‹ Traité pratique d'ophthalmoscopie et d'optometrie [electronic resource]Chapitre 50 sur 89 · SYMPTOMES DE LA MYOPIE · texte numérisé non relu

SYMPTOMES DE LA MYOPIE

La petite distance à laquelle sont placés les objets que le myope peut voir distinctement, et les dimensions de l'ouverture pupillaire contribuent aussi pour une certaine part au même résultat. Par opposition, une lumière un peu aiguë les éblouit et les empêche de bien voir. Les images fortement éclairées semblent produire sur la rétine une impression plus vive, plus prolongée. S'ils passent d'une vive lumière dans un milieu peu éclairé, ils voient devant eux durant quelques secondes des phantasmes lumineux qu'ils comparent à la flamme d'une bougie ou à la lumière de la lune, et dont l'existence les préoccupe beaucoup. D'autres fois, sous l'influence de la même cause, ou bien après un travail un peu prolongé, le champ visuel est envahi par des vibrations lumineuses ([ui rappellent, mais avec plus d'éclat, les vibrations de l'air chaud.

Tout compte fait, l'acuité de la vision chez les myopes est moindre que chez l'emmétrope. La différence est nulle ou très-légère pour les degrés inférieurs; elle est considérable dans les hauts degrés. Et de même, l'influence exercée par l'âge est beaucoup plus marquée que pour l'œil normal. Avec une myopie de -j ou ^, l'acuité de la vision ne s'élève pas, à soixante ans, au-dessus

de 4 environ.

Cette diminution de l'acuité visuelle chez les myopes s'explique facilement. Il est vrai, ainsi que nous l'avons déjà dit, que pour eux les images rétiniennes sont plus grandes pour des angles visuels égaux ; mais d'un autre côté la surface de la rétine est plus étendue d'une façon absolue, et pour cette raison comprend moins d'éléments sensibles dans un espace déterminé. S'il y a compensation entre ces deux données opposées, un nombre égal d'éléments peut être impressionné, et l'acuité visuelle peut rationnellement rester intacte. Mais la distension siège principalement à l'extrémité postérieure de l'axe visuel, et occupe le voisinage de la tache jaune, c'est-à-dire la région de la vision centrale. Pour cette raison, on ne saurait espérer, même dans les cas les plus heureux, une compensation complète.

11 est question dans ce qui précède de l'acuité visuelle déterminée dans la latitude visuelle du myope , c'est-à-dire en deçà de son punclum remolum. La détermination faite a 1 aide cl objets à grande distance, vus avec des verres correcteurs, est encore plus désavantageuse, parceque l'éclairage est moins bon, et surtout parce que le verre concave a pour eflet optique de rapprocher le point no-

OPTOMÉTRIE.

dal, de la réline, et par conséquent de diminuer l'image rétinienne. . , , , ^ , , ^ A. mesure que la myopie fait des progrès, les mêmes objets pour

la même distance impressionnent une quantité de plus en plus petite d'éléments sensibles, il en résulte qu'on ne voit les choses que par petites portions à la fois ; mais comme ce changement ne s'opère que graduellement : le jugement s'y habitue, et la grandeur de l'objet est correctement appréciée, lors même qu'on n'en fixe qu'un point, ce dont on peut s'assurer en en faisant indiquer les contours avec le doigt.

Chez le myope, le rapport qui existe entre la quantité d'action musculaire employée et le nombre des éléments de perception excités est modifié; mais en raison de l'agrandissement des images, rharmonie peut être conservée. Par cela que les myopes voient le même objet à égale distance avec moins d'éléments sensibles, il ne faudrait pas en conclure qu'ils le voient plus petit que nature; ils le voient aussi grand , mais avec moins de netteté. L'idée de la grandeur des corps n'est pas subordonnée au nombre des éléments sensibles excités. C'est un jugement auquel concourent plusieurs sources d'information.

Complications de la myopie.

On les rencontre surtout dans les degrés élevés de cette infirmité.

a. L'œil myope est exposé à de fréquentes poussées congeslivcs vers les membranes intra-oculaires. Aussi beaucoup de myopes, même pendant la jeunesse, se plaignent d'un sentiment de tension oculaire. Plus tard et surtout quand les yeux sont proéminents et un peu plus durs qu'à l'état normal, cette tension peut devenir habituelle et se compliquer d'une irritation des paupières qui est trèsgênante. Lorsque la myopie fait des progrès rapides, on observe fréquemment beaucoup de fatigue et même de douleur surtout sous rinduence de la lumière artificielle.

Cet état complexe dérive de causes multiples, d'abord de la pré-

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