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De la xérophthalui ie.

Tkavehs, Synopsis of tbc diseuses of the Eye. London 18:20, p. 120.

Jaegkr, Salzb. med.-chirurg. Zekung, 1830, Bd. 1, p. 31,

v. Ammon, Beobachtungen , Ansicliten und Zweif'el iibcr die Entstchung

der Xerosis Conjunctivae ; Zeitschrift fiir Ophthalmologie. Bd. I,

E. KijngsôhRj Die Uebcrbautuiig' der Conjunctiva. Erlangen 1830. Camfbelx, Gazette médicale de Paris. 1834.

La xérophthalmie , cutisation de la conjonctive (Cutilio s. Concutilio conjunctivae') [Jaeger] — dessiccation de la conjonctive {Conjunctiva ariàa~) [Mackenzie] — Cuticular conjunctiva (Travers) sécheresse de l'œil {Xerophthalmus , Xeropthalmia, Xeroma , Xerosis Conjunctivae}, est un état morbide dans lequel la conjonctive qui recouvre la sclérotique et la cornée perd sa mucosité naturelle et devieut sèche , ridée , grise, sale , souvent jaune grisâtre comme couverte de poussière et ressemblant à un morceau d'épidémie détaché par un vésicatoire ; le flux des larmes est aboli en partie ou en totalité par l'oblitération de leurs conduits excréteurs, toute la surface de l'œil est insensible, ou peut la toucher avec le doigt; les mouvemens de l'organe ne sont pas gênés, à moins qu'il n'existe des adhérences entre le globe de l'œil et les paupières; mais dans chacun de ces mouvements, la conjonctive se plisse, principalement près du bord de la cornée, le malade éprouve souvent de la rudesse et de la sécheresse dans l'œil, surtout par un vent rude, de là fréquemment de la douleur. Selon le degré de la maladie, on peut encore parfois distinguer la pupille et l'iris à travers la cornée devenue trouble , et dans ce cas il y a encore un peu de vision — mais lorsque la maladie est plus avancée, on ne voit plus rien à travers la cornée, et le malade distingue à peine le jour de la nuit. — De temps à autre il se forme de petits ulcères qui se dessèchent ensuite, souvent il se détache de petites écailles de conjonctive desséchée. La cornée a ordinairement sa voussure normale, et dans des cas que j'ai

observés pendant plusieurs années, je n'ai jamais vu survenir d'autres désordres dans l'œil. Cependant l'atrophie peut survenir par l'effet de l'action continuelle d'agents nuisibles.

L'observation d'Ammon dans laquelle il existait de violentes douleurs, de la rougeur, une proéminence du globe de l'œil, et an gonflement œdémateux lorsque le malade pleurait, prouve que l'occlusion totale des conduits excréteurs de la glande lacrymale ne nécessite pas l'abolition de la sécrétion de cette glande. J'ai observé un cas de cutisation de la conjonctive , où il s'écoulait de temps en temps un peu d'humeur lacrymale par une ouverture capillaire, située au dessous de la paupière supérieure , adhérente au globe, et qui cependant ne diminua pas la sécheresse de l'œil. Si par une cause quelconque une plus grande quantité de larmes était sécrétée, cela occasionerait toujours de l'irritation, de la douleur, produites évidemment par le manque de mucus h la conjonctive.

Pour la formation de la xérophthalmie deux conditions sont nécessaires: il faut qu'il y ait, 1) occlusion partielle ou totale des conduits excréteurs de la glande lacrymale, et 2) inflammation chronique de la conjonctive. — L'occlusion des conduits excréteurs de la glande lacrymale occasionée par des plaies, par l'emploi des caustiques pour détruire des tumeurs enkystés etc. n'a jamais pour effet, ainsi que d'Ammon l'a déjà soutenu avec raison , la cutisation de la conjonctive ; — il faut toujours qu'il s'y joigne une inflammation chronique de l'œil. *) L'occlusion des conduits excréteurs de la glande lacrymale est même souvent la suite d'altérations morbides de la conjonctive et des adhérences entre la paupière supérieure et le globe de l'œil, de même qu'elle peut aussi survenir à la suite de l'excision d'un trop grand lambeau de la paupière supérieure lors de l'opération de l'ectropion (d'Ammon). — Les causes de la xérophthalmie sont donc : de violentes inflammations, surtout lorsqu'elles sont produites par de la chaux vive, lorsqu'elles sont chroniques et tiennent au vice scrophuleux, qu'elles font naître des adhérences entre les paupières et le globe de l'œil; celles qui sont occasionées par l'irritation continuelle du globe par des cils renversés en dedans, par des agens extérieurs permanents, de l'air, de la poussière etc. dans la lagophtbalmie, la perte des paupières etc. — La xérophthalmie se développe dans

les mêmes circonstances que le pannus, elle en est même toujours une suite. L'épaississement et le boursouflement simultanés dans le pannns passent à un état analogue à l'induration, les ramifications des vaisseaux disparaissent au point de ne plus pouvoir être distinguées à l'œil nu, la sécrétion à la conjonctive cesse , la membrane perd ses qualités de muqueuse et revêt pour ainsi dire les propriétés de la peau extérieure. 2) — II y a ici une parfaite analogie entre ce qu'on voit survenir à la muqueuse de l'œil et les autres muqueuses, lorsqu'elles sont exposées continuellement à l'air et à l'action d'autres influences nuisibles.

') Schmidt (Kranklieiten des Thrancnorganes , p. 54) prétend que la sécheresse de l'œil (Xérophthalmie) qui survient par oblitération des conduits excréteurs de la glande lacrymale à la suite de cicatrice située tout près du ligament palpébral externe, ne produit d'autre changement qu'une rudesse particulière et une légère rougeur, lorsque le temps est sec et chaud et que l'œil est exposé à beaucoup de poussière; il ajoute que l'organe reste humide et brillant, et que par conséquent il y a beaucoup de probabilité en faveur de son opinion, d'après laquelle un certain nombre de conduits excréteurs de la glande lacrymale se distribueraient dans la conjonctive et se dilateraient peu à peu et supplée raient à ceux qui ont été obstrués; pour ce motif il ne conseille donc d'autre remède que des vapeurs émollientes et des frictions sur la cicatrice, des collyres mucilagineux et des pommades adoucissantes.

2) D'après d'Ammon l'altération particulière de tissu qu'on observerait dans la conjonctive à la suite d'inflammations chroniques, consisterait dans un véritable ramollissement (Malaria). Les granulations qui se seraient formées dans la conjonctive , surtout dans la conjonctive palpébrale par l'effet d'une inflammation chronique, s'affaisseraient peu à peu , la membrane elle-même s'amincirait ensuite, et ne reviendrait pas à son état normal , mais se convertirait en un tissu muqueux qui dans quelques points, au bord de la cornée par exemple, prendrait l'aspect du talc et serait disposée à former des brides et des bandelettes isolées, surtout vers les replis où la conjonctive oculaire se jette sur les paupières; c'est une particularité qu'on observe si fréquemment dans l'adhérence de la conjonctive palpébrale avec l'oculaire, qu'on ne peut douter qu'elle ne contribue à la fréquence, si non à la coexistence constante des symblcpharons partiels avec la xérosis de la conjonctive. Dans un pareil état de ramollissement où la conjonctive est privée de la faculté de sécréter un mucus fluide et transparent comme quand elle est saine, elle se desséche complètement lorsque les larmes viennent a manquer et s'altère par l'action continuelle de la lumière, de l'air, de la poussière etc.

Le traitement de la xéropbthalmie lorsqu'elle est à son début, doit tendre à éloigner les causes et à combattre par des moyens appropriés l'inflammation chronique. — Si la maladie a déjà atteint un certain degré, on peut employer avec quelque succès des lotions tièdes fréquentes et des fomentations avec des collyres mucilagineux et des frictions avec des pommades adoucissantes, en même temps qu'on garantit l'œil contre les agents extérieurs. — Dans un cas où il survenait très souvent de petits ulcères et la désquammation de la conjonctive desséchée, l'emploi continué d'une solution de pierre divine avec du laudanum et l'onguent d'iode s'est montré très éfticace, et la vue s'est sensiblement améliorée. — Le malade se procure toujours du soulagement en introduisent souvent de la salive dans l'œil.

Des papules dans les paupières.

Les papules dans les paupières {Tylosis , Plilosis, Pachyblepharotis~) consistent dans un endurcissement des glandes de Meibomius engorgées, en même temps que le tissu cellulaire , le tarse et souvent aussi les bulbes de cils se trouvent changés dans leur texture. — Les bords des paupières sont transformés en tumeurs arrondies, boursouflées, blanches, brillantes, couvertes de taches rouges, dures, souvent cartilagineuses, s'étendant à tout le bord de la paupière ou à quelques parties seulement; tylosis totale et partielle. Souvent cette affection se présente sous forme de petits tubercules blanchâtres, isolés, situés le long du bord palpébral. — Ordinairement les cils sont détruits ou bien de petits

poils grêles et épars occupent le bord palpébral dégénéré et ont une direction vicieuse. — L'œil est alors en même temps très sensible, fuit la lumière, s'enflamme facilement par l'action de l'air, de la poussière etc. ou par les cils ou le bord palpébral renversés en dedans.

L'endurcissement des bords des paupières est toujours la suite d'inflammations scropbuleuses, chroniques, négligées ou mal traitées des glandes des paupières, surtout cbez des sujets torpides , ou affectés d'ulcères profonds des bords des paupières, ou de psoropbthalmie chronique. — Le pronostic est toujours mauvais, et si le mal a déjcà persisté pendant quelque temps, il est impossible que les tissus altérés reprennent leur structure normale ; ce n'est que dans les cas récents où l'état scrophuleux en rapport de causalité avec la tylose est peu prononcé ou a été écarté, et lorsque la tuméfaction est uniforme, qu'on peut espérer d'obtenir une cure radicale. Mais si la dégénérescence s'est propagée jusqu'aux points lacrymaux , ceux-ci deviennent calleux et il en résulte un larmoiement incurable.

Dans le traitement des papules dans les paupières il faut, après avoir extrait les cils qui pourraient être viciés, employer des cataplasmes émolliens de ciguë, de saponaire etc. avec un peu de camphre, et si par Là la vitalité des tissus indurés se rétablissait un peu, et que les tumeurs devinssent sensibles et rougissent, on passerait à l'emploi du précipité rouge ou de l'onguent ioduré et on ferait en même temps des frictions d'onguent mercuriel gris ou d onguent d'iode sur toute l'étendue des paupières. — Il faut absolument s'abstenir des astringents. Les pommades sont mieux supportées que les collyres liquides, et parmi ces derniers il faudrait donner la préférence à la solution de sublimé ou d'hydriodate de potasse (1 — 1^ grain sur 4 onces d'eau distillée). Il est évident qu'on doit en outre employer un traitement approprié à la constitution du malade.

Si à l'aide de ce traitement on n'obtient pas d'amélioration parce que les bords des paupières sont trop profondément malades, et si des excoriations et des taclies rouges au bord palpébral entretiennent une sensibilité pénible et douloureuse qui s'exaspère par les mouvements des paupières, on cautérisera profondément avec la pierre infernale jusqu'à produire des escares sur tout le bord de la paupière. L'inflammation subséquente sera combattue par des fomentations froides, la chute des escares sera abandonnée à la nature, l'ulcère qui s'en suivra guérira facilement et de lui même, laissera une cicatrice uniforme, et la sensibilité de l'œil disparaîtra. Jungken, Augenkrankheiten, p. 585.

De la c h a 1 a z e.

La chalaze ^Chalazion, Grando") est une tumeur ronde ou en forme de haricot, plus ou moins mobile, élastique et non dure , complètement indolente , provenant d'un orgeolet passé à l'état d'induration, ayant sou siège au bord palpébral ou à une certaine distance de lui , saillante à la face externe ou interne de la paupière ; de là la distinction entre chalaze externe ou interne. La première, reconnaissable aux signes que nous venons d'indiquer, a son siège au dessous de la peau qui est alors rouge, ou elle est placée au dessous du muscle orbiculaire, plus ou moins fortement adhérente avec le tarse; dans ce cas, la peau qui la recouvre n'est point rouge. La chalaze interne se trouve immédiatement au dessous de la conjonctive palpébrale à la face concave du cartilage tarse, est peu apparente au dehors et on ne peut la voir dans toute son étendue que lorsque la paupière est complètement renversée; elle se montre alors

sous forme d'une tumeur circonscrite, rouge, jaunâtre, plus ou moins ferme et indolente, pouvant même être confondue avec un abcès à cause de la teinte jaune de son centre.

La chalaze est toujours La suite d'une inflammation furonculeuse des glandes de la paupière, arrêtée dans ses progrès. Lorsque cette inflammation a pris un caractère chronique , on voit se déposer dans le tissu cellulaire autour du follicule sébacé, tuméfié et formant le foyer de l'orgeolet, une masse de lymphe coagulable, et le tout passe ensuite à un état d'induration bénigne. Ayant une fois acquis une certaine dimension, la chalaze peut rester dans cet état, mais aussi augmenter peu à peu de volume, à mesure qu'une nouvelle quantité de lymphe plastique lui est ajoutée ; il peut y survenir différens changements ; des concrétions dures peuvent même s'y déposer (Chalazion terreum, Lilkiasis, Lapis palpcbralis). Elle peut subir des dégénérescences de mauvaise nature, lorsqu'il existe quelque dyscrasie. Comme l'orgeolet peut avoir son siège dans les glandes de JMeibomius, dans les follicules sébacés de la peau, ou dans les bulbes des cils, et que les glandes de Meibomius sont comme enclavées dans le tarse, il en résulte que selon la différence du siège de l'orgeolet et selon que la glande indurée en se développant fait plutôt saillie vers la face externe ou interne du tarse , la chalaze paraîtra en dedans ou en dehors du cartilage, entre celui-ci ou le muscle orbiculaire, ou immédiatement dessous la peau, ou plus ou moins rapprochée du bord palpébral. Des tumeurs tout-à-fait semblables à la chalaze, comparables aux tumeurs sébacées peuvent se former sans inflammation par simple engorgement des glandes dont nous venons de parler, et par dépôt de matière sébacée.

Par ce que nous venons de dire, on peut se rendre compte des différentes opinions qui ont été émises sur le siège de la chalaze et sur les élémens qui la constituent. On l'a considérée comme formée de tissu cellulaire hypertrophié avec dégénérescence de parenchyme, comme une masse granuleuse lurdacée , sarcomateuse, ayant un noyau purulent à son centre , comme une concrétion calcaire ou une masse stcatomateuse.

Lorsque la chalaze est récente, on parvient souvent à la ; faire fondre en la frottant simplement avec le doigt ou avec des teintures aromatiques, le baume de vie, par l'application d'emplâtres faits avec le mercure, la ciguë et la gomme ammoniaque ou mieux encore avec des frictions d'onguent d'iode. Comme il arrive souvent que des individus affectés de chalaze, souffrent des voies digestives, qu'ils ont des renvois acides, et le ventre tuméfié et des constipations, on soutiendra souvent avec succès le traitement local par des moyens résolutifs et relâchants alternant avec les toniques. Parfois la tumeur s'enflamme pendant ce traitement et revient à l'état d'orgeolet; il faut alors chercher à traiter l'abcès au moyen de cataplasmes émolliens et des emplâtres dont nous avons parlé et se conduire en général d'après les règles indiquées pour l'orgeolet. Tous les essais tendantà faire résoudre des chalazes anciennes sont en général inutiles efc même dangereux chez les sujets scrophuleux et mal constitués, en ce que par un traitement trop irritant ou peut faire naître des dégénérescences de mauvaise nature. — Des chalazes anciennes ne peuvent être enlevées que par l'opération.

Lorsque c'est une chalaze externe qu'on se propose d'opérer, on fait asseoir le malade sur une chaise, soutenir sa tête par un aide, on tend la peau de la paupière avec le pouce et l'index de la main gauche et on pratique suivant la direction des fibres du muscle orbiculaire une incision linéaire, qui devra dépasser la tumeur des deux côtés. La chalaze étant ainsi mise à découvert, on récline des deux côtés les lèvres de la plaie, on saisit ensuite la tumeur avec une pince dentée ou avec un crochet et on la dissèque avec précaution en évitant de blesser le cartilage tarse. Après avoir arrêté l'hémorragie avec de l'eau froide, on réunit les lèvres de la plaie à l'aide de quelques bandelettes de taffetas gommé: la cicatrisation se fait ordinairement par première intention. Si la chalaze était intimement unie au cartilage tarse, on la couperait «à sa base sans emporter la

portion adhérente. Celle-ci pourra ensuite disparaître par la suppuration, ou bien lors même que la cicatrisation se fait par dessus cette portion restée, elle n'entrave en rien la guérison, et la légère élévation qui en est la suite s'éff'ace peu à peu, comme je l'ai vu souvent. Si lors de l'extirpation le tarse ou même, comme il arrive quelquefois, la conjonctive est blessée et que la plaie pénètre à travers la paupière, on la réunit avec des bandelettes agglutinatives, ou encore mieux lorsqu'elle a nue certaine étendue, à l'aide de la suture; la guérison alors a lieu sans accident. — Si la chalaze à son siège à la face interne de la paupière au dessous de la conjonctive, on fait complètement renverser la paupière par un aide, on saisit la tumeur avec une pince dentée et on la coupe d'un trait à sa base avec des ciseaux courbes. La plaie ne réclame pas d'autres soins, elle se ferme au bout de quelques jours sans laisser de difformité.

La manière d'opérer indiquée est plus avantageuse que le procédé de Jïingken qui veut qu'on incise transversalement la peau qui recouvre la tumeur, qu'on saisisse celle-ci avec une pince dentée, et qu'on enlève avec un couteau autant que possible de tissu cellulaire dégénéré, sans blesser le tarse, et qu'après avoir arrêté l'hémorragie et desséché la plaie avec soin au moyen de la charpie, on cautérise avec de la pierre infernale le fond de tissu cellulaire malade , et qu'on le convertisse en une forte escare. Celle-ci devra ensuite être enduite d'huile fraîche , et sa chute abandonnée à la nature se fera au bout de trois ou quatre jours ; l'ulcère qui s'ensuivra sera pansé avec un onguent irritant , qu'on peut encore, rendre plus actif en y ajoutant du précipité rouge, jusqu'à ce qu'il s'établisse une suppuration de bonne nature et des granulations. La cicatrisation se fera bientôt sous un simple bandage.

Des vésicules sébacées des paupières.

On voit souvent se former au bord libre des paupières de petites proéminences vésiculeuses, blanches, d'apparence

diaphane, ayant dans le principe les dimensions d'un grain de millet (Milium), se développant peu à peu jusqu'à acquérir le volume d'un petit pois, et devenant aussi proportionellement (en apparence) plus transparentes, ce qui leur a fait donner le nom, au reste tout a fait impropre de Phlyclènes (ffydafts, Phlycfenula palbebrarum). Ces proéminences n'occasionnent ordinairement aucune gène, si ce n'est que quand elles sont un peu volumineuses, elles font éprouver une légère sensation désagréable lors des mouvements des paupières. — Souvent elles crèvent d'elles même ou par un frottement rude des paupières; elles ne reparaissent plus, ou bien elles se remplissent encore, et font de nouveau saillie.

Ces vésicules sont formées par l'occlusion et la distension des conduits excréteurs des glandes de Meibomius dans lesquels la matière sébacée s'est accumulée; elles sont à comparer à ces vésicules qu'on rencontre chez des individus dont la peau est très fine, surtout à la face, qui ont l'aspect transparent d'une goutte de larme ou d'une petite perle, et répondent toujours à un conduit excréteur de quelque follicule sébacé, en sorte qu'elles forment pour ainsi dire le premier degré d'une tumeur sébacée — une distension du conduit excréteur du follicule sébacé lui-même. Ces vésicules contiennent toujours une masse blanchâtre, consistante, semblable à du suif ou du saindoux, entourée d'un kyste gris blanchâtre. La diaphanéité apparente dépend de la transparence de ce kyste gris blanchâtre, à travers l'épidémie distendu, et ce kyste est beaucoup plus dense qu'on ne devrait le supposer d'après l'aspect de la vésicule.

Béer (Leitfaden Vol. II, p. 674) fait une différence entre les yhlyctènes et les grains de millet ou vésicules graisseuses. Dans les premières ce serait l'épidémie qui se soulèverait au bord de la paupière sous forme de vésicule petite, allongée, pas tout à fait transparente, très élastique, contenant une lymphe tout à fait limpide et comme de l'eau. Au commencement l'épidémie formant cette vésicule serait transparent, extrêmement délicat et mou au point que la vésicule se romprait souvent lorsqu'on nettoie les yeux et ne se remplirait plus de nouveau. Plus tard l'épidémie perdrait toujours plus de sa transparence, mais ne serait

jamais complètement opaque; et il serait d'autant plus trouble qu'un cercle inflammatoire étroit s'établirait tout au tour, et qu'il deviendrait dense et élastique comme du cartilage très mince; c'est alors seulement qu'il existerait de la douleur. — Le grain de millet serait, ainsi que son nom l'indique, un petit tubercule blanc comme de la craie, très dur, ne dépassant que très rarement; lois même qu'il est complètement développé, les dimensions d'un gros grain de millet et contenant dans son intérieur une masse assez consistante, semblable à du suif et qui se laisserait exprimer sous la forme d'une petite graine après qu'on aurait fendu l'épiderme avec t une aiguille à cataracte. — Je n'ai jamais pu constater cette distinction établie par Beer et en réfléchissant sur la transformation que devraient subir ces vésicules aqueuses, je crois pouvoir affirmer que cette différence n'existe pas, et que dans toutes ces tumeurs vésiculeuses au bord des paupières, la masse graisseuse se trouve non seulement recouverte par l'épiderme, mais est encore renfermée dans un kyste particulier.

On ne peut pas assigner de cause spéciale à l'origine de ces vésicules. — On les enlève facilement en les fendant dans toute leur longueur avec une lancette ou avec une aiguille à cataracte et en pinçant leurs parois avec les ongles; la masse graisseuse s'échappe et on voit la pellicule blanchâtre du kyste, qu'on saisit ensuite avec une pince et qu'on extrait facilement. Il est plus simple de les couper directement à leur base avec des ciseaux courbes. — La simple ponction du kyste et l'évacuation de son contenu ue préservent pas sûrement des récidives.

Des verrues des paupières.

Les verrues s'observent assez fréquemment à la surface et aux bords des paupières, et se présentent sous forme de proéminences fibreuses sèeheSj commençant par de petits tubercules au dessus desquels l'épiderme se fendille et livre

Ckelii'i, Ojihthalmologie. Vol. Il, 0(»

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passage aux petites aspérités fibreuses, qui se montrent comme à travers une ouverture de la peau; ou elles ressemblent à des excroissances pédiculées et arrondies à leur ex- ' trémité libre, et recouvertes d'une peau mince; ou enfin ce sont de petites tumeurs larges, dures, fortement adbérentes à la peau, ayant une superficie rude, souvent gercée. Les deux premières espèces n'atteignent en général que de petites dimensions , restent long - temps stationnaires, se déssèchent et tombent, ou s'enflamment et suppurent. La troisième espèce ne s'accroit que rarement au point de gêner les mouvements de la paupière ; arrivée à une certaine étendue, elle reste le plus souvent stationnaire , ou passe à un état douloureux d'inflammation, spontanément, ou par l'effet d'une cause irritante chez des individus affectés de cachexie ou de dyscrasie. Ces verrues deviennent alors plus grandes, plus dures et bleuâtres et peuvent dégénérer en cancer, ce qu'on n'observera guères dans les verrues filiformes et pédiculées.

L'origine des vernies des paupières est ordinairement obscure; elles se développent le plus souvent chez des personnes âgées et surtout chez des femmes après la cessation de la menstruation , et aussi chez d'autres individus bien portants d'ailleurs. Assez fréquemment elles sont liées à quelque dyscrasie générale et se présentent en assez grand nombre à la fois*).

*) Schon (Handb. der patholog. Anatomie des mensclil. Auges, p. 137), observa des excroissances verruqueuscs très considérables, qui se sont formées rapidement sans cause connue, sur les deux paupières de l'œil droit chez une fille scrophuleuse.

Si les verrues des paupières sont liées à une affection générale, si surtout elles se sont développées en grand nombre, il faut mettre en usage un traitement approprié qui contribue souvent à faire tomber et disparaître ces végétations, ainsi que je l'ai observé dans un cas. Si ces excroissances gênent le malade et si celui ci demande à en être débarrassé,

Ce qu'il y a de mieux à faire c'est de pratiquer la ligature avec un fil de soie sur les verrues filiformes et pédiculées, et de couper avec les ciseaux ou avec le couteau celles dont la base est large; il est encore plus nécessaire de les enlever lorsqu'elles tendent à passer à la dégénérescence squirrheuse. — La ligature et l'extirpation des verrues sont sous tous les rapports à préférer aux déssicatifs, aux corrosifs et aux escairotiques, les quéls sont peu sûrs

Les condylomes des paupières s'observent souvent cbez des personnes affectées de sypliilis constitutionelle et chez celles qui transportent imprudemment avec les doigts du virus vénérien sur les paupières. — On enlève le plus convenablement ces excroissances plus ou moins développées, molles ou dures, sèches et souvent même gercées, en les coupant avec les ciseaux, en cautérisant leur base avec la pierre infernale, et en prévenant leur reproduction par l'emploi externe et interne du mercure.

Rosas Augenheilkunde vol. 2, p. 119.

Des téléangiectasies des paupières.

On observe souvent aux paupières des dilatations anormales et une augmentation dans le nombre des ramifications des vaisseaux capillaires CTéléangieciasie), se présentant sous la forme de taches plus ou moins étendues, d'un rouge vif ou bleuâtre, peu ou point saillantes au dessus du niveau de la peau ou proéminentes en tubercules, ressemblant à des fraises ou à des framboises ou à des tumeurs sous-cutanées, couvertes d'un tégument peu ou point altéré. — Les téléangiectasies sont ordinairement congénitales, et se montrent

après la naissance assez souvent comme de petits points ou taches rouges , et ont dans l'origine leur siège dans la peau de la paupière ou peuvent s'y développer plus tard, si elles, ont commencé à se former dans un point quelconque de son tissu environnant. — Selon que les téléangiectasies appartiennent d'avantage au système veineux ou au système artériel des capillaires, elles se caractérisent par une coloration plus claire ou plus foncée, rouge ou violette, par la présence ou l'absence des pulsations, par une augmentation de volume et par une couleur plus vive lorsque la circulation est accélérée, la respiration gênée, que l'individu crie etc.; elles se distinguent encore par leur accroissement plus lent ou plus rapide, et montrent sous ce rapport toutes les modifications que nous avons indiquées pour les téléangiectasies en général *).

*) Comparez mon Manuel de chirurgie, 4 édit., vol. 1, p. 782.

Les téléangiectasies sont d'autant plus fâcheuses aux : paupières qu'elles peuvent y acquérir plus de développement; que partout ailleurs à cause de la laxité de la peau et des i nombreuses ramifications des vaisseaux, et qu'une fois étendues à la conjonctive ou propagées jusque dans le tissu cellulaire lâche de l'orbite, elles peuvent arriver en très peu de temps à des dimensions effrayantes. C'est pourquoi aussi i on ne voit que très rarement des téléangiectasies formées; dans les paupières rester stationnaires, rétrograder ou disparaître ainsi qu'on l'observe sur d'autres parties. Il faut: donc se hâter au plus vite d'employer un traitement convenable contre les téléangiectasies des paupières: on les emportera toujours facilement lorsqu'elles sont petites: mais lorsqu'une fois elles ont augmenté d'étendue , leur guérison devient plus difficile et ne peut pas toujours être obtenue sans i qu'il en reste une difformité des paupières.

d'Amiwon (Zcitschr. fur Ophthalmol. Bd. V, H. 1, S. 84) a décrit un : cas de téléangiectasie de la conjonctive oculaire et palpcbrale, qui a coin inencé par une petite vésicule rouge à l'angle interne de l'œil, cette vé sicule était congénitale et s'était accrue peu à peu.

Toutes les méthodes de traitement mises en usage contre les téléanffiectasies des autres parties du corps ont aussi été proposées contre celles des paupières; telles que les fomentations astringentes, la compression, les caustiques, le séton, la scarification, la vaccination, la ligature, l'excision et même la ligature de tout le tronc de la carotide lorsque la maladie a été très étendue. — On donnera la préférence à l'un ou à l'autre de ces moyens selon l'étendue ou la nature de la téléangiectasie, et on aura surtout soin de prévenir autant que possible la déformation de la paupière et de ne pas donner lieu à un entropion, à un raccourcissement ou à la destruction des paupières.

Les fomentations astringentes avec la solution d'alun etc., sont en général inefficaces et peuvent nuire facilement à l'œil par leur propriété irritante; elles ne font que provoquer l'arcroisseinent de la téléangiectasie, qui devieut alors plus difficile à enlever. — La pression que l'on combine ordinairement avec les astringents, ne peut jamais être faite sur les paupières; elle n'est applicable que lorsque la maladie est dans le voisinage de l'orbite et permet de faire la compression sur un os. Les petites téléangiectasies sont détruites le plus convenablement avec la pierre à cautère; si elles sont superficielles, on peut les soulever avec une pince et les couper avec des ciseaux ou les entourer avec un fil, ce qui sera d'autant plus facile, qu'elles seront d'une forme pédiculée ressemblant aux fraises ou aux framboises. On entreprendra le traitement le plutôt possible après la naissance, pareeque souvent en l'ajournant, la maladie fait des progrès, et j'ai pu me convaincre par de nombreuses observations que même chez les plus jeunes enfants on n'a pas a redouter le moindre accident par les moyens indiqués.

La téléangiectasie des paupières est -elle très étendue et gagne- 1 -elle en profondeur, on n toujours à craindre une

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tlifformité notable des paupières par l'emploi de la pierre à cautère; on ne peut guères recourir à l'excision pour le , même motif, mais surtout parceque cette opération donne lieu à des hémorragies considérables, principalement chez les jeunes sujets. — Comme il s'agit alors de prévenir autant que possible la difformité de la paupière, il faut partir de ce principe consacré par l'expérience que, pour faire disparaître la téléangiectasie, il n'est pas nécessaire de la détruire par les caustiques ou de l'enlever avec l'instrument tranchant, mais qu'il suffit d'établir dans le tissu malade une inflammation et une suppuration qui sera suivie d'une bonne cicatrice et de l'oblitération des vaisseaux.

On provoquera une inflammation et une suppuration convenable : 1) en touchant souvent légèrement la téléangiectasie avec la pierre à cautère, de sa circonférence vers son centre; il se formera alors chaque fois une petite escarre dont la chute sera suivie d'une suppuration plus ou moins longue; — 2) en inoculant du vaccin sur la téléangiectasie chez des enfants qui n'ont pas encore été vaccinés, et à cet effet, on pratique avec une lancette chargée de virus de petites incisions à des distances régulières par dessus et autour du réseau capillaire dilaté. Lorsque l'écoulement du sang a cessé , on porte de nouveau du vaccin sur les plaies et on peut même les recouvrir avec un petit lino-e humecté de virus. Les boutous de la vaccine se forment comme à l'ordinaire, et après la chute de l'escarre, la téléangiectasie a disparu;1) — 3) en suivant le procédé de Marshall Hall,2) qui consiste à traverser toute la | masse de vaisseaux capillaires dilatés, tout près du bord des parties saines, à l'aide d'une aiguille et à répéter cette opération huit à dix fois dans différentes directions, les piqûres en guérissant modifieront les tissus; on y joindra encore la compression] si elle est praticable, mais elle est probablement sans action spéciale; — |4) d'après Lallemand s) en incisant ou en excisant un lambeau de la téléangiectasie et en réunissant les bords de la plaie par une suture entortillée,

ou en enfonçant horizontalement à travers le tissu malade des aiguilles longues et épaisses. Il n'est pas nécessaire d'entourer de fil les aiguilles , il suffit d'en courber les pointes et de couvrir la partie d'une manière convenable. Si les aiguilles sortent par l'effet de la suppuration, on les remplacera par d'autres tant que la tumeur existera. L'aspect bleuâtre, presque noirâtre que prend alors la téléangiectasie, ne devra pas inquiéter; car ce sera un signe favorable qui indiquera que l'inflammation arrivera à un degré convenable. 11 sera presque toujours nécessaire de cautériser souvent avec le nitrate d'argent; peut être que le nitrate acide de mercure conviendrait encore mieux ; — 5) en passant à travers la tumeur érectile un séton, qui tout en prévenant l'hémorragie, provoquera une inflammation et une suppuration convenables.4) Si l'inflammation ne survenait pas, il faudrait faire des injections irritantes dans le trajet qu'à suivi l'aiguille et le séton , L'loid 6) les recommande même avant de passer le séton. L'avantage qu'on prétend obtenir par ce procédé ainsi que par celui de Hall serait de conserver la peau par dessus la téléangiectasie et de provoquer une cicatrice moins marquée.

') Hogdson: medico-chirurgical Review. Vol. VII, p. 280. — Laivcet. Vol. XII, p. 760. — Joung : Glasgow médical Journal. Vol. I, p. 93. — Dawning: Lancet. Vol. II, p. 237.

2) Lonclon médical Gazette. Vol. VII, p. 677. Lancet. 1834. Avril.

3) Archives générales de médecine. Mai 1815.

*) Tawdington: North of England médical and surgical Journal. Vol. I, p. 66. — Macilwain: medico-chirurgical Transactions. Vol. XVIII, p. 189.

*) London médical Gazette. Octobre 1836.

Selon le siège, l'étendue et la nature de la téléangiectasie, on choisira l'un ou l'autre de ces procédés opératoires indiqués; on aura surtout soin d'éviter autant que possible des pertes de substance étendues et de grandes difformités de la paupière. — On réussit toujours plus facilement lorsque les téléangiectasies sont plutôt veineuses qu'artérielles. — Le choix de ces procédés sera surtout très important dans

les téléangiectasies sous-cutanées où la peau qui les rerouvre est souvent à l'état tout à fait normal et peut donc encore être conservée ; l'extirpation est très difficile et dangereuse à cause de l'hémorragie considérable *), et la ligature pratiquée à l'aide de deux fils ou avec des aiguilles entourées de fil dans le but de provoquer la mortification de la tumeur, 2) est toujours suivie d'une cicatrice fort étendue.

') Cas intéressants de pareilles tumeurs, voy. J. Beix , principles of Surgery. Vol. I, p. 461. — Aixan Bukns , observations on tlie Surgical anatomy of the Head and Neek , p. 381.

") White: medico-ebirurgical Transactions. Vol. XIII, P. 2, p. 444. — Lawrence, ibid., p. 420. — Brodie ibid. Vol. XV, p. 1.

Si les téléangiectasies sont très étendues sur les paupières et sur les parties environnantes, si elles s'enfoncent même dans l'orbite, et si les moyens indiqués jusqu'à présent n'ont pas été suivis de succès, il ne reste d'autre ressource que de pratiquer la ligature de l'artère carotide primitive,1) ligature dont le succès n'est pas toujours durable dans les téléangiectasies de la tête, car les vaisseaux affaissés et rétirés après l'opération, reprennent de nouveau du développement lorsque, quelque temps après, la circulation s'y rétablit par les branches collatérales. 2)

') Travers: Medico-ebirurgical transactions. Vol. II, p. 1. — Dalrympue et Wardrop ibid. Vol. VI, p. 111. Vol. IX, p. 203. — Lancet. Vol. XII, p. 267.

'*) Aux cas d'insuccès de ces ligatures indiqués dans mon manuel (loc. cit., p. 788), il faut ajouter celui de Mussey (Londou médical Gazette. Vol. VI, p. 76) où l'on a pratiqué la ligature successivement "sur les deux carotides pour une téléangiectasie au sommet de la tête; on n'obtint qu'un succès de peu de durée et on fut enfin obligé d'en venir à l'extirpation de la tumeur.

Des tumeurs enkystées des paupières.

De même que dans le tissu cellulaire des autres parties du corps, il se forme aussi dans celui des paupières et des parties environnantes différentes espèces de tumeurs enkystées, complètement indolentes, circonscrites, plus ou moins mobiles, élastiques ou dures, selon la place qu'elles occupent et la matière qu'elles contiennent. — Si elles se trouvent dessous la peau, elles sont très mobiles, moins lorsqu'elles sont situées sous le muscle orbiculaire ou le releveur de la paupière, et encore moins lorsqu'elles adhérent au cartilage. — Leur contenu peut être un fluide aqueux, athéromateux, diversement colorié, semblable à du suif ou de la graisse fondue (Jiygroma, meliceris, atheroma , steatoma). — Le kyste est alors ou bien le produit d'une nouvelle formation , ou bien constitué par des follicules sébacés de la peau distendus, dans lesquelles la matière graisseuse s'est accumulée (tumor sebaceus). Cette dernière forme est d'après mon expérience plus fréquente que l'autre*) et assez souvent congénitale dans le voisinage de la paupière ou des sourcils, où ces tumeurs établissent peu à peu une pression sur l'os et finissent par le déprimer; souvent elles sont adhérentes au périoste.

*) De Waj.ther (Journal fur Chirurgie, p. 336) prétend au contraire que les kystes dans les paupières ne sont que rarement ou jamais des tumeurs sébacées, et d'autant moins qu'elles sont le plus souvent situées au dessous du cartilage tarse.

Les incommodités causées par les tumeurs enkystées dépendent de leur volume. Tant qu'elles sont petites elles offrent peu d'inconvéniens; mais lorsqu'elles arrivent aux dimensions d'un œif de pigeon ou de poule, elles peuvent comprimer le globe de l'œil (surtout lorsqu'elles s étendent,

comme cela arrive souvent, vers l'orbite), empêcher les mouvements de l'organe, produire la chute ou des positions vicieuses des paupières. — Les tumeurs enkystées qui ont leur siège dans l'angle interne de l'tell, peuvent souvent s'étendre jusque dans la fossette de l'os unguis, comprimer le sac lacrymal, être confondues avec des distensions de ce sac même. — Ordinairement il est impossible d'indiquer la cause précise de leur formation; souvent elles se développent après une pression ou une contusion; souvent elles paraissent être dans un rapport de causalité avec une maladie générale et se présentent comme une métastase. Dans ce cas il survient, principalement à la tête, plusieurs tumeurs à la fois ou successivement.

Tous les moyens tentés pour résoudre les tumeurs enkystées des paupières sont inutiles et à rejeter. Toutes les prétendues guérisons par résolution reposent sûrement sur un faux diagnostic, en ce qu'on a pris des chalazes pour des tumeurs enkystées. — Le seul moyen de guérison sûr et efficace consiste dans l'exirpation , qui en égard au siège de la tumeur doit être entreprise d'après les règles indiquées pour les chalazes (§. 50S). — Si la tumeur a son siège dans les environs du sac lacrymal , il faut procéder à l'extirpation avec beaucoup de soin , afin de ne pas blesser les parois du sac lacrymal. On prendra bien garde de ne pas entamer le kyste, car son excision devient bien plus difficile après l'évacuation de son contenu. Souvent il est néanmoins plus simple et plus avantageux d'inciser la tumeur dans toute sa longueur, d'exprimer le contenu, de saisir le kyste avec une pince et de l'arracher, ou de l'attirer d'abord d'un côté autant que possible, et de l'emporter avec des ciseaux, et de se conduire de riiême du côté opposé. — On réunit la plaie avec des bandelettes agglutinatives, ou à l'aide de la suture lorsque l'incision formée est grande. — L'ouverture de la tumeur au moyen de la lancette et la cautérisation de la surface interne du kyste avec de la pierre à cautère devant servir à produire la suppuration des parois du

sac au bout de quelques jours, ainsi que l'emploi du séton, sont autant de moyens à rejeter; ils peuvent facilement donner lieu à des cicatrices irrégulières qui déforment la direction des paupières, ferment les conduits excréteurs de la glande lacrymale lorsqu'elles ont leur siège «à la paupière supérieure etc. Il en est de même de l'emploi des corrosifs pour ouvrir le sac. Si les tumeurs enkystées sont en rapport avec quelqu'affection générale, on devra avoir recours à un traitement convenable avant et après l'extirpation afin de prévenir les métastases.

Voyez dans Batjkr (iiber die Balggeschwûlste der Augenliedcr : Minerva médita, H. II, 1831) les différents procédés suivis dans le traitement des tumeurs enkystées des paupières, surtout d'après Demoors et

GCTHRIE.

Des tumeurs dans l'orbite.

Par la dégénérescence des différentes parties organiques logées dans l'orbite, ou par la production de tissus nouveaux, il peut se former des tumeurs les plus variées , qui en augmentant de volume peuvent presser le globe de l'œil ou ses annexes et occasioner les accidents les plus graves. Le globe de l'œil ainsi comprimé peut être déplacé en différens sens et (de là, le plus souvent diplopie dans le principe), conserver ses dimensions normales, Exophlhalmus; — ou bien être augmenté de volume par l'effet de l'inflammation et du gonflement: Ejcophthalmie. Dans les deux cas, la vision est plus ou moins promptement abolie, et l'œil lui même à la fin détruit. — Le globe de l'œil étant poussé en avant, tous les tissus qui l'environnent sont distendus et tiraillés, et selon la rapidité avec laquelle la tumeur prend du développement, il en résultera des accidents plus ou moins graves.

— Le nerf optique, le nerf oculomoteur, la première branche de la cinquième paire, le nerf sousorbitaire sont tiraillés et comprimés; de là affection sympathique du cerveau, céphalalgie continuelle gravative, souvent très violente, photophobie, larmoiement, stupeur, apoplexie ou inflammation du cerveau. Les paupières, surtout la supérieure sont très distendues, œdémateuses, l'inférieure le plus souvent renversée, les parois de l'orbite même souvent considérablement déjetés.

— Il peut en résulter une difformité réellement effrayante dont l'aspect deviendra encore plus hideux par la contraction et par les mouvements de la paupière supérieure distendue.

— Dans des cas rares , ces tumeures passent à travers les ouvertures élargies de l'orbite jusque dans la cavité crânienne.

Les tumeurs qui se développent dans les sinus frontaux, éthmoïdaux ou maxillaires supérieurs, peuvent déplacer le globe de l'œil en déprimant ou en détruisant les parois de l'orbite, et occasioner les accidents indiqués ci-dessus. On les distinguera facilement des tumeurs formées primitivement dans la cavité orbitaire par leurs signes caractéristiques. Voyez des observations de ce genre dans Langeitbeck, N. Bibliothek. Vol. II, p. 245. — Dbmours, traité des maladies des yeux. T. III, obs. 409, 411, 414. — Schou, patholog. Anatomie, S. 17. — Mackenzik, Treatise on the diseases of the Eye. 2. édit. , p. 58 If.

Les tumeurs de l'orbite peuvent être constituées : 1) par un endurcissement du tissu cellulaire; — 2) par des tumeurs stèalomateuses , et sarcomateuses; — 3) par des tumeurs enkystées; — 4) par des hydatides dans les glandes lacrymales ou dans le tissu cellulaire; — 5) par des oslèosarcomes ou des excroissances osseuses, — 6) par des télèangieclasies et des dilatations variqueuses; — 7) par des anèvrysmes ; — S) par des squirrhes et des dégénérescences fongueuses des glandes lacrymales ou du tissu cellulaire.

De V endurcissement du tissu cellulaire de l'orbite.

Le tissu cellulaire de l'orbite peut passer en partie ou en totalité à l'état d'endurcissement par suite d'inflammation chronique. Le plus souvent j'ai observé cette maladie existant d'une manière plus prononcée vers la moitié externe du bord orbitaire supérieur. La proéminence du globe se fait alors peu à peu et seulement à un faible degré, l'œil se dirige communément un peu en dedans. Le malade n'éprouve ordinairement que peu ou point de douleur. En explorant avec le doigt le bord orbitaire, on trouve une tuméfaction dure, uniforme et souvent un peu douloureuse à la pression ; les veines de la paupière supérieure sont gonflées.

Les affections scrophuleuses sont les causes principales de cette induration (au moins dans tous les cas que j'ai observés) , cependant d'autres dyscrasies peuvent encore la produire. — En général elle se développe sans cause occasionelle connue; quelquesfois à la suite de violences extérieures. — On peut provoquer la résolution de cette maladie par l'application répétée de sangsues, de cataplasmes émolliens , par des frictions d'onguent gris , plus tard de l'onguent d'iode; en même temps, on aura recours à un traitement approprié à l'état général. On administrera à l'intérieur le calomel , l'éthiops antimonial avec la rhubarbe etc. — Il peut arriver que l'endurcissement passe à la suppuration et donne lieu à un abcès, alors on se conduira d'après les règles indiquées.

Il faut rapprocher ici les cas que St. Yves (nouveau traité des maladies des yeux, p. 141), Ware (Observations on the treatcnient of Epiphora etc. London 1818, p. 295) et Louis (mémoires de l'académie de chirurgie) ont rapportés comme des cas d'amas d'humeurs qui se font derrière le globe de l'œil.

De tumeurs sarcomateuses et stéatomateuses de

l'orbite.

Hope j Philosophical Transactions. 1744—1745, p. 194.

Acrel, chirurgische Vorfàlle. Vol. 1, p. 88.

Langsnbeck , N. Bibliothek. Vol. II, p. 238.

Wardrop, Medico-chirurgical Transactions. Vol. X, p. 275.

Schwarz, Journal v. Graefe u. Walther. Vol. VII, p. 235.

Hedenus ibid. Vol. IX, p. 267.

Monteath, Translation of Weixer's Manuel. Glasgow 1821, p. 195. Mackenzie loc. cit., p. 326.

Les tumeurs sarcomateuses et stéatomateuses peuvent se développer sur tous les points de l'orbite; elles compriment le globe de l'œil plus ou moins selon leur siège et leur étendue, dépriment les parois de l'orbite, les détruisent même (Hedenus) et occasionnent tous les accidents indiqués ci-dessus (§. 527). — Elles se caractérisent par leur dureté plus ou moins marquée , leur accroissement lent et par l'absence de toute fluctuation. — Au commencement elles sont souvent accompagnées d'accidents inflammatoires passagers. — Selon leur siège, leur étendue et selon leurs adhérences plus ou moins solides avec les parties environnantes, elles sont mobiles ou non , et peuvent être circonscrites plus ou moins avec le doigt.

Ces tumeurs se développent par endurcissement du tissu graisseux de l'orbite ou sans autre cause prochaine déterminée , mais le plus souvent à une époque plus ou moins éloignée , à la suite d'un coup ou d'une blessure portée sur le bord orbitaire ; au moins cette circonstance a été notée dans presque tous les cas connus.

Les observations qu'on possède n'apprennent rien sur la structure intime de ces tumeurs. Il n'y a qu'AcREL qui dise , que la tumeur extirpée par lui, étuit lisse, hémisphérique, sans kyste et formée par des

vésicules graisseuses et de la matière glanduleuse. — Dans un cas où j'ai extirpé une pareille tumeur, celle-ci était formée d'une masse charnue, rouge pâle, uniformément dense.

L'extirpation totale est l'unique moyen cà mettre en usage contre ces tumeurs. — L'application répétée des sangsues, des frictions d'onguent mercuxiel et d'iode, des fomentations résolutives etc., remèdes ordinairement employés dans le commencement, sont inutiles et n'empêchent pas les progrès de la maladie. — Selon l'étendue de la tumeur et selon que ses adhérences avec les parties environnantes sont plus ou moins solides, l'extirpation sera facile ou difficile, et le globe de l'œil ainsi que d'autres tissus importants pourront être ménagés et conservés. — Dans les tumeurs profondément placées, fortement adhérentes, entourant de toute part le nerf optique, il est nécessaire d'extirper en même temps le globe, mais on ne s'assure ordinairement de cette nécessité que pendant qu'on fait l'opération (Monteath, Klein). — L'extirpation partielle expose toujours à des récidives (Wardrop, Schwarz). — Les tumeurs peuvent prendre un caractère de mauvaise nature , au point que lors même que la maladie est le plus convenablement traitée, elle peut se reproduire. Il est surprenant comment après la guérison, l'œil, après avoir été fortement et pendant long -temps déplacé, peut reprendre sa première position et recouvrer ses mouvements normaux, ainsi que sa faculté de voir.

La manière dont on procédera à l'extirpation , surtout à l'incision qui devra découvrir la tumeur , variera d'après le siège et l'étendue de la maladie. — Est-elle située plutôt vers l'angle externe de l'œil, on fait bien de diviser la commissure externe des paupières par une incision horizontale et de faire tomber sur le milieu de celle - ci une autre verticale, lorsque la tumeur est très étendue (Klein); si celle-ci se trouve plus particulièrement au dessous de la paupière supérieure ou inférieure, on fait, après avoir fendu l'angle externe de l'œil, une incision à travers la conjonctive; ou

si elle adhère fortement au bord de l'orbite, on coupera dans la direction des fibres du muscle orbiculaire , ce qui est toujours préférable à la section verticale de la paupière. — La tumeur a-t-elle son siège dans l'angle interne de l'œil , où se comportera le mieux si on pratique dans les téguments une incision semilunaire qui passe de la paupière supérieure à l'inférieure , en ayant bien soin de ne pas blesser les conduits lacrymaux, ni le sac lacrymal. — La tumeur ainsi mise à nue sera saisie avec un crochet ou avec une pince érigne, attirée et disséquée avec précaution sans intéresser les parties environnantes; on se servira tantôt du tranchant du scalpel, tantôt de son manche, de la spatule, du doigt, et enfin de ciseaux courbes, lorsqu'on est arrivé dans la profondeur. — Si les adhérences sont si intimes qu'on ne peut les détruire sans léser d'autres parties , il faut aussi exciser les tissus altérés , et même le globe l'œil , si on ne parvient pas autrement à enlever la tumeur.

Après avoir emporté la tumeur, on examine la plaie avec le doigt, afin de s'assurer s'il n'existe plus rien de la masse endurcie. Dans ce dernier cas, on attire ce qui reste avec un crochet ou des pinces et on l'excise avec soin (Hope). L'hémorragie sera arrêtée par de l'eau froide ou par la ligature, si le sang est fourni par des vaisseaux qu'on peut atteindre. — Si le fond de la plaie n'est pas très étendu, et s'il suffit pour le combler que le globe de l'œil ou soit légèrement comprimé ou rentre de lui même, il faut opérer la réunion à l'aide de la suture et de bandelettes agglutinatives. Mais lorsque le fond de la plaie est très étendu, on y préviendra l'accumulation de pus en y introduisant de l'amadou ou de la charpie sans trop remplir, pour ne pas augmenter par là le danger de l'inflammation. Le fond de la plaie s'élève peu à peu par des granulations, le globe de l'œil rentre dans l'orbite et reprend sa position normale. On doit souvent avoir recours à un bandage qui comprime doucement le globe de l'œil. — Par un traitement antiphlogistique vigoureux, par l'emploi de fomentations froides et

par une diète convenable, on proviendra et on combattra les violentes inflammations , qui en se propageant au cerveau, peuvent facilement donner la mort (Langenbeck, Mackenzie).

Des tumeurs enkystées dans Vorbite.

St. Yves, Ioc. cit. p. 147.

Richerand, Nosographic chirurgicale. Vol. IL de Walther, Journal. Vol. IV, p. 386.

Langenbeck, Ioc. cit.

Schwarz, loc. cit.

Delpech, Clinique chirurgicale de Montpellier. Vol. II, p. 9'2.

Les tumeurs enkystées dans l'orbite se reconnaissent à une proéminence uniforme, plus ou moins molle ou tendue, qui se montre à un point quelconque entre les bords de l'orbite et le globe de l'oeil ; il existe alors une fluctuation plus ou moins prononcée, et la tumeur peut souvent être un peu comprimée ou refoulée. — Ces symptômes, surtout la fluctuation, sont plus ou moins évidents selon le degré de l'épaisseur de la membrane qui forme le kyste, selon la consistance de son contenu, et selon la force de ses adhérences avec les parties environnantes. — Les changements qui arrivent avec l'accroissement progressif de la tumeur, tant sous le rapport de la position du globe de l'œil que sous celui de l'état des parois de l'orbite etc. sont les mêmes que ceux qui ont été indiqués dans le §. 527.

Les tumeurs enkystées peuvent survenir sur tous les points de l'orbite, et l'assertion qu'elles soient plus fréquentes à la partie inférieure n'est nullement fondée et contraire

Ciieuuk, Ophtlinlmologic. Vol. II. 27

à ce que l'observation nous apprend. Quant à leur structure, on les trouve aussi variables que les tumeurs enkystées i des autres parties du corps: leur membrane est mince, séreuse, séroso -muqueuse, couverte de poils fins, ou dense, coince, fibreuse, fibro-cartilagïneuse, même ossifiée dans quel-, ques endroits. Leur contenu présente tout autant de varié-tés; il est ténu, aqueux, limpide ou jaune de citron, épais,, brunâtre ou encore de la consistance de la boullie ou de la il graisse. Barnes vit un sac double qui s'étendait jusqu'au i fond de l'orbite et contenait une dent. — Les adhérences du kyste avec les parties environnantes sont lâches ou serrées,, elles sont surtout très fortes, lorsque le kyste est épais ett que par son accroissement et la compression qu'il a exercée,, il a donné lieu à des inflammations répétées: — le kyste.! peut adhérer aux muscles et aux nerfs, au globe de l'œil I et au périoste de l'orbite, s'étendre en différents sens entre: ces tissus, et même s'avancer à travers les ouvertures de: l'orbite jusque dans la cavité crânienne.

Delpech loc. cit. p. 505, pl. 32, décrit une tumeur enkystée qui ai donné lieu à la mort, et. qu'on a trouvée saillante dans la cavité crânienne h. travers le trou optique considérablement dilaté.

Les tumeurs enkystées dans l'orbite se développent plus; ou moins vite, sans cause appréciable, cependant très souvent après une violence extérieure qui a porté sur les environs de l'œil. — Le seul traitement convenable consiste dans l'extirpation totale du kyste ou dans l'évacuation de son contenu et dans la destruction de sa membrane par la suppuration. — Si la tumeur vient à crever spontanément ou par l'effet d'une violence externe, la guérison peut avoir lieu lorsque la membrane est expulsée par la suppuration consécutive *).

*) Schwarz, loc. cit. p. 235.

L'extirpation totale doit être entreprise dans tous les cas où le sièg-e de la tumeur et la laxité de ses adhérences

I avec les parties environnantes le permettent sans blesser les i parties importantes qui sont situées dans l'orbite. — L'incision devant mettre à un la tumeur, doit être pratiquée avec des soins convenables d'après les règles déjà indiquées (§. 534) pour ne pas blesser le sac à cet effet on saisit le kyste avec un crochet on avec des pinces érignes pour le fixer et l'attirer doucement, on détruit ensuite les adhérences avec l'instrument tranchant, avec son manche, avec le doigt, ou avec des ciseaux mousses. Lorsque la tumeur a été complètement enlevée et l'hémorragie arrêtée par de l'eau froide ou la ligature, on appliquera le bandage et on dirigera le traitement consécutif d'après la manière indiquée (§. 535). — Si on blesse le sac et que son contenu s'é- Sbhappe, on l'excise avec plus de difficulté, et il en veste toujours quelques fragments; dans ce cas on a toujours cà craindre la reproduction de la tumeur.

Si pendant l'opération on s'aperçoit qu'il devient impossible de pratiquer l'extirpation complète sans occasioner des désordres considérables, on mettra à nu le sac avec précaution, autant qu'on pourra l'atteindre on l'attirera et on l'excisera avec des ciseaux ou avec le couteau. La plaie est ensuite remplie de charpie, il se formera de la suppuration qui détruira le kyste ou en provoquera la sortie, et la plaie se guérira radicalement; ou bien encore elle se fermera extérieurement tandis qu'une partie du kyste restera encore retenue , elle s'ouvrira le plus souvent de nouveau et ne se fermera complètement que lorsque les débris du kyste seront entièrement expulsés.

Les mêmes motifs pour lesquels on pratique souvent l'extirpation partielle du sac, peuvent aussi déterminer l'opérateur à n'en faire qu'une ponction et à évacuer la matière contenue ; on pratique alors sur le point le plus facile à atteindre une incision à travers les téguments, on ouvre le sac avec l'instrument tranchant dans une étendue convenable, et après avoir vidé son contenu, on remplit sa cavité de

cliarpie. La suppuration ne se fait ordinairement que lentement en ce qu'il s'écoule pendant plus ou moins Ion»-- temps ' un fluide, ténu, aqueux, sanguinolent. A mesure que la cavité se rétrécit, on introduit moins de charpie; le sac est insensiblement détruit par la suppuration et le fond de la plaie se couvre de granulations charnues, ou le sac se détache pendant la suppuration et peut être extrait en partie ou eh totalité avec la pince. — Si la plaie se rétrécit au point de ne former qu'une ouverture fistuleuse, on peut hâter son occlusion en la touchant avec la pierre infernale. — On reproche à ce mode de traitement de laisser souvent une partie ou la totalité du sac clans les tissus , de faciliter le retour de la tumeur, et de donner aussi lieu à de violents accidents inflammatoires, à des vomissements et des phénomènes de gastrite chronique (Delpech) ou à des excroissances fongueuses partant du sac. — Ici encore beaucoup dépend du traitement. L'introduction de charpie molle semble produire et entretenir l'excitation la plus coinenable et la plus efficace; si l'irritation devient trop forte, on pourra la combattre par une diète appropriée et par un traitement antiphlogistique ; de même aussi qu'en bourrant trop fortement la plaie, ou en employant des moyens escarrotiques ou des injections irritantes, on pourrait occasioner des accidents fâcheux. On doit de même rejeter le conseil d'introduire une corde à boyau ou une bougie dans l'ouverture, pour provoquer le froncement du sac et en faire tarir la sécrétion.

Après que la tumeur a été extirpée ou vidée, le globe de l'œil rentre plus ou moins vite dans l'orbite, reprend sa position normale et l'usage de ses mouvements et souvent la vue se rétablit, quelque peu qu'on ait été fondé à l'espérer d'après la longue durée et le degré du déplacement de l'œil.

Des hydatides dans Vorhile.

Des hydatides peuvent se former dans le tissu cellulaire de l'orbite ou dans celui de la glande lacrymale et présenter les mêmes symptômes que les tumeurs enkystées; elles sont faiblement adhérentes au tissu cellulaire environnant, ou libres dans une poche de tissu cellulaire condensé , souvent entouré de fluide; leur kyste est blanc, mince et leur contenu aqueux, limpide ou jaunâtre; il peut y en avoir plusieurs réunis. — Vu leur peu de connexion avec les parties ambiantes, on peut le plus souvent les ouvrir et les vider et au bo'ut de quelques jours les retirer de la plaie où elles se montrent. — Cette plaie se rétrécit ensuite et se ferme.

Wei^den (Cases and Observations in SurgCry. London 1806 p. 104) rapporte lui cas dans lequel on avait fait une ponction à la tumeur, la plaie ayant été tenue ouverte pendant cinq à six jours, on y remarqua îiJi kyste dont on fit ensuite l'extraction. Ce kyste était rond et Welden Je prit pour une hydatide, quoique la membrane se trouvât plus épaisse qu'elle ne l'est ordinairement dans les hydatides de même dimension.

Delpech (loc. cit. p. 102) après avoir pratiqué une ponction et donné issue à un fluide jaune citron, retira un kyste blanc qui s'était montré dans la plaie et qu'il reconnut pour être un acéplialocyste.

Lawrence (Medico -chirurgical transactions. Vol. XVII, p. 48) évacua par la ponction une cuillerée de liquide aqueux : deux jours après, il se présenta dans la plaie une masse molle, blanchâtre, qu'on retira avec des pinces et qu'on reconnut pour une hydatide. On en exprima encore quelques unes en pressant la tumeur; le lendemain on en retirn encore d'autres, et après que la plaie eut été élargie et soigneusement nettoyée par des injections, tout l'amas d'hydatides sortit, et se trouva en quantité si considérable qu'il remplit une tasse h moitié. Le volume de ces hydatides variait: quelques unes étaient entières, d'autres affaissées.

Des hydatides de la glande lacrymale.

Schmidt , Krankheîten clos Thranén-'Orgaiies.

J3iii-K3 Lelire von dcn Aug'enkrankhciten. Vol. II 3 p. 597.

L hydalide de la glande lacrymale produit aussi par sa pression sur le globe de l'œil les mêmes effets que les autres tumeurs dans l'orbite, si ce n'est que par son développement, le plus souvent rapide, les accidens arrivent encore plus promptement à un très liant degré, et diffèrent selon que le globe de l'œil est enflammé ou non.

Lorsque le globe de l'œil est poussé en avant sans inflammation, le malade bien portant d'ailleurs, ressent une tension obtuse au fond de l'œil, devenant plus pénible dans l'espace de huit à quinze jours, surtout par les mouvements de l'organe; la sensation éprouvée ressemble à une compression exercée continuellement sur l'œil d'arrière en avant. — La forme du globe et des paupières n'est nullement changée et aucune fonction de l'œil n'est dérangée; — Bientôt la pression se cbange en une douleur tensive, continue, s'étendant à la moitié de la tête; l'œil se trouve sillonné de quelques vaisseaux, proémine fortement, et est très sec. — Le malade voit le plus souvent des étincelles et des couleurs diverses, quelquefois il voit double, d'autres fois par moment rien du tout. — Avec la quatrième semaine tous les symptômes s'aggravent, la douleur devient insupportable, au point qu'il y a insomnie complète: l'appétit se perd et les souffrances excessives dans nu des côtés de la tête durent jours et nuits. — Le globe de l'œil poussé en avant, n'est point augmenté de volume, mais les paupières ne peuvent plus être fermées par dessus lui; en explorant avec le doigt le bord de l'orbite, on sent profondément entre celui-ci et le bulbe vers l'angle externe, une dureté et une résistance sans tumeur considérable. — L'œil perd

enfin complètement sa faculté de voir et ressemble à celui d'un cadavre: dans cet état de choses, il y a danger pour la vie, et le malade succombe ordinairement dans un état comateux et apoplectique.

Si l'hydalule de la glande lacrymale est accompagnée d'exophthalmie, les accidents ne sont pas aussi violents, mais par contre l'oeil est d'autant plus vite désorganisé. — Le mal commence aussi avec une douleur obtuse au fond de l'orbite; plus tard la douleur s'étend à la moitié de la tête, l'oeil s'enflamme fortement et se gonfle à mesure qu'il fait saillie hors de l'orbite ; il se forme du pus dans les chambres de l'œil . le globe se rompt et il s'en écoule du sang et du pus sans trace d'un des tissus internes 5 ses membranes ne s'affaissent pas, mais le bulbe lui-même reste en dehors de l'orbite sous l'aspect d'un morceau de chair informe. Taudis que la douleur persiste sur l'un des côtés de la tête, la parotide du même côté se gonfle. — Quant on presse avec le doigt entre le bord orbitaire et le- bulbe, on sent vers l'angle externe de l'œil, à l'endroit qui correspond à la glande lacrymale, une dureté résistante, presque fluctuante.

Si la maladie n'est pas reconnue et enlevée de bonne heure, il y a à craindre dans la suite pour la vue, et même pour la vie. L'affection a-t-elle déjà atteint un très haut degré, il sera difficile de sauver l'une et l'autre. L'œil perd-il son éclat, prendil l'aspect cadavéreux, le malade est ordinairement perdu. — Dans les cas d'exophthalmie, la vie est à la vérité bien moins en danger; cependant à mesure que Phydatide prend de l'accroissement et que la pression augmente, le désordre dans le fond de l'orbite fait tellement de progrès, que l'os finit par être attaqué et le cervau même atteint.

Les hydatides de la glande se distinguent de toutes les autres tumeurs dans l'orbite par leur marche ordinairement

rapide, par leur résistance dure et souvent par une fluctuation obscure qu'on reconnaît évidemment en pressant avec ie doigt dans le voisinage de la glande lacrymale. — Ou ne connaît rien de positif sur les causes occasionelles de cette maladie. — Sciimidt qui le premier l'a décrite, a cru qu'une cellule du tissu aréolaire formant la trame de la glande lacrymale pouvait se dilater, que l'humeur aqueuse s'y accumulait, et qu'à mesure que la quantité de ce fluide augmentait, cette cellule prenait plus d'extention ; de là la condensation du tissu cellulaire environnant, et la formation d'une capsule particulière; que la cellule une fois considérablement distendue laissait transsuder à travers ses parois minces du fluide tenu qu'elle contient, comme une véritable humeur interstitielle; que par là les moyens d'union encore assez lâches entre le kyste et sa capsule, finissaient par être rompus et que le kyste se trouvait ainsi libre dans la capsule et entouré de liquide. Cette explication mécanique de la formation des hydatidcs (admise aussi par Beer) est certainement sans fondement, et si on considère leur structure, la finesse et la blancheur de leur membrane renfermant un liquide clair, aqueux, ainsi que leur connexion faible ou nulle aveç le tissu cellulaire environnant, on ne manquera pas de les regarder comme de véritables hydatides, vers vésiculaires (acéphalocystes) ; et de les rapprocher des cas d'hydatides de l'orbite indiqués ci-dessus (§. 543). — Des observations ultérieures décideront si le développement des hydatides dans le tissu cellulaire de la glande lacrymale présente toujours quelque chose de spécial, tant sous le rapport de l'intensité des accidents que sous celui de la rapidité avec laquelle elles se développent, ou si elles sont analogues aux autres hydatides du tissu cellulaire de l'orbite.

ScriMiDT trouva dans un cas d'irydatide de la glande lacrymale suivi de mort, une tumeur d'un pouce de long et d'un peu moins de diamètre Iransversc, formée d'une coque interne et externe. Celle-ci consistait dans du tissu cellulaire condensé, et contenait un peu de fluide interstitiel entre sa paroi et celle de la coque interne: cette dernière était très fine, demi-transparente et contenait un peu d'humeur lacrymale limpide. — Dans un autre cas où la ponction a été laite, il s'est écoulé, dit-il, de V humeur lacrymale extrêmement limpide. — Cette assertion parait n'être appuyée que sur l'aspect extérieur du fluide

rt nullement sur l'examen de sa composition chimique. — Bekr (loc. cit.) trouva dans un cas après la mort le peu tPhumeUr lacrymale contenue dans Ihvdatide. ténue, limpide, un peu gélatineuse (?), cependant acre, et salée Dans un autre cas où il ouvrit la vésicule, l'humeur lacrymale évacuée aurait été jaunâtre comme de Peau teinte de sang, mais si acre qu'appliquée sur la langue, elle y lit venir aussitôt une phlyetène-

Le traitement doit tendre ù la prompte évacuation et à l'extraction de l'iiydatide. À cet effet, après avoir convenablement soulevé la paupière supérieure, on enfonce une lancette ou un bistouri dans la tumeur qui fait saillie et on agrandit suffisamment l'ouverture. Après avoir donné issue au liquide, on place un peu de charpie dans la plaie, et quand une fois la suppuration s'est établie, le kyste se présente et peut être extrait, il suffit d'un pansement simple pour obtenir la guérison. — Le globe de l'œil se retire ordinairement dans l'orbite, et en cas de besoin on peut encore en favoriser la ventrée en le soutenant et le comprimant doucement au moyen d'un bandage.

Rudtorffer (Schmidt loc. cit. , p. 96) fit la ponction d'une hydatide de la glande lacrymale avec un trocart, qu'il enfonça dans une certaine direction vers la glande lacrymale dessous la paupière; il s'échappa plus d'une once d'un fluide clair: après que la canule fut enlevée il s'écoula de la plaie pendant plusieurs jours desuite un liquide aqueux. Quinze jours après l'opération une bande blanchâtre se présenta à l'ouverture, on la saisit et on la retira avec la pince et toute l'hydatide fut entraînée. — 11 est cependant préférable d'ouvrir plus largement avec la lancette ou le bistouri , parce qu'alors il sera plus facile de vider la vésicule, ainsi que le démontrent les observations mentionnées ci -dessus. — 11 faut rejeter les injections de matières irritantes, telles que la solution de pierre infernale, de potasse caustique, ou de sublimé dans la cavité du sac afin d'y produire l'inflammation et l'adhérence de ses parois. — Schimidt n'a proposé ce procédé que d'une manière -conditionnelle et seulement pour une époque avancée de la maladie , lorsque l'oeil se trouve depuis long-temps dans certaines conditions Cet opérateur n'a d'autre hnt (pie de provoquer l'inflammation , la suppuration , et la destruction du kyste, ou de la vésicule, parce que la véritahlc hydatide n'est point douée de sensibilité. — Beck (loc. cit., p. 339) qui a proposé ces injections comme, méthode générale, et dans l'intention de provoquer l'adhérence du sac, parait avoir méconnu cette circonstance, ainsi que la différence, qui existe entre les propriétés des tissus séreux, normaux et des tissus séreux accidentels, sous le rapport de l'inflammation adhésive.

ce surquoi Dei.pech a rendu attentif (loc. cit.). Ces injections peuvent facilement oceasioner des accidents dangereux. Bbbr propose de vider d'abord l'hydatide et de chercher ensuite à provoquer l'induration des bords de la plaie, en y appliquant des bougies faites avec du linge, et trempées dans de l' eau blanche ou enduites d'onguent saturnin , alin que les hydatides puissent se vider continuellement.

Des nodosités et des tophus, des exostoses et des tumeurs ostéosarcomateuses de f orbite.

Les tumeurs s'élevant des os de l'orbite et ue s'étendant pas au de là de cette cavité sont extrêmement rares. 11 arrive plus fréquemment que ces sortes de dégénérescences s'étendent en même temps a plusieurs os et se propagent à ceux de l'orbite. Dans ces cas la position de l'œil, ainsi que le dérangement de ses fonctions sont des phénomènes d'autant plus accessoires que des dégénérescences aussi étendues rendent tout secours de l'art inutile.*) — Ces sortes de tumeurs qui se bornent à l'orbite peuvent au reste se déclarer sur tous les points de sa surface, elles se développent et s'accroissent ordinairement d'une manière lente et occasionnent selon le degré de leur étendue les symptômes de l'exophthalmus indiqués ci -dessus. — Si elles sont profondément situées dans l'orbite, leur diagnostic est toujours obscur , et ce n'est que lorsqu'elles proéminent à côté du globe de l'œil , qu'on peut s'assurer en quelque sorte dé leur nature en les touchant.

*) J'ai décrit deux cas de ce genre dans mon travail : Zur Lchre von cl en schwammigpn Auswiichsen der harten Hornhaut und dor Schàdelknochen. Heidelberg 1831. Fol.

Les nodosités et les tophus de l'orbite, lorsqu'ils sont situés de manière à pouvoir être examinés avec le doigt, se

présentent sous forme de tumeurs circonscrites, assez dures, le pins souvent un peu sensibles au toucher, et par dessus lesquelles la peau est toujours saine. — Si elles sont situées profondément dans l'orbite, le diagnostic est toujours douteux et on ne peut, en quelque sorte, les soupçonner que par les accidents qu'ils produisent en comprimant l'œil et par des symptômes de dyscrasie générale, avec laquelle elles sont en rapport de causalité. — Elles tiennent fréquemment à quelqu'affection syphilitique ou goutteuse ; dans le premier cas, elles sont ordinairement accompagnées de violentes douleurs ostéocopes ; dans le second, les souffrances s'aggravent selon les variations atmosphériques et en général toutes les circonstances qui peuvent engendrer et exaspérer la goutte. Un traitement vigoureux employé contre l'affectio-n générale, la méthode par la faim et par les frictions, la décoction de Zittmann etc.; l'emploi d'anti-goutteux énérgiques, les dérivatifs sur la peau; les frictions d'onguent gris avec opium, l'onguent d'iode, l'application d'emplâtres de ciguë avec l'opium, des vésicatoires répétés dans le voisinage de l'œil, parviennent quelquefois à résoudre ces tumeurs , et par là , la position normale du globe de l'œil ainsi que ses fonctions peuvent être rétabjies. — Si la résolution ne s'opère pas, ou bien lorsque les tumeurs sont abandonnées à elles mêmes, elles peuvent passer à l'ulcération et à la carie.

Les exosloses dans l'orbite se présentent comme des tumeurs dures, denses, qui se développent lentement et sont eu relation avec des causes générales de dyscrasie, ou sont proiluites par des violences extérieures. Très rarement il sera possible d'en arrêter les progrès à l'aide d'un traitement appropié à l'affection générale, encore moins parviendra-t-on à les faire rétrograder. — Dans les exostoses idiopathiques , toute espèce de traitement sera inutile, à moins que leur siège ne permette de les emporter, et à cet effet on emploiera plutôt l;i gouge et la scie que de chercher à détruire le périoste qui enveloppe ces tumeurs, ou de mettre en usage les corrosifs dont l'action est toujours plus douloureuse et peu sûre.

Des désordres les plus graves peuvent en résulter, et en général on ne doit y recourir que lorsque l'extirpation n'est pas praticable.

Brassant (Mémoires de l'académie de chirurgie. Vol. V, p. 171) cautérisa une exostose de la grandeur d'un œuf qui pressa le globe <Iq l'œil de côté et le poussa hors de l'orbite, en sorte qu'il se trouvait pour ainsi dire couché sur la joue. Après un traitement de trois à quatre mois, une partie considérable de l'os tuméfié s'exfolia, l'œil reprit sa position normale et une guérison complète s'en suivit.

Lucas (Edinburgh médical and surgical Journal. 1805. Vol. I, p. 405) décrit une exostose d'un pouce de diamètre vertical et d'un pouce et demi de diamètre transverse, qui s'était développée au côté interne de l'orbite à la suite d'un coup donné par la corne d'une vache, et remplissait lapins grande partie de la cavité orbitaire. En mettant à nu à travers la paupière supérieure la tumeur, on la trouva formée de substance osseuse fortement adhérente; la plaie ne guérit pas et plus tard l'exostose se caria. Après avoir agrandi l'ouverture on chercha à extraire la tumeur avec une pince, mais on n'y parvint pas ; ce ne fut qu'au bout de quelques jours qu'on y réussit sans beaucoup d'efforts; la masse osseuse pesait une once deux gros, avait un pouce et demi de longueur et 2| de circonférence. 11 n'y eut point d'hémorragie. La cavité d'où avait été extraite cette masse osseuse se montra tapissée d'une forte membrane ; elle était lisse en haut et en dedans, un peu rude de côté du bulbe, mais nulle part il n'existait de perforation ou de communication avec les parties environnantes, point d'adhérences avec les os. — 11 resta une fistule de deux pouces de profondeur avec un orifice 'étroit , suintant très peu. Le globe de l'œil reprit sa position normale et la vue se rétablit complètement.

Schott (Controverse ùber die Nerven des Nabelstranges u s. w. Frankfurt 1836. Anhang) rapporte le cas d'un jeuue homme de vingt ans, fort, chez lequel le globe de l'œil était entièrement poussé en dehors et en haut par une exostose, qui remplissait au cinq sixièmes l'orbite d'a/ant en arrière, on creusa une nouvelle orbite avec la gouge et le maillet, avec le trépan et le. ciseau, et le globe de l'œil fut reporté dans la cavité fraîchement entaillée , sans qu'il eut souffert ni dans sa forme, ni dans l'intégrité de ses tégumens , et il garda une direction parallèle à celle de l'œil sain, les fragmens d'os excisés pesaient 34 scrupules. Le succès fut durable.

Schon (Patlulogische Anatomie des Auges, p. 115) vit sur le cadavre d'une femme qui avait une excessive fragilité des os, une exostose à moitié formée par le bord orbitaire, du volume d'une petite misefte et située au bord inférieur de l'orbite gauche, tout près du canal nasal.

Voy. Glasgow médical Journal. Vol. I, p. 319. Une observation d'exostosl de la cavité orbitaire, qui fut découverte après l'extirpation le globe de l'œil

HowsHÏP (practical observations an Surgery and morbid Anatomy. London 1816, p. 26) et Baijxik (Senics of Engravings etc. Fasc X. pl. 1)

observèrent un épaississement génial des os de l'orbite. Dans le cas rapporté par ce dernier, une masse semblable ;i de l'ivoire remplissait toute la cavité orbitaire , elle fut regardée comme une transformation du globe de l'œil en substance osseuse.

Il est surprenant que Sciion et Bkck aient pu prendre pour des çxostoses de l'orbite, les observations rapportées par Petit, Astruc et Du vki'.gik. Dans le cas de Petit (œuvres complètes. Paris 1837, p. 231) il y avait sarcome de l'orbite avec trois bydatides ; dans celui d'Asrnuc (Traité des tumeurs et des ulcères. Montpellier 1759) c'était un ostéosarconie, car la tumeur était semblable à du vieux fromage de Hollande, vers le cerveau elle était moins solide et moins blanche et paraissait avoir la couleur et la consistance du tissu glanduleux. Dans le cas de Deverc-ik (revue médicale. 1825. Aôut, p. 320) il s'agit du crâne d'un vétéran (mort d'affection du cœur), chez lequel on trouva un épaississement considérable de toute la partie antérieure des os frontaux et éthmoidaux et en partie du corps du sphénoïde. La crête formée par la laine interne du sinus frontal et l'apophyse crista galli pressèrent le lobe antérieur du cerveau , comprimèrent le nerf optique et cependant il n'y avait pas eu de dérangement de fonction pendant la vie.

Les tumeurs ostéo - stèatomateuses et sarcomateuses dans l'orbite pouvant se développer à la suite de tophus ou se former d'une manière idiopathique ne pourront guères être opérées avec succès, ou soumises h quelqu'autre traitement efficace, tant à cause de leur volume, de leur siège et d'autres circonstances, que pareeque ces dégénéreences doivent être regardées comme consitutionnelles et de mauvaise nature. On doit rapprocher ici mes observations citées cidessus ainsi que celles de Petit, Astruc, A. Cooper, Crampton 2) et autres.

') Surgical Essays.

'0 Dublin Hospital Reports. Vol. IV, p. 554.

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