‹ Traité pratique d'ophthalmoscopie et d'optometrie [electronic resource]Chapitre 48 sur 89 · CAUSES DE LA MYOPIE · texte numérisé non relu

CAUSES DE LA MYOPIE

myopie doit être surtout attribuée à la tension des yeux, produite par la fixation prolongée des objets rapprochés. Sur ce fait il ne saurait y avoir de doute. Voici comment il est interprété. Les objets très-délicats ne peuvent être vus distinctement qu'en les rapprochant, et par conséquent en provoquant d'énergiques efforts de convergence. Dans cet état la pression des muscles sur le globe augmente nécessairement. D'autre part, cet exercice de la vision, par les efforts incessants d'accommodation qu'il occasionne, par l'attitude inclinée de la tête qui en est la conséquence habituelle, détermine un afflux de sang vers les yeux et partant une augmentation dans la pression intra-oculaire. Ces deux effets, qui, à vrai dire, se résument en un seul, représentent la cause déterminante qui, s'exerçant sur des parois oculaires prédisposées, déjà moins résistantes, exposées à de fréquentes poussées conges. tives, provoque la déformation du globe oculaire et l'élongation de l'axe visuel. Le siège de cette extension au pôle postérieur s'explique principalement par ce fait que les muscles ne soutiennent pas l'œil en ce point.

La fcàcheuse influence des travaux délicats et soutenus est notablement augmentée par un éclairage imparfait : il devient alors nécessaire de rapprocher plus encore, d'augmenter la convergence et d'incliner la tête davantage. Il est d'observation que dans les lycées et les écoles où les élèves, mal éclairés, sont tenus de tracer des épures, de faire de longs calculs, de lire des . livres mal imprnnés ou d'écrire avec une encre pâle, les myopies s'aggravent, et se multiplient. Dans certaines professions au contraire, qui réclament, pour y voir, l'usage constant d'une loupe à court foyer, chez l'horloger, le bijoutier, le graveur, on ne voit pas la myopie se développer. On attribue cette immunité à ce qu'ils ne se servent que d'un œil, et par conséquent convergent très-peu, et aussi a ce qu ils ont rarement la mauvaise habitude de tenir la tête inclinée. A|outons qu'avec une loupe à court foyer l'accommodation reste a peu près au repos. Ém. Javal accorde une influence décisive a l'astigmatisme qui est la plus fréquente des malformahons cong nitales de l'œil. Il est évident qu'avec un éclairage ' 1^"^^^: doit avoir d'autant plus de tendance à se rapprocher de son livre ou de son cahier que la vision est moins bonne : J^^;quent, s'il est atteint d'un astigmatisme qui ^^'l J l

suelle il réalise les meilleures conditions pour deven m^^^^^^^ ne l'est pas ou pour le devenir davantage s'il l était auparavant.

OPTOMÉTRIE.

L'usage des instruments d'optique binoculaires tels que le microscope, l'ophthalmoscope, par cela qu'il impose des mouvements de convergence, concourt aussi au développement de la myopie. Il en estde même, des verres correcteurs mal déterminés. Les troubles qui existent dans la transparence des milieux réfrin"-ents, ou dans leurs surfaces de séparation, exposent à la myopie par la même raison. Tous rendent l'éclairage défectueux, causent de la diffusion et obligent pour voir à rapprocher l'objet. C'est ainsi que l'on peut expliquer la fréquence des staphylômes postérieurs chez les sujets affectés de staphylômes de la cornée, fréquence que nous avons déjà signalée précédemment.

Symptômes de la myopie.

Le propre de la vue myope est de ne pas voir nettement les objets éloignés. Nous savons déjà que ce résultat est dû aux cercles de diffusion que forment sur la rétine les rayons proA-^enant d'objets situés au delà du jmnctum remotiim : plus ces objets sont éloignés, plus les cercles de diffusion sont étendus et plus la vision est confuse. Les myopes s'en aperçoivent d'autant mieux qu'ils ont en général la pupille plus large que l'emmétrope. Sous l'influence desmydriatiques le trouble augmente considérablement. Par contre la vision est notablement améliorée, lorsque le myope regardeàtraversune petite ouverture, ou bienlorsqu'ila été soumis à l'action de la fève de Calabar, qui diminue beaucoup le champ pupillaire sans augmenter l'état myopique. C'est pour cette raison, bien que le degré de la myopie reste le même, qu'il voit mieux à distance, au point de croire que son infirmité tend à disparaître, à mesure que se développe l'atrésie pupillaire sénile.

Les troubles visuels et les inconvénients qui en résultent sont très-variables, suivant le degré de l'amétropie. Dansles faibles degrés le défaut de netteté est si peu sensible, qu'il passe le plus souAient inaperçu. Ce n'est qu'en essayant un verre concave approprié que l'on découvre que la vision éloignée manque un peu de netteté.

A un degré plus élevé, l'individu voit très-bien encore les objets rapprochés, il peut lire à une bonne distance et sans effort les caractères d'imprimerie; mais pour tout ce qui est éloigné, il y a de la confusion, et, s'il s'agit par exemple de distinguer dans la rue le

Page 1