‹ Traité pratique d'ophthalmologie [electronic resource]Chapitre 13 sur 34 · SOI · texte numérisé non relu

SOI

à laide dune espèce du (i cjmtiation. — Djeffeubach (v, Ai» mon' s Zcil-

schrift. Bd. I. S. 177) après avoir excisé un leucôme central, a réuni les bords de la plaie par des sutures. Couip. §• 153.

ÏV.

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On appelle cataracte {Cataracta, Su/fusto, Hypochyma, Hypochysis') tout obscurcissement, qui a son siège dans le

cristallin ou ses annexes (humeur de Morgagni et capsule cristalline).

Cette définition est plus exacte que celle do Beer (Lehrc von den Augenkrankheiten. Bd. II. S. 279) pour qui la cataracte consiste dans tout obstacle limitant la vue et se trouvant dans la chambre postérieure entre la face postérieure de l'iris et le corps vitré; ce qui l'oblige à admettre une cataracte vraie et fausse. — Cataractes vraies (calaraclae verae) ont été nommées celles qui ont leur siège dans le cristallin et ses annexes; — Cataractes fausses (Cataractae spuriae) sont tous les obstacles a la vision, qui se trouvent dans la pupille entre la capsule du cristallin et l'iris. On comprend parmi celles-ci: 1) La cataracte lymphatique (cataracla spuria li/mphatica) qui consiste dans la présence de lymplic coagulable exsudée dans la pupille; cette lymphe épanchée s'étend jusqu'à la paroi postérieure de la capsule : — de là très souvent complication d'opacité de la capsule et même 'du cristallin avec obscurcissement de la pupille par la lymphe exsudée. — 2) La cataracte purulente (cutaracta spuria purulenta) a lieu lorqu'après une accumulation de pus dans les chambres de l'œil, une partie de ce fluide se trouve résorbée, et une autre enkystée entre les lamelles de la lymphe coagulable, exsudée dans la pupille pendant l'inflammation , d'où résulte alors une saillie jauuàtre dans la pupille. $J La cataracte sanguinolente (cataracla spuria sangui nolenta) , est celle qui se forme dans les chambres de l'œil par épauchement de sang, dont les parties ténues disparaissent par résorption et dont celles qui sont plus denses, restent dans la pupille sous forme de niasse blanche brunâtre. — Toutes ces variétés dites fausses cataractes différent des vraies, en ce qu'elles ne sont que des produits de maladies antécédentes, et non des changements morbides et des obscurcissements d'une des parties constituantes du globe de l'œil.

L'opinion déjà émise du temps de Ceese que la cataracte devait sou origine à l'épaississement des humeurs ou à la production d'une membrane anormale derrière la pupille, a persisté jusque dans le seixiénio siècle. — Fabrice d'Aquafendente a soupçonné le siège de la cataracto dans la lentille cristalline. — Remi Lasivier, chirurgien de Paris (Gassendi Physic. Sect. III. membr. post. libr. VII. p. 371. Lugd. Bal. 1660) doit avoir prouvé le premier au dix-septième siècle que la cataracte ne consistait point dans une peau , mais dans l'obscurcissement du cristallin. Cette opinion fut confirmée par les observations de Quareus (Marioïte , nouvelle découverte touchant la vue. Paris 166S), Rollfipik (Diss. anatom. L. I. C. 13. p. 179) , Borellus (Histor. et observât, medico-physic. Cent. IV. Paris 1656). Mais les recherches d c BrisseaU (Traité de la cataracte et du glaucome. Paris 1709) ne laissèrent plus de doute sur le siège de la cataracte dans la lentille cristalline: cette opinion fut surtout partagée et défendue par Heister (Tractatus de cataracla', glaucomate et amaurosi. Altorf 1712. 1720,). — Sur cette polémique voyez encore IIeister, Diss. de cataracta in lente crystallina 111. Altorf 1711 , 12 . 13. — Wooi.nousii Diss. de catarapta et glauioni.ilr

contra System, sic. dict. nov. — Bkissai, Antonii, HciSTiiRj et .ilioiuni E. gall. in lut. transi, a. Ch. lk Cbrv. Francof. ad M. 1719. — HiiisTKii, Viiuliciae sent, suae de cataracta etc. advcrsns ultiinas animadversiouc iB et objectiones. Altorf 1719. — Sinceuus Fjdulis, kurze Kritiken liber des Paiiser Oculisten Wooihous von dem jimgen D. r.n Cehf herausgegebenen Lù'gen und SchandscliriCtcn. Frankfurt Utld Leipzig 1719. — A. C. CocchIj Epistol. ad Morgagriiiim de lente cristalline oculi humain, vera suffusioiûs sede. Romae 1721.

Le développement de la cataracte est tantôt lent, tantôt subît; — les phénomènes aussi qui l'accompagnent diffèrent d'après la nature des causes qui l'occasionnent. — En général le développement de cette maladie est caractérisé par les symptômes suivans: la vision s'affaiblit, les malades voyent tous les objets comme entourés d'un nuage gris, comme couverts de poussière, la flamme leur parait comme entourée d'une auréole de vapeur blanche ; il existe derrière la pupille un obscurcissement, ordinairement plus apparent au milieu, et surtout très visible quant au siège, lorqu'on régarde l'œil du malade de côté; cet obscurcissement est en rapport intime avec la diminution de la vision. — A mesure que l'obscurcissement devient plus prononcé, on voit se former un anneau noirâtre au bord de la pupille, surtout dans les yeux dont la couleur de l'iris est claire; pareequ'alors le bord noir de l'iris devient apparent au devant du fond grisâtre de la pupille , et dans cette dernière on remarque un arc obscur, qui provient de l'ombre que l'iris projette sur la cataracte. — Comme le cristallin s'obsciircit le plus souvent du centre vers la circonférence, les malades voyeut moins bien en regardant droit devant eux que de côté; ils distinguent mieux les objets à un demi jour, ainsi vers le soir, lorsque le ciel est couvert et lorsqu'ils tournent le dos du côté de la fenêtre. Plus l'opacité a pris d'extension vers les bords, plus aussi on peut rendre l'amélioration de la vue du malade sensible , eu dilatant la pupille à l'aide d'une instillation d'extrait de belladone ou de jusquiame. — Des lunettes convexes améliorent ordinairement aussi la vue, lorsque la cataracte est à son début. — La mobilité de l'iris correspond toujours au diegi'ë de

lumière qui éclaire l'œil; ce n'est que lorsque la cataracte a beaucoup d'étendue et se trouve complètement développée, qu'elle peut gêner les mouvemens de l'iris, en Rappliquant sur lui; mais alors la cataracte étant tout a fait formée, on ne peut plus la méconnaître. — La diminution de la faculté de voir est proportionnelle à l'augmentation de l'opacité : en général, le malade peut reconnaître les objets de grande dimension, du moins en distinguer les contours. En parlant de chaque cataracte en particulier, nous reviendrons sur ces différentes espèces de cécité.

Quelque facile que soit le diagnostic de la cataracte d'après les symptômes que nous venons d'indiquer, il peut cependant dans quelques cas particuliers de cataracte commençante se présenter des difficultés, pareeque l'obscurcissement de la pupille encore peu apparent dans le principe, peut être accompagné de symptômes communs à d'autres affections de l'œil. C'est ainsi que la cataracte est souvent précédée ou accompagnée d'une exaltation de sensibilité à la lumière; le malade voit (surtout en fixant ses regards sur des objets très fortement éclairés, ou sur la flamme d'une bougie paraissant d'un rouge foncé et entourée d'une auréole irisée), différents phénomènes lumineux, des traînées de feu, des étincelles ou des figures grisâtres, translucides, en forme de chapelet, serpentant et se déplaçant à chaque mouvement de l'œil et paraissant à la fin sous forme de réseaux. Parfois ces objets semblent comme plongés dans un brouillard épais, souvent le malade voit double et il y a strabisme, lorsque la cataracte n'existe qu'à un seul œil, ou lorsque l'affection n'est pas arrivée au même degré aux deux yeux.

Les maladies qui ont plus ou moins de ressemblance avec la cataracte commençante et peuvent être confondues avec elle, surtout par ceux qui n'ont pas encore beaucoup d'expérieure sont : les exsudations lymphatiques dans la pupille.

raspecl trouble on fond de fœtt dans les cas d'abscence de Marnent - dans ceux de glaucome ou dtallèration de la Htine.

Los exsudations lymphatiques clans la pupille, examinées avec un tarit soit peu de soin , ne peuvent pas être confondues avec la cataràcte; cependant ces exsudations se montrent aussi dans la pupille avec un aspect trouble, blanc grisâtre et la vision est affaiblie bu même complètement abolie, mais on ne les méconnaîtra néanmoins pas «à cause de leur forme inégale, bosselée, filamenteuse et à cause de leur adhérence plus ou moins forts avec les bords de la pupille déformée et anguleuse et au devant des quels elles proéminent même. L'iris aussi se trouve changé dans sa couleur et dans sa texture, vers son bord interne ou dans toute son étendue, par l'effet d'une inflammation antécédente, et sa mobilité est abolie.

Lorsque le pigment commence à manquer, et que par la la rétine devient apparente au fond de l'œil, il est d'autant plus facile de confondre cet état avec la cataracte a son début, qu'on l'observe ordinairement chez des personnes Agées et cbez celles qui sont sujettes à la cataracte. — Pourtant en considérant les «lorinês suivantes on parvient toujours à poser un diagnostic sûr. Dans la cataracte commençante l'obscurcissement existe immédiatement derrière la pupille et se trouve en rapport proportionnel avec la perte de la vision ; en regardant l'œil de côté on s'assure aisément du peu d'eloignement qu'il y a entre l'obscurcissement et le bord interne de l'iris; dans le cas d'absence de pigment, l'aspect trouble est plus manifeste, lorsqu'on regarde directement au iond de l'œil et si on examine celui-ci de côté, l'obscurcissement semble disparaître et la chambre postérieure est tout à fait claire ; — le cercle noir que forme le bord interne de l'iris est toujours plus apparent dans la cataracte commençante que lors de l'absence du pigment: la vue est troublée, comme voilée, les objets semblent couverts de poussière, mais non embrouillés, comme dans l'absence de

pigment. — Cependant le signe diagnostic le plus important de cette dernière maladie, c'est toujours le point blanc jaunâtre, qu'on observe au côté interne et inférieur du fond de l'œil j et qu'on ne remarquera jamais, lorsque le cristallin commence à devenir opaque , à moins que le pigment ne vienne aussi à manquer. Ce point blanc jaunâtre disparait alors, comme je l'ai observé quelquefois, lorsque la cataracte, qui complique le manque de pigment, se développe et le caclie (§. 232).

Les obscurcissements au fond de l'œil qu'on observe souvent dans le courant d'une amaurose, à la suite d'altération de la eboroïde et du pigment, ou de dégénérescence de la rétine, seront toujours reconnus aux particularités propres à l'absence du pigment, à leur siège profond, à leur étendue, à leur forme concave, à leur couleur sâle, rougeâtre ou grisâtre, à l'affaiblissement de la vue nullement en rapport avec le degré d'obscurcissement, à l'immobilité de la pupille généralement déformée. Le regard des individus amaurotiques est fixe, leurs paupières sont largement ouvertes, il existe quelquefois du strabisme; tandis que ceux qui sont affectés de cataracte, cherebent à ombrager l'œil, en inclinant la tête en avant , en abaissant la paupière et en dirigeant d'avantage leurs regards vers le sol.

Dans le glaucome commençant , se développant peu à peu, et non dans le courant d'une vive inflammation, l'aspect trouble au fond de l'œil paraît plutôt sale, grisâtre, l'iris est diversement décoloré, la pupille dilatée et tirée vers les angles de l'œil, les vaisseaux de la conjonctive sont distendus, la cornée est mate, le globe de l'œil dur et la vision s'affaiblit promptement, beaucoup plus vite que le fond de l'œil ne se trouble, elle s'éteint complètement, et le malade croit avoir devant les yeux des scotomes, des étincelles et des phénomèus lumineux variables.

Si on a soin tle bien apprécier les données aux quelles nous avons rendu attentif, il ne sera pas difficile de reconnaître la nature et le siège de l'obscurcissement dans l'œil, et de distinguer ainsi l'opacité du cristallin, de tout autre aspect trouble au fond de l'œil. — Sanson*) a, pour cet effet, indiqué un moyen, qui enlèveroit tonte espèce de doute, mais dont la valeur a besoin encore d'être prouvée par des recherches et des observations ultérieures. En plaçant une chandelle allumée devant un œil sain, dont les milieux sont transparens, et dont la pupille est un peu dilatée: on voit trois images de la lumière, dont les deux extrêmes, c'est à dire l'antérieure et la postérieure, seraient droites et la moyenne renversée. — Sanson croit, d'après beaucoup de. recherches faites à ce sujet, que l'image moyenne ou renversée est produite par la réflexion de la face postérieure du cristallin : que l'image droite postérieure se trouve réfléchie, par la face antérieure du cristallin et la droite antérieure par la cornée. Il résulterait de là , que la cornée et le cristallin suffiraient pour produire ces trois images; que lorsque la paroi antérieure de la capsule serait devenue opaque, on ne verrait plus qu'une seule image droite: que par contre, lorsque le segment postérieur de la capsule serait opaque, on verrait deux images droites, et dans le cas où le segment postérieur serait opaque et à la fois très réfléchissant on appercevrait trois images dans l'ordre indiqué ci dessus? Si donc avec un dérangement de la vision il y avait réflexion d'une seule ou de deux images seulement, on devrait d'après Sanson conclure à la présence de la cataracte; mais par contre si on apperçoit trois images, on est autorisé à admettre une amaurose. A la vérité , il pourrait aussi y avoir trois images dans la cataracte capsulaire postérieure; mais alors les qualités de la lumière réfléchie par la surface resplendissante qui produit l'image renversée, ne rendraient plus le diagnostic douteux. Au reste il faut déjà avoir une certaine habitude pour pouvoir distinguer ces trois images: la moyenne et la postérieure qui sont plus pâles, que l'antérieure, sont aussi plus difficiles à apperçevoir. Pour

bien voir ces trois images, il ne faut pas (cuir la lumière immobile devant l'oeil , parcequ'alors les images se trouvent placées sur une même ligne d'avant en arrière, et ne seraient que difficilement reconnues; mais si an contraire on porte la lumière vers le côté externe de l'œil, les deux images droites suivent la même direction et l'image renversée se dirige en dedans; le contraire a lieu lorsqu'on place la lumière en dedans. En décrivant avec la flamme de la lumière un cercle au devant de l'œil , les deux images droites se dirigent dans le même sens, et celle renversée décrit aussi un anneau, mais en sens inverse des autres images. On devrait donc promener la lumière d'un côté à l'autre et faire des mouvemens circulaires , pour distinguer les images plus facilement et plus nettement.

*) Leçons sur les maladies des yeux, faites à l'hôpital de la Pitié, recueillies et publiées par A. Bandinett et J. B. Pigné. Paris 1837. p. 28.

La cataracte présente beaucoup de variétés selon le siège et l'étendue de l obscurcissement la consistance et les autres dispositions des tissus devenus opaques et selon d'autres états morbides qui raccompagnent, — de là les différentes divisions de la cataracte, qui ne sont pas toutes de même valeur pour la pratique.

D'après les différens sièges de l'opacité , on distingue : .1) l'obscurcissement de la lentille; 2) celui de la capsule et 3) celui de l'humeur de Morgagm.

L'obscurcissement du cristallin (cataracte lenticulaire'), commence toujours au centre, là où à l'état normal l'épaisseur du cristallin est la plus marquée, il peut exister souvent très long-temps sans obscurcissement de la capsule et de l'humeur de Morgagm. L'opacité s'étend du centre vers la circonférence, mais elle reste toujours plus prononcée dans le milieu et ne se développe ordinairement que très lentement: cest

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