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DES PROCÉDÉS POUR VOIR LE FOND DE L'OEIL

lotis aussi qu*à mesure que les yeux s'éloignent l'un de Tautre, Tangle visuel diminue au point d'empêcher une observation satisfaisante. Malgré ces conditions défectueuses, disons pour* tant que le plus souvent on voit le fond de Tœil en se tenant à une distance de 3 à 5 centimètres. Pour que pareil résultat se produise» il faut bien que, contrairement à nos prévisions théoriques, l'accommodation soit relâchée de part et d'autre. Cet effet inattendu provient, sans aucun doute, de ce que l'observateur et l'observé ne sont éloignés l'un de l'autre que d'une distance inférieure à la limitç de la vision distincte. Le jeu de l'accommodation élevée à sa plus haute puissance, se sentant insuffisant, rentre brusquement au repos.

b. Œil liypermélrope. — Dans ce cas, les rayons sortent en divei^ence, pourvu que l'hypermétropie soit manifeste, ce que l'on peut toujours obtenir en paralysant l'accommodation. Leur divergence est en rapport avec le degré de l'hypermétropie. Ici, les conditions sont excellentes pour obtenir avec le réflecteur l'image droite du fond de l'œil. Il n'est plus nécessaire que l'observateur ait une vue normale, que son accommodation soit au repos. Il suffit que la vision distincte soit possible avec le degré de divergence des rayons réfléchis. Ce mode d'exploration est certainement le moyen le plus sûr, le plus commode pour constater l'existence de l'hypermétropie.

c. Œil myope. — Chez le myope, les rayons réfléchis sortent nécessairement en convergence. Le degré de convergence est en rapport avec le degré de la myopie et l'état de l'accommodation ; mais, quel qi^l soit, l'observateur ne peut les réunir sur sa rétine, à moins qu'il ne soit lui-même hypermétrope. Donc, ici, pas d'image droite possible. Mais, si l'œil observé est myope à un assez haut degré pour que la limite éloignée de sa vision distincte soit placée à 10, 15 ou 20 centimètres, par exemple, l'observateur pourra voir l'image aérienne. Celle-ci, nous le savons, est renversée et située dans le plan pour lequel l'œil est adapté au moment de l'observation. Supposons pour fixer les idées que l'œil soit adapté pour une distance de 10 centimètres, l'image de la rétine viendra se former ep ce point. Mais les rayons, après leur entre-croisement, continueront leur route ; de convergents, ils deviendront divergents. Par conséquent, au delà du plan occupé par l'image, ils pourront être perçus par l'observateur, si celui-ci est placé à une distance appropriée pour sa propre vision distincte. Dans ce cas

24 OPHTHALMOSCOPJE.

particulier, il ne voit pas directement le fond de Toeil, mais bierf son image aérienne renversée. Lorsque la myopie est moins élevée, rimage s'éloigne comme la limite de la vision elle-même. L'observateur ne peut plus la voir, à moins qu'il ne soit lui-même myope, sans s'éloigner au delà des limites requises pour un bon éclairage. Ainsi, s'il est vrai de dire d'une façon générale qu'avec le miroir on ne peut pas voir distinctement le fond de l'œil myope, il faut faire une exception pour les degrés élevés de myopie.

La même réserve doit être faite pour l'œil emmétrope, qui, au moment de l'observation, serait accommodé pour une très-courte distance. Dans ce cas encore, l'observateur aurait une image renversée du fond de l'œil. Mais cette image serait fugitive comme l'effort accommodatif.

d. Il résulte de ce qui précède que l'examen ophthalmoscopique au miroir seul n'est applicable qu'à un certain nombre de cas bien déterminés : les services qu'il rend, très-précieux par la facilité et la promptitude avec lesquelles on les obtient, ne sont pourtant que des services exceptionnels. Il fallait, pour généraliser l'emploi de l'ophthalmoscope, changer la marche des rayons lumineux émergents, et leur imprimer des directions divergentes en rapport avec les conditions de la vision distincte rapprochée.

On y est parvenu en interposant sur leur trajet soit une lentille concave, soit une lentille convexe. Cette adjonction peut être considérée comme la seconde condition fondamentale de l'exploration ophthalmoscopique. Elle atteint le but par des effets opposés : l'une, la lentille concave, rend directement les rayqps divergents comme si l'œil était fortement hypermétrope. Elle permet d'avoir une image droite, virtuelle et grandie de Tœil; l'autre, la lentille convexe, exagère la convergence des rayons réfléchis, au point de les réunir à une petite distance de l'œil observé, comme dans les degrés élevés de myopie, et de permettre ainsi à l'observateur de voir l'image aérienne, réelle et renversée, qu'ils forment par leur rencontre.

A ces deux ordres d'effets optiques se rattachent deux procédés d'exploration qui, en raison de leur importance pratique, méritent d'être étudiés successivement.

\ . Procédé par l'imai^e droite. — Ce procédé consiste, ainsi que nous venons de le dire, à placer sur le trajet des rayons de retour, une lentille biconcave dont la puissance dispèrsive doit être telle

procède: par LiMAiiii: droite. n

qu'elle imprime aux faisceaux lumineux une divergence appropriée aux conditions de la vision rappnxihée distincte.

L'action de cette lentille devra nécessairement varier suivant les diverses directions qui résultent de la forme de l'œil observé et de l'état de l'accommodation.

Les rayons sortent-ils en état de parallélisme, comme il arrive quand l'œil observé est emmétrope et l'accommodation au repos, comment seront-ils appropriés à la vue de l'observateur, accommodée pourla vision rapprochée? Par une lentille n" 6,8, lOou |2, puisque la théorie nous enseigne que les rayons parallèles acquièrent le degré de divergence qu'ils auraient s'ils provenaient d'un point situé à une distance égale à la longueur focale du verre employé, longueur représentée, on le sait, pur son numéro respectif. Par conséquent, en employant les numéros 8, 10 ou 12, on verra aussi distinctement, aussi facilement, que s'il s'agissait de voir un objet situé n 8, 10 ou 12 pouces. La figure 13 a pour but de tra-

Fig, 13, — Marche des rayoni lumineux dans le procédé par l'image dnntc.

duire cette marche des rayons lumineux. Le point éclairé A du fond de l'œil 0 envoie des rayons lumineux qui sortent dans des directions parallèles. Ils rencontrent la lentille dispersive L qui les rend divergents et aptes à se réunir en un point A' de la rétine de l'observateur. Celui-ci verra nécc88;ii rement en A", fnyer de la lentille L, l'image virtuelle de A. De même une surface éclairée de l'œil 0, vue à travers la lentille L, aura son image virtuelle dans l'un des plans qui passent par A". Celle image sera droite.

Si les rayons renvoyés par l'œil observé sortent en divergence, comme il arrive dans l'hypermétropie, la même lentille concave aura pour effet d'augmenter cette divergence, de la rendre évidemment plus grande que dans le cas précédent, cl égale à celle

26 OPHTHALMOSCOPIE.

que présenteraient les rayons fournis par un point lumineux situé entre A" et la lentille L. L'observateur, dans ce cas, devra accommoder pour une distance plus rapprochée. Si la divergence était trop grande, et conséquemment l'adaptation difficile et pénible, on y remédierait en prenant une lentille dispersive plus faible.

Si, au contraire, les rayons sortent en convergence, ce qui est le cas le plus habituel, le même degré de divergence pourra être aussi facilement obtenu qu'avec des rayons parallèles ; seulement il faudra un verre concave plus fort d'une quantité égale à Taction réfringente nécessaire pour ramener la convergence au parailélisme.

11 découle de ce qui précède que, dans l'exploration ophthalmoscopique avec le verre concave, l'image est toujours droite ; qu'elle est plus rapprochée de la lentille chez l'hypermétrope que chez l'emmétrope non accommodé, et plus rapprochée chez ce dernier que chez le myope ou l'emmétrope accommodé pour la vue rapprochée.

2. Procédé par Timage renversée. — Ce procédé COUsiste à placer

sur le trajet des rayons de retour une lentille biconvexe, d'une puissance suffisante pour opérer l'entre-croisement des rayons et la formation d'une image réelle en un point assez rapproché de l'œil observé pour que l'observateur soit à même de la voir sans rien changer aux conditions de l'éclairage.

L'effet de cette lentille sera de même ordre dans tous les cas, c'est-à-dire qu'elle déterminera toujours, sauf de rares exceptions que nous allons indiquer, la formation d'une image aérienne renversée du fond de l'œil. Mais cette image variera dans son siège et ses dimensions, suivant la direction des rayons de retour. Ceux-ci, suivant les cas, peuvent être ou parallèles, ou divergents ou convergents.

a. Bayons parallèles, — Si les rayons sont parallèles, comme il arrive quand l'œil observé est emmétrope et l'accommodation au repos, l'image se fera exactement au foyer principal de la lentille. La figure 14 indique la marche des rayons lumineux dans ce cas particulier. Le point B du fond de l'œil 0, cpnvenablement éclairé, renvoie des rayons lumineux qui, dirigés parallèlement vers la lentille convergente L, viennent nécessairement se réunir au foyer F de cette lentille. Ils continuent ensuite leur marche vers l'œil 0'. Si ce dernier est adapté pour la distance F, l'image du

PHOCEDË PAK [.'IIUAGE KENVEHSI^b:. 27

point B viendra impressionner l'œi) de l'observateur vn B". Ce qui ost vrai pour un point l'est aussi pour tous les points éclairés de l'arc rétinien ABC. Celui-ci aura donc son image renversée dans le plan A'FC, qui passe par le point F, et les faisceaux lumineux qui la

l'tg. M. ~ Murcbe des rayons paralitlea dans le procédé par l'ia

forment, et dont nous avons seulement indiqué la direction par un trait pour simpliGer la figure, continueront leur marche vers l'œil de l'observateur pour se réunir sur sa rétine aux points A",B"i*' "■ Par conséquent, toutes les fois que les choses seront disposées comme dans la ligure précédente, la rétine de l'œil observé 0 aura son image réelle et renversée en F, et l'œil observateur 0' pourra la voir. Il se produit ici, les conditions optiques étant les mêmes, ce que l'on observe lorsqu'on fixe l'horizon à travers une .lentille convexe. L'image desobjets éloignés qu'embrasse le regard vient se peindre renversée au foyer de la lentille, et il suffit de se mettre à la distance de sa propre vision distincte pour la voir nettement.

b. Rayons divergents. — Si les rayons ont un certain degré de divergence, comme il arrive dans l'hypermétropie, la lentille biconvexe les rendra encore convergents, de façon à produire une image; mais celle-ci sera située au delà du foyer principal de ta lentille et ses dîmeniiions seront changées.

Si la divergence est forte, comme il arrive dans les hauts degrés d'hypermétropie, mais surtout dans l'aphakie (conditions de l'opéré de cataracte), l'entre-croisement des rayons lumineux, et par conséquent la formation de l'image, deviendra impossible toutes les fois que le degré de divergence égalera celui que possèdent les rayons fournis par une source lumineuse située au foyer de la lentille. A plus forte raison, s'il le surpasse. La figure 15 traduit la marche des rayons dans ce cas. Le point A de l'œil 0 renvoie

28 OPHTHALMOSCOPIi:.

des rayons lumineux qui ont une divergence égale à celle des rayons émanés du point F, foyer supposé de la lentille. Dès lors, ils afTectent, après avoir traversé la lentille L, des directions pa-. ra Hèles.

Avec un degré de divergence moins élevé que dans le cas pré-

Fig, lli. — Marche des rayons divergenM dans le procédé par l'image renversée.

cèdent, l'observation n'est guère possible encore, bien que l'image se forme, parce qu'elle est trop loin du foyer de la lentille ; elle n'a plus assez d'éclat, et puis surtout, elle obligerait l'observateur à s'éloigner du patient plus que ne le comporte l'éclairage. On comprend aisément que le moyen de remédier à cet état défectueux consiste à augmenter la puissance réfringente de la lentille.

Nous en déduisons cette règle pratique : toutes les fois que l'on aura à examiner un bypermétrope, et, à plus forte raison, un opéré dé cataracte par le procédé de l'image renversée, il faudra employer une lentille d'un foyer plus court que pour l'œil normal.

c. Rayons cimvenjents. — Le plus souvent, les rayons sortent en convergence, nous le savons. Il en est ainsi quand l'œil observé est emmétrope et accommodé pour la vision rapprocbée, et, à plus forte raison, quand l'œil est myope. Dans celte dernière condition, les rayons émergents se réunissent dans l'espace sans le concours de verre collecteur, et forment une image; mais le pian qu'occupe cette image peut passer par tous les points qui mesurent l'étendue de la vision distincte. On sait que pour l'œil normal (emmétrope) la vision distincte s'étend de 15 à 20 centimètres jusqu'à l'horizon, et pour le myope, de 10 centimètres environ a la limite supérieure marquée par le degré de l'amétropie.

Dans l-i figure 16, l'arc rétinien, indiqué par la flèche AB, aura son image en F, F', F", suivant que l'œil sera accommodé pour

PROCÈDE PAU L'IMAGE RENVERSÊi;. a»

l'une de ces trois distances. Cette image grandit en raison de son éloignement : plus elle sera grande, moins elle sera éclairée, puisque la même somme de rayons lumineux se répartira sur une surface de plus en plus grande. L'image la plus rapprochée, qui passe par le point F sera située à une distance minimum de 12 centimètres,

Fig. Mi. — Marche des rayons convergents daiiB le procédé par l'im*^ renversée.

parce que c'est à cette distance qu'est fixée la limite moyenne de la vision distincte rapprochée pour l'œil normal; pour la viser, l'observateur sera obligé de se placer lui-même à une distance minimum de 12 centimètres de l'image, c' est-Mire à 24 centimètres de l'œil observé. A cette distance inférieure à la réalité, l'éclairage commence à devenir insuffisant : par conséquent, à moins que ce nesoitpendantunelTortd'accommodation.Ia lentille biconvexe sera toujours nécessaire pour examiner l'oeil emmétrope. Nous avons établi qu'il n'en est plus de même pour le myope, soit dans les hauts degrés de myopie, soit dans les myopies moyennes pendant la mise en jeu de l'accommodation. Disons donc en résumé: chez l'emmétrope et le myope, à moins que l'œil ne soit accommodé pour une très^nurte distance ou qu'il ne soit très-fortement myope, l'image aérienne, telle qu'elle tend à se former par l'action du système réfringeut de l'œil, ne peut être utilisée pour l'exploration ophthalmoscopique. Le concours de la lentille biconvexe est indispensable : elle a pour elFet d'opérer l'entre^croisement des rayons lumineux , et par conséquent la formation de l'image en un point situé en deçà de son foyer. Nous avons reproduit dans la figure 17 la marche et la déviation des faisceaux lumineux. L'arc rétinien AB de l'œil 0, accommodé pour la distance D,

:tO OPHTHAr,MOSi:OmK.

aurait son ima^e A'B' dans iin plan passant par D. Par l'interposition de la lentille L, les faisceaux sont déviés de façon à fournir une image plus petite A"B'', située entre la lentille et son point focal F. L'image sera d'autant plus éloignée du point focal et d'au-

Fig. n. — Marche des rayons ronvergenta déviéa par l'iiiterposilion d'iini! lentille biconvpxe.

tant plus petite que la convergence sera plus grande. Il en résulte que chez les myopes, l'image du fond de l'œil doit être plus petite qu'à l'état normal, et que, pour conserver les mêmes rapports de grandeur, il est indispensable d'employer une lentille moins convergente.

L'image A'^" ainsi rapprochée et fixée pourra dès lors être utilisée si, par le choix de la lentille, on la met à la portée de la vue de l'observateur sans que celui-ci ait besoin de s'éloigner au delà des limites exigées pour un bon éclairage.

Plus la lentille biconvexe sera puissante, plus Timage déternainée par elle sera rapprochée de sa surface et plus aussi elle sem petite et lumineuse. On voit ainsi combien il serait inexact de comparer, comme on l'a fait, l'eifet de la lentille biconvexe employée en ophthalmoscople, à l'efTet de cette même lentille employée comme loupe. Ici, elle grossit les objets placés en deçà de son foyer; là, elle fixe l'image indéterminée produite par l'œil, et la ramène approximativement dans son plan focal ; mais, en la rapprochant, elle la diminue d'étendue, et cette diminution est en raison directe de sa puissance convergente. Par conséquent, plus la lentille sera puissante, c'est-à-dire aura un numéro élevé, plus l'image sera petite et lumineuse, et réciproquement, si l'on

PKOCÉDÉ PAH L'IMAGE HKN VERSÉE. M

veut obtenir une image aussi jurande que possible, on devra choisir une lentille d'un foyer aussi long que possible; seulement, pour compenser le défaut de lumière qui en est la conséquence, il sera bon d augmenter Tintensité de la source lumineuse.

On peut résumer la discussion qui précède dans la proposition suiyante : Dans le procédé par Cimnge renversée, l'image de Tœil observé se fixe au foyer de la lentille biconvexe, si les rayons qui en émergent arrivent en parallélisme, c'estnà-dire s'il est normal et adapté pour l'infini ; l'image se fera entre le foyer et la lentille, si les rayons suivent des directions convergentes, comme il arrive chez le myope ou chez l'emmétrope accommodé pour une distance déterminée ; l'image se fera au delà du foyer, si les rayons sortent en divergeant, comme il arrive dans l'œil hypermétrope. Enfin elle ne se produira pas, si le degré de divergence est égal ou supérieur à celui qui existe pour les rayons lumineux fournis par une source placée au foyer de la lentille employée. Dans ces cas, il est nécessaire pour avoir une image d'employer une lentille plus puissante.

3. Oe rinflaenee de l^éi»t de la vision de l'obserTatear ««r Vob-

serTAtioB ophth»imoMopU«e. <— Nous avons admis implicitement jusqu'alors que l'observateur avait une vue normale, une accommodation intacte, qui lui permit de voir distinctement et sans efforts à une distance de 15 à 20 centimètres, l'image aérienne déterminée par la lentille.

S'il en est autrement, c'est-à-dire s'il est myope, hypermétrope ou presbyte, les conditions changent. L'image ne sera vue qu'autant qu'elle sera placée à la portée de chacun dans ces cas particuliers. Par conséquent le myope devra se rapprocher; l'hypermétrope et le presbyte, au contraire, s'éloigner, ce qui ne peut se faire sans rapprocher ou éloigner le réflecteur. Le rapprocher n'a pas grand inconvénient, mais l'éloigner nuit considérablement à l'éclairage, dont l'intensité est en raison inverse du carré de la distance. Pour obvier à ces inconvénients, il est utile toujours, indispensable souvent, de corriger ces défauts de là vision par des verres appropriés. Pour le myope, ce sera le verre concave; pour l'hypermétrope et le presbyte, le verre convexe, qui leur permettront de voir distinctement à la même distance que l'œil normal. Dans ce but, on peut faire usage des lunettes dont on a l'habitude pour voir de près. Mais ces lunettes s'agencent mal avec le miroir. II est beaucoup plus commode, et cet usage a prévalu.

32 OPHTHALMOSCOPIE .

de placer le verre correcteur dans un encastrement dont est pourvue la face non taillée du réflecteur.

4. De l'éteadme da foad de l'œil acceMlble à l^explomtlon oph-

thaimoffcopique. — Elle est nécessairement limitée, dans tous les cas, à rétendue qu'il est possible d'éclairer dans une direction donnée. Nous avons vu que Téclairage bien dirigé pouvait fournir un cercle lumineux de diffusion sensiblement égal au cercle pupillaire. La partie de la rétine accessible à un moment donné sera donc tout au plus égale au diamètre de la pupille; elle sera d'autant moins étendue que la divergence des rayons incidents sera moins forte. En changeant la direction du cône lumineux éclairant, on change nécessairement la surface éclairée. Par conséquent, en suivant un certain ordre dans la direction de l'éclairage, on peut avoir successivement rimage des diverses régions de la rétine. Il est certain que plus cette direction s'éloigne de l'axe antéro-postérieur du globe oculaire, moins les images sont nettes; elles cesseront d'être appréciables au degré d'inclinaison pour lequel l'œil ne peut plus voir distinctement les objets extérieurs. On comprend ainsi pourquoi il n'est jamais possible de voir la partie antérieure de la cavité oculaire, et pourquoi il est nécessaire, pour explorer les parties accessibles, de les faire passer successivement sous le champ de l'ophthalmoscope.

5» CvromlMemeMt obiemt dans l'exploration ophthalvioicoplqiie.*—

Si l'on en excepte les hauts degrés de myopie, l'image ophthàlmoscopique obtenue avec le miroir, seul ou combiné à une lentille dispersive, est droite et virtuelle ; elle est au contraire renversée et réelle, si l'on fait usage d'une lentille collective. L'image droite est plus grande que l'image renversée.

a. Avec l'image droite, la grandeur de l'image est en rapport avec le degré de divergence des rayons émergents, comme s'il s'agissait d'une observation à la loupe. Il suffit de se rappeler la théorie de cet instrument ou de faire l'expérience avec une lentille biconvexe quelconque pour comprendre ce que nous résumons ici sous forme de proposition : plus la divergence des rayons est faible, plus l'image est grande et éclairée. Dans ces conditions, le grossissement correspond, suivant Helmholtz, à 24 diamètres. Plus cette divergence est forte, au contraire, plus l'image est petite, et auçsi, moins elle est éclairée.

Pour l'œil myope, les rayons de retour étant plus convergents que dans Tœil emmétrope, la même lentille dispersive les rendra

DK L'ECLAT DE L IMAGE OPHTHALMOSCOPIQUE. . 33

moins divergents et fournira, par conséquent, une image plus grande et mieux éclairée. Cette différence est assez marquée pour permettre de reconnaître, avec un peu d'habitude, l'existence et même le degré de la myopie.

Pour r hypermétropie , ce sera évidemment le contraire. Toutefois, il importe de faire remarquer que dans tous les cas l'image parait très-grande quand on se tient très-près de l'œil observé; elle peut être telle que la papille remplisse à elle seule tout le champ d'exploration. Ceci résulte de ce que la vision n'est plus nette, de ce qu'il se produit des cercles de diffusion, dès qu'on se tient, pour observer, en deçà des limites rapprochées de la vision distincte. Aussi cet agrandissement disparait-il lorsque l'on s'éloigne assez pour voir distinctement. Et c'est alors qu'on peut vérifier ce fait, que l'image de l'œil hypermétrope est plus petite que celle d'un œil myope et même d'un œil emmétrope.

b. Avec l'image renversée, la grandeur de l'image est en raison inverse de la puissance réfringente de l'œil observé et de la lentille employée. La distance à laquelle est placée cette dernière exerce encore une certaine influence ; plus on Téloigne de l'œil, plus on diminue l'action réfringente de ce dernier, et, par conséquent, plus l'image doit grandir* Toutefois on peut faire abstraction de cette condition parce que la position de la lentille est réglée par l'éclairage. Nous avons établi qu'elle doit être maintenue à une distance un peu supérieure à sa longueur focale.

Enfin l'image varie légèrement aussi avec la position des parties que l'on examine ; plus elles sont rapprochées du centre optique, plus elles paraîtront grandes.

Lorsque, par exception, l'image aérienne se forme en un point assez rapproché pour être vue sans le secours de la lentille, l'image sera plus grande que dans les cas ordinaires ; elle sera d'autant plus grande que le sujet sera relativement moins myope.

L'image renversée du fond de l'œil, mise à la portée visuelle de l'observateur peut être grossie par une seconde lentille. C'est ce qu'a fait Ruete, en plaçant à deux pouces de l'œil observé une première lentille d'un pouce et demi, et une seconde de trois pouces de foyer, à- quatre pouces de la première. Cette dernière était destinée à grandir l'image fournie par l'œil myope.

6. Oe l'éclat 4e rimmi^e ophÉhalmiMcopique. — PluS l'image est

lumineuse, plus l'exploration est facile, et mieux aussi les moindres détails sont exactement appréciés. L'éclat de l'image ophthalmo-

34 OPHTHALMOSCOPIE.

scopîque est une source fréquente d'illusions et 4'erreurs de diagnostic de la part de ceux qui n'ont pas encore une expérience suffisante. Si, pour une raison quelconque, on Yoit chez un premier malade mieux que chez un second, si Ton distingue avec plus de netteté les contours de la papille, le tracé des vaisseaux de second ordre, etc., on sera tout naturellement conduit à attribuer cette différence à des différences dans l'état des parties, quand elle a sa raison d'être dans l'état de l'éclairage. De là ces diagnostics basés sur l'aspect, le nombre et le Yolume des vaisseaux de la rétine ou de la choroïde : un observateur novice y verra facilement des signes de congestion ou d'inflammation, quand la plupart du temps le mal réel réside dans un trouble quelconque de l'élat dioptrique de l'organe. Cette observation générale trouvera fréquemment son application par la suite.

L'éclat de l'image ophthalmoscopique dépend de trois conditions principales :

a. D'abord de l'intensité de la source lumineuse. Il est évident que, plus celle-ci est grande au photomètre, toutes conditions égales d'ailleurs, plus Timage aura d'éclat., Toutefois, la nature de la lumière employée joue un rôle important, parce qu'elle exerce une influence sur la couleur du fond de l'œil. Le gaz a un pouvoir photométrique plus élevé que l'huile et même que le pétrole, rimage qu'il fournit doit avoir plus d'éclat ; mais, par la nature de ses rayons lumineux, il donne une image décolorée, beaucoup plus pâle, qui éblouit sans éclairer. La lumière électrique, la lumière de Drummond, la lumière solaire, qui sont très-péniblement supportées par l'œil, produisent des eflets analogues et à un degré plus élevé. A tous égards, l'éclairage à l'huile est encore le meilleur, et la' lampe capable de fournir le plus de lumière devra être préférée.

b. L'éclat de l'image dépend aussi de l'étendue de la surface éclairée. Plus celle-ci est grande, plus la quantité de lumière extériorée de Fœil est considérable ; cette étendue est en rapport direct, nous l'avons établi, avec les dimensions de la pupille.

c. La quantité de rayons lumineux émergents varie considérablement, suivant l'état organique des membranes profondes. Avec la même source lumineuse , la même ouverture pupillaire , elle sera très- différente selon que l'œil est peu ou fortement pigmenté, que les membranes intra-oculaires sont saines ou malades. Un œil brun, richement pigmenté^ donnera une image

DES DIFFÉRENTS OPHTHALMOSCOPES. 35

sombre, estompée sur fond noir ou ardoisé ; un œil blond produira une image claire et comme noyée dans une éclatante auréole. Et de même, avec un œil sain, on aura une image dans laquelle les vaisseaux rétiniens de premier ordre seuls seront vus distinctement. Avec un œil atteint d*atropbie choroïdienne, au contraire, la sclérotique, qui réfléchit fortement la lumière, étant à découvert au niveau des surfaces atrophiées, les vaisseaux de deuxième et même de troisième ordre deviendront facilement apparents.

Enfin l'éclat de Timage est aussi subordonné au degré de transparence des milieux réfringents ou de leurs surfaces de séparation. Le fond de Tœil est vu avec beaucoup plus de netteté chez les jeunes gens que chez les vieillards. Au déclin de la vie, le cristallin réfléchit nœ plus grande quantité de lumière, il prend vers son centre une teinte jaune ambré très-marquée ; le corps vitré se trouble, la pupille se rétrécit : toutes conditions qui, ajoutées au défaut de fixité dans te regard, rendent Texamen ophthalmoscopique beaucoup plus difficile.

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