MESURE ET TRAITEMENT DE L'ASTIGMATISME
mier cas on a rendu l'œil myope au degré du méridien qui l'est le plus, tandis que dans le second sa myopie est réduite au degré du méridien qui l'est le moins.
De l'exemple précédent on peut donc déduire les deux formules suivantes :
ou
Il en est de même pour tous les cas qui peuvent se rencontrer. Nous ne saurions trop engager le lecteur à faire, à titre d'exercices, l'application de celte règle à tous les exemples que nous avons donnés précédemment.
Dans le même but nous conseillons aussi de mesurer l'astigmatisme provoqué artificiellement par l'accolement devant l'oculaire de l'optomètre à l'aide d'un peu de cire à mouler, de cylindres de forme et de valeur variables. Chaque mensuration, pour être profitable, devra être suivie de la formule qui en est l'expression et le résultat pratique.
S'il est indifférent théoriquement d'employer, pour corriger l'astigmatisme, soit un cylindre convexe, soit un cylindre concave, il ne saurait en être de même dans la pratique. Toutes les fois que la correction a pour effet d'augmenter l'amétropie sphérique et par conséquent d'imposer des verres sphériques convexes ou concaves plus forts, elle entraîne tous les inconvénients qu'occasionne l'emploi de ces derniers, inconvénients d'autant plus grands, d'autant plus nombreux que le numéro est plus élevé. Nous devons dire cependant que des observateurs très-compétents en cette matière emploient le plus souvent la même forme de cylindres. A l'exception de quelques ças particuliers qu'il mentionne, Em. Javal conseille les cylindres concaves, Hirschmann, au contraire, les cylindres convexes, sans donner les raisons de leur préférence. Il convient d'ajouter que l'optomètre dont Us se servent est pourvu, l'un, de cylindres concaves et 1 au re, de cylindres convexes, ce qui rend plus commode l'emploi d une seule espèce de verres. Néanmoins, jusqu'à plus ample in ornialion, nous croyons préférable de donnera chaque forme d astigmatisme le verre coJrecteur qui lui convient, c'est-à-dire le cylindre conca e aux myopes, et le cylindre convexe aux hypermétropes. De cette fa-
OPTOMÉTUIE
ÇOll le cylindre a pour effet constant de réduire au minimum l'amétropie sphérique ou, en d'autres termes, de la rapprocher autant CTue possible de la vue normale.
Toutes les fois que la détermination des verres correcteurs cylindriques et sphériques est terminée, il est indispensable d'en faire le contrôle en les plaçant dans les lunettes d'essai qui sont pourvues d'une double monture dont l'une est graduée en degrés.
Nous avons supposé que pour chacune des deux déterminations que comporte la mensuration de l'astigmatisme, la fixation du punctum remotum était facile et nettement indiquée. Il en est ainsi le plus souvent pour l'astigmatisme avec myopie et pour l'astigmatisme avec hypermétropie faible. Mais l'épreuve est plus difficile lorsque l'œil est fortement hypermétrope, lorsque, dévié ou non, il ne sert qu'accessoirement à la vision distincte. Dans ces conditions, le méridien suivant lequel il a l'habitude de voir se mesure encore aisément; mais l'autre pour lequel il neutralise présente un réel embarras. Il ne voit pas les lignes placées dans cette direction à quelque distance qu'on les place ; ou bien il les voit si confusément, si incomplètement, qu'il est impossible de fixer le punctum remotum. Ajoutons à cela que, pendant ce labeur, l'accommodation intervient habituellement et fausse le résultat. Nous n'éprouvons aucun embarras à déclarer qu'avec notre optomètre il nous a été impossible d'avoir des réponses nettes dans les cas d'astigmatisme compliqués de perte de la vision binoculaire. Il est vrai de dire qu'avec l'optomètre de Javal, nous n'étions pas plus heureux.
Pour ces cas exceptionnels nous conseillons :
1" D'avoir constamment recours k l'atropine, qui supprime une accommodation que rien ne peut fixer ni maîtriser ;
2" De substituer à nos lignes parallèles, qui sont assez fines pour exiger une acuité visuelle élevée, des lignes plus grosses et moins nombreuses.
Si, malgré ces artifices, la détermination est encore défectueuse, il est indispensable d'ajourner et de recommander au malade d'exercer l'œil rebelle surtout dans la direction pour laquelle il est accoutumé à neutraliser, en lui donnant, s'il y a lieu, un verre sphérique approprié.