‹ Traité pratique d'ophthalmoscopie et d'optometrie [electronic resource]Chapitre 49 sur 89 · SYMPTOMES DE LA MYOPIE · texte numérisé non relu

SYMPTOMES DE LA MYOPIE

numéro d'une maison, de reconnaître une personne à quelques mèlres, cela devient impossible. Dans ces conditions, on a de la tendance, tant que l'accommodation est intacte, à se rapprocher des objets plus que ne le comporte l'infirmité, ce qui conduit à se courber fortement, surtout pour des travaux délicats et assidus. Cette tendance est générale ; elle est constante quand la myopie atteint -ou - , et elle s'accentue surtout si le degré en est plus élevé.

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Une semblable habitude a le grave inconvénient, si la vision binoculaire n'est pas sacrifiée, d'entraîner de plus grands mouvements de convergence et conséquemment de favoriser les progrès du mal.

Le myope aime à voir les petits objets de préférence : il choisit les plus fins caractères d'imprimerie, il possède une écriture fine, disposée en lignes de peu de longueur. De cette façon, il embrasse une plus grande étendue à la fois, ce qui le dispense de mouvoir les yeux et la tête comme il serait obligé de le faire avec de gros caractères.

A un degré plus élevé encore, la vision du myope imprime à l'ensemble de la physionomie une expression toute spéciale, même pour les faibles distances. Il ne regarde pas les personnes avec lesquelles il cause, ne pouvant suivre le jeu de leur physionomie ; sa vue témoigne de l'étonnement ; son regard est hagard et rappelle celui de l'amaurotique. Pour sortir d'embarras, il rapproche et contracte les paupières, il fronce le sourcil, de façon à tenir l.'œil à demi voilé. Ce resserrement de paupières, connu sous le nom de clignement oculaire, et qui a servi, tant il est fréquent, à qualifier la myopie, aide évidemment le myope à voir un peu plus distinctement de loin. Un jésuite du dix-septième siècle, Dechales, qui était myope, en avait déjà fait la remarque et fourni l'exphcation. La transformation de l'ouverture interpalpcbrale en une sorte de fente transversale, a pour effet de diminuer les dimensions de^ cercles de diffusion dans le sens vertical, de telle sorte que les lignes horizontales deviennent plus distinctes. Il se peut aussi que la contraction de l'orbiculaire ait pour effet d'exercer une certaine compression sur l'hémisphère antérieur du globe, et de ^^^l^^^^^^^»^rementvers les pôles, ce q- aUénuerait d'autan 1 exc.^^^^ gueur de l'axe antéro-poslérieur. Quoi qu'il en soit, ^^S^^ du myope fait en quelque sorte partie de sa V !^-'^^';^^ ^ cette habitude se continue alors même que l usage des verres con

caves le rend superflu.

OPTOMÉTRIE.

On ne rencontre que trop fréquemment des myopies élevées encore à un plus haut degré. Ici l'étendue de la vision distincte est fort restreinte; tout devient confus à une distance de 6 à8 pouces. Le malade peut encore lire avec les deux yeux, mais il se fatigue très-vite en raison des efforts qu'il est obligé de faire pour maintenir les globes oculaires au degré de convergence nécessaire. Après quelques moments d'attention les images tendent à se séparer, il survient de l'asthénopie , une tension oculaire gravative, quelquefois des phantasmes , accidents qui forcent le myope à s'arrêter, puis bientôt à supprimer la vision binoculaire, il ne se sert plus que d'un œil; c'est alors qu'il prend l'habitude saisissante de pencher la tête vers son livre du côté qui sert à la vision.

La myopie arrivée à ce degré de gravité se reconnaît à la simple inspection du globe. Celui-ci est volumineux, saillant; il se meut difficilement dans l'orbite ; la sclérotique est bleuâtre, parfois mouchetée de plaques d'un bleu foncé; elle est molle, dépressible, sillonnée de grosses veines tortueuses qui affectent habituellement la direction des muscles droits; le mouvement d'abduction est moins étendu, et le mouvement de convergence permet souvent de constater de visu l'allongement de l'axe antéro-postérieur, et parfois aussi la production de tumeurs staphylomateuses dans la région de Vora serrata.

Donders , considérant la myopie comme l'expression optique d'un allongement absolu de l'axe antéro-postérieur, en conclut avec raison que les images projetées sur la rétine pour des angles égaux, sont plus grandes dans l'œil myope que dans l'œil normal, puisque l^i distance du point nodal à la rétine est plus grande.

Cette ampliation des images est une des raisons pour lesquelles les myopes voient plus longtemps le soir et à une plus faible lumière. Ils liront facilement à un clair de lune ou à un crépuscule tout à fait insuffisants pour un œil normal. Aussi sont-ils prêts à tout propos à vanter l'excellence de leur vue pour les objets rapprochés; à un âge avancé, ils lisent sans lunettes, et même, grâce au resserrement de la pupille, ils affirment avec joie que leur vue devient meilleure à mesure qu'ils vieillissent, parce qu'ils voient moins confusément les objets éloignés. C'est sur ce concours de circonstances qu'est fondée la bonne réputation des vues myopes : laissons croire aux intéressés qu'ils ont d'excellents yeux pour les encourager à en avoir soin; mais n'oublions pas que celte supériorité n'est qu'appar nte.

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