‹ Traité pratique d'ophthalmologie [electronic resource]Chapitre 8 sur 34 · BOA · texte numérisé non relu

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avancer dans la chambre antérieure assez avant vers l'angle interne de l'œil, pour qu'en le retirant on incise l'iris horizontalement dans une étendue de deux tiers de son diamètre.

L'iridotomie est donc principalement indiquée, quand le cristallin a été enlevé de l'œil ou déplacé de l'axe visuel, quand l'iris est sain à sa grande circonférence et convenablement tendu (ce que l'on observe surtout dans les cas d'occlusion de la pupille après l'extraction de la cataracte, lorsque l'iris est en même temps adhérent à quelque point de la cornée), — et enfin quand la pupille est fermée par la membrane puplllaire encore existante *).

*) Dans ce cas, Jïingken (Augenoperationen. S. 637) propose, après avoir fait une instillation préalable d'extrait de belladonne, d'introduire une aiguille à cataracte droite à double tranchant à une demi -ligne au dessous du centre de la cornée, de conduire la pointe de l'aiguille vers la membrane pupillaire, d'érailler celle-ci et de faire une incision cruciale en promenant très - légèrement sur la membrane la pointe de l'aiguille, afin de ne pas blesser la capsule cristalline.

L'iridectomie a toujours le grand avantage, si pour son exécution il y a suffisamment d'espace, de produire en général l'ouverture la plus étendue et la moins exposée à la réocclusion. Quelque violente que paraisse cette opération, l'expérience démontre que les accidents inflammatoires ne sont eu général que peu graves, eu ce que l'iris supporte plus facilement des plaies par incision que des contusions et des déchirures. Le procédé indiqué par Beer pour l'iridectomie est le plus simple et le plus utile.

Liridectomie est indiquée: 1) lorsqu'avec l'étroitesse de la pupille il existe un cristallin intact, et que la cornée est transparente à un degré convenable pour permettre l'excision. 2) Lorsqu'avec l'étroitesse de la pupille, suite d'opération de cataracte, l'exsudation ne s'étend pas au delà du petit cercle de l'iris et n'est accompagnée d'aucun obscurcissement de la

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capsule restée en place, ce qu'on reconnaît a nu changement de couleur à l'iris, et à une perception moins distincte de la lumière.

Par le décollement de l'iris d avec le ligament ciliaire, on n'empêche sûrement la membrane de revenir à sa position première que lorsqu'après son décollement elle a été enclavée dans la plaie de la cornée ou lorsqu'elle a été excisée. C'est pour cette raison que tous les procédés opératoires de décollement sans enclavement ni excision ne sont pas sûrs et doivent être rejetés. — Parmi toutes les manières de pratiquer l'enclavement de l'iris dans la plaie de la cornée , nous donnons la préférence à l'emploi du petit crochet simple qu'on introduit à plat à travers la cornée jusqu'à l'endroit où l'on se propose d'opérer le décollement, la pointe sera dirigée vers l'iris, enfoncée dans cette membrane, puis, le crochet tourné de manière à faire regarder sa pointe en haut, sera retiré entre les bords de la plaie de la cornée , le manche de l'instrument sera soulevé et le crochet sera retiré en faisant glisser sa convexité sur l'angle inférieur de la plaie. De cette manièi'e, le crochet sera conduit avec sûreté, on n'aura pas à craindre de rester accroché, ni de rencontrer d'autre difficulté en le retirant. Les divers coréoncions simples ne présentent point d'avantage sur le petit crochet ordinaire; ils sont plus difficiles à manier, et dans les cas où l'iris est encore assez résistant, le petit crochet simple le décollera aussi facilement que ces instruments compliqués. Mais lorsque l'iris est mou et boursoufflé, le crochet simple opère des déchirures ainsi que tout autre instrument compliqué. Dans ces cas, on se sert avec avantage d'une pince fine, dentée et un peu recourbée, qu'on introduit à travers la plaie de la cornée. On n'a pas «à redouter d'accidents particuliers, tels que l'étranglement de l'iris, enclavé ou l'action de l'air etc. sur cet organe. On peut tout aussi bien exciser la portion d'iris tirée au dehors, que la laisser enclavée. Dans tous les cas, il faut faire l'un ou l'autre pour obtenir une ouverture suffisament grande et pour empêcher l'iris de se retracter. 11 faut rejeter la combinaison de l'iridodialysie avec l'incision de l'iris (Donec.ana),

de même que tous les procédés dans lesquels on décolle l'iris en pénétrant par la chambre postérieure.

Les crochets dont on st> sert communément ont l'inconvénient d'être trop petits et d'avoir la pointe trop dirigée en dedans. — C'est pourquoi je me sers d'un crochet qui sans être tropipetit est fin, et dont la courbure vers le pointe ressemble à un hameçon.

L'iridodialysïe est indiquée: 1) lorsqu'après une opération de cataracte la pupille est fermée et que l'exsudation s'étend au loin par dessus le petit cercle de l'iris vers le bord ciliaire, ce qu'on peut reconnaître à un changement de couleur à l'iris et à la perception plus faible de la lumière. 2) Lorsque la cataracte est complètement adhérente à la face postérieure de l'iris dans les cas de resserrement de la pupille par cataracte dite purulente ou sanguine. 3) Lorsque la cornée est devenue opaque dans une si grande étendue qu'il ne reste plus qu'une petite portion transparente et qu'on ne peut l'ouvrir suffisamment pour opérer l'excision de l'iris.

La traction de la pupille par tiraillement du bord pupillaire et par son enclavement dans la plaie de la cornée (Adams, Himly , Embden), ne sera probablement exécutable que dans le plus petit nombre de cas; — en ce que la pupille ainsi tiraillée sera facilement déformée, tendue et par là rétcécie. Il est toujours plus convenable de saisir avec un crochet le bord libre de ♦l'iris après avoir incisé préalablement la cornée, de l'attirer dans la plaie de cette dernière et de le couper en sorte que l'ouverture artificielle corresponde à l'ouverture naturelle.

Dans tous les procédés opératoires, la position du chirurgien et du malade est la même. Ce dernier sera assis sur une chaise un peu basse et près de la fenêtre, de sorte que la lumière tombe par dessus le nez, sur l'œil à opérer. L'opérateur assis eu fade du malade, se tient si élevé que

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la. tète de ce dernier se trouve vis à vis sa poitrine. — L'aide placé derrière le malade, fixe la tète de celui-ci contre sa poitrine ; une main sera passée sur le front, l'autre sous le menton. Avec la première, il soulèvera en même temps la paupière supérieure, et dans les cas où l'opérateur a les deux mains occupées, il abaissera avec la main placée sous le menton en même temps la paupière inférieure. Les ophthalmostates sont inutiles; si la mobilité de l'œil était trèsgrande, et si on ne parvenait pas à engager le malade à se tenir tranquille etc. il faudrait fixer le globe de l'œil avec une pince fine et dentée qu'on implanterait dans la conjonctive près du bord de la cornée ou dans une portion leucomateuse de celle-ci, ce qui doit toujours être préféré à la pique de Pamard.

Plusieurs circonstances importantes qui peuvent se présenter dans les différents procédés opératoires et les compliquer d'accidents fâcheux, méritent une attention particulière dans la formation de la pupille artificielle. Comme, dans presque tous les cas, l'iris est adossé à la cornée, on introduira et on fera avancer avec prudence dans la chambre antérieure l'instrument passé à travers la cornée ou la sclérotique, afin de ne pas blesser l'iris ou enfoncer la pointe de l'instrument dans la cornée. Dans l'iridotomie , l'incision doit toujours s'étendre aux deux tiers du diamètre de l'iris. Dans l'iridectomie, l'incision se terminera toujours exactement au bord de la cornée, afin d'éviter une cicatrice qui nuirait à la nouvelle pupille, et l'incision sera suffisamment grande pour opérer l'enclavement. Lorsqu'on attire l'iris avec le crochet et que celui-ci vient à échapper, il faut avoir recours à la pince dentée. On enlèvera toujours une portion assez considérable de l'iris, et lorsqu'il existe encore une pupille, on n'en laissera pas le bord en place. Si cela arrivait, et qu'on s'en aperçut à temps, il conviendrait d'attirer l'iris de nouveau et d'en faire l'excision. Dans l'iridodialysie, on aura soin que la ponction se fasse réellement dans la chambre antérieure, parceque sans cela on s'expose à enfoncer le crochet entre les lames de la cornée. L'absence de

tout écoulement de fluide aqueux et l'impossibilité de faire mouvoir librement le crochet donnera l'assurance positive de cet accident et on l'évitera d'autant plus sûrement que la pointe de l'instrument sera portée dans une direction moins oblique, et plus à angle droit. La plaie de la cornée peut être ou trop petite, ou trop grande. Dans le premier cas, l'introduction du crochet et plus encore sa sortie peuvent être difficiles, on ne peut pas attirer l'iris suffisamment, il peut se déchirer, il faut alors user de beaucoup de précaution ou bien agrandir un peu la plaie de la cornée. — Dans le second cas l'iris, entraîné ne s'enclave pas, il se reiire, et pour l'en empêcher, il faut en exciser la portion saillante. — En introduisant le petit crochet, il faut éviter de l'engager entre les lames de la cornée. On sera averti de cet accident par la résistance, par l'affaissement de la cornée, et par la difficulté de mouvoir le crochet. Il faudra alors retirer celui-ci avec précaution, en relevant son manche afin de ne point rester accroché avec sa pointe et de glisser sa convexité sur la plaie de la cornée. On tâchera ensuite de le réintroduire avec plus de précaution. Si l'iris se déchire au lieu de se décoller du ligament ciliaire , cela vient, ou bien de ce qu'on ne l'a pas saisi assez près de son bord ciliaire, et dans ce cas, il faut faire avancer le crochet d'avantage vers ce bord ; ou bien de ce que l'iris est trop friable (§. 145), et alors il vaut mieux le saisir avec une pince dentée.

Le traitement consécutif après l'opération de la pupille artificielle, doit être largement antiphlogistique pour prévenir l'inflammation ou l'étouffer dans son début. Le malade sera couché sur le dos, la tête élevée, dans une chambre obscure*, il se tiendra en repos et ne prendra dans le premier temps que des bouillons clairs. Suivant la constitution du sujet, on fera une saignée plus ou moins copieuse et on couvrira continuellement l'œil de compresses froides. — Dans le cas d'inflammation, on la combatra d'après les règles indiquées pour l'iritis traumatique , par des saignées générales et des applications réitérées de sangsues; pour empêcher l'exsudation de lymphe plastique et favoriser la résorption, on donnera

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le calomcl à l'inférieur, et on fera des frictions d'onguent gris. — Le sang- épanché pendant l'opération dans la chambre postérieure, est ordinairement résorbé pendant un traitement antiphlogistique convenable; mais si l'épanchement persiste plus long-temps et au de là du t;îiine de l'irritation inflammatoire, et lorsque le mercure à L'intérieur et à l'extérieur combiné avec l'emploi des dérivatifs convenables a été mis en usage, le sénéga uni au sel est le plus éfficace pour faire disparaître l'extravasation *). — L'œil s'est-il complètement remis des suites de l'opération, il ne faut l'habituer qu'avec lenteur et prudence à l'impression de la lumière. Si en même temps qu'on a pratiqué la pupille artificielle, on a fait l'extraction du cristallin, ou si celui-ci était déjà extrait avant l'opération , on fera porter à l'opéré des lunettes à cataracte. Mais lorsqu'il existe une catai-acte au fond de la pupille nouvelle, il faudra plus tard l'éloigner d'une manière convenable, lorsqu'on n'ouvre plus espérér de la voir disparaître par résorption, comme cela arrive quelquefois, lorsque la capsule cristalline aura été déchirée en même temps qu'on a opéré la pupille artificielle.

*) JPai observe un cas où un épanebement de sang suite d'iridodialysic résistait à tous les moyens et présentait au bout de trois mois le même état que quinze jours après l'opération: l'emploi de la racine de sénéga continué pendant quelques jours l'a fait complètement disparaître (Heidclberg. klinische Annalen. Bd. II. S. 242).

De la formation de la pupille artificielle clans la

sclérotique.

La formation de la pupille artificielle dans la sclérotique tScleroticectomie d'après Schreger; Chorioideclomie d'après Moesner; Sclerectomie d'après d'Ammon), a été proposée en premier lieu par d'Autenrieth pour les cas où la coince et l'iris sont dégénérés totalement et d'une manière irréinédiable, tandisque les autres tissus de l'œil, à l'exception peut

être du cristallin et de sa capsule, sont restés dans leur état d'intégrité, et lorsqu'il est impossible de procurer une entrée à la lumière par quelqu'autre procédé. d'Autenrieth a cherché à démontrer, par des expériences faites sur les animaux qui ont été assez heureuses, la possibilité de cette opération. 11 jésuite de ses travaux, qu'une ouverture pratiquée à la sclérotique, à la choroïde et à la rétine, tout en conservant la conjonctive, se trouve bientôt fermée par une membrane particulière recouverte de la conjonctive, mince et transparente et assez apte à livrer passage aux rayons lumineux. De Gaertner2) répéta ces expériences sur les animaux en cherchant à former une ouverture ronde tout en conservant la conjonctive. Riecke 3) se conduisit de la même manière dans ses expériences sur les animaux et dans quelques opérations sur l'homme. Beer 4), Himly 5), Guthrie 6), Mùller 7) , Ullmann 8) , d'Ammon 9) et Hùter 1 °) essayèrent cette opération sur l'homme. Mais c'est surtout Stilling 1 x) qui dans ces derniers temps a fait sur des yeux d'animaux des essais nombreux et soigneux dont le résultat est trèsimportant à connaître pour juger de la possibilité du succès de cette opération. Il a vu que la conjonctive conservée dans l'intention de recouvrir l'ouverture faite à la sclérotique et aux autres membranes, s'épaissit toujours et nuit à la transparence de la pellicule mince qui se forme dans l'ouverture artificielle. Fondé sur ses expériences, Stilling propose d'enlever la conjonctive en même temps que les autres membranes, et de former une pupille en retranchant un morceau de la sclérotique de la cornée et de la partie correspondante du corps ciliaire.

') L. Schmid (Pracs. J. A. F. de Autenrieth) Diss. de pupilla arfifi ciali in sclcrotica aperienda et de gravi morbillorum epidemia Gomaringensi. Tubing. 1814. — D'Autenrieth divisa la conjonctive près du bord de la cornée avec le couteau à cataracte par une incision verticale, déplaça la conjonctive et excisa à l'aide d'une pince et de ciseaux un lambeau plus ou moins grand de la sclérotique dénudée et de la choroïde et rétine sousjaccntes. Pour former une pupille ronde, d'Autenrieth a proposé, après avoir fait une incision verticale dans la conjonctive et l'avoir déplacée, d'exciscr un morceau rond au moyen d'un instrument en forme de Tféphine.

'-) De Gaertner (J. S. Weekr, Dissertât, sist. observationes quasdnm

in cftrctodialysin et pupillam in sclerotira apoi iendam. Tubing, 1817) divisa la conjonctive comme d'Autknkieth, et à l'aide d'une ponction faite dans la cornée avec un couteau a cataracte comme pour l'extraction du cristallin, forma au dépens de la sclérotique dénudée et des autres membranes de l'œil, un lambeau semilunairé dirigé en bas, en coupa la base, pratiqua ainsi une ouverture ronde à toutes les membranes de l'œil et recouvrit cette dernière avec la conjonctive.

3) Riecke (Th. St. Moesner, praesid. L. S. Riecke, Diss. de conformatione pupillae artificialis. Tubing. 1823) divisa la conjonctive avec des ciseaux fins coudés , pratiqua l'excision des membranes de l'œil comme de Gaertner, et fixa la conjonctive au moyen de la suture entrecoupée sur la lèvre opposée de la plaie. — Moesner afin de pratiquer plus facilement l'excision de la sclérotique et des autres membranes, proposa un couteau fortement recourbé sur le plat.

4) Weber, loc. cit. p. 24.

5) Moesner, loc. cit. p. 23. — Jïingken, Lebre von den Augenopera* tionen. S. 624.

r') Treatise an the formation of an artilicial pupil. London 1819. p. 203.

7) In Rust's Magazin, Bd. XVÏ. S. 471. — Wutzer in v. Ammon's Zeitscbrift fur Opbtbalmologie. Bd. I. H. 4. S. 486. — Mïu-leR divisa la conjonctive, la sépara de la sclérotique, fit une incision verticale à travers la sclérotique et les autres membranes de l'œil et en saissisant une des lèvres de la plaie avec une pince, il excisa dessous la conjonctive un lambeau triangulaire.

s) v. Ammon's Zeitscbrift fur Opbtbalmologie. Bd. II. S. 123. Uixmann fit sans résection préalable de la conjonctive une ponction à travers celle-ci et les autres membranes avec un couteau à cataracte, conduisit ensuite l'instrument en bas jusqu'à ce que l'incision eut atteint la longueur d'une ligne, ramena de nouveau le couteau dans l'angle supérieur de la plaie et pratiqua une seconde incision divergente de la première et de la même longueur; il forma ainsi un lambeau triangulaire qu'il saisit avec des pinces et excisa avec des ciseaux.

9) d'Ammon (loc. cit. Bd. I. S. 169) décolla de la conjonctive un lambeau en fer à cheval, forma avec un couteau courbe sur le plat (Sclerotome) un lambeau à la sclérotique et aux autres membranes de l'œil et l'excisa avec des ciseaux.

,0) Stiixing, die kû'nstliebe Pupillenbildung irt der Sclerotica. INebst einem Anbang iïber die Verpflanzung der Hornhaut (Keratoplaslik) Marburg 1833. S 87. — Hûter décolla de la sclérotique la conjonctive verticale mentincisée, fit une section à la première et aux autres membranes de l'œil avec un couteau à cataracte , saisit l'une des lèvres de la plaie et enleva à l'aide de deux coups do ciseaux un lambeau triangulaire.

1 ') Loc. citât. — Les essais de Blncer, de Hïhkr et de Stilljno

consistent a exciser, après avoir fuit préalablement <u ou 2.1 lignes du bord de la cornée) une ponction verticale de 2 à 2.1 lignes de long à travers toutes les membranes de l'œil, un lambeau quadrilatère aux dépens de toutes ces membranes à l'aide de troia coups de ciseaux convenablement donnés. De même aussi, pour pratiquer la nouvelle pupille à la fois à la cornée et à la sclérotique, on doit enlever un lambeau quadrangulaire de 2 à 2.J lignes à l'endroit où le diamètre transverse de l'œil coupe le bord externe de la cornée: on se servira d'abord d'un couteau à cataracte pour faire la ponction et on terminera par trois coups de ciseaux qui intéresseront à la fois la conjonctive, la sclérotique, la eboroide, la rétine, la cornée, l'iris et le corps ciliaire. Un instrument composé de trois lames a été proposé a cet effet. Voy. Stiixing, loc. cit. fig. 18.

Pour ce qui regarde la valeur de la formation de la pupille artificielle dans la sclérotique, les résultats des expériences sur les animaux et des opérations tentées sur l'homme n'ont été guères favorables jusqu'à ce jour pour en espérer quelqu'avantage , pareeque la membrane qui ferme l'ouverture de la sclérotique s'obscurcit, qu'elle soit formée par la conjonctive décollée, ou qu'elle soit le produit d'une exsudation plastique, ou bien encore l'ouverture s'oblitère peu à peu par adhérence de ses bords, et la vue améliorée immédiatement après l'opération (Ullmann) se perd de nouveau (Rieckk Bef.r, Himly, Mûller, Hùter, Ullmànn); ou enfin il ne reste qu'un peu d'augmentation dans la sensibilité à la lumière ou dans la perception de ce fluide. Mais les cas dans lesquels cette opération peut être reclamée, étant de ceux où de pauvres aveugles sont obligés de vivre dans une nuit continuelle, et où ce serait déjà un grand avantage s'ils pouvaient percevoir les rayons du soleil, la lumière artificielle et même le contour de grands objets, cette opération serait encore à proposer, d'autant plus que l'expérience a démontré que l'excision d'une portion de sclérotique ne produit presque jamais d'accidents inflammatoires bien «-raves.

Comp. d'Ammon et Stilling loc. citât.

Chcltdi. Oplithalmologt», Vol. n.

lit

Do la transplantation de la cornée.

Il faut rapprocher île la formation de la pupille artificielle dans la sclérotique, les essais de transplantation de la cornée (Kèraloplastique') , qui ont été tentés dans l'intention de procurer une entrée à la lumière dans les cas où lai cornée est devenue complètement opaque par des leucomes épais ou des dégénérescences staphyloinateuses , mais où li; rétablissement de la faculté de voir peut encore être espéra d'après les autres dispositions de l'œil, sa forme, son élasticité et par la distinction nette du jour et de la nuit. Il faut aussi en rapprocher les essais qui ont été tentés pour la transplantation de la cornée dans la pupille pratiquée à la sclérotique. — Moesner *) le premier fit sur les animaux des essais qui, quoique pratiqués au dire de l'auteur avec les plus grands soins, Font conduit à ce résultat que la cornée comj plètement- séparée ne contracte point adhérence avec l'œil dont elle a été détachée, encore moins avec un œil étranger. Les recherches de Reisinger 2) qui ont été faites sur des lapins, à peu près à la même époque, ont néanmoins démontré la possibilité de faire adhérer une cornée complètement séparés et de nouveau reappliquée sur l'œil. La cornée quoique trouble au commencement, serait redevenue diaphane dans quelques endroits, au point qu'on pouvait facilement distingue! sous elle l'iris intact. D'après Stilling3), Himly au ait opéré la transplantation d'une cornée sur la base de celle d'un autre œil, et l'aurait vu contracter adhérence ; cependant cette cornée serait devenue complètement opaque au bout de '.» à 4 semaines. — Dieffenbach 4) n'a vu dans aucun cas où il a essayé la transplantation sur des animaux, m' former une adhérence, et il regarde même la transplantation de la cornée de cette manière comme très - douteuse. Il en trouve le motif, non dans le tissu de la cornée qu'on croit devoir perdre sa vitalité aussitôt qu'elle est séparée de sa base, ou u'avoir point de disposition à se réunir, mais le

motif principal consiste dans le suintement de l'humeur aqueuse. Pour ce motif, Dieffenba.ch propose de tenter, un autre procédé opératoire par lequel la cornée transplantée ne serait pas exposée à l'influence de l'humeur aqueuse: à cet effet, on doit poser une cornée sur une autre sans ouvrir la chambre antérieure, et lorsqu'au bout d'un temps plus ou moins long l'adhésion est complètement opérée , il faut pratiquer une nouvelle incision à travers laquelle on extrairait l'ancienne cornée opaque, comme on excise une portion d'iris!? — Thomé 5) est arrivé par de nombreuses recherches sur les animaux, à ce résultat que la cornée contracte adhérence non seulement chez des animaux de même espèce, mais encore lorqu'elle se trouve transplantée de l'œil d'un animal d'une espèce, sur un animal d'une autre espèce, et même qu'une cornée d'un animal bien portant peut être entée sur un œil malade et y conserver sa transparence.

') Lot. cif.

5) Baieriscbe Aimalen. 1824 Bd. I. S. 207. *) Loc. cit. p. 137.

4) Bcifrage zur Verpflaiming der Hornhaut in v. Ammon's Zoifsclmft

fin* Ophtlialmologie. Bd. I. H. 2. S. 177. ') Dî«8. de transplantationc corncac. Bftnnàe 1834. c. tab.

Quant à la transplantation de la cornée sur l'ouverture faite à la sclérotique, Wutzer i) a proposé de transplanter quelques lamelles de la cornée transparente dans l'ouverture artificielle de la sclérotique. Stilling 2), après quelques essais infructueux sur des yeux de lapins, obtint un résultat favorable, en ce que le lambeau de cornée implanté dans l'ouverture de la sclérotique contracta adhérence, et resta au bout de six mois tout aussi transparent, qu'immédiatement après l'opération, et forma une saillie au devant dé la pupille artificielle de la sclérotique, comme un morceau de verre transparent. La lymphe plastique épanchée dessous ce lambeau de cornée, et qui le séparait d'avec le corps vitré, empêchait de voir l'intérieur de l'œil à travers la pupille de Fa sclérotique.

') Loc. cit.

J) Stillino (loc. cit. p. 134) passa doux aiguilles fines légèrement courbées, armées à leur chas d'un cheveu fin, l'une .'t travers le segment supérieur, l'autre a travers le segment inférieur de la cornée; il pénétra avec l'aiguille tout près du bord externe de la cornée vis il vis le point où il était entré. Les aiguilles furent laissées dans la cornée pour empêcher autant que possible l'écoulement de l'humeur aqueuse, puis entre les quatre points d'entrée et de sortie des aiguilles, l'opérateur excisa un lambeau ovalaire de la cornée, traversa la chambre antérieure et ressortit vers le bord interne de la cornée, en faisant une première incision de dehors en dedans avec un couteau fin, et une seconde en se servant de ciseaux. La portion de cornée excisée a ensuite été taillée autant que possible de même forme et de même dimension que la pupille artificielle de la sclérotique, et fixée, moyennant un point de suture pratiqué avec un cheveu dont on coupa les bouts tout près du nœud, à l'un des angles de la plaie de la sclérotique. Le lambeau transplanté s'appliquait juste, pouvait être complètement couvert par la paupière supérieure et n'était nullement dérangé par les mouvements du globe de l'œil. — Les jours suivants il s'était formé une légère rougeur inflammatoire autour de la pupille artificielle de la sclérotique. Dessous la portion de cornée transplantée s'était épanché de la lymphe plastique et le lambeau de cornée devint très-légèrement opalin. An bout de quatre semaines, le lambeau de la cornée était partout complètement adhérent et n'était pas plus changé dans sa transparence que peu de jours après l'opération , le cheveu se trouvait encore en place, il n'y avait pas le moindre vestige d'inflammation ou de suppuration en dedans ou autour du point de suture, l'anse de cheveu fut enlevée, le lambeau de cornée fut trouvé complètement adhérent au bord de la conjonctive et de la sclérotique, se trouva comme un morceau de verre tout à fait transparent et saillant sur la pupille artificielle de la sclérotique et se conserva ainsi des année» entières. La lymphe plastique épanchée sous ce lambeau empêcha de voir dans l'intérieur de l'œil à travers la pupille artificielle de la sclérotique.

Quant au jugement que nous devons porter sur la transplantation de la cornée, nous ne pouvons que répéter ce que nous avons dit à ce sujet sur la formation de la pupille dans la sclérotique (§. 152). Les circonstances sont encore plus fâcheuses, et on ne peut guère espérer un succès favorable, même en se renfermant dans les limites indiquées pour la pupille dans la sclérotique. Ce qui n ote rien aux mérites des recherches pénibles et des essais qui out été tentés à

é*e sujet'; nous devons les accepter avec des remerciements et souhaiter leur continuation, car la transplantation de la cornée exécutée avec succès serait en vérité à regarder comme le plus grand triomphe de la chirurgie autoplastique. — On ne doit pourtant pas méconnaître que les essais faits à ce sujet sur des aninfaux ne pourraient trouver qu'une applications très-restreinte sur l'œil humain. Car ici la nature des parties changées par des maladies, la difficulté d'une juste application d'une cornée prise sur un animal, une réaction traumatique plus vive, en rendent sous tous les rapports le succès plus chanceux, outre les accidents graves et la perte complète de l'œil, lorsque celui-ci vient à se vider ou à s'enflammer; ce qui arrive très-facilement*).

*) SchôNj dirige Worte ùber (lie Keratûplastilf, in Rust's Magazin.

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