DKS PROCEDES POUR VOIR LE FOND DE LŒIL
Jusques alors il n*a été question que des rayons renvoyés par le point de la rétine qui correspond à Taxe optique principal, ou par un des points très-rapprochés de lui. Il en est de même pour les autres parties éclairées du fond de l'œil, lise présente cependant dans la pratique quelques particularités, qui s'écartent de cette règle et la réduisent à sa juste valeur. Dans Tœil normal, dont Taccommodation est en jeu, il arrive que les rayons émanés de Tora scrrata sortent parallèles, tandis que ceux qui proviennent de la région de la macula sortent en divergence. Cette différence n'est pas trèsmarquée, il est vrai. Elle est due à ce que les rayons qui émanent des parties latérales subissent une déviation- moins grande, soit parce qu'ils traversent l'appareil dioptrique sous des angles tels que leur déviation est inférieure à celle des rayons centraux, soit parce que les changements de courbure du cristallin pendant l'accommodation sont plus marqués au centre qu'à la périphérie. Cette différeiv^e devient plus sensible, lorsqu'on examinedes yeux myopes. Ceux-ci doivent leur infirmité à l'existence d'un staphylôme, qui modifie nécessairement la marche des rayons lumineux de retour. Comme le fond du staphylôme, qui correspond à peu près au polo postérieur du globe, est en arrière du plan focal, les rayons lumineux qui en émergent, ont une direction convergente, tandis que les rayons émanés des parties situées en dehors de lui pourront avoir une direction parallèle.
Au point où nous en sommes, il devient facile de déterminer les conditions dans lesquelles il sera possible de voir nettement le fond de l'œil avec le réflecteur, sans le concours d'aucun verre correcteur.
Les rayons lumineux émanés de chaque point éclairé de la rétine sont parallèles, divergents ou convergents : ils représentent un cylindre, ou un cône dont la base est égale au diamètre de la pupille, et dont l'axe de figure se confond avec l'axe du cône éclairant. Il est évident, dès lors, que la première condition pour y voir, c'est de se placer dans la direction des rayons éclairants et réfléchis.
Nous avons déjà dit qu'llelmholtz, le premier, l'avait réalisée en substituant à la lumière directe la lumière réfléchie; mais le réflecteur d'Helmholtz, formé par une plaque de verre transparente, à surfaces parallèles, ne pouvait donner qu'un faible éclairage. On lui a substitué un réflecteur opaque que Ton a percé d'un trou central pour permettre à l'observateur de se placer sur le trajet des
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rayons de retour. Telle est la signification du trou qui existe dans tous les ophthalmoscopes. Celui-ci est indispensable, à moins que rimage ne soit déviée par un prisme.
2. Mais il ne suffit pas de se placer sur le trajet des rayons émergents, il faut encore que ceux-ci aient une direction appropriée aux conditions de la vision distincte. Or notre œil, en le supposant normal, n'est apte à voir qu'avec des rayons parallèles ou divergents ; par conséquent, pour que le fond de Toeil puisse être vu, il faut que les faisceaux qui en émergent soient parallèles ou divergents : sans cela, Texploration au réflecteur permet seulement de constater qu'il est possible d'éclairer à volonté la cavité oculaire : on voit que celle-ci miroite, qu'elle offre l'aspect d'une surface rouge, mais on ne distingue rien.
Les conditions dans lesquelles ce mode d'examen sera possible peuvent être déterminées pour les diverses formes de l'œil. Elles sont importantes à connaître, parce que l'exploration au miroir seul rend de très-grands services dans la pratique.
a. Œil normal {emmétrope), — L'œil normal ne fournira jamais de rayons divergents. S'il est accommodé pour une distance limitée, les rayons sortiront en convergence : point de perception nette. S'il est adapté pour les grandes distances, ils sortiront en parallélisme. Dans ce cas seulement il est possible d'avoir une image droite d'une faible partie, il est vrai, du champ rétinien. Mais, que de difficultés à vaincre pour y arriver! Il faut que'le malade ait son accommodation entièrement relâchée (condition de la vision distincte éloignée). Ceci est possible s'il est inattentif ou si l'on dirige son regard vers un objet éloigné. Mais il faut aussi, chez l'observateur, deux conditions réunies. D'abord, qu'il ait un œil normal, c'est-à-dire approprié à la vision par les rayons parallèles. S'il est myope ou hypermétrope, il n'y verra pas, à moins de ramener par un verre correcteur (concave s'il est myope, convexe s'il a une hypermétropie manifeste) sa propre vue aux conditions de la vision normale. En second lieu, il faut que son accommodation soit complètement relâchée, ce qui est bien difficile et presque contradictoire avec l'obligation de fixer son regard à une distance qui devra être très-courte. On ne peut en effet, tout en remplissant les conditions ci-dessus mentionnées, voir distinctement qu'en se rapprochant très-près du sujet. Pour peu qu'on s'éloigne, la lumière réfléchie se perd en quantité telle que la perception de l'image n'est plus possible faute d'un éclairage suffisant. Âjou-