‹ Traité pratique d'ophthalmoscopie et d'optometrie [electronic resource]Chapitre 7 sur 89 · CHAPITRE Y · texte numérisé non relu

CHAPITRE Y

DE LA DÉTERMINATION DE LA RÉFRACTION FIXE A l'aIDE DE L'01'nTllALMOSCUl'l!;.

L'ophthalmoscope a été appliqué à l'étude de la plupart des questions que comporte la pathologie oculaire. Mais, dans certains cas, les résultats (|u'il fournit ne représentent que l'un des éléments du

OPIITHALMOSCOPIE.

(lia^noslic soit d'afîections connues avant lui, soit de troubles fonctionnels qui sont plus spécialement du ressort de l'optométric. Nous croyons utile de placer en tête de ce chapitre, cette observation générale, pour nous justifier de n'accorder ici qu'une courte mention aux troubles de la réfraction et aux maladies de l'hémisphère antérieur du globe oculaire.

Nous désignons sous le nom de réfraction fixe l'action réfringente produite par l'œil sans le concours de l'accommodation. Par opposition, l'action de cette dernière sera désignée sous le nom de réfraction mobile ou dynamique.

On peut, avec le miroir oculaire, déterminer très-commodément, très-rapidement l'état de la réfraction fixe de l'œil.

Le procédé le plus simple consiste à examiner avec le réflecteur seul, que l'on éloigne et que l'on rapproche alternativement.

Si l'œil a sa réfraction normale (emmétrope), on n'aperçoit qu'un fond rouge sans aucun détail : il n'y a d'exception qu'autant que l'accommodation est tout à fait relâchée de part et d'autre, et le miroir placé à quelques centimètres de l'œil.

S'il a une réfractionin suffisante, c'est-à-dire si le foyer est situé en arrière de la rétine, état optique de l'hypermétrope, le fond de l'œil sera dans les conditions de l'objet qu'on examine à la loupe. On percevra une image droite, virtuelle, d'autant plus grande que l'hypermétropie est plus faible, d'autant ' plus nette que l'on rapproche davantage le réflecteur. Dans ce cas particulier, l'observateur devra être accommodé pour la distance à laquelle se trouve l'image virtuelle, c'est-à-dire pour une distance de quelques centimètres. L'accommodation se fatigue vite de la sorte, surtout si l'on n'est plus de la première jeunesse. Pour y obvier, on peut placer derrière le miroir ou maintenir devant l'œil en observation un verre convexe destiné à diminuer la divergence des rayons émer-

gents.

Si l'œil possède un excès de réfraction, c'est-à-dire si le foyer est situé en avant de la rétine, état optique de l'œil myope, le réflecteur, tenu à la distance habituelfe de 30 centimètres, ou rapproché plus près, ne fera découvrir qu'un fond rouge, à moins toutefois que le degré de la myopie ne soit très-peu élevé et inférieur à 1/16. Pour obtenir une image droite suffisamment nette et étendue, il sera nécessaire de placer derrière le réflecteur un verre concave qui rende divergents les rayons sortant en convergence. Le numéro le plus faible, qui, choisi

DÉTERMINATION DE LA RÉFRACTION FIXE PAU l/OPIITHALMOSCOPE. 0'.» par tâtonnement, suffit pour donner une image, indique à peu près le degré de la myopie. Lorsque celle-ci est assez lor te pour me la limite éloignée de la .ision distincte ne soit pas située au

une la iiiunc uiuiquv..^ — • > ,4 i,.

delà de 6 à 8 pouces, on parvient, en éloignant progressivement le miroir, à avoir une image sans le secours de verre correcteur. Mais cette dernière, contrairement à celle de l'hypermétrope, est réelle

et renversée : elle sera contenue dans un très-petit champ vi- -.uel. On voit par là combien il est facile, une image étant obtenue avec le réflecteur tenu à la distance moyenne de 30 centinietres de savoir si elle est droite ou renversée, virtuelle ou réelle, c'est-à-dire de savoir si l'œil est hypermétrope ou myope. L'image droite et virtuelle de l'œil hypermétrope deviendra d'autant plus nette et plus étendue que l'on rapprochera davantage le réflecteur ; au contraire, l'image renversée et réelle de l'œil suffisamment mvope ne deviendra nette qu'autant que l'observateur s éloignera assez pour la mettre à la portée de sa vision distincte. Plus il s éloignera, plus elle deviendra nette et l'observation facile. ° Le 'dia-nostic de l'astigmatisme pathologique est tout aussi facile et non moins important. Cette anomalie de la réfraction est caractérisée, nous le verrons, par une différence dans la puissance réfringente de deux méridiens perpendiculaires entre eux. Habituellement, c'est le méridien vertical qui a la réfraction la plus forte, et par conséquent le foyer le plus court. Cet état se révèle au miroir d'une façon caractéristique. Dans l'exanien à l'image droite, les miheux réfringents de l'œil font l'office de loupe comme nous venons de le dire. Ils donnent, comme ces instruments, un grossissement d'autant plus considérable que la distance focale est plus petite. 11 en résulte que, chez l'astigmate, le grossissement est plus grand dans le sens du méridien le plus réfringent. De là nécessairement une déformation dans l'image des objets. L'image d'une surface ronde, comme la papille optique , paraîtra ovale et allongée dans le sens du méridien qui a le foyer le plus court. 11 ne faudrait pas, toutefois, attribuer à ce signe une valeur trop absolue, et conclure du fait de la déformation ovalaire de la papille, à l'existence de l'astigmatisme. Il arrive, rarement il <:st vrai, que le nerf optique est anatomiquement ovalaire au lieu d'être rond. Dans un cas de ce genre on serait conduit à attribuer a l'astigmatisme ce qui n'est qu'une anomalie congénitale. Mais il existe une contre -épreuve qui supprime tout embarras. Elle est fournie par le procédé de l'image renversée. Nous avons dé-

-Q OPIITHALMOSCOPIE.

montré, en traitant de la théorie de ce procédé , que l'imago est d'autant plus grande que le plan focal est plus éloigné, 11 en résulte que si l'œil en observation a des foyers de différentes longueurs, la papille, supposée sphérique, deviendra ovalaire et allongée dans le sens du méridien le moins réfringent, c'est-à-dire qui a le plus long foyer. En termes généraux, on voit que, dans l'œil astigmate, la papille, vue à l'image droite, paraîtra oblongue dans le sens du méridien le plus réfringent ; vue à l'image renversée, elle paraîtra allongée daris le sens inverse. Ce double caractère ne laisse plus de place au doute, car l'objet lui-même ne change pas de forme, et de telles modifications ne peuvent avoir pour cause qu'une illusion d'optique. On peut supposer le cas infiniment rare oij l'œil observé aurait à la fois une papille anatomiquement ovalaire et de l'astig-' matisme. Il est facile de déduire de ce qui précède les résultats de l'observation. La déformation produite par l'astigmatisme exagérera ou corrigera plus ou moins la malformation congénitale; Si l'on emploie successivement les deux procédés, l'un exagérera la déformation, l'autre la corrigera : résultat qui ne peut encore être donné que par un effet d'optique.

Les détails dans lesquels nous venons d'entrer paraîtront peutêtre ardus à une première lecture, et d'autant moins faciles à comprendre qu'ils supposent, par anticipation, quelques connaissances en optométrie. Nous y attachons assez d'importance pour les recommander à une attention plus soutenue. Ils forment la base d'un procédé d'exploration trop négligé jusqu'alors et qui pourtant est le plus simple et le plus rapide pour reconnaître l'existence et les formes de l'amétropie ; ajoutons aussi qu'il est le plus précieux parce qu'il est exclusivement objectif. L'étude des développements théoriques sera d'ailleurs singulièrement facilitée par leur constatation expérimentale à l'aide de notre œil artificiel. Son agencement permet de relever successivement les divers cas qui se rencontrent dans la pratique.

EXAMEN m \A CORNÉE.

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