sera fermé par un couvercle en bois ou en même substance que le vase. Tout récipient dans lequel s’opérera la réaction sera fermé par une cloche en plomb lutée à l’eau, et dont le dessus, formant cuvette, présentera deux tubulures; sur l’une d’elles s’adaptera, par un lutage à l’eau, l’extrémité supérieure d’un tuyau dont l’autre bout traversera une paroi de la caisse à blanchir et y sera mastiqué ; sur l’autre tubulure s'adaptera, par un lutage à l’eau, une petite calotte en plomb que traversera le conduit inattaquable communiquant du réservoir d’acide hydrochlorique à l’intérieur du récipient.

4° Toutes les précautions seront d’ailleurs prises pour que le chlore gazeux ne puisse arriver à l’air libre que par le sommet de la cheminée d’appel, pour qu’il y arrive en aussi petite quantité que possible, enfin, pour que les caisses ne soient ouvertes que lorsque la matière à blanchir sera saturée de chlore et après que l’appareil de ventilation aura fonctionné pendant un temps suffisant, suivant les données de l’expérience.

5° Est formellement interdit tout jet à la rivière d’un produit chimique ou résidu quelconque, ainsi que de l’eau ayant servi au lutage ou ayant été contenue dans les cuvettes posées sur les caisses à blanchir. Ces substances ne pourront être jetées que dans une fosse à ce destinée et située au moins à cinquante mètres de la rivière, ou d’un de ses bras ou dérivés.

Pourront seulement être rendues à la rivière les eaux qui auront servi à tenir la pâte en suspension dans les piles, l'administration se réservant de prescrire ultérieurement, s’il y a lieu, les opérations nécessaires pour neutraliser les principes nuisibles que ces eaux pourraient conserver.

Papiers peints et papiers marbrés (Fabriques «le) (3* classe). — 15 octobre 1810. — 1*1 janvier 1815.

Détail des opérations. — Le papier destiné à recevoir des ornements peints est d’abord recouvert d’une teinte plate uniforme, formée principalement de craie à la colle; un ouvrier muni d’une large brosse étend la couleur, et des enfants qui le suivent en régularisent la couche. Si le fond est de couleur, comme les inégalités de surface seraient trop sensibles, on promène sur toute la surface de la feuille une brosse ronde et douce qui en égalise parfaitement le fond.

VKBNOIS, UYC. IND. II.

PAPIEIIS.

Tour redresser et aplanir le papier, on emploie une règle plaie ou lisse qu’on passe sur la surface non peinte pour produire le lissage. Cette règle est formée d’un rouleau de cuivre de cent trente-cinq millimètres de longueur sur vingt-sept de diamètre, mobile sur des pivots et pressé par une longue pièce de bois flexible.

Les papiers de prix reçoivent avant l’impression le brillant ou satin au moyen d’une brosse et d'un mélange de sulfate de chaux ou d’alumine, et même de talc; cette brosse est à poils rudes et montée sur un genou qui lui permet d’être toujours à plat.

L’impression se fait sensiblement comme celle des étoffes; on emploie des rouleaux ou des planches composées, gravées en relief. La couleur est à l’état de boue liquide, ce qu’elle doit à la colle qui en forme l’excipient; comme il serait difficile de bien l’étaler avec un pinceau, on fait usage d’un baquet; c’est une caisse remplie d’eau sur laquelle repose un cadre en basane, qui conserve ainsi sa souplesse; on place sur celte basane les châssis mobiles en drap fin sur lesquels on égalise avec une brosse la couleur que chacun d’eux doit fournir aux planches.

L’impression s’opère en appliquant les planches sur les feuilles; la presse consiste en une longue perche, faisant office de levier, qu’on engage par une de ses extrémités sous une forte traverse, tandis qu’un enfant s’asseyant sur l’autre exerce sur la plauche une pression suffisamment énergique. A l’aide de repères on peut imprimer successivement différentes couleurs sur la même feuille; bien entendu, il faut autant de planches différentes.

Si la pièce n’est pas correcte après l’impression, l’ouvrier la corrige par le pinceautage , opération qui consiste à remplacer au pinceau la couleur qui manque. Cela fait, l’ouvrier et le petit aide ou tireur accrochent la pièce sur Yélemloir , ou perches fixées au plafond, et sur lesquelles on fait sécher les feuilles.

Les rouleaux que l’on emploie quelquefois sont surtout appliqués aux rayures et aux dessins de peu d étendue; ils sont en cuivre ou en bois, gravés en relief et quelquefois en creux pour les pièces délicates. On les recouvre de couleur par un mouve-

TAPlEIiS PEINTS ET PAPIEHS M AUPRÈS (fABHIQUES De). ‘275

ment de va-et-vient sur un drap sans fin, convenablement tendu et plongé sensiblement dans la couleur, dont on enlève l’excès au moyen d’une racle. On préfère souvent les planches aux rouleaux, à cause de leur moindre prix, et de la difficulté que l'on a dans l’emploi des rouleaux à produire des dessins à couleurs multipliées.

Le noir est produit avec le noir d’os et de charbon; le jaune avec les chromâtes, l’ocre, les couleurs végétales (stil de grain, gaude...); le rouge avec l’extrait de bois de Brésil, le violet avec l’extrait de campêche; le bleu , avec le bleu de Prusse, les cendres bleues; le vert, avec différents mélanges de jaune et de bleu, avec les verts de Schéele, de Schweinfurst (voir Arsenic , fabrique d’abats-jour, t. I, p. 259); le violet avec les extraits privés de tannin, des bois de Lima et de Fernambouc; le lilas, avec le bois de campêche et le chlorure d’étain; la couleur chamois , avec l’oxyde de fer hydraté et l’ocre. Un grand nombre de couleurs employées dans cette industrie sont vénéneuses et réclament une grande circonspection dans leur emploi.

Il existe des fabriques de papiers dans lesquelles on a renoncé complètement à l’emploi de matières métalliques minérales toxiques. (Madame Luzé, 9, quai d’Austerlitz, à Paris.) Cet exemple devrait être imité.

Pour la préparation du papier arsénical (tue-mouche), voir Arsenic.

Sous les noms de papier tontisse , papier velouté, soufflé, on désigne le papier recouvert, en tout ou en partie, de tontures de drap ou de tontisses de laine ou de coton, de couleurs variables, mais ordinairement blanches.

Cette application se lit d’abord au pinceau; mais, outre la difficulté du travail, on n’obtenait facilement que des produits altérés par l’humidité et par les insectes.

La préparation du papier est celle qu’on fait subir aux papiers peints ordinaires; on fait seulement usage d’un encollage plus épais et plus consistant.

On dégraisse les tontures dans de l’eau de savon, sans dépasser une température de soixante degrés, on les lave à l’eau tiède,

I’APIERS.

on les expose sur le pré, on les lave dans une dissolution d’acide sulfureux , enfin dans de l’eau pure. — Quand la lonture est sur le point d’arriver à une dessiccation parfaite, on la plonge dans le bain de teinture et on la sèche le plus promptement possible.

La tonlure se fait au moyen d'une noix conique, taillée en lignes spirales, comme les râpes à tabac, roulant dans un cône creux garni de lames tranchantes. Au sortir du moulin , la tonlure passe au blutoir; on recueille les parties qui ont le degré de finesse nécessaire au travail et repasse au moulin les parties grossières.

La tontisse est jetée dans une caisse de deux mètres et demi de long, plus étroite au fond qu’à la partie supérieure; cette caisse, ou tambour , jointe au matériel de l’imprimeur en papier peint, complète celui du papier velouté. La pièce imprimée déjà de diverses couleurs vient recevoir dans l’atelier d’impression des tontisses, au moyen d’une planche en relief, un mordant destiné à fixer la tontisse. Ce mordant ou encaustique est de l’huile de lin broyée avec du blanc de céruse ; on y mêle souvent de l’essence de térébenthine pour en faciliter l'emploi et empêcher l’action destructive des insectes.

Le mordant est appliqué sur le drap du baquet à couleurs comme les couleurs; l’ouvrier l’étend sur sa planche et l’imprime sur la pièce aux endroits désignés par les repères. Quand il y a une certaine longueur de pièce imprimée au mordant, l'aide la couche dans le tambour ouvert, la saupoudre de tontisse à la main, et, quand la longueur de la pièce ainsi préparée atteint celle du tambour, il ferme le couvercle et avec deux baguettes longues frappe en cadence le fond en peau. La tontisse soulevée tombe très-divisée sur l’encaustique et le pénètre. L’aide soulève alors le couvercle, relire la pièce, la bat par derrière pour détacher l’excès de laine en poudre, et, quand toute la pièce a subi cctle préparation, on la met sur l’étendoir.

O11 emploie des planches portant des couleurs en détrempe pour donner les ombres et les clairs aux dessins en velouté.

Causes d'insalubrité. — Danger d’incendie, à cause de 1 accumulation de matières inflammables et du séchoir.

PAPIERS P b INTS ET PAPIERS MAllDRÉS (FABRIQUES De). 277

Causes d’incommodité. — Emploi de substances vénéneuses (plomb et arsenic surtout), et danger pour la santé des ouvriers. — Poussière des tontisses.

Écoulement d’eaux chargées de principes toxiques.

Prescriptions. — Prendre pour le séchoir toutes les précautions possibles contre l’incendie, quand il n’est pas chauffé à la vapeur. Placer le poêle sur une plaque de pierre. — I/cntourer, ainsi que les tuyaux, quel qu’en soit le parcours, d’un grillage en fil de fer, distant de cinq à dix centimètres, afin que les papiers mis à sécher ne puissent jamais approcher du poêle ou des tuyaux.

Faire écouler les eaux ( non vénéneuses) sur la voie publique après les avoir filtrées.

Garder à part les eaux chargées de substances toxiques, et ne jamais les écouler sur la voie publique, ou dans des cours d’eau. Les neutraliser , et les envoyer aux décharges publiques.

Employer toujours à l’état frais la colle d’empois. — Vieille, elle pourrait fermenter et donner lieu à de très-mauvaises odeurs.

Entretenir les caniveaux et ruisseaux dans un parfait état de service.

Aérer et ventiler les ateliers, surtout celui où se fait l’application des tontisses de laine ou de coton ou de drap, et où s’opère le brossage des papiers colorés avec le vert de Schweinfurst.

Dans ce dernier cas, conseiller aux ouvriers de se laver les mains, de se gargariser et mouiller les narines en sortant chaque jour de l’atelier.

Ne pas fabriquer de colle dans l’établissement.

Isoler complètement l’atelier de chauffage des couleurs pour la fabrication des papiers marbrés.

Dans le cas où l'on autoriserait une fabrique de vernis pour les besoins de l’établissement, la soumettre à toutes les prescriptions relatives à cet objet. Voir Vernis ( Fabrique de.)

(Voir l’ordonnance sur les papiers colorés du 28 février 1855, à l’article Sucres ( Industrie des).

PAPIERS

Papier tue-mouche. Voir Arsenic, t. I, p. 259.

■li-oclicurs en grand. Voir t. I, p. 340.

Cartonnions (2* classe). — 15 octobre 1810. — 14 janvier 1815.

Détail des opérations. — Le carton grossier est le seul dont la fabrication puisse avoir des’jnconvénienls. A l’article Papier , on peut voir les principaux détails de cette industrie. Cependant elle est très-souvent exercée en petit, soit dans les grandes villes, soit dans les campagnes. Elle nécessite un grand atelier muni d’un moulin à moudre la pâte, — d’une presse, — d’un séchoir et d'un magasin pour les matières qui servent à confectionner la pâte. Ces substances sont des vieux chiffons et des vieux papiers. On commence par le triage , puis par la macération dans une grande cuve. 11 faut de toute nécessité avoir de l’eau en abondance à sa disposition. Quand la pâte est faite, on la met en moule ou en forme, puis on la soumet à la presse en interposant entre chacune des feuilles de carton une pièce de coton ou de laine. Ces feuilles sont ensuite placées au séchoir ou à l’étuve. Souvent à la campagne on les expose à l’air extérieur.

J’ajouterai quelques détails sur le carton de collage.

Il est souple, tenace, et formé en collant les unes sur les autres plusieurs feuilles de papier blanc ; quelquefois l’intérieur est constitué par des feuilles de papier gris. Ce carton se fabrique de la manière suivante.

On commence par faire le mêlage du papier, c’est-à-dire qu’on dispose les feuilles en piles dans l’ordre de superposition qu’elles doivent occuper dans le carton, de manière à n’avoir qu’à les prendre successivement. Le colleur , ayant à sa droite le pot à colle et la brosse à longs poils de crin pour l'étendre, place vis-à-vis de lui une feuille de papier ordinaire pour garde sur un plancher de chêne, puis une feuille de papier blanc, étend une couche de colle, puis une feuille grise, puis une nouvelle couche de colle et deux feuilles blanches, dont 1 une doit servir pour le carton suivant et n’adhérer aux précédentes que par les bords.

Quand on a ainsi collé une pile de carton, on la couvre avec une feuille ordinaire et on la soumet à l’action d une presse a

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