DES AFFECT. OCULAIRES AU POINT DE VUE DU SERVICE MILIT
bilité dubord pupillaire, pendant Icsvariations brusques de l'éclairage. Cet état peut pi"o\enir soit d'une irritation des filets d.u nerf moteur oculaire commun, causée tantôt par une méningite commençante, tantôt par des apoplexies basilaires, tantôt par des névroses convulsives ; soit par une paralysie des fibres du grand sympathique, provoquée le plus souvent par des lésions siégeant à la partie supérieure de la moelle épinière.
L'état myotique peut être provoqué par l'emploi de certaines substances toxiques ; les unes comme l'opium, la nicotine, agissent indirectement en congestionnent l'encéphale et ses enveloppes; une autre, la fève de Calabar, en exerçant une action directe sur les nerfs de l'iris.
Le myosis est encore fréquemment occasionné par l'inflammation de l'iris et, à sa suite, par des dépôts exsudatifs qui ont soudé le bord pupillaire à la cristalloïde. Enfin la pupille devient de plus en plus étroite à mesure que l'on avance en âge, de façon à représenter un véritable état myotique sénile physiologique.
Le resserrement de la pupille entraîne un rétrécissement du champ visuel, et une diminution gênante dans l'éclat des images rétiniennes. Au point de vue de la vision, cet état serait compatible avec le service militaire, mais l'énumération des causes qui le font naître le plus souvent suffit pour montrer qu'il a, lorsqu'il n'est m provoqué ni sénile, une signification sérieuse et qui impose un examen minutieux de l'état de la santé générale. Quant au myosis résultant d'inflammations antérieures et entretenu par des synechies postérieures, il est le plus souvent compliqué d'opacités pupillaires qui ne laissent aucun doute sur la nécessité de Xexer^vption et de la
''^Tremblement de liris. - Se reconnaît à des oscillations générales ou partielles de ce voile membraneux pendant les plus légers déplacements du bulbe. Pour les voir plus facilement il est necessane de fixer obliquement le plan de l'iris. ,n «or In His-
Ce tremblement, rare du reste, est »f ^-"""«^ '^..t, parition ou la diminuliou de volume - '''"'"'^P % allérations graves de uutriUon de a choro.dc et - > v .e qu ont amené la désorganisation de '^^ J ^ une
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r-^u^P (Vpremntion dans tous les cas. La ie forme i y
cause (1 exempuon ^ . tremblement serait de noncée qu'autant que 1 affection cause nature à affaiblir suffisamment la vision.
^jj8 OPTOMÉTRIE.
5" Épanchement dans la chambre antérieure (hypopion, hyphema).
Lesépanchements de pus ou de sang dans la chambre antérieure
sont trop intimement liés à la cause qui les a fait naître pour qu'ils puissent être appréciés par eux-mêmes ; c'est dans l'appréciation de cette cause qu'il faut puiser les éléments du jugement à intervenir.
6° Opacités DU cristallin. — L'examen du cristallin nécessite l'emploi de l'atropine et un éclairage latéral attentif. On n'a pas trop de toutes ces ressources lorsqu'il s'agit d'opacités finement ponctuées, disséminées le plus habituellement dans les couches corticales antérieures ou postérieures. Toutes les opacités du cristallin sontdéfinitives; elles nous paraissent motiver Y exemption Qi\dL réforme^ en raison des troubles visuels qu'elles occasionnent, et de leur tendance à envahir progressivement la totalité de la lentille. Nous ne faisons de réserve : 1° que pour ces dépôts exsudatifs légers, punctiformes ou finement radiés, de couleur rougeâtre, qui occupent le champ pupillaire et sont une suite fréquente de l'iritis légère; 2" que pour ces opacités corticales, bien circonscrites, qui siègent le plus souvent vers les pôles du cristallin resté transparent, qui n'ont aucune tendance à s'accroître et qui sont la conséquence d'une ophthalmie antérieure. Dans ces cas exceptionnels, l'état de l'acuité visuelle doit être déterminé avec soin pour savoir s'il y a incompatibilité avec le service militaire.
7" Affections du corps vitré. — Synchisis simple. Synchisis étincelant. — Ces affections ont pour caractère commun d'altérer la transparence du corps vitré et de diminuer par ce fait la faculté visuelle, au point d'être peu compatibles avec le service militaire. Elles résultent ordinairement, pendant la jeunesse, d'un état inflammatoire de la choroïde, et elles ont une durée indéterminée. Par les progrès du temps et par un traitement approprié on peut rendre la vitrine nn peu plus transparente, diminuer le nombre des corps flottants, arriver à ce qu'ils soient moins gênants : mais la vision reste généralement médiocre.
Le synchisis se traduit par une diminution notable dans l'éclat du fond de l'œil observé avec le miroir oculaire et par la présence de corps flottants dans le corps vitré. Pour cette constatation il est nécessaire de recourir à l'atropine.
Le synchisis monoculaire nous paraît être un motif d'exemption: développé aux deux yeux il n'entraînerait la réforme qu'après un traitement de plusieurs mois et un congé de convalescence.
DES AFFECT. OCULAIRES AU POINT DE VUE DU SERVICE MILIT. 4o9
8° Affections de la choroïde, choroïdite séreuse (glaucome). — Se présente sous deux formes, forme aiguë et forme chronique.
Le glaucome aigu procède par attaques successives. Le plus souvent l'attaque est précédée d'une période prodromique marquée par une presbytie progressive et l'apparition de cercles irisés autour des objets lumineux, par un affaiblissement brusque et passager de la vision qui rend l'orientation difficile et qui couvre les objets d'un voile passager, enfin par l'apparition de douleurs ciliaires qui reparaissent à des intervalles assez réguliers.
Parfois l'attaque glaucomateuse débute bi-usquement : il survient autour de l'orbite des douleurs intolérables ; le tissu sousconjonctival s'injecte de sang ; les grosses veines ciliaires sont turgescentes et accompagnées d'un réseau de petits vaisseaux conjonctivaux dont la réunion forme le cercle vasculaire péri-kératique ; le larmoiement est considérable et par accès irréguliers. La cornée paraît terne, comme rugueuse ; l'humeur aqueuse est louche ; la pupille irrégulièrement dilatée perd sa coloration noire, elle prend une teinte grise à reflets jaunâtres ; l'iris est décoloré, refoulé en avant avec le cristallin : le globe oculaire, au toucher pratiqué à travers la paupière supérieure, est dur, tendu : on dirait une bille de marbre. Pendant ce temps la vision est profondément atteinte, perdue soudainement dans les cas foudroyants , réduite à la vision centrale dans les autres, et accompagnée dans tous de sensations lumineuses subjectives très-fatigantes.
Après chaque attaque, le champ visuel se rétrécit et la vue perd de son acuité, l'iris se décolore de plus en plus, la pupille, immobile et terne, présente des reflets jaunes verdâtres, la dureté du globe augmente et la vision ne tarde pas à s'éteindre defmitive-
ment. , . , . ..f^
Le glaucome chronique ne présente aucun des signes objectifs qui précédent; l'œil a l'aspect normal; peut-être avec beaucoup d'attention trouvera-t-on une paresse inaccoutumée des mouvements de l'iris et une légère tension du globe. Et Î^^P- f »"' cuité baisse rapidement et le chanip delà vision se reU-ecitd^>^^^ en plus. C'est par l'examen ophthalmoscopique seul et en emplojant successivement les deux procédés de l'image renversée e de imag droite que l'on trouvera la cause de ces troubles Le symptôme tvpiaue ëxc usif du glaucome chronique est représente par une TalionÏhologiq'ue de la papille optiq- aU^-ation doiU .l a été longuement question dans le cours de cet ouvrage (p. 268). Le
OPTOMÉTRIE.
olaiicome, quelle que soit sa forme, motive Y exemption Qii-àPéfonne. ^ Choroïdites phlegmosiques (choroïdite parenchymateuse, suppurative, irido-choroïdite, irido-cyclite). — Ce groupe constitué par des variétés pathologiques qui empruntent leur raison d'être moins à des signes cliniques distincts qu'à des considérations extrinsèques de connexité anatomique, de siège, de rapidité d'évolution, de diversité dans les produits pathologiques, etc., représente assez bien ce que les anciens chirurgiens et ophthalmologistes désignaient avec moins de science peut-être, mais avec autant de sens clinique sous le nom d'ophthalmie interne.
Cette ophthalmie se reconnaît aux signes suivants : le tissu de l'épisclère se gonfle et s'injecte de sang; la cornée est entourée d'un cercle vasculaire finement radié ; la conjonctive bulbaire est d'un rouge foncé uniforme; le globe oculaire est sensible et même^trèsdouloureux à la pression ; il se meut péniblement ; le malade est tourmenté par des douleurs ciliaires, par des sensations lumineuses, par du larmoiement. Ces divers symptômes existent à des degrés très-différents selon l'intensité du mal : tantôt c'est à peine si les malades accusent une légère tension dans le globe et quelques douleurs ciliaires siégeant vers la tête du sourcil, tantôt, au contraire, les douleurs sont intolérables ; le globe oculaire tendu, sanglant, semble prêt à se rompre; il est le siège de douleurs gravatives, lancinantes semblables à celles que provoque un travail inflammatoire dans les tissus peu extensibles. Un tel appareil ne tarde pas à provoquer une réaction générale, la fièvre s'allume, l'appétit disparaît et l'on observe parfois des vomissements opiniâtres. Cet état atteint en peu de jours toute son intensité, et le pauvre patient n'est débarrassé de ses tourments que par la suppuration et la perforation de la cornée. Les troubles visuels sont considérables même dans les cas les plus légers: les objets sont vus dans un brouillard de plus en plus épais qui laisse à peine au malade la faculté de se conduire. Cette affection grave est dans tous les cas un motif exemption et de réforme.
XJhoroïdites chroniques. — Au point de vue du service militaire nous rangeons sous celte dénomination toutes les affections d^ la choroïde, caractérisées par des troubles de nutrition développés dans cette membrane sans appareil inflammatoire et sous Tinfluence de processus morbides très-différents. Ces troubles de nutrition sont représentés soit par des exsudations ou des proliférations cellulaires et épilhéliales, soit par une résorption progressive des élo-
DES AFFECT. OCULAIRES AU POINT DE VUE DU SERVICE MILIT. 461 ments du stroma choroïdien, soit encore par des extravasions de
sang.
Les signes ol)jectifs de la choroïdite chronique ne se révèlent qu'à l'ophtlialmoscope ; nous renvoyons le lecteur à la description que nous en avons donnée (p. 153-171). Sauf quelques exceptions, les altérations de tissu de la choroïde sont définitives et subissent uniformément une série de transformations régressives dont le dernier terme est l'atrophie de la membrane. Par elles-mêmes elles n'intéressent directement aucun des éléments essentiels du sens visuel. Mais elles produisent des compressions fâcheuses sur ces éléments , elles les envahissent par voie de propagation, enfin elles n'occasionnent que trop souvent la formation de corps flottants dans le corps vitré. Dans cet état les malades se plaignent de ra4)parition d'un voile plus ou moins épais qui couvre les objets et qui abaisse notablement l'acuité visuelle en très-peu de temps; ils signalent aussi dans le champ visuel l'existence de mouches volantes ou fixes qui les gênent beaucoup pendant la fixation. A mesure que la maladie fait des progrès, les troubles augmentent, des scotômes se révèlent,, la vision centrale elle-même s'affaiblit et ne permet plus que la perception de gros caractères.
Ces symptômes une fois établis ont peu de tendance à disparaître : le temps et un traitement approprié peuvent les atténuer mais non les guérir. 11 importe toutefois de faire une exception pour la choroïdite d'origine syphilitique. Cette dernière, brusque dans son apparition, rapide dans son évolution, grave dans ses symptômes, remarquable par ses récidives, peut céder complètement à un traitement spécifique.
Les altérations choroïdiennes nous paraissent devoir motiver l'exemption dans tous les cas. Toutes les fois que le mal aura résisté à un traitement de quelques mois, il y aura lieu, surtout s'il existe des corps flottants, de prononcer la réforme.
Choroïdite staphylômateuse. — Circonscrite le plus souvent à l'étendue du staphylôme, compatible avec une excellente vue, elle n'a d'autre eff-et principal sur la. vision que de la rendre plus ou moins myope. Il n'y a d'exceptions que pour les cas où elle serait compliquée de l'une des formes précédentes.
9° Affections de la bétine. — Décollement de la — Cet ac-
cident se développe le plus souvent chez le myope: en gênerai il apparaît brusquement et se révèle par un grand trouble de la vision, le malade ne voit plus que les gros objets, tout semble couvert par
OPTOMÉTRIE
un brouillard épais et rougeâtre, la moitié du champ visuel, presque touiours l'inférieure, est tout à fait obscure; au momdre mouve- 3 de l'œil, les objets éclairés paraissent agiles de mouvements singuliers. Et rien ne trahit au dehors cette grave situation L'examen au miroir permet de constater facilement l'existence du décollement (p. 198). Tout décollement de la rétine représente un motif d'ea:emJi9^^•on et de re'/brme.
Rétinites — Les lésions de la rétine, partagées en plusieurs variétés par l'anatomie pathologique (rétinite interstitielle, péri-vasculaire, pigmentaire, etc.) et en plusieurs espèces distinctes par leur origme (re^tinite apoplectique, syphilitique, albuminurique,etc.)se révèlent par un caractère commun, l'opacification du tissu rétmien. C est donc avec l'ophthalmoscope seul qu'il est possible d'arriver au diagnostic. Il en a été longuement question au chapitre XII, p. 192. Nous n'avons pas à y revenir. Aucun signe extérieur, pas même la paresse ou l'immobilité de la pupille ne peut venir en aide et depuis le début du mal jusqu'à la perte de la vision, l'œil conserve
un aspect normal.
La diminution de l'acuité de la vison, l'altération du champ visuel, le développement de scotômes représentent les troubles fonctionnels principaux sur lesquels devra être fixée l'attention : l'examen du champ visuel surtout sera fait avec grand soin parce qu'il est le moins suspect des signes subjectifs. ,
Il importe de rappeler que souvent les troubles visuels ne sont point en rapport avec les altérations constatées à l'ophthalmoscope ni avec le degré de sensibilité à la lumière. La rétinite, quelle qu'en soit la forme et la nature, entraîne des troubles graves de la vision et même à la longue une cécité absolue dans bien des cas. On peut donc considérer comme impropre au service tout sujet atteint d'opacités rétiniennes.
10° Maladies du nerf optique [névro-rétinites, névrites). — Sil on en excepte le glaucome, ces affections comme les précédentes ne se révèlent par aucun signe extérieur, l'œil paraît sain et l'état de la pupille en particulier n'est qu'un guide infidèle. L'examen ophthalmoscopique, la mesure de l'acuité et du champ visuel, l'examen du mode de perception des couleurs représentent l'ensemble des ressources principales mises à la disposition de l'observateur. Il en a été question précédemment (p. 244-277). Y revenir ici serait une redite. Cependant qu'il nous soit permis de rappeler certains écueils qui entourent le diagnostic des affections papil-
DES AFFECT. OCULAIRES AU POINT DE VUE DU SERVICE MILIT. m laires. La tendance générale que l'on a à identifier l'idée d'atrophie avec celle de diminution de Yolume conduit trop souvent à attribuer une importance illusoire aux dimensions de la papille optique. Ces dimensions sont bien plus en rapport avec l'état dioptrique de l'œil observé et ja puissance de la lentille employée qu'avec un état pathologique du nerf, lequel n'occasionne qu'exceptionnellement et à une période avancée du mal une réduction de volume. Il en est de même des vaisseaux rétiniens : l'appréciation générale de leurs dimensions importe moins que le changement de rapport entre les artères qui deviennent de plus en plus petites et les veines qui le plus souvent sont plus grosses qu'à l'état normal, plus foncées en couleur, plus sinueuses et comme variqueuses.
La décoloration atrophique de la papille est souvent confondue avec la teinte jaunâtre, uniforme de certaines papilles saines. Et de même une excavation physiologique exagérée fait croire à une excavation pathologique ; la première se distingue de cette dernière par la conservation de la couche des fibres, appréciable surtout, comme on sait du côté nasal (image droite). Cette couche d'une teinte gris-rosée disparaît dans l'excavation pathologique, soit qu'elle fasse partie de l'excavation comme dans l'excavation glaucomateuse qui occupe toute la surface de la papille, soit qu'elle soit remplacée par la teinte grise, bleuâtre de l'atrophie. Pour avoir plus de sécurité, nous conseillons d'établir toujours le diagnostic sur deux bases ; d'une part l'examen ophthalmoscopique et d'autre part la détermination attentive du champ visuel.
Béméralopie. — Trouble fonctionnel qui se traduit par l'abolition ou une diminution considérable de la faculté visuelle pendant la période nocturne. L'héméralopie vraie ou simulée est trèsfréquente dans l'armée ; elle sévit souvent sous la forme de véritables épidémies. Malgré ces conditions favorables d'observation, nous ne connaissons aucun signe objectif qui lui appartienne en propre, qui soit de nature à la faire reconnaître et à la distinguer d'une simulation. Pour cette raison, nous n'avons pas cru devoir la comprendre dans le cadre de notre travail. Selon toute raison elle représente un trouble fonctionnel transitoire, qui est dii à quelque modification passagère survenue dans la nutrition ou la circulation de la rétine, qui se traduit par une impressionnabilité moins vive, qui ne laisse aucune trace caractéristique de son passage, qui, à l'instar d'autres névroses, surexcite fréquemment l'instinct d'i-
OPTOMÉTIUE
mitalion qui enfin, disparaît promptement avec ou sans traitef mX éralopie ne doit jamais motiYer l'exemption, a moins "'elle nrsrsymptomatiqi^ d'une alTection déterminée de la îétine et en particulier de rétinile pigmentaire.
1 10 Teoi^rles de la réfraction fixe. - Les anomalies de la refraction, exemptes de complications, changent la portée de là vue, mais n'en altèrent pas notablement la finesse. 11 suffit, pour rétablir la fonction de faire usage de verres correcteurs appropriés. Le myope avec ses verres concaves, l'hypermétrope avec ses verres convexes, 1 astigmate avec ses cylindres peuvent, à moins de circonstances particulières voir de près et de loin comme des yeux sams, et satisfaire sans danger aux exigences diverses du service militaire. Toute la question se réduit donc à savoir s'il est utile de tolérer, de prescrire même le port des lunettes sous les armes? Jusqu'alors la tradition, à défaut de prohibition légale,/est prononcée négativement; c'est à peine si les officiers se permettent à la dérobée l'usage d'un lorgnon assez discret pour échapper à la surveillance de l'autorité. Le pince-nez du presbyte a seul droit de cité, par cette raison sans doute qu'il est plus souvent de mise chez les officiers généraux que chez les simples soldats. Par une contradiction singulière 1 usage proscrit les lunettes, et la loi oblige ceux qui en ont besoin a un service qu'ils ne peuvent remplir. La jurisprudence des conseils de révision a établi que tous les jeunes gens qui peuvent lire a une distance de 30 ou 3S centimètres avec des verres concaves 4 ou 5 et qui distinguent nettement les objets éloignés avec 6 ou 7 sont ■ seuls exempts du service militaire. 11 serait hors de propos de montrer combien cette épreuve peu logique est illusoire. Il est permis de croire qu'elle voulait avoir pour but d'éloigner de l'armée les myopies élevées ^ et au-dessus) et de conserver toutes les
autres. Or, ces derniers sont absolument incapables de faire un bon service. Ils ne voient pas distinctement de loin. Il est aisé de s as-
surer que les myopes d'un faible degré ( ^) ^4 i^^-*^'^^^) " ^ voieni
que très-confusément à une distance de quelques centaines de mètres. Ils aperçoivent bien les gros objets, mais ils sont incapables de les reconnaître, de distinguer un bataillon d'infanterie d'une troupe de cavalerie, etc. Et cependant cette vision distincte à grande distance est à peu près la seule dont ait besoin le soldat soit en temps de paix, soit en temps de guerre. Qu'il s'agisse de tirer à la
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cible ou d'entrer en ligne devant l'ennemi, qu'il s'agisse du fusil ou du canon, ([u'il s'agisse d'une reconnaissance ou d'une sentinelle^ qu'il s'agisse seulement même de reconnaître une patrouille ou une ronde, il faut toujours et partout y voir distinctement de loin. Sans cette aptitude le soldat est tout à fait insuffisant, souvent dangereux, soit par ses maladresses, soit par ses omissions Autant de myopes dans les rangs de l'armée, autant de bouches inutiles, autant de baïonnettes stériles ! Et Dieu sait si le nombre en est grand ! Des recherches statistiques dressées d'après le registre des réclamations faites par les jeunes gens au moment du tirage au sort ou mieux encore la mesure de la vision des militaires incorporés permettraient d'en fixer approximativement le chiffre. Mais dès au-jourd'hui nous possédons des éléments suffisants pour faire préjuger la question.
En mesurant à l'aide de l'optomètre la vision de 143 élèves de l'École Polytechnique, mon collègue et ami le médecin principal Fuzier a constaté :
Hypermétropes •• • • 31
Myopes
Emmétropes
Total
Erisman de Saint-Pétersbourg sur un nombre de 4,348 écoliers a trouvé 1,317 myopes, soit 30,20/0. Sur 216 jeunes gens qui se présentaient en 1869 pour entrer à l'École du service de santé de Strasbourg à Paris, Lyon, Montpellier, Bordeaux et Toulouse, j'ai rencontré 61 myopies, soit 28 0/0. Sans crainte d'être contredit on peut admettre qu'il y a dans l'armée française un huitième ou un dixième de l'effectif incapable de faire un bon service.
La vue hypermétrope ou astigmate n'a pas les mêmes inconvénients: à l'âge des jeunes soldats, elle est suffisamment bonne de loin pour satisfaire à toutes les exigences du service, à moins de complications dont il sera question, mais il n'en est plus de même pour la vision rapprochée : de bonne heure il survient de la fatigue surtout lorsqu'il s'agit de tenir des écritures et de faire des états dans de mauvaises conditions d'éclairage et d'installation. Des verres correcteurs deviennent indispensables; sans eux le jeune soldat est incapable d'occuper les emplois qui, le plus sou^nt onduisent à l'épauleltc; il peut remplir son devoir enyer l Etat, mais U est privé d'une certaine part des chances a l avance^
OPTOMÉTRIE.
4oo
mont. Le nombre des hypermétropes trouvé dans les recherches de Erisman a été de 1,889 sur 4,358, soit 43,3 0/0. On peut juger par l'importance de ces chiffres combien serait peu pratique la mesure qui consisterait à reléguer les myopes et les hypermétropes dans les services administratifs.
La logique et la saine appréciation des droits et des devoirs sociaux de chacun conduit à désirer l'une de ces deux solutions : ou bien que tous les myopes et tous les hypermétropes d'un certain degré soient exempts du service militaire comme incapables de remplir leurs fonctions ; ou bien qu'ils soient pourvus de lunettes.
La même mesure nous paraît applicable aux officiers. Chez eux, la proportion de myopes est certainement plus considérable; comme ils sont chargés delà direction, n'est-il pas de toute évidence qu'ils ont besoin plus que tous autres d'y voir très-distinctement de loin. Le lorgnon monoculaire phis facilement accepté par nos mœurs, porté même par certains précieux par pure coquetterie ne remplit pas le but, puisqu'il ne rétablit pas la vision binoculaire, qui seule donne la perspective et la notion des distances aussi exactement que le comportent nos yeux.
Il serait hors de propos d'examiner ici la question de savoir s'il serait préférable de porter constamment les lunettes ou de les réserver pour certains exercices déterminés. La mesure ne saurait être générale : pour prendre le meilleur parti, il est nécessaire de s'inspirer de chaque cas particulier en tenant compte des considérations générales que nous avons développées précédemment.
La question de l'influence des lunettes sur la vision n'est pas encore jugée. Cependant il est permis de dire qu'elles auront moins d'inconvénients, toutes conditions égales d'ailleurs, dans l'armée que dans la population civile en raison du peu d'importance de la vision rapprochée.
En supposant résolue pratiquement la question de port des lunettes sous les armes, on peut, avec plus de certitude et de fruit, faire le départ des états amétropiques qui nous paraissent incompatibles avec le service militaire.
Myopie. — La myopie ne sera qu'exceptionnellement un motif d'exemption. Toutes les fois qu'il sera possible de restituer avec des verres la vision éloignée sans danger pour le sujet, on devra se prononcer pour l'admission. C'est ici le moment de rappeler que nous avons partagé les myopes en deux groupes, groupe des myopes à correction totale et groupe des myopes à correction incomplète. .
DES AFFECT. OCULAIRES AU POINT DE VUE DU SERVICE MILIT. 467 Le premier se compose de tous ceux qui ont une myopie inférieure à i-, exempte de complications, et une accommodation normale. En raison de l'âge des jeunes gens et des conditions de la profession militaire, il nous paraît possible de reculer la limite à -i, ce qui s'écarte peu, comme on le voit, des limites que les conseils de révision ont eu jusqu'ici l'intention de fixer.
La détermination du degré de la myopie n'offrira de garantie qu'à la condition de rechercher quel est le verre concave le plus faible qui permette de lire de gros caractères typographiques à la distance de S mètres. On se mettra plus sûrement encore à l'abri de toute tentative de simulation et on arrivera plus simplement à mesurer les divers états amétropiques en faisant usage de notre optomètre. Celui-ci permettra du même coup, par la détermination du punctum proximum^ de connaître l'amplitude de l'accommodation.
La myopie d'un degré supérieur à \, la myopie compliquée de strabisme divergent, d'atrophie choroïdienne, de lésions de la papille, d'apdplexies, de décollement rétinien, de corps flottants dans le corps vitré, etc., ce dont on devra toujours s'assurer par l'examen ophthalmoscopique, est incompatible avec le service militaire.
Hypermétropie. — L'hypermétropie à vingt ans, même pour les degrés élevés, est compatible avec le service militaire. Cette infirmité inégalement développée dans les deux yeux, ce qui est la règle, occasionne très-fréquemment du côté le plus atteint un état amblyopique dû au défaut d'exercice, c'est-à-dire à l'habitude prise de neutraliser les images fournies par l'œil le plus défectueux. Ces sujets ne sont pas borgnes : leur champ visuel n'est pas diminué, mais ils sont privés des avantages de la vision binoculaire. Malgré ces conditions défavorables, l'hypermétrope amé/yope/^ar inactivité fonctionnelle peut être accepté lorsque l'œil droit est suffisamment bon. Nous réservons donc l'exemption :
r Pour les hypermétropies de \ et au-dessus, parce qu'à ces degrés la vision n'a plus généralement une acuité suffisante ;
2° Pour les hypermétropies compliquées de strabisme convergent ;
3° Pour les hypermétropes amblyopes de l'œil droit.
L'hypermétropie se mesurera avec notre oplomètre aussi facilement que la mvopic. Rarement même il sera nécessaire d'employer
OPTOMÉTRlIi.
l'atropine pour avoir le punctiim remotum, ce qui est tout a fait indispensable avec les verres correcteurs. Ajoutons encore que les tentatives de simulation et de dissimulation n'auront aucune
chance de succès.
Astigmatisme, — L'astigmatisme se présente presque toujours comme une complication de la myopie et de l'hypermétropie. Par lui-même, il ne sera que tres-exceptionnellement une cause d'exemption. Les troubles visuels qu'il occasionne sont beaucoup moins graves qu'on ne pourrait le supposer, et ils ne deviennent une gêne sérieuse que pour la vision rapprochée soutenue. Les vues astigmates, sauf de très-rares exceptions, devront donc être traitées comme de simples vues myopes ou hypermétropes.
11 est clair qu'il ne s'agit ici que de l'astigmatisme régulier , les formes irrégulières au contraire, qui résultent de déformations accidentelles de la cornée, survenues à la suite de diverses affections de cette membrane, créent un haut degré d'amblyopie et rendent impropre au service. Il y a lieu surtout de les rechercher dans les cas d'opacités diffuses, de staphylômes pellucides peu développés, etc.
Amblyopie. — Amaurose. — Ces deux termes expriment l'un l'abaissement, l'autre l'abolition de la faculté visuelle. Ils représentent le symptôme subjectif commun à toutes les affections oculaires dont il a été question, qu'il s'agisse de lésions des membranes intra-oculaires , d'altérations dans la transparence des milieux ou de troubles de. la réfraction.
L'amblyopie peut donc résulter :
1° D'un état amétropique de l'œil : dans ce cas particulier les verres correcteurs y portent un remède suffisant;
2" D'un défaut d'exercice prolongé de l'un des yeux ou d'un défaut de transparence des milieux réfringents ;
3° D'une affection des membranes intra-oculaires ou du nerf optique.
Dans ces deux dernières conjonctures, l'amblyopie représente un symptôme qui réclame la plus grande attention^ car il s'agit nonseulement de fixer les limites compatibles aVecle service militaire, mais aussi de préciser, autant que possible, les suites prochaines ou éloignées du mal pour en tenir juste compte.
A cet égard, les amblyopies par inactivité fonctionnelle forment un groupe bien distinct ; elles sont faciles à reconnaître, ne tendent pas à s'aggaver, s'améliorent progressivement au contrairCj
DES AFFECT. OCULAIRES Ar POINT DE VUE DU SERVICE MILIT. 40ft par des exercices visuels soutenus et méthodiques. Néanmoins l'abaissement de l'acuité est ordinairement assez considérable pour motiver et l'exemption et la réforme, lorsque l'œil droit en est le siège; s'agit-il de l'œil gauche, au contraire, comme le sujet n'est pas menacé de devenir borgne, nous le croyons propre au service.
L'amblyopie amétropique est habituellement unilatérale.
Dans un second groupe se rencontrent les affaiblissements qui résultent d'opacités siégeant dans les milieux réfringents. Pour en apprécier la gravité, la durée et l'issue, il est indispensable de faire le diagnostic exact de la cause par l'éclairage latéral et l'éclairage au miroir.
Enfin, dans un troisième groupe, figurent les amblyopies d'origine sensoriale ; comme elles sont le plus souvent progressives et trop fréquemment incurables, elles nous paraissent devoir exempter du service et entraîner la réforme après un temps suffisant d'observation et de traitement.
L'amblyopie se constate et se mesure avec l'échelle typographique. Il a été question longuement de cette opération élémentaire à propos de V Acuité de la vision (p. 106).
Toute amblyopie bien constatée qui est représentée par une acuité visuelle \ ou au-dessous, c'est-à-dire qui ne permet de lire un texte ordinaire ou l'écriture courante qu'avec difficulté, nous paraît incompatible avec les obligations du service militaire, lorsque l'affaiblissement existe des deux côtés. Le point difficile est de se mettre à l'abri de la simulation. L'examen ophthalmoscopiqiie, dans un certain nombre de cas, révélera une cause matérielle soit du côté de la choroïde, soit du côté de la rétine, soit enfin du côté de la papille ; mais trop souvent l'examen sera négatif, surtout lorsqu'il s'agit d'afi"cctions papillaires au début de leur développement : celles-ci ne sont que tardivement appréciables à l'ophthalmoscope, surtout quand on prend pour guide, comme nous l'avons tant recommandé, cette investigation sévère qui conduit à ne tenir compte que de lésions nettes et bien définies. Pour ces conjonctures délicates, le moyen qui nous a le mieux réussi consiste à interroger avec soin le champ visuel. Dans cette voie le simulateur est pris au dépourvu, ne sachant quel parti prendre il répond juste; si le champ visuel est intact, il y a lieu de suspecter la bonne foi, lant la relation est étroite entre les affections papillaires et les altérations du champ visuel.
OPÏOMÉTRIE.
Lorsque raffaiblisscment est monoculaire, on aura recours aux épreuves employées pour dépister la simulation de l'amaurose unilatérale.
L'amaurose double, entraînant une incapacité absolue de servir, ne doit être mentionnée ici qu'au point de vue de la simulation. Le plus souvent la faculté visuelle n'est pas absolument abolie ; l'amaurotique, considéré à bon droit comme ayeugle, distingue encore pendant très-longtemps, toujours même, le jour de la nuit; on doit tenir pour suspect tout individu qui, placé en face d'une fenêtre bien éclairée ou à proximité d'une lampe, déclare ne rien voir.
Dans cette question, on attribuait autrefois à l'état des pupilles une importance diagnostique fort exagérée. Il était établi que les yeux amaurotiques avaient la pupille large , immobile sous l'excitation de la lumière. Cette proposition représente dans beaucoup de cas une grosse erreur. Les pupilles dans l'amaurose peuvent rester étroites, les iris, contractiles au point même de produire un état myotique. Nous nous sommes précédemment expliqué sur la persistance de ces actions réflexes, malgré l'affaiblissement ou l'abolition de la faculté visuelle. Il en résulte que l'on ne doit accorder qu'une valeur tout à fait secondaire à l'état des pupilles dans l'amaurose double. La source d'information la plus sûre réside dans l'examen ophthalmoscopique. Lorsque la faculté visuelle est abolie ou restreinte à une perception vague qualitative de la lumière, il arrive bien rarement que le miroir n'en révèle pas la cause par des altérations nettes, bien définies, soit du côté de la macula, soit du côté de la papille. Il se peut que l'abolition de la fonction existe durant un certain temps avant l'apparition des altérations matérielles, surtout dans les cas de traumatisme; mais celles-ci finissent par apparaître. Tel est du moins l'enseignement qui résulte de notre observation ; sans nier l'amaurose essentielle, nous sommes conduit à la croire très-rare et sujette à révision.
La simulation de l'amaurose unilatérale est à peu près la seule qui soit tentée. Autrefois, aujourd'hui encore, comme en témoignent plusieurs observateurs, ainsi qu'un jugement tout récent du tribunal de police correctionnelle d'Aix, on simulait l'amaurose monoculaire en provoquant la dilatation de la pupille, à l'aide de préparations de belladone ou d'atropine. Ce piège grossier ne saurait plus tromper un observateur attentif. La dilatation énorme causée
DES AFFECT. OCULAIRES AU POINT DE VUE DU SEIWICE MILIT. 471 par l'atropiae, n'existe jamais dans l'amaurose double, et à plus forte raison dans l'amaurose unilatérale. Ici la pupille est le plus souvent^ normale, elle est excitable par l'action de la lumière sur l'œil sain, ce qui n'arrive pas dans la paralysie provoquée.
Pour constater la simulation dans les cas de mydriase provoquée, notre collègue Lachronique, médecin principal de l'armée, a tenté d'utiliser les propriétés myotiques de la fève de Calabar. 11 soumit l'œil suspect cà l'action de cet agent; après vingt à vingt-cinq minutes, la pupille, qu'une vive lumière n'avait pu faire contracter, se resserra d'une façon très-appréciable. Il conclut à une mydriase provoquée, se fondant sur ce fait qu'une paralysie directe ou réflexe du sphincter de l'iris n'est pas modifiée par l'action de la fève. Malheureusement pour le procédé, il n'en est pas ainsi. Dans l'un des mémoires de Donders, il est question d'un cas de paralysie du moteur oculaire commun, dans lequel la fève de Calabar fit disparaître momentanément la mydriase. Nous avons constaté plusieurs fois la même chose. Aujourd'hui encore, nous avons dans nos salles au Val-de-Grâce, un garde républicain qui est atteint d'une paralysie complète de l'accommodation et du sphincter iridien. Les pupilles sont énormes; sous l'influence de deux carrés de papier calabariné^ elles font place en 20 ou 30 minutes à un véritable état myotique qui dure plusieurs heures.
Un certain nombre de procédés ont été conseillés ou appliqués pour découvrir la simulation de l'amaurose unilatérale.
De Grœfe a proposé dans ce but l'emploi d'un prisme un peu fort, du numéro 8 ou 10, que l'on place devant l'œil sain, l'arête tenue horizontalement. Appliquée chez une personne dont les yeux sont sains, ce prisme provoque une diplopie verticale; le sujet voit les objets doubles ; chez le simulateur non préparé au résultat, il en sera évidemment de môme, tandis que chez l'amaurotique vrai, la vision restera simple. L'auteur a employé avec succès ce procédé chez une jeune fille qui simulait une amaurose de l'œil droit; on la plaça en face d'une lampe devant laquelle se trouvait un prisme ; elle s'empressa immédiatement de dire qu'elle voyait deux lampes, en prenant soin de décrire minutieusement les déplacements des deux images correspondants aux mouvements du prisme. On lui ferma alors l'œil suspecté, et elle annonça qu'on venait de supprimer l'une des deux images.
Si l'on avait quelque raison de croire que le simulateur est prévenu de la signification du pbénomèiie des doubles images, on
OPTOMÉTHlli.
changerait la direction du prisme, et on en dirigerait la base en dehors de façon à provoquer une diplopie horizontale, que l'œil tend instinctivement à supprimer par un mouvement approprié dont la constatation suffît à faire reconnaître la supercherie.
H. de Graefe (de Halle) a récemment modifié cette épreuve par les prismes d'une façon qui, combinée avec la précédente, rend bien difficile la fraude, fût-elle secondée par une imiliation . préalable.
«En plaçant le prisme comme dans l'expérience précédente, on provoque une diplopie binoculaire; en le disposant de telle sorte que l'arête corresponde au diamètre horizontal de la pupille, on obtient deux images superposées, dont l'une est vue binoculaircment, et l'autre monoculaire. Quelque parti que veuille prendre le simulateur, soit de déclarer qu'il voit toujours deux images, soit d'affirmer qu'il n'en voit qu'une, il suffit de déplacer le prisme par des mouvements imperceptibles, de façon à couvrir, puis à découvrir la moitié de la pupille, c'est-à-dire à supprimer, puis à rétablir les images doubles pour défier la fraude. »
L'épreuve parles prismes, qui est d'une exécution simple, rapide, d'une application commode, nous paraît être un moyen d'information digne de toute recommandation. A. de Grœfe rapporte, à l'appui de son procédé, l'observation d'un soldat blessé chez lequel une balle avait elfieuré la te^mpe gauche, et qui prétendait être complètement aveugle de ce côté. Ce soldat avait été examiné déjà plusieurs fois, et connaissait la signification de la diplopie provoquée par la méthode de H. de Graefe; il était sorti victorieux de toutes les épreuves auxquelles on l'avait soumis, jusqu'au moment où l'auteur parvint, par la modification apportée au procédé primitif, à le prendre en défaut. Le simulateur découvert accusa sa supercherie.
Le docteur Fiés, médecin hollandais, a imaginé pour reconnaître la simulation de l'amaurose monoculaire, un appareil tiès-simple, fondé sur les lois de la catoptrique, et qui permet de faire voir du côté opposé à l'œil qui regarde l'image d'un petit objet réfléchi par un miroir plan.
Dans une boîte en bois carrée TT,TT' de 8 centimètres de hauteur, sont disposés verticalement deux miroirs m, m' inclinés, et formant entre eux un angle de 120" [fig. 60). Cette boîte est fermée en haut par un verre dépoli qui ne permet pas de voir les objets qui s'y trouvent, sans toutefois nuire à l'éclairage. Sur la paroi ï' T' se