‹ Traité pratique d'ophthalmologie [electronic resource]Chapitre 11 sur 34 · L'OEIL · texte numérisé non relu

L'OEIL

Obscurcissement apparent dans le fond de l'œil.

La couleur noire, foncée, uniforme, qui s'observe au fond de l'œil à l'état normal, est due au pigment noir visible à travers la rétine ; dans le cas contraire , le fond de l'œil apparaît avec la couleur propre de la rétine. Nous voyons donc, qu'à chaque changement du pigment, la teinte noire du fond de l'œil se trouve modifiée, comme lors du manque total de pigment et lors de ses altérations , pendant les congestions et les inflammations de laschoroïde.

L'aspect particulier des yeux des albinos et tic quelques animaux doit être attribué a ces modifications et au tapis de la choroïde qui devient visible.

K. Catsivstadt . iiber Markscliwamm des Auges uud amaùrôtiscTiës Katzenaug-e. Wùrzburg 1831. S. 28.

nains, Ophtlralmofbgio. Yol il

Du manque de pigment.

Si le pigment vient à manquer sans affection inflammatoire de la choroïde, on observe les phénomènes suivants: la pupille perd sa couleur noire naturelle, devient enfumée; l'obscurcissement semble être situé profondément dans l'œil, ce qui est surtout remarquable lorsqu'on regarde l'organe de côté et lorsqu'on l'examine avec soin, on appercevra toujours dans son fond, un peu en dedans et au dessous de son centre une tache blanche, jaunâtre, qui répond à l'insertion du nerf optique et au pli de la rétine qui se trouve à côté de lui. L'obscurcissement varie d'après les différens degrés de clarté aux quels l'œil est exposé, et selon qu'on regarde le fond de l'organe directement ou de côté à travers la pupille; mais toujours la tache blanche, jaunâtre sera très apparente. — Lorsque l'affection fait des progrès , on apperçoit dans le fond de l'œil quelquechose de trouble , concave , d'un gris foncé, blanc jaunâtre, ou rougeâtre et s'étendant à toute la surface interne du globe. A mesure que ce trouble augmente, l'iris change de couleur, devient plus pâle, ce qui est surtout frappant sur les yeux très foncés en couleur. La pupille est immobile. — La vision , non seulement s'affaiblit, mais est encore desordonnée, en sorte que tous les objets, surtout ceux de petite dimension, paraissent se confondre entr'eux. Les malades recherchent surtout le demi jour et se plaignent encore à une lumière peu forte de trop de clarté et de douleur. A mesure que la vision diminue et cesse enfin complètement, les mouvements de l'iris deviennent plus lents, la pupille se dilate et la couleur de l'iris pâlit; on apperçoit la rétine dans toute son étendue et en l'examinant de près on voit étalé au dessus d'elle un réseau vasculaire fin , forme par les ramifications de l'artère centrale de la rétuie.

Fort souvent le pigment ne disparaît que très lente ment: l'affection peut rester très long -temps stationnaire sans altérer autrement la vue, qu'en en diminuant la force: c'est pourquoi on est ordinairement tenté de l'attribuer aux progrès de l'âge, parcequ'elle se manifeste généralement chez les viellards secs et disposés au marasme. La véritable cause de l'absence du pigment se trouve dans l'action diminuée des vaisseaux de la choroïde dans l'âge avancé, c'est pour cette raison qu'on ne l'observe chez des personnes jeunes, que lorsqu'elles sont très amaigries, disposées à la maigreur, ou même déjà dans un état de marasme; chez les enfans hectiques, et chez les individus qui ont éprouvé de violentes blessures de l'œil. C'est pourquoi l'absence du pigment est encore, accompagnée d'autres phénomènes qui dénotent l'action diminuée des vaisseaux, tels que la décoloration de l'iris, l'applatissement de la cornée ; la presbytie, l'arc sénile de la cornée et assez fréquemment le trouble de la cornée. L'affaiblissement de la vue ne tient qu'à la perte de pigment et à la diminution d'action de la choroïde; plus tard la rétine trop fortement éclairée devient amaurotique, en partie par une trop forte excitation , en partie par changement de texture.

Beer (Lehre von dcn Augenkrankheiten. Bd. II. S. 495) 11 décrit cette maladie sous le. nom d'œil de chat amaurotique (amaurotixehes Katstenauge) ; d'autres l'ont nommée Amblijopia seniiis , Leucaelhiopia nequisita, Slatus exsanguis chorioideae. . Phthisis chorioideue.

La quantité et la qualité du pigment diffèrent dans les diverses périodes de la vie: il est moins foncé, moins bien uni à la choroïde et manque complètement à sa face externe chez le fœtus: dans l'âge très avancé, il pâlit de nouveau. Petit (mémoires de l'académie royale des sciences. 1727. p. 109) a fait voir par ses recherches, que la choroïde présente une couleur d'un brun foncé à sa face qui est en contact avec la rétine; qu'à l'âge de vingt ans, elle devient un peu plus claire; à trente, elle commence a prendre la couleur de grains do lin , et que cette nuance devient de plus en plus claire avec les progrès del'âge, ensortc que la choroïde est presque complètement blanche chez les viellards de quatre-vingts ans. — La disparition du pigment commence, toujours à l'endroit où il manque complètement à l'état naturel, c'est à dire à la partie interne et inférieure de la face interne de

9) Ml

In chordïcle, là où elle est percée pur le nerf optique: c'est dans cet endrôit <|in> lu choroïde est blanche flans l'util «airt,

iyiiiCKKr., Handbuçh An- menschlichcn Anntomic Bd. IV, S. 91. Cannstadt, loc. cit. p. 31,

Le début du manque de pigment a la plus grande analogie avec celui de la cataracte, et 11 est d'autant plus facile de s'y tromper que cette affection se déclare n un âge et chez des personnes chez les quelles la cataracte se développe communément; — cependant en considérant avec soin les circonstances suivantes , on parviendra à fixer le diagnostic. — Lorsqu'il y a commence ment de cataracte l'obscurcissement existe plutôt immédiatement derrière la pupille et se trouve en rapport direct avec la diminution de la vue: c'est en regardant l'oeil de côté, qu'on peut appercevoir le plus nettement la petite distance qu'il y a entre la pupille et la partie troublée ; lorsqu'il y a absence de pigment, on voit mieux l'aspect trouble, en regardant directement le fond de l'œil, à travers la pupille; et quand on examine l'œil de côté dans le cas d'absence de pigment l'obscurcissement semble s'évanouir et la chambre postérieure parait nette. Dans le début de la cataracte comme dans le manque de pigment, l'anneau noir de l'iris proémine d'avantage, la vue est troublée et l'œil comme couvert d'un voile, les objets semblent entourés de poussière, mais non confus comme dans l'absence de pigment. — • Mais le caractère distinctif le plus important, consiste toujours dans le point blanc jaunâtre sur le côté interne et inférieur du fond de l'œil qu'on ne remarque jamais au commencement de la cataracte, à moins qu'il n'existe en même temps manque de pigment; encore ce point peut il disparaître, comme je l'ai observé plusieurs fois, lorsqu'à l'absence de pigment il se joint un commencement de cataracte, et que celle-ci en se développant finit par le couvrir.

L'absence de pigment a aussi quelqu analogie avec le glaucome commençant, si celui-ci se forme lentement et n'est

pas la suite d'une violente Inflammation. Mai», comme dans Je glaucome, ainsi que nous le inonderons plu» (uni , la choroïde et le pigment sont changés par »»o affection inflammatoire, le trouble se montre dans le tond de l'œil plus livide, verdàtre, l'iris est diversement coloré, la pupille tirée vers les an» les de l'œil et dilatée; les vaisseaux de la conjonctive sont variqueux, la lentille est décomposée et d'une couleur verd livide; le «lobe de l'œil est dur et la vision diminue promptement et disparait bientôt; tous ces phénomènes sont accompagés de scotomes, de vue d'étincelles et de photopsie.

Dans les cas d'absence de pigment par suite d'une diminution d'action de la choroïde, il ne faut recourir à d'autres moyens qu'aux soins hygiéniques convenables ; on doit ménager les yeux , employer les toniques pour relever la nutrition et les forces du malade, et faire des frictions spiritueuses et aromatiques dans la région orbitaire. — Si l'affection n'est qu'à son début, et lorsque le malade n'est pas dans des conditions trop défavorables, on peut souvent espérer une auœ lioratiou sensible.

Ou glauçôtnc.

On a donne le nom de g/aucômo (gltmcoma) à un obscurcissement sale, gris verdàtre, apparent au fond de l'œil, occasionné par des altérations organiques de la choroïde et accompagné de l'affaiblissement ou de la perte de la vue. — Cet état se développe, ou bien lentement pendant des mois, ou même des années, ou bien subitement dans le cours d'une violente inflammation de la choroïde.

Dans le premier cas, oh le glaucome se déclare lentement, le malade se plaint d'un sentiment de fourmillement dans la région sus-orbitaire, devenant tantôt plus fort, tantôt plus faible et se changeant en une pression obtuse, lorsque l'atmosphère est froide, humide et variable; la vue s'affaiblit peu à peu, les objets sont comme entourés d'un voile nébuleux, et le malade croit voir des mouches volantes et des filaments de différente espèce; la pupille est pour ainsi dire paresseuse, dilatée et perd son noir naturel; l'iris est foncé, parfois gris jaunâtre; la cornée est matte, le blanc de l'œil sale, légèrement violet et parcouru par des vaisseaux épars et noueux. — A mesure que la vue s'affaiblit, que les mouches volantes augmentent et que les objets se trouvent entourés de brouillards plus épais, la douleur obtuse au front et à la région sus - orbitaire devient de plus en plus forte, alterne quelque fois avec des élancements passagers, disparaît pendant des journées et des semaines entières , reparaît et s'exaspère de nouveau par les intempéries de l'air, par des écarts de régime, par la chaleur des lits de plume etc.; les vaisseaux de la conjonctive, surtout près du bord de la cornée, principalement ceux qui ont une direction horizontale, deviennent plus apparents, la sclérotique est sale, d'un gris jaunâtre, violette, souvent parsemée de petites éminences bleuâtres (jstaphylome de la sclérotique) ; la cornée devient plus trouble , applatie vers les angles de l'œil , pointue surtout vers l'angle externe ; l'iris changé dans sa couleur, paraît gris bleuâtre et immobile; la chambre postérieure de l'œil est rétrécie; la pupille dilatée, ordinairement tirée vers les angles de l'œil, représente un ovale transverse, quelquefois aussi elle est tirée vers le haut et le bas ; le trouble vert grisâtre, ou vert bleuâtre devient plus apparent au fond de l'œil dans lequel on observe ordinairement uu point plus clair, blanc jaunâtre, se trouvant au côté interne et inférieur de l'insertion du nerf optique. — L'œil distingue à peine la lumière et se trouve entouré d'un nuage alternativement blanc et noir, et aperçoit dans l'obscurité des taches ou des traînées grises noirâtres, blanches, brillantes, ou bigarrées.

— A mesure que le trouble grisâtre augmente au fond (Je l'œil et que les douleurs se déclarent par paroxisuies avec plus de véhémence et avec un sentiment particulier qui fait croire au malade que le globe de l'œil se trouve fendu en deux ou perforé d'arrière en avant avec un couteau, la perception de la lumière cesse complètement; le malade est continuellement tourmenté d eblouissements, d'étincelles etc. et encore par là bercé de l'espoir de recouvrer la vue ; l'état variqueux des vaisseaux de l'œil augmente, la cornée devient d'un "ris bleuâtre, sale, le cristallin trouble, jaune verdàtre. cataracte verte (cataracta viridis , glaucomatona) , est pousse à travers la pupille dilatée vers la cornée. L'œil est hagard et le globe dur.

Le progrès plus ou moins rapide de ce mal , dépend principalement de la constitution du sujet et de l'influence nuisible d'a<rens extérieurs divers. — L'action de l'air froid et humide, les variations atmosphériques, les refroidissements, les habitations humides, le défaut de ménagement de l'œil, la mauvaise nourriture, des aliinens indigestes qui surehagent l'estomac, l'usage de liqueurs spiritueuses, et en général tout ce qui peut augmenter l'afflux du sang vers la tête, ainsi que les affections tristes de l'âme, les pleurs etc. augmentent toujours les douleurs, et hâtent la marche de .'a maladie. — Dans quelques "cas , l'affection parvenue à un certain point de son développement, reste stationnai re ; dans d'autres, elle fait des progrès rapides et les violentes douleurs ne peuvent être calmées par aucun moyen; elles disparaissent spontanément lorsque la vue est entièrement abolie. — Le plus souvent, le glaucome affecte d'abord l'œil gauche et par la suite le droit, pourtant les deux yeux sont encore assez fréquemment pris ensemble. — Le glaucome complètement développé, finit ordinairement par l'atrophie du globe de l'œiL

Le glaucome so declare-t-il dans le courant d'une vio ente inflammation de la choroïde, il se manifeste avec les

symptômes 411e nous avons indiqués pour l'oplitlialmie arthritique et l'fn(lanim;itioii de la choroïde.

La cause prochaine du glaucome consiste dans une dilatation des vaiseaux, produite par une congestion lente, une inflammation chronique ou aiguë de la choroïde, dans une sécrétion augmentée ou diminuée du pigmentuin, d'où résulte un changement de couleur a la choroïde, qui devient alors apparente à travers la rétine nécessairement altérée dans cette circonstance, à travers le corps vitré et le cristallin; et donne lieu à cette teinte gris verdâtre qu'on observe au fond de l'œil. — Les causes occasionelles sont principalement, l'arthritis et les affections plus ou moins liées à cette maladie , les anomalies hémorrhoïdales, les dérangements de la menstruation (pléthore abdominale), les obstructions du bas ventre ainsi que les suppressions brusques des sécrétions habituelles, les éruptions cutanées chroniques, les ulcères aux jambes etc. — Les effets directs de certains agents nuisibles sur l'œil , tels que l'application prolongée de cet organe, surtout à une lumière vive, le pleurer fréquent, les refroidissements etc. peuvent produire une congestion et un état subinflammatoire , ou une inflammation très aiguë de la choroïde. — La marche du glaucome est lente, surtout chez les personnes boursouflées, torpides, affectées de goutte atonique, qui mènent une vie déréglée, qui sont souvent assises, habitent des maisons sombres, se trouvent abattues par des affections pénibles et fatiguent beaucoup leurs yeux dans des appartements éclairés par un mauvais jour , ou par la lumière artificielle. — Le glaucome aigu s'observe surtout chez les individus forts, pléthoriques, à la suite de suppressions subites d'accès de goutte, de sécrétion habituelle, d'éruption cutanée etc. Les personnes .âgées sont plus exposées à cette maladie, et les femmes, surtout vers l'époque critique.

D'après ce que nous ayons dit des causes prochaines du glaucome et des altérations de quelques tissus de l'œil

qui le constituent, il résulte évidemment, que si le mal continue à faire des progrès, il peut, il doit moine en résulter des dérangements considérables dans la nutrition et dans la disposition de toutes les parties de l'œil. C'est pour cette raison, qu'on peut regarder comme phénomènes consécutifs l'obscurcissement de la cornée et du cristallin, différentes dégénérescences du corps vitré, l'endurcissement et le ramollissement de la rétine, les altérations staphylomateuses de la sclérotique, l'atrophie de la choroïde, et à la fin l'atrophie de l'œil. — Comme la congestion ou l'inflammation intense occasionnant le glaucome, attaque la choroïde dans tout son ségment postérieur, et fait nécessairement participer à la souffrance de la choroïde la lame externe de la rétine et même l'artère centrale de cette membrane, ainsi que les nerfs qui l'accompagnent, on peut facilement s'expliquer les altérations consécutives que nous venons de mentionner.

Les opinions émises ci dessus sont confirmées par les recherches anafomiques faites sur des yeux aifectés de glaucome.

Mackenzie (a pratical treatise on the diseases of the cye. London 1830) trouva: 1) La choroïde et surtout cette portion qui est en rapport avec la rétine, de couleur brun claire , sans rien pouvoir distinguer du pigment noir. — 2) L'humeur vitrée diffluente, transparente, incolore ou un peu jaunâtre, sans vestiges de membrane hyaloïde. — 3) La lentille ayant une couleur jaune, ou ambrée surtout vers son centre: sa consistance ferme, sa transparence entièrement ou presqu'entièrement conservée. — 4) Dans la rétine, point de trace d'auréole jaune ou de trou central.

Sichel (Cannstadt Ioc cit. p. 88) dans ses recherches sur des yeux affectés de glaucome, ne vit jamais le corps vitré vert, mais seulement jaune rougeâtre , comme dans la synchyse , plus foncé et passant légèrement au rouge brun. Mais la choroïde était toujours plus ou moins dégénérée, ce qui est déjà manifesté par l'état variqueux des vaisseaux de la sclérotique et le staphylome des vaisseaux de la sclérotique. (!)

Benedict (Handbuch der pract. Augcnheilkunde. Bd. V. S. 151) a disséqué plusieurs yeux affectés de glaucome, mais n'a jamais observe de trouble vcrdàtre au corps vitré. Le fluide contenu dans les cellules de Hiyaluïdc paraissait plutôt d'un gris noirâtre ou sali par beaucoup de points ou des taches gris noirâtres, ou gris brunâtres j On doit reprocher à Benedict de n'avoir pas du tout l'ait mention de l'état des uutres tissus de l'œil.

II en est de même dans Wdlj.er (Icônes ophthalmol. T. I. p. 11); il vit le rorp.s vitré plus ou moins troublé, juune vcrdâhe cl diminue daim sa consistance. BeéR et de Waj.ther doivent avoir fuit des observation*

analogues. Ils iront jamais trouvé da changement dans l'hyaloïdc ou dans le corps vitré (CArmsTAnr loc. cit. p. 39).

Rosas (Handb. dcr Augcnheilkundc. Bd. II. 6. 726) a examine un œi affrété de glaucome où le corps vitré contenait dans ses cellules une humeur jaunâtre, d'un gris rougeàtre, sali par des points et des taches gris brunâtres: la rétine était épaissie, la choroïde variqueuse, le cristallin convert ; en une bouillie rouge jaunâtre. — Dans deux autres cas , il vit le corps vitré changé en un véritable fongus, ayant conservé sa forme sphérique et donnant partout du sang à l'incision , la rétine épaissie comme du cuir, blanche, la choroïde mince, atrophiée, le cristallin dissout par un fluide puriforme , la capsule amincie et l'excavation du corps vitré, qui sert à loger le cristallin, très prononcée. — Dans un quatrième cas, il trouva le corps vitré ainsi que le cristallin, confondus avec lui et ossifiés, la rétine cartilagineuse, Ja choroïde atrophiée.

Eblb (v. Ammon's Zeitschrift. Bd. I. S. 310) vit la cornée et l'humeur aqueuse normales, ainsi que la face extérieure de l'iris ; par contre, l'uvée simplement couverte d'un pigment brun, rougeâtro (et non noir). La choroïde était fortement variqueuse dans plusieurs endroits, surtout là où elle se continue avec les procès ciliaires ; au reste sou pigment était aussi plus clair, plus rare et manquant complètement dans plusieurs points. La rétine était ramollie d'une manière frappante, pour ne pas dire diffluente. La capsule du cristallin paraissait tachée de blanc dans quelques endroits, proportionnellement rapetissée, assez dure et de couleur ambrée. Le corps vitré était remarquable par sa couleur jaunâtre; vu de plus près, et après que plusieurs cellules s'étaient vidées, on trouva dans la membrane hyaloïde à peu près vingt à trente points épais, en partie gris clairs, en partie brun grisâtres, en partie verts <1e mer. — Dans un second cas, les phénomènes étaient moindres , mais, l'épaississement de la membrane hyaloïde et sa rudesse au toucher, d'autant plus remarquables. A la surface vasculaire de la rétine, il y avait quelques varices à la vérité très petites, et la couleur de cette membrane était d'un gris plus foncé.

H résulte de ces recherches que l'aspect trouble du corps vitré n'est pas un phénomène constant au glaucome, et lors même qu'il existe, il n'est pas assez prononcé pour être la cause de cet obscurcissement gris verdâtre, sale qu'on observe au fond de l'œil. L'affection primitive et essentielle, c'est l'altération de la choroïde et de son pigment; dans le principe, le corps vitré ne parait point ou que très peu lésé, et sa disparition partielle ne se déclare que plus tard , lorsque la maladie est déjà très avancée. — Ni les résultats des recherches auatoraiques sur les yeux affectés

Page 1