PERFECTIONNEMENTS DE L*ÉCLAIRAGE OPUTOALMOSCOPIQUE
Ces perfectionnements ont eu pour but :
r De trouver le procédé qui procure Téclairage le meilleur au double point de vue de son étendue et de son intensité ;
2*" De trouver le moyen de fixer l'image du fond de Tœil à une distance compatible avec les exigences de Téclairage et les condi* tioQs de la vue distincte de Tobservateur. Afin de mettre le lecteur à même de pouvoir se rendre compte des conditions d'éclairage qu'il réalise ou des difficultés qu'il rencontre dans un cas donné avec un opbthalmoscope quelconque, nous croyons utile de discuter brièvement les principales données théoriques de ce double problème.
Nous serons obligé de faire intervenir quelques principes élémentaires d'optométrie. S'il en résultait quelque obscurité dans le texte, il serait aisé de la dissiper en ayant recours, par anticipation, à la seconde partie de ce travail, qui traite de ces matières.
ARTICLE PREMIER Des divers modes d'éclairage.
Des rayons lumineux, projetés d'une façon quelconque dans la cavité oculaire, peuvent en éclairer le fond, pourvu qu'ils soient en quantité suffisante : leur direction n'exerce d'influence que sur rétendue des parties éclairées. Que l'on fasse usage d'un foyer de lumière artificielle ou d'un pinceau de lumière solaire; que réclairage soit direct ou obtenu par réflexion à l'aide d'un miroir ou d'un prisme, le fond de l'œil observé recevra toujours un faisceau lumineux, dont la section sera mesurée par le diamètre de, la pupille : mais, suivant les conditions de l'observation, ce faisceau sera formé de rayons parallèles, convergents ou divergents.
1 • Éclairage par des myons parallèles oa par pr«UectioB d^tmages
inmiaevses. — Si l'œil observé est emmétrope (œil normal) et s'il
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est au repos, c'est-à-dire adapté pour les rayons parallèles, la réunion se fera très-exactement sur la rétine, de façon à y reproduire une image petite et renversée de la source lumineuse. La surface rétinienne sur laquelle est projetée cette image, sera vivement éclairée, mais très-petite. Pour obtenir un champ de quelque étendue, il faudrait un foyer très-grand et beaucoup trop éblouissant.
Si, au contraire, Tœil observé est adapté pour une courte distance, la réunion des rayons parallèles s'opérera en avant de la rétine, et Fimage projetée sur cette membrane sera moins nette, un peu plus large, moins brillante ; mais elle ne s'écartera pas assez du type précédent pour modifier les avantages et les inconvénients de ce mode d'éclairage.
Le procédé d'éclairage par projection d'images lumineuses sert peu dans la pratique, bien que l'on puisse, dans quelques cas sur lesquels nous reviendrons, en tirer un excellent parti.
Le meilleur et le plus simple moyen de l'appliquer, consiste à employer un miroir plan, comme le fit Helmhoitz. Ces miroirs réfiécbissent la lumière suivant la direction qu'elle aurait si elle émanait directement d*un point placé à la distance à laquelle se trouve la source lumineuse. Ainsi, lorsque celle-ci est assez éloignée pour envoyer des rayons parallèles, le miroir réfléchit des rayons parallèles, quelle que soit d'ailleurs la distance à laquelle il se trouve de l'œil observé. Le réflecteur peut donc être rapproché autant qu'on le veut de l'œil du sujet, pourvu que la lampe soit à une distance suffisante. Dans ces conditions, l'éclairage sera nécessairement très-faible, et projettera sur la rétine une image peu éclairée, ce qui est préférable dans certains cas.
Ce procédé d'éclairage ne permet d'explorer qu'une très-petite surface à la fois. Il entraîne nécessairement plus de lenteur et il réclame plus d'habileté que les autres.
2. lÊdairaipe par des rayons soit eonYergewtiM, soit dlTergent»» ou par projection de cercles luniineux de dimision. — âf. LeS rayonS
convergents ^Q réunissent en un point situé en avant de la rétine, puis continuent leur marche en divergeant, de façon à projeter sur le fond de l'œil un cercle de diffusion plus ou moins étendu. La . réunion de semblables rayons sur la rétine ne peut se faire qu'exceptionnellement, lorsque leur convergence n'est pas trop forte, et que l'œil est hypermétrope à un degré correspondant.
Pour obtenir ce mode d'éclairage, on a eu recours à diverses combinaisons, fondées sur les propriétés optiques des miroirs et des
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lentilles. Ruete a employé un miroir concave d'un foyer approprié ; Hasner, une lentille convexe étamée sur Tune de ses faces, ce qui revient au même; Goccius, un miroir plan, muni d'une lentille convexe, etc.
Le miroir concave réunit les rayons qui frappent sa surface en un point d'autant plus rapproché que la source lumineuse est elle-même plus éloignée. Si cette dernière est assez loin pour fournir des rayons sensiblement parallèles, ceux-ci se réunissent au foyer principal du miroir. Au fur et à mesure que la source lumineuse se rapproche, les rayons ont des directions de moins en moins convergentes, et forment foyer en un point de plus en plus éloigné. Ce foyer siège exactement au centre de courbure, lorsque la source lumineuse y est elle-même placée. Celle-ci est-elle rapprochée davantage, le foyer s'éloigne encore, jusqu'à ce que les rayons lumineux prennent une direction parallèle quand la lampe est au foyer principal. On voit que, par ce mode d'éclairage, le degré de convergence des rayons est subordonné à la longueur focale du miroir et à la distance à laquelle est placée la source de lumière.
Lorsqu'on a recours au miroir plan sur lequel on fait arriver des rayons rendus plus ou moins convergents par l'interposition d'une lentille biconvexe, les rayons réfléchis vers l'œil observé affectent, ainsi que nous l'avons vu, le même degré de convergence que les rayons incidents. Il en résulte que, sans modifier les distances respectives de la lampe au miroir et du miroir à l'œil observé, on peut modifier à volonté la convergence des rayons réfléchis en changeant ou en déplaçant seulement la lentille. Pour ce motif, l'instrument de Coccius, composé d'un miroir plan et d'une lentille mobile, est le plus commode lorsqu'on tient à conserver le même rapport de distance entre la lampe, le miroir et l'œil observé.
L'étendue de la surface éclairée par les rayons convergents est en rapport avec leur degré de convergence. Plus celui-ci sera élevé, plus le point d'entre-croisement sera éloigné de la rétine, plus la surface de diffusion qu'ils produiront après leur rencontre sera étendue. Celte relation est traduite dans les deux figures suivantes (fig. 4 et 5).
L'arc rétinien AB de l'œil 0 est manifestement moins étendu que l'arc rétinien A'B' de l'œil 0', parce que, dans le premier cas, le point d'entre-croisement est moins éloigné de la rétine que dans le second .
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est au repos, c'est-à-dire adapté pour les rayons parallèles, la réunion se fera très-exactement sur la rétine, de façon à y reproduire une image petite et renversée de la source lumineuse. La surface rétinienne sur laquelle est projetée cette image, sera vivement éclairée, mais très-petite. Pour obtenir un champ de quelque étendue, il faudrait un foyer très-grand et beaucoup trop éblouissant.
Si, au contraire, l'œil observé est adapté pour une courte distance, la réunion des rayons parallèles s'opérera en avant de la rétine, et l'image projetée sur cette membrane sera moins nette, un peu plus large, moins brillante ; mais elle ne s'écartera pas assez du type précédent pour modifier les avantages et les inconvénients de ce mode d'éclairage.
Le procédé d'éclairage par projection d'images lumineuses sert peu dans la pratique, bien que l'on puisse, dans quelques cas sur lesquels nous reviendrons, en tirer un excellent parti.
Le meilleur et le plus simple moyen de l'appliquer, consiste à employer un miroir plan, comme le fit Helmhoitz. Ces miroirs réfléchissent la lumière suivant la direction qu'elle aurait si elle émanait directement d'un point placé à la distance à laquelle se trouve la source lumineuse. Ainsi, lorsque celle-ci est assez éloignée pour envoyer des rayons parallèles, le miroir réfléchit des rayons parallèles, quelle que soit d'ailleurs la distance à laquelle il se trouve de l'œil observé. Le réflecteur peut donc être rapproché autant qu'on le veut de l'œil du sujet, pourvu que la lampe soit à une distance suffisante. Dans ces conditions, l'éclairage sera nécessairement très-faible, et projettera sur la rétine une image peu éclairée, ce qui est préférable dans certains cas.
Ce procédé d'éclairage ne permet d'explorer qu'une très-petite surface à la fois. Il entraîne nécessairement plus de lenteur et il réclame plus d'habileté que les autres.
2. Éclairaipe par de« rayons soit eowkfergewtiM, «oit diTergentu, ou par prcJ<^ction de cercles lumineux de dilfùsion. — €1. LeS rayons
convergents ^Q réunissent en un point situé en avant de la rétine, puis continuent leur marche en divergeant, de façon à projeter sur le fond de l'œil un cercle de diffusion plus ou moins étendu. La réunion de semblables rayons sur la rétine ne peut se faire qu'exceptionnellement, lorsque leur convergence n'est pas trop forte, et que l'œil est hypermétrope à un degré correspondant.
Pour obtenir ce mode d'éclairage, on a eu recours à diverses combinaisons, fondées sur les propriétés optiques des miroirs et des
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lentilles. Ruete a employé un miroir concave d'un foyer approprié ; Hasner, une lentille convexe étamée sur Tune de ses faces, ce qui revient au même; Coccius, un miroir plan, muni d'une lentille convexe, etc.
Le miroir concave réunit les rayons qui frappent sa surface en un point d'autant plus rapproché que la source lumineuse est elle-même plus éloignée. Si cette dernière est assez loin pour fournir des rayons sensiblement parallèles, ceux-ci se réunissent au foyer principal du miroir. Au fur et à mesure que la source lumineuse se rapproche, les rayons ont des directions de moins en moins convergentes, et forment foyer en un point de plus en plus éloigné. Ce foyer siège exactement au centre de courbure, lorsque la source lumineuse y est elle-même placée. Celle-ci est-elle rapprochée davantage, le foyer s'éloigne encore, jusqu'à ce que les rayons lumineux prennent une direction parallèle quand la lampe est au foyer principal. On voit que, par ce mode d'éclairage, le degré de convergence des rayons est subordonné à la longueur focale du miroir et à la distance à laquelle est placée la source de lumière.
Lorsqu'on a recours au miroir plan sur lequel on fait arriver des rayons rendus plus ou moins convergents par l'interposition d'une lentille biconvexe, les rayons réfléchis vers l'œil observé affectent, ainsi que nous l'avons vu, le même degré de convergence que les rayons incidents. Il en résulte que, sans modifier les distances respectives de la lampe au miroir et du miroir à l'œil observé, on peut modifier à volonté la convergence des rayons réfléchis en changeant ou en déplaçant seulement la lentille. Pour ce motif, l'instrument de Coccius, composé d'un miroir plan et d'une lentille mobile, est le plus commode lorsqu'on tient à conserver le même rapport de distance entre la lampe, le miroir et l'œil observé.
L'étendue de la surface éclairée par les rayons convergents est en rapport avec leur degré de convergence. Plus celui-ci sera élevé, plus le point d'entre-croisement sera éloigné de la rétine, plus la surface de diffusion qu'ils produiront après leur rencontre sera étendue. Cette relation est traduite dans les deux figures suivantes {fig. 4 et S).
L'arc rétinien AB de l'œil 0 est manifestement moins étendu que l'arc rétinien A'B' de l'œil 0', parce que, dans le premier cas, le point d'entre-croisement est moins éloigné de la rétine que dans le second.
OI'HTHAÎ-HOSCOPIE.
b. Les rayons divergents qui nrrÏTcnt & l'œil sous un degré de divergence surfîsatit se réunissent en arrière de la rétine ; ils for-
Fig. 4. — Kclalrage par les rayons convergents.
ment sur cette membrane un cercle de diffusion d'autant plus étendu que leurpoint focal est plus éloigné ou, en d'autres termes,
Fig. 5. — Éclairage par les rayons convergents.
qu'ils sont plus divergents. On peut en juger facilement par la figure suivante {fig. 6). Les rayons émanés de la source lumineuse L
PEKFECTIONNËMKNTS DE L'ÉCI.A!HAGE OPHTHALMÛSCOPIQUE. )o ont, par bypotbèse, tm degré de divergence qui permet à l'œil de les réunir au point 0, situé sur la rétine. Ceux qui provienneat du point L', étant plus divergents, ne se réuniront qu'en 0', et formeront un cercle de diffusion dont l'étendue est égale à AB. Ceux qui proviennent du pointL" ayant une divergence plus grande, se réu-
Fig. u. — Eclairage par le» rayons divergente,
niront en 0", et formeront sur la rétine un cercle de diffusion A'B' plus grand que AB.
Le degré de divergence indispensable pour fournir un cercle de diffusion, est variable auivant l'état de la réfraction de l'œil observé. Celui-ci est-il trop court (conditions optiques de l'œil hypermétrope), tous les degrés de divergence atteindront le but à des degrés variables ; s'il est emmétrope ou myope, ils devront avoir une divergence plus grande que celle qui correspond au point de la vision di>tiacte le plus rapproché pour le moment. Ainsi, que dans un cas donné, l'œil à examiner soit accommodé pour une dislance d'un pied, le degré de divergence devra être plus élevé que cqIuï qui est fourni par une source lumineuse placée 4 un pied.
Comme l'état de l'accommodation varie à chaque instant, on conçoit que les conditions de l'éclairage par les rayons divergents doivent varier dans la même mesure. C'est ainsi que l'éclairage com< mencépar des cercles de di/fusion au moment où l'œil est accommodé pour une distance relativement éloignée se transforme instantanément, à l'insu de l'observateur, en éclairage par images lumineuses aumoment ofi l'œil s'accommode pour la vision la plus rapprochée. Cette transformation est d'autant plus fréquente que le patient est incité à faire des efforts d'accommodation par l'éclat de la flamme éclairante.
L'éclairage avec des rayons divergents est obtenu par divers procédés. On peut faire usage d'un miroir plan, en ayant le soin de disposer la lampe près du réflecteur, à une distance inférieure à la limite de la vision rapprochée du sujet.
id OPHTHALMOSCOPIE.
On peut aussi employer un miroir convexe, ou, ce qui revient au méme^ une lentille sphérique biconvexe, étamée sur une de ses faces. Avec ce genre de miroir, les rayons parallèles, c'est-à-dire émanés d'un foyer situé à grande distance, sont réfléchis en divergence suivant des directions qui, prolongées, passeraient par le foyer principal du réflecteur. A mesure que la source lumineuse se rapproche, les rayons réfléchis deviennent de moins en moins divergents, et quand elle se trouve à une distance égale à la longueur focale du miroir, ils sont réfléchis suivant des directions parallèles.
Le miroir concave peut aussi concourir à cet éclairage ; disons même que c'est à lui que l'on a recours le plus habituellement dans la pratique, surtout en France. Les conditions qu'il doit réaliser pour fournir des rayons suffisamment divergents, sont faciles à déduire. Il faut que l'entre-croisement s'opère en un point situé au-devant de l'œil observé, à une distance inférieure à la limite rapprochée de la vision distincte de ce dernier.
c. Quel que soit le miroir auquel on ait recours, le moyen le plus simple pour obtenir le maximum de divergence, et par conséquent pour éclairer la surface la plus étendue de la rétine, consiste à interposer entre l'œil observé et le miroir une lentille biconvexe que l'on maintient devant la cornée, à une distance un peu supérieure à sa longueur focale. Cette lentille a Ja propriété de réunir en un point plus ou moins rapproché, mais toujours peu distant de soii foyer principal, les rayons éclairants, qui viennent la traverser et qui, continuait leur marche, arrivent à l'œil en très-forte divergence. La figure suivante [fig. 7) reproduit la marche des rayons lumineux, que nous venons d'indiquer.
La lampe A, placée près de l'œil observé, envoie vers le miroir concave M, des rayons lumineux qui, réfléchis par lui, rencontrent sur leur trajet la lentille biconvexe L. Celle-ci modifie leur marche, les réunit en un point F, situé approximativement au niveau du point focal antérieur de l'appareil réfringent de l'œil observé. De là, ils se dirigent en forte divergence vers l'œil 0, subissent une seconde réfraction qui les rend parallèles et arrivent sur la rétine où ils forment un cercle de diffusion, dont la section, représentée par la ligne SS', est égale au diamètre de la pupille.
Quand ces conditions sont réalisées, la cornée du sujet est éclairée tout entière par un cercle lumineux, au centre duquel se trouve un petit point noir bien marqué, correspondant au petit trou cen-
fERFECTIONNEHENTS DE L'ECLAIRAGE OfHTHALMOSCOPIQUE. 17 Irai, dont est percé le miroir. L'éclairage par les rayoos divergents, à l'aide d'un miroir, concave et d'une lentille biconvexe, est celui -
que fournissent la plupart des instruments que nous avons entre les mains.
Dans ces divers modes d'éclairage, le degré d'ouveriure de la
Pig. s. — Influence de l'éMt de la pupille sur l'éclairage.
pupille exerce une grande influence sur l'étendue de la surface rétinienne éclairée, parce que la source lumineuse a toujours des dimensions telles que son image est plus grande que l'ouverture pu-r pillaire. Dès lors, la section des faisceaux éclairants utilisés est toujours égale à la section du cercle de la pupille. Voilà pourquoi
OPHTHAT.MOSCOPIE.
la partie éclairée du fond de l'oeil est ronde au lien de représenter une image diffuse et agrandie de la flamme de la lampe. Les deux figures 8 et 9 ont pour but de traduire cette disposition.
Fig. t>. — Influence de l'éiat de U pupille sur l'ëclainge.
Dans l'œil 0, les dimensions de la pupille ont été grandies outre mesure, de façon à livrer passage à une portion du cône lumineux total, représentée par la section S qui est égale à l'ouverture de la pupille. Dans l'œil 0', au contraire, qui se rapproche des conditions réalisées pendant l'exploration ordinaire, la section utilisée du cône lumineux est représentée par la ligne S', plus petite que S. Comme l'étendue des surfaces éclairées est en raison directe de l'étendue de S et de S', l'arc rétinien AB sera nécessairement plus . grand que l'arc A'B'.
ARTICLE II
Dm procâdAfl employés pour voir distinctement le fond de l'œil.
On voit par ce qui précède, qu'il est possible d'éclairer le fond de l'œil de façons bien différentes. Toutes sont bonnes en elles-mêmes, puisqu'elles atteignent le but. Mais toutes ne sont pas commodes, et ue se prêtent pas à un égal degré aux exigences du problème qu'il s'agit de résoudre en ce moment.
Un point éclairé quelconque du fond de l'œil réagit comme
DES PH(X:ÉDÉS pour voir I.K fond de I/CEIL. {9
s'il était placé dans l'espace. Il envoie des rayons lumineux dans tous les sens. Ceux qui sont dirigés latéralement, en un point quelconque de la cavité oculaire, ou vers la face postérieure de riris, sont absorbés, ou réfléchis de nouveau. Dans tous les cas, ils ne peuvent fournir les éléments d'une image ophthalmosco** pique. Il n'en est plus de même de tous ceux qui, dirigés d'arrière en avant, traversent le corps vitré et rencontrent la face postérieure du cristallin. Ceux-ci, qui forment un cône lumineux, ayant pour sommet chaque point éclairé, et pour base Touverture pupillaire, sortent de l'œil observé, et sont aptes à former une image, si leur direction, que nous allons déterminer, s'y prête. .
Pour sortir de l'œil, ils traversent des milieux réfringents, dont la valeur peut être représentée par un système de lentilles, ou plus simplement par une lentille biconvexe. A ce titre, ainsi que nous Tavons déjà dit, on peut appliquer à l'appareil optique oculaire la relation des foyers conjugués, c'esUà-dire que les rayons qui sortent de l'œil le traversent d'arrière en avant, en suivant en sens inverse la même direction que les rayons émanés des objets extérieurs, pour lesquels il est adapté. Un œil quelconque, adapté pour voir distinctement un point M, situé à une distance quelconque, aura devant lui à la distance M l'image de sa rétine, si celle-ci est éclairée. Par conséquent, si l'œil fixe la source lumineuse, la réunion des rayons émergents se fera sur la source lumineuse même : si, au contraire, l'œil est adapté pour toute autre distance, le point de réunion ne se fera pas sur la source lumineuse, mais bien dans le plan, pour lequel il se trouve adapté. Ce plan peut être plus près ou plus loin ; il est à l'horizon, lorsque le regard est fixé sur un objet éloigné.
La direction suivant laquelle les rayons lumineux sortent de l'œil ne dépend donc pas de la direction qu'ont suivie les rayons éclairants, que ceux-ci soient convergents, divergents ou parallèles; elle dépend exclusivement de l'état de la réfraction et de l'accommodation. L'état de l'accommodation est essentiellement variable. En en faisant abstraction, ce qu'il est toujours possible d'obtenir d'une façon suffisante avec l'atropine, il est clair que si Tœil est normal (emmétrope), les rayons émergents sortiront suivant des directions parallèles, et formeront un disque plus ou moins lumineux, ddnt la section sera déterminée par le diamètre de la pupille. Si l'œil est trop court, condition optique de l'hy-
UPHTHALMOSCOPII':.
pemiétrope, les mêmes rayons sortiront dans des directions divergentes. Enfin, si l'œil, est trop long, condition optique de ta
myopie, ils seront convergents, et se rénairont en un point marq<ié par la limite éloignée de la vision distincte du sujet.
Les figures 10, U et 12 représentent la marche des rayons lumineux dans ces trois cas particuliers.
D'après ces indications, il est Tacile de se rendre compte des modifications qu'apporterait le jeu de l'accommodation. Nous laissons au lecteur le soin de le déterminer.