‹ Traité pratique d'ophthalmoscopie et d'optométrie (volume 3)Chapitre 48 sur 65 · RÉTINITE ALBUMINURIQUE · texte numérisé non relu

RÉTINITE ALBUMINURIQUE

sur l'anneau choroïdal, sont mal délimiiés ; les vaisseaux paraissent sinueux vers leur point d'émergence (pi. XVII, fig. 1). Au pourtour de la papille on observe une zone grisâtre, de largeur variable et formée par l'infiltration séreuse de la rétine ; elle est de même couleur que la papille avec laquelle elle se confond (pi. XVII, fig. 2, 3). A une période plus avancée il se développe autour de la tache jaune un nombre considérable de points ou de petites masses blanches, éclatantes, épaisses, qui sont disséminées ou groupées de façon à former une opacité brillante au centre de laquelle apparaît la tache jaune avec sa couleur rougeâtre. En examinant un peu attentivement cette opacité, on la trouve finement striée et terminée par des prolongements radiaires.

Les vaisseaux rétiniens qui passent à ce niveau sont le plus souvent voilés ou complètement masqués. La figure I de la planche XVII, déjà citée, reproduit fidèlement l'aspect et la disposition de cette forme d'altération qui est due à la dégénérescence graisseuse ou scléreuse des fibres perpendiculaires de la rétine.

A une plus grande distance de la papille et de la tache jaune, dans la région de Yora serrata, il se développe vers la même époque un nombre considérable de petites plaques jaunâtres, arrondies, rares sur certains points, confluentes sur certains autres. Ces taches pathologiques de diverses natures et de formes variables sont entremêlées ou entourées de foyers apoplectiques que l'on rencontre surtout dans le voisinage des vaisseaux et qui affectent la disposition de suffusions arrondies ou de traînées finement striées (pi. XVII, fig. 2). Ces infiltrations sanguines, dues à la dégénérescence des parois vasculaires, subissent l'évolution régressive habituelle des dépôts sanguins de la rétine, elles se décolorent progressivement et finissent par ne laisser qu'une tache d'un blanc jaunâtre, légèrement ombrée sur ses bords (pi. XVII, fig. 3).

Dans certains cas l'image ophthalmoscopique perd sa couleur rouge orangé, elle devient jaune ou brunâtre.

Les troubles visuels déterminés parla rétinite albuminurique ne présentent rien de spécial; ils sont tels que nous les avons décrits à propos de la rétinite en général.

On rencontre dans quelques cas de petits décollements occasionnés par l'abondance de l'exsudation séreuse qui non-seulement pénètre le tissu rétinien, mais se réunit encore en couche mince entre la rétine et la choroïde. En groupant entre eux les signes ophthalmoscopiques précédents, on peut, bien qu'ils n'aient rien d'abso-

lument caractéristique, reconnaître sûrement Ja nature de l'altération rétinienne. 11 arrive même, ainsi que nous l'avons dit déjà, que l'ophthalmoscope signale le premier l'existence d'une albuminurie non soupçonnée jusqu'alors.

La rétinite albuminnrique a une marche très-variable ; lorsqu'elle est provoquée par la présence accidentelle de l'albumine dans l'urine, elle disparaît avec la cause qui l'a fait naître. Dans d'autres cas elle entraîne en quelques jours une cécité complète, due à une transsudation séreuse très-abondante. Le plus souvent elle affecte une marche progressive, mais extrêmement lente, et le malade succombe avant que les troubles visuels soient devenus bien graves.

Cette affection peut-elle guérir? Oui, si elle est limitée à une simple hypérhémie suivie d'œdème. Malgré quelques opinions contraires, il n'en est plus de même lorsque des altérations de tissu se sont produites. On conçoit à la rigueur que l'hypertrophie du tissu cellulaire rétinien puisse être suivie de métamorphoses régressives à la suite desquelles la rétine recouvre son intégrité, mais il faudrait pour cela que les éléments nerveux fussent respectés, ce qui est contraire à l'observation, comme nous l'avbns vu en traitant de l'anatomie pathologique.

Le pronostic de la rétinite albuminurique est donc grave ; on ne peut guère compter sur une guérison ou sur une amélioration qu'autant que les accidents sont dus à de l'infiltration simple.

La thérapeutique offre très-peu de ressources; on a conseillé les déplétions sanguines locales et surtout la ventouse de Heurteloup, des purgatifs légers destinés à combattre l'urémie et par suite la tension vasculaire, etc., etc. Le traitement général par les toniques et un régime réparateur est encore celui qui nous inspire le plus de confiance.

ARTICLE Vllt.

Rétinite syphilitique.

Les particularités de l'image ophthalmoscopique, attribuées à la rétinite syphilitique sont trop peu marquées, trop variables pour conduire à un diagnostic assuré en l'absence d'autres manifestations concomitantes ou d'accidents antérieurs. En étudiant avec un soin tout particulier les faits de rétinite, développés chez des sujets

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