‹ Traité pratique d'ophthalmoscopie et d'optometrie [electronic resource]Chapitre 36 sur 89 · NÉVRITE OPTIQUE ET ATROIMIIR DE LA PAPILLE · texte numérisé non relu

NÉVRITE OPTIQUE ET ATROIMIIR DE LA PAPILLE

un gris cendré. A un fort grossissement, on remarque que la surface papillaire est sillonnée de stries blanches, parallèles entre elles et dues au reflet éclatant de la lame criblée devenue visible sur toute la surface de section du nerf optique. Ces diverses nuances de la décoloration papillaire font que l'image ophthalmoscopique de l'atrophie, restreinte à l'aspect de la papille même, réclame la plus grande attention, car, dans certains cas, elle s'écarte peu de certains types physiologiques.

Au début de l'altération, la lame criblée et le point d'émergence des vaisseaux peuvent être masqués, mais la papille ne tarde pas à s'excaver; à ce moment la lame criblée devient très-apparente, le limbe scléroticî^l est vigoureusement accusé, et les vaisseaux que l'on suit assez profondément dans l'excavation ont un éclat inaccoutumé sur la surface du nerf optique. Par les progrès du mal, les contours de la papille perdent de leur régularité ; ils sont échancrés, forment une ligne sinueuse inégalement éclairée, on dirait la coupe d'une plante desséchée, et ridée profondément à sa surface, ce qui résulte, selon toute raison, du mouvement de retrait de la

gaîne du nerf. ' j-c +

Dans cette espèce d'atrophie les vaisseaux rétiniens se moditient; pendant longtemps cette modification est surtout marquée par un changement dans le rapport qui existe normalement entre le volume des artères et celui des veines. Les artères diminuent progressivement ; elles ne sont plus représentées à un certain moment que par un petit filet rouge difficile à suivre sur le fond choroidien ipl XXIII, 3). Plus tard ce petit filet, disparaît Im-memc, et il ne reste plus que quelques petites stries ^^f^^f^^^^^^^^^^^ ne dépassent guère les limites de la papille {pl. XYUi, A^- ij. i^e veines au contraire conservent longtemps leur calibre, on les dirait même plus grosses ; parfois elles sont gonflées sinueuses et pour vues de boursouflements variqueux. ^'^ - '^y^'^'^'^'^^Z l^^^^ très-long qu'elles diminuent de volume, jamais toutefoi au pmi de disparaîle complètement. Leurs ramifications s epu.ent m il reste toujours au moins deux troncs, qui correspondent aux deux

déjà p'our entraîner la cécité, 1^/— ou veineux n'est pas assez considérable pour P[^^J ^ habituellemoyens de nutrition et d'excitation, comme il arrive habituelle ment à la suite des rétino-choroïdites atrophiques.

OPHTIIALMOSCOPIE.

Dans l'atrophie papillaire les autres éléments de l'image ophthalmoscopique ne présentent rien de particulier.

L'atrophie peut être monoculaire. Elle peut même exceptionnellement n'occuper qu'une partie du nerf optique et de la papille; nous en avons déjà mentionné un exemple observé par De Grœfe. Un cas analogue que nous avons rencontré est représenté dans la fio-ure S de la planche XIII. Mais cet état est transitoire et l'atrophie finit par devenir complète.

iiigneis fonctionnels. — L'invasion du mal est signalée par une légère anesthésie rétinienne ; le malade s'aperçoit qu'il distingue moins bien les petits objets : en ce moment déjà le champ visuel est altéré, mais il importe d'apporter quelque soin à cette constatation, et surtout d'user d'un faible éclairage. Cette diminution n'est pas régulièrement concentrique, elle est plus accusée tantôt en dedans, tantôt en haut, tantôt en bas. L'angle temporal est très-rarement atteint en premier Heu, il en résulte qu'au début de l'atrophie, le champ visuel affecte le plus souvent une forme allongée dans le sens transversal : peu à peu l'insensibilité fait des progrès; le champ de la vision se rétrécit au point de ne plus mesurer que quelques degrés ; la fixation centrale elle-même est atteinte et le malade ne distingue plus que les numéros supérieurs de l'échelle ; puis la vision distincte disparaît et il ne reste plus que la perception confuse de la lumière, encore faut-il qu'elle soit intense et convenablement dirigée; enfin toute sensation s'éteint, la lumière solaire elle-même est impuissante à ranimer un reste d'activité.

Divers épisodes viennent fréquemment accidenter l'évolution fatale de l'atrophie papillaire ; il n'est pas rare au début que le malade soit troublé pas des phantasmes lumineux, des hallucinations du sens de la vue, des phénomènes transitoires de macropie ou de micropie. Le plus fréquent, on pourrait dire le plus constant, consiste en des changements dans la perception des couleurs : le rouge est vu en gris ou en noir, le vert en bleu, etc. En un mot il se développe un daltonisme pathologique analogue à celui dont il a déjà été question à propos de la rétinite : parfois les objets, vus avec leur couleur propre ont un éclat éblouissant impatiemment supporté par le malade; dans d'autres cas, sans changer de couleur, ils sont légèrement irisés en jaune ou en rose. Assez fréquemment on rencontre, au début, de la céphalalgicjde l'agitation; le sommeil est interrompu par de pénibles cauchemars. Les douleurs de tète

NÉVRITK OPTIQUE ET ATROPHIE DE I-A PAPIELE. 2fi7

ont été attribuées à la tension d'esprit qui serait habituelle aux personnes atteintes d'amblyopie en raison des efforts prolongés qu'elles font pour se rendre compte des impressions confuses et imparfaites qu'elles reçoivent du dehors. Nous trouvons à ce symptôme une raison plus physiologique: tout amblyope a besoin, pour y voir, d'images plus grandes et mieux éclairées; il est ainsi conduit à rapprocher les objets aussi près que possible, ce qui entraine nécessairement des efforts d'accommodation et là leur suite des névralgies ciliaires. Bien que l'acuité visuelle s'affaiblisse progressivement, le malade reste très-sensible à la lumière; la réverbération surtout le fatigue au point de ne pouvoir être supportée. 11 cligne de l'œil, il se protège instinctivement contre un jour trop vif avec la main disposée en abat-jour; rien de surprenant à ce que la pupille dans ces conditions reste étroite et contractée pendant toute la durée de la maladie et même longtemps après la perte de la vue.

L'hémiopie est rare dans l'atrophie progressive de la papille; toutes les fois qu'elle existe, elle fournit des renseignements précieux sur l'origine cérébrale et le siège primitif de l'altération.

siarche. — La marche de la névrite optique est très-lente, et le plus souvent la vision n'est abolie qu'après plusieurs années : l'issue fatale parait plus rapprochée lorsque le mal a débuté par un seul œil parce que le malade ne se décide habituellement à demander des conseils qu'au moment où le second est atteint.

La marche est progressive ; l'ophthalmoscope est insuffisant pour en juger, c'est à une exploration attentive du champ visuel qu il

faut avoir recours.

Traiiomon.. - La perte de la vue est la conséquence presque fatale de l'atrophie papiUaire, qu'elle qu'en soit 1 or.gmc ; c est assez dire que le traitement n'offre que des ressources bien précaires. Il peut même êire nuisible non-seulcment a 1 affec ion oculaire, mais aussi à l'anection cérébro-spinale qui en ^=^1 ' ""E'";; Le traitement anliphlosislique, les dérivatifs >«'«^''"»"; ^ f honneur à une certaine époque, n'ont d'autre ^"^^^^^^^ que de précipiter le dénomment I';? f ^ sanguines locales et notamment de la ventouse tic i Les" médications débilitantes, quelles qf ''^V» ' es cas

inconvénient; elles hâtent les progrès du mal suito it dans les ca se rattache à un foyer d'encéphalite avec r-oU.ssem ou a une dégénérescence grise des cordons postérieurs de la moell... .

OPHTHALMOSCOPIE.

Un régime tonique, réparateur, la gymnastique, l'hydrothérapie, la sudation, exercent peut-être une certaine action sur la marche de l'affection, mais sans en changer la terminaison. Un séton à la nuque, entretenu pendant un temps suffisant, peut être aussi conseillé, si le sujet est vigoureux. Le traitement spécial par le nitrate d'aro-ent ou par le phosphore sera tenté lorsque l'affection est symptomatique d'une ataxie locomotrice.

On a aussi conseillé les vésicatoires ammoniacaux au pourtour de l'orbite, les collyres au bichlorure, à l'iodure de potassium, les frictions stimulantes avec l'alcool, le baume de Fioraventi, etc. Rien de mieux que ces remèdes anodins s'ils ont pour but de soutenir le moral du malade.

Excavation pathologique de la papille.

On désigne sous ce nom un état particulier du nerf optique, caractérisé par la dépression de la totalité de la papille et le refoulement de la lame criblée jusqu'au niveau de l'anneau sclérotical et quel-

Viu/.n.o.iii/- Va^.ri.ti.rxt.

Fig. 3G. — Excavation pathologique de la papille,

A'o, nerf optique ; Vag.v.o. int., gaine interne du nerf optique ; Vaf/. n, o. e.vt., paîne externe Un nerf optique ; Fe, tissu Élastique entre les deux gaines.

quefois même jusqu'en arrière de lui. L'extrémité du nerf, au lieu d'être en saillie, est représentée par une cavité dont le fond est formé par la lame criblée et les parois, par la sclérotique, cavité remplie en partie par le corps vitré et en partie par les débris de la papille. Nous empruntons à l'atlas de Schweigger deux figures qui

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