‹ Traité pratique d'ophthalmoscopie et d'optométrieChapitre 19 sur 112 · EXAMEN DU CRISTALLIN · texte numérisé non relu

EXAMEN DU CRISTALLIN

d'autres fois ses bords présentent des prolongements qui s'irradient dans Ja substance corticale restée transparente. 11 arrive encore, mais plus rarement, que les opacités sont multiples, occupent des couches superposées et sont séparées les unes des autres par des parties transparentes, représentant de la sorte des cataractes zonulaires à doulile ou triple stratification.

Dans la forme disséminée ou pointillée, l'opacité n'eM plus régulière. Elle est formée par de petites masses grises ou des points blancs disséminés comme de trè^-petits grains de semoule dans la substance d'ailleurs transparente du cristallin. Parfois ces petits grains représentent toute l'altération ; ailleurs ils s'accompagnent soit de plaques grises, soit de quelques stries très-fines {pi. II, fig. 3).

Dans la cataracte polaire postérieure, l'altération est marquée par une petite tache grise ou jaunâtre qu'il faut distinguer du reflet fauve produit par l'éclairage sur la cristalloïde postérieure et qui est vue à travers toute l'épaisseur du cristallin parfaitement transparent.

Enfin, dans la cataracte polaire antérieure, Topacité se présente sous l'aspect d'une masse blanchâtre, pyramidale, siégeant sous la cristalloïde antérieure et faisant saillie dans le champ pupillaire.

Lorsque l'opacité du cristallin est complète, que la cataracte est mûre comme on dit, l'éclairage oblique est encore d'un grand secours, non plus pour constater l'altération,. mais pour apprécier la nature, la consistance, le volume de la cataracte, pour savoir s'il existe un noyau, etc. La cataracte molle, sans noyau, présente à la lumière une nuance gris^perle sans mélange d'autre couleur ; que ce gris soit uniforme, strié de lignes plus claires, parsemé de facettes nacrées, chatoyantes, il importe peu. La cataracte dure au contraire, formée d'un noyau central recouvert de couches corticales plus ou moins épaisses, plus ou moins opaques, aura également une nuance grise, mais avec un reflet jaunâtre, sucre d'orge, dont l'étendue, la situation, la netteté de tons« sont en rapport avec l'étendue, la situation du noyau et l'épaisseur des masses qui le recouvrent {pi. II, fig, 5 et 6).

III. Iris et bord pupillàire. — C'est à l'éclairage oblique qu'il faut avoir recours. Les adhérences de l'iris à la cristalloïde antérieure, la forme régulière ou irrégulière de la pupille, son étendue, les mouvements d'ondulation, de tremblotement du voile iridien, des-

76 OPHTHALMOSCOPIE.

tinés à renseigner sur l'existence d'un ramollissement du corps vitré, sont les points sur lesquels se porte habituellement l'attention : nous n'avons rien de particulier à en dire ici. Nous nous bornerons à signaler l'existence fréquente sur la cristalloîde antérieure de dépôts, qui, en raison de leur ténuité, de l'absence de tout travail phlegmasique antérieur ou concomitant, échappent à l'obser- Tateur et le conduisent à rechercher ailleurs la cause des troubles visuels qui lui sont signalés. A la suite d'attaques aiguës de choroîdite, terminées par la guérison, mais plus souvent encore sans antécédent appréciable, il se développe dans le champ de la pupille de petites stries très-fines, de couleur rouge, disposées symétriquement et formant autour du centre de la pupille un cercle radié plus ou moins complet Ces dépôts, dus à de légères exsudations colorées par l'uvée, sont quelquefois tout à fait isolés, d'autres fois ils se fixent au bord de l'iris et en enchaînent les mouvements. La figure 5, de la planche I, représente un cas de ce genre.

Enfin l'éclairage, oblique renseigne sur la nature de certaines atrésies pupillaires, dues au développement insidieux dé légères exsudations au pourtour de la pupille. Par un examen un peu attentif, on constate que le bord libre de l'iris est recouvert d'un liséré grisâtre très-fin, qui, par sa propriété rétractile et son siège, suffit pour paralyser l'action des fibres radiées, et opérer l'occlusion de la pupille, si l'on n'a recours en temps utile aux mydriatiques.

Page 1