‹ Traité pratique d'ophthalmoscopie et d'optometrie [electronic resource]Chapitre 28 sur 89 · DÉCOLLEMENT DE LA RÉTINE · texte numérisé non relu

DÉCOLLEMENT DE LA RÉTINE

tiiictement. Ces troubles gênent peu, parce qu'ils siègent au-dessus de la vision directe, mais ils sont permanents : les mouvements du globe provoquent de petites oscillations, dont on a conscience, des sensations lumineuses. Ces premiers accidents grandissent progressivement sans changer de caractères , ils finissent par altérer la vue et par se confondre avec les signes habituels du décollement confirmé.

Mais le plus souvent l'apparition du décollement n'est précédée d'aucun signe prémonitoire. Le malade tout à coup, fréquemment le matin au réveil, s'aperçoit avec terreur que sa vue est confuse; un nuage de teinte grise, jaune ou rouge, voile une partie du champ visuel.

Ce nuage paraît coloré lorsque le globe oculaire est comprimé, par la contraction des paupières, par exemple, ou bien lorsqu'il subit des déplacements: certains malades le comparent à une fumée épaisse traversée par des rayons solaires. Cette perception entoptique est due, dans le premier cas cà la compression exercée sur la rétine décollée, dans le second aux ébranlements qu'elle subit aux moindres mouvements. Les troubles de la vision subissent de grandes variations quotidiennes ; habituellement ils sont moins intenses le matin. On ne peut l'attribuer à l'état de l'éclairage, puisque le soir, dans des conditions fort semblables, est le moment où l'on y voit le moins. Cette différence provient, ou bien de ce que l'épanchement diminue sous l'influence du repos, ou plus vraisemblablement de ce que le corps vitré, renferme des corps flottants moins gênants au réveil, comme on le sait.

Par le fait du décollement, le malade ne voit plus qu'une partie des objets, l'autre reste dans une ombre épaisse, comme si el e était couverte d'un écran. Dans l'immense majorité des cas la partie distincte est située en bas, la partie sombre, en haut. Le malade fixe-t-il son regard sur une personne, il voit assez bien les pieds et les jambes, mais la tête et le tronc paraissent tout a tai voilés. Aussi prend-il promptement l'habitude de porter fortement la tête en arrière, pour voir directement devant lui.

Les deux parties du champ visuel sont séparées par une i.^ne de transition très-précieuse pour le diagnostic. Celte^ ligne e a peu près horizontale, quoique relevée ^Tn^rbHséo" Lilés d'une façon très-variable. Elle paraît ondulée, ^o^^"^^ ^ ; elle change incessamment de forme et de niveau ^^^^^^^ mouvements du globe. Pour la voir aussi nettement que possible, il

OPIITIIALMOSCOPIE.

f.nt Dlacer le sujet dans un milieu bien éclairé etdiriger son regard e s un point situé au-dessous de l'horizon. Lorsque la lumière est intense, elle est remplacée par une zone de largeur variable dans laauelle les objets sont vus confusément, déformés, tordus, et môme coupés sur plusieurs points. Cette déformation des images est surtout très-marquée au moment où l'on passe d'un milieu bien éclairé dans un milieu qui l'est moins, quand par exemple venant du dehors par un beau jour, on rentre dans l'appartement. Durant quelques minutes, le malheureux patient semble plongé dans un brouillard épais à travers lequel il distingue péniblement des objets présentant la conformation la plus bizarre, la plus tourmentée. On a donné a cette perversion le nom de métamorphopsie, elle est due à l'interruption des images nettes, au niveau des limites du décollement.

L'altération du champ visuel peut être hors de proportion avec l'étendue du décollement. Cela tient, suivant Fôrster, à ce que la rétine est comme ratatinée dans le voisinage de l'altération appréciable ; celle-ci étant limitée le plus souvent à ïora serrata, c'està-dire à la région la moins sensible de la rétine, il faut bien admettre que le soulèvement de la membrane nerveuse sur un point quelconque a pour conséquence de troubler son équilibre et de changer la position et la direction de ses éléments impressionnables dans une zone qu'il est impossible de fixer. La gravité des troubles visuels est assez souvent la conséquence de la saillie même formée par la tumeur rétinienne. Le Uquide épanché étant peu transparent surtout au début du mal, les faisceaux lumineux qui le traversent sont en grande partie perdus pour la vision, et la tumeur fait ombre sur les parties saines situées derrière elle. Cette ombre est plus ou moins épaisse selon que le liquide épanché et le tissu rétinien restent plus ou moins transparents.

Dans un certain nombre de décollements anciens j'ai observé une véntable paresse de l'iris et une dilatation inégale delà pupille sous l'action de l'atropine, ce qu'il faut attribuer sans doute à un certain excès de pression intra-oculaire.

niagnostic. — La constatation du décollement rétinien est en général simple et rapide. Pour peu que l'on sache éclairer le fond de l'œil avec le miroir et que l'on ait déjà vu des altérations de ce genre, on sera très-rarement embarrassé.

L'apparition sur le fond rouge de la cboroïde d'un nuage gris bleuâtre, accidenté par quelques lignes plus claires, fluctuant, présentant à sa surface un ou plusieurs vaisseaux, est caractéristique.

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