DÉCOLLEMENT DE-LA RÉTINE
tiennent au système rétinien. Ils suivent nécessairement la rétine dans ses divers déplacements, ils sont agités en même temps qu'elle. Leur situation nouvelle entrave nécessairement la circulation ; aussi deviennent -ils tortueux et de plus en .plus foncés. Il en est même qui paraissent noirs et qui pour ce motif peuvent donner le change à l'observateur au premier abord.
Lorsque, avec le décollement il existe des corps flottants dans le corps vitré, on constate leur présence au miroir parleurs signes habituels, c'est-à-dire qu'on les voit s'agiter dans tous les sens pendant les mouvements du globe. Parfois ils adhèrent à la partie décollée par l'une de leurs extrémités : dès lors ils sont soumis à deux sortes de mouvements, les uns transmis par la tumeur, les autres dus au déplacement de leur partie libre dans la vitrine liquéfiée. Nous avons représenté {pi. III, fiy. 2) un exemple de ce genre.
L'examen par l'image renversée, donnant une image plus nette du. fond de l'œil, devra servir de complément à l'observation ; il permettra de constater plus facilement les rapports qui existent entre la partie saine et la partie malade de la rétine, de mieux étudier le trajet des vaisseaux depuis leur point d'émergence jusqu'à leur distribution sur le décollement, de mieux apprécier le degré de transparence du liquide épanché par l'aspect de la choroïde sous-jacente. Les figures delà planche XVI représentent les images des principales variétés de décollements rétiniens vus par ce procédé. On peut juger par elles combien l'aspect des vaisseaux rétiniens est caractéristique et par conséquent important pour le diagnostic. Ils conservent leur direction normale depuis leur point d'émergencejusqu'au niveau du décollement. Mais là ils se recourbent, changent de couleur, deviennent tortueux, irréguliers dans leur marche. Dans certains cas ils paraissent brusquement interrompus, dans d'autres, on les voit en tronçons isolés sur la tumeur, plus ou moins voilés ou confondus dans une substance opaline. La raison de ces aspects divers est facile à déduire. Le bord du décollement forme nécessairement sur les parties saines un certain relief au niveau duquel le vaisseau change de direction. Parvenu sur la partie malade, il en suit les inflexions, les plissements. Ceux-ci peuvent être assez prononcés pour que la portion située au fond d'un pli disparaisse complètement, ce qui donne naissance à des tronçons isolés. Cette illusion sera d'autant plus complète que le liquide épanché sera plus trouble, comme il arrive surtout dans les épan-
•202 OPHTHALMOSCOPIE.
chernents récents, et qu'il existera un certain degré d'œdème de la rétine. L'opalescence peut être assez marquée pour voiler à peu près complètement les vaisseaux et leur donner l'aspect que nous avons représenté dans les figures 1, 3 et 4 de la planche XVI. Lorsque la saillie formée par le décollement est plus considérable, elle représente une véritable ampoule qui masque a l'observateur une partie de l'image rétinienne. Alors les vaisseaux semblent interrompus à ce niveau et leurs prolongements sur la tumeur paraissent être sans connexion avec leurs troncs. Les figures 1, 3 et 5 de la planche XXI, représentent cette disposition à divers degrés. Nous avons reproduit dans la figure 5 (même planche) un décollement ampullaire très-développé qui masquait non-seulement les points d'émergence des vaisseaux, mais encore s'étendait comme un voile grisâtre , cendré, dont le bord nettement découpé partageait en deux l'image ophthalmoscopique.
A mesure que le liquide sous-rétinien devient plus transparent, la couleur rouge de la choroïde devient plus apparente à travers la membrane décollée. Scheigger dit avoir constaté dans certains cas très-rares des vaisseaux situés derrière le décollement et appartenant à la choroïde. Toutefois dans ces circonstances, cette membrane est toujours notablement ternie, comme on peut en juger par les figures 2, 5, et 6 (même planche).
On rencontre quelquefois, en examinant les décollements jusqu'à leur périphérie, des déchirures de la rétine, qui se distinguent par leurs bords aigus, comme roulés sur eux-mêmes, et entre lesquels se voit la choroïde avec sa couleur habituelle.
Parfois la rétine n'est soulevée que dans une très-petite étendue. Elle n'est alors reconnaissable que par un petit pli blanchâtre assez souvent traversé par un vaisseau.
signes fonctionnels. — Le décollement de la rétine se traduit toujours par des troubles fonctionnels qui par leur importance et la soudaineté de leur apparition, frappent vivement l'attention du malade, à moins toutefois qu'il ne survienne dans le cours d'une affection oculaire qui a déjà gravement compromis la vision.
Dans quelques cas, chez les myopes de préférence, le malade remarque d'abord dans le champ visuel, soit une bande étroite, grise ou colorée , soit une petite tumeur , une vésicule demitransparente, à travers laquelle il voit encore mais moins dis-