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TABLE DK SOUSTRAO llON
DES UA1>I>()RTS OK L'ACCOMMODATION, KTC. :tO!. ARTICLE V.
Des rapports de l'accommodation avec la convergence des lignes
visuelles.
Nous nous sommes occupé jusqu'alors de l'amplitude de l'accommodation, pour un œil en particulier.
L'usage simultané des deux yeux ou, autrement dit, l'acte de vision binoculaire modifie les limites de cette amplitude. Cellesci correspondent toujours à un degré déterminé de convergence des lignes visuelles. Ainsi l'œil emmétrope avec des lignes visuelles parallèles, s'adapte pour une distance infinie; avec des lignes convergeant vers un point situé à 8 pouces, il accommode pour une distance de 8 pouces. Il existe donc, entre la convergence des lignes visuelles et l'accommodation, une connexion intime sur laquelle Porterfîeld et Jean Millier avaient déjà appelé l'attention, mais qui a été étudiée avec autant de netteté que de sagacité par Donders.
Plusieurs observateurs ont admis que ce rapport est absolu ; pour eux, un degré déterminé de convergence entraîne nécessairement un degré correspondant d'accommodation. Ils admettent seulement qu'au delà des limites de l'accommodation, il peut se produire encore un certain mouvement de convergence.
Volkmann le premier a montré que, même dans les limite du parcours de l'accommodation, il n'existe point de corrélation absolue entre ces deux fonctions. Donders, pour la même démonstration, a imaginé un certain nombre d'expériences simples qui permettent, en outre, de déterminer le degré d'indépendance de chacune d'elles. Ces expériences ont été faites soit avec des verres convexes ou concaves, soit avec des verres prismatiques faibles, de la façon suivante. On fixe un objet situé à une distance déterminée, avec les yeux d'abord nus, puis armés d'un verre sphérique faible, et on s'assure que la vision dans les deux cas reste nette, ce qui prouve que, sans changement de convergence, l'accommodation peut se modifier. Et de môme, en plaçant un prisme taible devant l'un des yeux, que la base soit tournée en dedans ou en dehors, on ne trouble pas la vision binoculaire, ce qui prouve incontestablement que la convergence peut varier sans moditier l'accommodation.
. Ces expériences démontrent qu'il n'existe pas de dépendance ab-
Ol'rOMlîTKIlî.
"" , ,„„™.nce et l'accommodation. On peut même, pai-
.olue entre la <^°"J '«^"^''il'jVment les deux fonctions. Leur étroite rexercice. d'^»» "^^'J ""^^ énéral, nous faisons simullané- "°"t't°Vrrde eon er;;„ee'et d'accommodation. 11 s'établit l'«e ice u"e association involontaire entre ces deux amsi, P^.'f"™'"'. „,,:„„„uene s'est pas exercé à soumettre ,e,es ''-''- ^,4"^^':r ™ ort accommode-t.il plus taeile.nent rn^"- " rande distance lorsque les lignes visuelles „t p ral èles, et de même obtient-il mieux le plus grand eDort d'accommodation lorsqu'elles sont au maximum de convergence.
Dan^Tes rapports avec la convergence, l'amphlude de 1 accommodation LJ des modifications qui ont été rattachées par Donflprs aux trois états suivants:
VAmpUtude accommodation absolue dans aquelle e^^^nctum remotum est déterminé avec les lignes visuelles parallèles ou même divergentes, et le punctum proximum, avec les lignes le plus Tuver^entef possible. Le punctum proximum ..i à^n. ces condiions m^oins rapproché que le point de convergence ; ce qu. donne, en raison de 1 association des deux fonctions, la plus grande étendue d'accommodation qu'on puisse atteindre.
T Amplitude d^ accommodation binoculaire. on ne rend pas la convergence plus forte qu'il ne le faut pour la fixation du point pour lequel on accommode. On n'atteint pas alors le même degré
d'accommodation que dans le premier cas.
3° Amplitude d'accommodation relative. - On désigne ainsi l'amplitude qui existe pour un degré donné de convergence ^des lignes visuelles. Elle a pour limite le point où l'accommoda i devient indépendante de la convergence. Dans un certain parcouis le pouvoir relatif de l'accommodation augmente avec la convergence ; mais au delà de cette limite, loin d'augmenter il diminue jusqu'à ce qu'il devienne égal à zéro pour le maximum de conver-
Il importe de faire observer que le pouvoir relatif d'accommodation comprend deux parties que Donders appelle, 1 une positive, et l'autre négative. La première indique le degré cl accommodation que l'œil peut atteindre pour voir le plus près possible ; la seconde, le degré d'accommodation mis en jeu, pour voir le plus loin possible à partir du point de conveigence. Ainsi un œil emmétrope sous une convergence de U , qui correspond à une distance de 12 pouces, accommode, dans la vi-
1)K I/KVALUATIO.N J)i: l»OUVOIH D'ACœM.MOIJATIO.N. 311 sioli normale, pour cotto dislance de 12 pouces. La convergence restant la même, l'accommodation peut se faire avec une tension plus considérable, soit 5 pouces par exemple, comme aussi elle peut reculer la limite de la vision distincte jusqu'à 70 on 76 pouces.
L'adaptation dans ces deux sens, dont le premier représente la partie positive, et le second la partie négative, est un fait incontestable. En visant avec les deux yeux un objet situé à une distance de 12 pouces, on peut s'assurer que l'interposition d'un verre positif ou négatif approprié, lequel augmente ou diminue nécessairement l'accommodation mise enjeu, n'empêche pas la vision nette.
De l'évaluation du pouvoir d'accommodation.
Le pouvoir d'accommodation a pour effet de faire voir nettement à toutes les distances comprises entre le punctwn remotum (r) et le punctum proximum (p).
Si l'on compare un œil emmétrope qui peut accommoder pour tout objet situé entre l'infini et une distance de quelques pouces, 6 pouces par exemple, et un œil fortement myope qui ne peut adapter que pour des objets, distants de 6 pouces au plus et de 3 pouces au moins, il semble au premier abord que ce dernier ait un pouvoir d'accommodation bien plus restreint que le premier. Mais si l'on place devant cet œil myope une lentille concave de 6 pouces de foyer, qui lui permet de voir distinctement à l'infini, on constate que cet œil armé du verre correcteur, peut, aussi bien que l'œil emmétrope, accommoder depuis l'infini jusqu'à une distance de i\ pouces, etqu'il possède par conséquent une amplitude d'accommodation tout aussi grande. On doit en conclure que, pour évaluer comparativement l'amplitude d'accommodation de deux yeux ayant des portées visuelles différentes, il ne suffit pas de connaître la distance de lenv punctum remotum h.\c\\y punctum proximum. Il faut, au préalable, les concevoir ramenés au même état de réfringence par l'addition d'un verre correcteur approprié, s'il y a lieu.
De cette façon, quel que soit l'état de la réfraction dans l'œil observé, le punctum remotum sera toujours placé à 1 infini.
Quant au punctum proximum^ sa situation n'a pas toujours cle
OPTOMÉTHII::.
Iluée de la même façon . D'après Donders, elle serait à 3 ou 4 pouun ieune homme de quinze ans, la limite rapprochée de ™:dX ahsolue fut trouvée par lui à 3 69 pouces, et chez l même sujet, la limite de l'accommodation hinoculaire, a 3,9 pouces. Mait il est bien peu d'yeux capables de lire un caractère un neu fin à cette distance. Ils se fatiguent trcs-vite. Ce qui était net devient trouble, parce que l'effort d'accommodation ne peut se soutenir à ce degré. Pour ce motif, la plupart des auteurs ont place celte limite à 8 pouces. Donders fait observer, non sans raison, qu a cette distance quelques personnes se plaignent de ne pouvoir hre un caractère un peu fin à la lumière d'une bougie ; pour lui. une telle limite témoigne déjà d'un commencement de presbytie. Pour concilier ces deux opinions, on s'accorde communément à fixer à une distance de 6 pouces la limite de la vision distincte rapprochée, soit pour l'œil emmétrope, soit pour l'œil amétrope corrige. A cette distance, on peut faire usage de ses yeux longtemps et sans
fatigue. . ,• w '1 ■
On peut donc établir que l'accommodation a pour limite éloignée l'infini, et pour limite rapprochée, un point situé à 6 pouces de l'œil.
Pour en exprimer la valeur et l'étendue , Donders a eu recours à la proposition suivante qui, au point de vue de l'optique, offre les caractères de l'évidence. Le pouvoir d'accommoder se justifie par des changements de courbure appropriés du cristallin ; c'est une lentille biconvexe, dont le foyer devient de plus en plus court, et par conséquent dont la valeur réfringente augmente. En comparant le système réfringent de l'œil à un appareil d'optique ordinaire, il est hors de doute que reff"et produit par l'accommodation peut être obtenu à l'aide d'un verre convexe: c'est ce que l'on constate chaque jour chez les opérés de cataracte. Le pouvoir d'accommodation peut donc être représenté par une lentille idéale qui, placée devant la cornée, imprimerait aux faisceaux de lumière émanés du punctum proxinmm, la direction qu'ils auraient s ils venaient du punctum remotum, c'est-à-dire les ferait passer de la divergence extrême à l'état de parallélisme. Il suffit dès lors de déterminer la longueur focale de cette lentille idéale, pour avoul'évaluation du pouvoir accommodatif lui-mcnie. Donders a résolu ce problème par la discussion fort élégante de la formule qui règle les rapports des foyers conjugués avec la distance focale principale dans une lentille. Nous ne pouvons que i^envoyer au livre spécial du
DE l/liVAl.l ATION Dl' POUVOIR D'ACCOMMODATIO.N. 3t3 ^savant observaleiii-, tout lecteur suffisamment familiarisé avec ces I théorèmes élémentaires.
Le désir de supprimer toutes les formules qui ne sont pas indispensables, nous conduit cà traduire en d'autres termes la méthode . de Donders sans nuire à la rigueur de la démonstration. Les résultais qu'elle donne peuvent être directement déduits de la définition même d'une, lentille : un corps transparent à surfaces sphériques, dont le pouvoir réfringent est en raison inverse de la longueur
focale principale.
Ce pouvoir réfringent peut donc être représenté par une iracUon dont le numérateur est l'unité, et le dénominateur, la longueur focale. S'agit-il par exemple d'exprimer la valeur R d'une lentille d'un pouce^de Paris, qui est communément parmi nous l'unité de mesure en optique, on la traduira de la façon suivante :
Si la longueur focale de la lentille est double, c'est-à-dire égale à 2 pouces, l'action réfringente est diminuée de moitié ; soit:
Si elle est six fois plus grande,' ç est-à-dire* égale à 6 pouces, il vient :
et ainsi de suite. .^„ri.,i;nn \d-
Sur cette base, il devient facile d'évaluer 1 ^jt mettons que dans un œil quelconque le puncjum P"^'"^2„ti situé à 6 pouces, on en conclut que le pouvoir d a^^»™™^»^™, égal au pouvoir réfrin^^ent d'une lentille qm ramené u p^^ lisme des rayons émanés d'un objet situé a 6 ro"'=^;. ; f ^' d'une lentille de 6 ponces. L'évaluation » I'»";^; /^^^C' 'mdonc le numéro de la lentille qui «^P'™'' ^ " t e rémodation; par conséquent l'a''-^»'^'"° 't le déno-
sentée par une fraction dont le numérateur es un c,^^^ ^.^.^ minateur, le nombre qui représente en pouces i
au punclum proximum. 'idéales do 6, 8,
commodation sera rf|>résontee par des leiu
12 pouces de lover (|ui ont pour valeur rélr.ugcntc V ,=
OPTOMETHIE.
termes généraux, en l'eprésentant par N la latitude d'accommodation d'un œil quelconque A, on a :