MOUCHES VOLANTES
avec celle de scotomes, surtout chez des sujets peu exercés à analyser leurs seùsations. Mais Texamen de Tappareil dioptrique lèvera toute difficulté. Il sera nul, s'il s'agit d'un scotome; il décèlera une opacité s'il s'agit de mouches fixes; parfois ce sera une infiltration légère des lames de la cornée, ou des dépôts granulo-graisseux, punctiformes, situés à la face profonde de cette membrane derrière la membrane de Descemet ; le plus souvent on trouvera des altérations de l'appareil cristallinien, soit des dépôts granuleux très-fins, disséminés dans les couches corticales, soit des exsudats légers et pigmentés, déposés sur la cristalloïde antérieure pendant le cours d'une irido-choroîdite. La recherche de ces opacités ré« clame quelque attention en raison de leur petit volume et d'un certain degré de transparence qui leur feste. Nous avons indiqué comment on parvient à éviter des erreurs de diagnostic d'autant plus préjudiciables qu'elles conduisent fatalement à attribuer les troubles de la vision, soit à une simulation, soit à une insensibilité rétinienne.
Monclies irolanies. — Les mouches volantes^ par opposition aux mouches fixes, sont caractérisées par des apparition^ mobiles plus ou moins fugitives dans le champ de la vision.
11 est utile d'en faire deux groupes : les unes peuvent être considérées comme physiologiques^ en ce sens qu'elles gênent si peu la vision qu'on ne les découvre que par hasard, et que chacun peut les voir sur soi-même en se plaçant dans certaines conditions déterminées ; les autres sont morbides^ en ce sens qu'elles troublent la vue et qu'on les rencontre surtout chez les sujets qui présentent une altération pathologique des milieux réfringents et plus spécialement du corps vitré.
Mouches volantes physiologiques. — Les plus communes consistent en de petits globules, marqués d'un contour noir et d'un centre clair, qui apparaissent dans le champ de la vision. Ces globules parfaitement ronds, de volumes inégaux, se présentent tantôt isolés, tantôt en groupes irréguliers, tantôt juxtaposés linéairement de façon à représenter une sorte de chapelet plus ou moins ondulé, flexueux et souvent replié sur lui-même. Tous ces petits corps sont animés de mouvements dans le champ visuel. Au moment où le regard se porte en haut, ils apparaissent vers la partie la plus élevée, puis redescendent tantôt verticalement, tantôt obliquement soit en dehors, soit plus fréquemment en dedans. C'est à tort que certains auteurs leur ont attribué un mouvement constant de haut en bas, et de dehors en dedans. La chute de ces corps globulaires n'est pas
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d'ailleurs aussi prononcée qu'elle le parait. L'illusion provient de ce que Tœil, après avoir constaté leur existence dans les régions élevées du champ visuel, les suit instinctivement dans leur chute, et fait ainsi paraître celle-ci plus rapide. Mais si par un effort de la volonté le regard reste fixé sur le même point, on constate fréquemment qu'ils peuvent rester momentanément immobiles, être animés de mouvements transversaux et qu'ils ne descendent que lentement à l'horizon.
Les divers groupements de ces corps globulaires ont été désignés par des noms différents que nous ne pouvons passer sous silence, parce qu'ils existent dans le langage scientifique.
Lorsqu'ils forment deux bandes étroites, rectilignes ou légèrement ondulées, composées de deux lignes sombres qui circonscrivent un espace clair, ils représentent ce que Mackenzie a décrit sous le nom de spectre aqueux. Quand ils semblent détachés les uns des autres, ils portent le nom de spectre globulaire isolé (Mackenzie); s'ils sont groupés en chapelet flexueux, entortillés de façon à simuler plus ou moins grossièrement l'aspect d'un collier de perles, ils constituent le spectre perlé (Mackenzie).
On peut constater sur soi-même l'existence et les divers modes d'agencement de ces petits globules à l'aide d'une expérience trèssimple. Il suffit de fixer l'horizon ou un mur bien éclairé, à travers une carte percée d'un petit trou et maintenue à 10 millimètres de Tœil. Dans ces conditions, les rayons qui pénètrent dans l'œil affectent une direction sensiblement parallèle. Immédiatement les globules apparaissent en très-grand nombre. Le champ visuel en est en quelque sorte tapissé ; ce qui lui donne un aspect chagriné, grisâtre {pL IV, fig. 2). On les voit flotter lentement à quelques pieds de distance, puis, quand le regard est dirigé en haut, reparaître au zénith, rester un instant immobiles et reprendre ensuite leur mouvement descendant. Si l'on augmente le diamètre du trou qui sert d'oculaire, toute apparition disparait. En plein air, quand le regard est dirigé à l'horizon, ces spectres paraissent plus volumineux, sans cesser de présenter les mêmes variétés; ils ont aussi des contours moins nets et par conséquent moins faciles à décrire. En cherchant à les définir, on reconnaît le plus souvent une forme rubanée claire avec des contours grisâtres. Une observation moins attentive leur donne la forme de petits .flocons, de petits rubans, de longs fils aplatis très-diversement, sinueux ou enroulés, et de nuance grise plus ou moins foncée. Par l'éclairage solaire direct,