‹ Traité pratique d'ophthalmologie [electronic resource]Chapitre 14 sur 34 · SO · texte numérisé non relu

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pourquoi avec la cataracte lenticulaire simple, la vue n'est jamais complètement abolie. Le malade distingue souvent encore très bien les objets, surtout à une lumière modérée et lorsque la pupille est un peu dilatée. — La couleur de l'obscurcissement est assez prononcée, d'un gris jaunâtre et seulement moins marquée vers le bord de la lentille. Le corps opaque a un aspect plus uniformément coloré, sans tache grisâtre ou blanchâtre. — Le cercle noir formé parle bord pupillaire est toujours très distinct lorsque l'iris est d'une couleur claire. — Il existe un espace assez notable entre la face postérieure de l'iris et la face antérieure du corps opaque, de là aussi l'ombre circulaire projetée par l'iris sur ce dernier. Les mouvemens de la pupille ne sont pas dérangés.

Dans des cas rares, l'opacité du cristallin ne parait que sous la forme d'un point nettement limité au centre de la lentille, tandis que celle-ci conserve sa transparence dans tout le reste de son étendue — ^cataracte lenticulaire centrale'). — Cette forme de cataracte est le plus souvent congéniale et la suite d'un arrêt de développement du cristallin. — L'opacité se montre comme un petit point gris, blanchâtre ou tout à fait blanc et mat, au milieu de la pupille, le reste du cristallin est clair; ce n'est que rarement que le noyeau central se trouve entouré d'un petit cercle nébuleux, à peine visible à l'œil nu et s'éffaçant peu à peu vers la circonférence. — La vision n'est que peu dérangée par l'effet d'un point noir que le malade croit voir devant l'œil, surtout lorsqu'il fixe ses reg-ards sur une surface bien éclairée. — La cataracte lenticulaire centrale reste ordinairement la même pendant toute la vie; souvent aussi elle passe à une opacité complète du cristallin , mais on distinguera toujours le point central originaire par sa couleur plus prononcée.

L'opacité de la capsule, cataracte capsulaire, ne se développe ordinairement pas par un point unique, mais dans plusieurs endroits à la fois, sous forme de stries et de

Ciir.ui». Oplithiilinnlogir. Vol. II. ] 4

lâches blanchâtres, brillantes. Cette opacité n'est donc alors jamais aussi uniforme que dans la cataracte lenticulaire: elle se trouve plus rapprochée de la face postérieure de l'iris, l'espace de la chambre postérieure est plus rétréci; de là l'ombre projetée par l'iris n'est pas visible, mais bien le cercle noir formé par le bord de la pupille. — La vision est plus diminuée que dans la cataracte lenticulaire, et les mouvements de la pupille sont souvent un peu gênés.

D'après les différéhs sièges de l'obscurcissement dans la paroi postérieure ou antérieure de la capsule, ou dans les deux à la fois, on a distingué, une cataracte capsulaire antérieure, une cataracte capsulaire postérieure , et une cataracte capsulaire complète, — L'opacité partielle de l'une ou de l'autre des parois de la capsule, a sa cause dans l'origine et la direction diverse des vaisseaux qui servent à la nutrition de la capsule, en ce que ces vaisseaux ne proviennent pas seulement de l'artère centrale de la rétine, mais communtquent encore avec les artères ciliaires.

Tous les symptômes indiqués plus haut (§. 272) se rencontrent dans la cataracte capsulaire antérieure. — La cataracte capsulaire postérieure est très rare et son développement complet ne peut jamais être observé, car elle se trouve bientôt cachée par l'opacité du cristallin survenant plus tard. — On remarque dans la cataracte capsulaire postérieure un obscurcissement gris blanchâtre, inégal, correspondant aux dimensions du cristallin, parcouru par des stries rayonnée> partant du centre de la paroi postérieure de la capsule ; l'obscurcissement a son siège plus profondément , et on voit distinctement, surtout lorsqu'on regarde l'œil de côté, qu'il a une forme concave. Aussi long-temps que cette cataracte existe sans opacité du cristallin , elle ne dérange pas beaucoup la vue. — Dans la cataracte capsulaire complète, les phénomènes mentionnés ci dessus sont les mêmes, seulement ils se manifestent à un plus haut degré. Les dimensions de

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la capsule augmentent souvent alors à un tel point, que tout l'espace de la chambre postérieure s'en trouve occupé et que la face antérieure de la capsule vient à s'accoler contre la l'ace postérieure de l'iris, et que celui-ci se trouve même poussé en avant. C'est pour cette raison que l'iris perd souvent sa mobilité, que la vue s'éteint complètement, et que le malade distingue à peine la clarté la plus vive de l'obscurité la plus profonde.

Dans des cas rares, il se forme, tandis que le cristallin conserve sa diaplianéité , des obscurcissements partiels sur les deux segments de la capsule. On les reconnaît alors les uns des autres par leur position plus profonde ou plus superficielle. — Mais les rapports de nutrition qui existent entre le cristallin et sa capsule, expliquent facilement pourquoi l'obscurcissement de la capsule ne peut pas subsister seul pendant long-temps , sans entraîner l'opacité du cristallin.

La capsule se trouble assez souvent lorsque le cristallin a été enlevé du champ de la vision, soit accidentellement, soit à dessein par quelque opération , cataracte membraneuse, cataracte capsutaire secondaire. — L'obscurcissement varie, d'après le degré de violence qu'a éprouvé la capsule, et se montre sous forme de membrane grise blanchâtre, criblée de fentes et de trous, ou partagée en bandes et en lambeaux; celle-ci peut être, ou bien libre, ou bien adhérente au bord pupillaire, immédiatement derrière lui, ou un peu plus en arrière; elle est concave, convexe et en général sans forme constante. — Selon la nature de ces divers désordres, la vue en est plus ou moins troublée.

L'obscurcissement de l'humeur de Morgagni (calaracla Morgagniana) , est un des phénomènes les plus rares, en ce qu'il ne peut pas subsister long-temps seul, sans que la lentille et la capsule ne deviennent opaques elles mêmes (la première devenant alors fluide h un certain degré): c'est pour

reMe rnison que les caractères qui distinguent rot obscurcissement ne sont que de courte durée. — La couleur de l'obscurcissement est Manche, laiteuse, mince, délicate: toute la pupille semble remplie de nuages, mais qui changent rapidement de forme et de direction, lorsque le globe de l'œil se meut avec force et vivacité, ou lorsqu'on promène avec le doigt la paupière supérieure au devant de l'œil. — Le fluide de Morgagni devenu plus abondant et converti en une espèce de gelée, rétrécit et fait presqu'entièrement disparaître la chambre postérieure. La vue est plus moins dérang-ée : seulement très embrouillée ; — mais lorsque la capsule et la lentille elles mêmes deviennent opaques, la vision est abolie complètement. — Dans les cas où le cristallin est opaque et où la capsule n'est que partiellement troublée, on observe, lorsque le malade tient son œil tranquille seulement pendant un demi quart d'heure, deux couches distinctes dans la cataracte , dont la supérieure est moins blanche et l'inférieure blanche comme de la craie; — ■ mais aussitôt que le malade remue la téte, ou que l'on frotte son œil avec la paupière supérieure , ces deux couches disparaisent et l'obscurcissement reparait de nouveau, plus ou moins uniformément répandu.

On a peut-être, tort de faire mention de cette cataracte comme d'une espèce particulière : — car on peut la regarder avec plus de raison comme le commencement de la cataracte lenticulaire, surtout de celle dans la quelle le cristallin se trouve changé en un fluide gélatineux et laiteux. — D'après Beer, cette cataracte se déclarerait toujours subitement et serait provoquée par l'action immédiate d'agens chimiques sur l'œil, mais surtout par Pévaporation d'acides minéraux, qui se dégagent pendant l'oxidation de quelque métal : ce que j'ai pu confirmer par ma propre expérience, en ce que j'ai observe cette cataracte, avec tous les symptômes indiqués , à la suite d'accidents semblables.

L obscurcissement simultané de lu lentille et de sa capsule {cataracte capsuh-lcnliculaire') , peut débuter par la lentille et s'étendre à la capsule, ou réciproquement; dans tous les cas l'humeur de Morgagni est troublée. — Cette cataracte est caractérisée par les symptômes snivans : l'opacité n'a pas une couleur uniforme, mais elle est blanche, nacrée, formée en

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