ASPECT DE LA PAPILLE OPTIQUE. I4S
N indique le côlé nasal ou interne, M le côté externe on temporal
de la papille. Les couches externes de la rétine sont plus élevées
du côté de N que du côté de M, et de plus l'épaisseur de la masse
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des fibres est plus grande vers le côté nasal que vers le côté opposé, ce qui établit nécessairement une diiïérence de niveau bien marquée. Dans ces conditions l'excavation physiologique a des parois inégales : du côté interne, elle est limitée par un bord élevé Irès-aigu, du côté externe, au contraire, elle est moins profonde, son bord est peu marqué par cette raison que la papille s'élève au niveau de la rétine d'une façon insensible et qu'elle l'atteint au niveau de la limite du nerf optique.
Les bords de l'excavation physiologique n'atteignent jamais la limite scléroticale. Ils en sont séparés par une couche intermédiaire qui représente l'épaisseur de la couche des fibres. Il est facile de le constater dans les figures I, 3, 3, 4, 5 de la planche Vlll, qui représentent diverses variétés d'excavations physiologiques très-développées. Cette remarque est fort importante parce qu'elle marque la différence qui existe entre l'état physiologique et une altération pathologique spéciale aux affections glaucomateuses, dans lesquelles les fibres nerveuses sont détruites et refoulées en arrière de façon à donner naissance à une excavation pathologique dont il sera question plus tard.
Les vaisseaux rétiniens contenus dans la couche des fibres nerveuses suivent nécessairement la direction de ces dernières. Ils montent d'abord verticalement jusqu'au niveau du bord de l'ex-
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de la lentille a subi par suite du déplacement du verre convexe une déviation parallactique plus grande que Timage du point situé plus en arrière.
De même, en examinant une excavation physiologique à Tirnage renversée, on constatera, en imprimant de petits mouvements à la lentille, que les points situés en avant, tels que le bord aigu de Texcavation, les crochets formés par les vaisseaux rétiniens subissent un déplacement plus considérable que la lame criblée située tout à fait à côté mais plus en arrière.
La troisième zone de la papille, celle qui est la plus excentrique est formée, avons-nous dit, par Fanneau sclérotical. 11 est figuré par une ligne blanche qui limite la papille. Cette ligne n'est pas également marquée chez les différents sujets et aux différents âges. Pendant la jeunesse elle peut être atténuée ou complètement masquée par la couche des fibres nerveuses, surtout du côté de la macula. Plus tard elle se découvre, s'élargit au point d'être souvent confondue avec des altérations pathologiques. On peut juger du changement apporté par l'âge en comparant les figures 1, 2, 3, 4 de la planche VI, qui représentent des yeux jeunes avec les figures 5 de la planche VI ; 1, 3 de la planche VIII, qui représentent des yeux de vieillard.
LV'lanrissement sénile du limbe sclérotical résulte de cbangements opérés par les progrès de Tâge dans l'état de l'anneau choroîdal. Cet anneau se distingue souvent par une pigmentation si abondante et si foncée, qu'elle forme un croissant ou un cercle noir complet autour de la papille ^pf. VIII, fiy. 2, 4, 5). Dans certains cas, sa présence est marquée par une petite tache pigmenlaire touchant à la papille \pl. VIII, fig. i^ ou séparée d'elle |Kir une bande étroite de tissu choroîdien (/>/. VIII, fig, 3). Dans d'autres cas il est beaucoup plus large comme dans les figures 3 et 4 de la planche VK par exemple. Dans la vieillesse, la choroïde |H^rd son pigment» Tanneau choroîdal diminue ou disparaît de façon à découvrir la sclérotique et à donner de la largeur et de reclat au limbe sclérotical.
La dopigmcntatiou stMiile de la choroïde peut donner naissance à une tache blanche pôri(^pillaire qui pré^^nte à Tophlbalmoscope le$ appannices d'un staphylôme |H^$térieur au troisième degré. L'atrophie uVst {Heurtant ^kis aussi complète que dans le staphylôme. Le plus souvent il existe encore des débris de la choroïde que Ton ^oit sous la forme de petits ilôts ou de stries i^ugeâtres ; aussi la
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tache a-t-elle moins d'éclat. Ce qui augmente encore la ressemblance entre cette particularité physiologique et Tétat pathologique, c'est que la forme et le siège sont semblables. Dans Tun comme dans l'autre cas, la plaque d'atrophie entoure la papille, elle est plus étroite en dedans, plus large en dehors. Pour mettre en garde contre l'erreur, nous avons reproduit dans les figures 1, 3, S de la planche IX, les formes les plus suspectes que nous ayons rencontrées. Nous indiquerons d'ailleurs, à propos du staphylôme postérieur, par quels signes on remédie à l'insuffisance de l'ophthalmoscope.
ARTICLE V Aspect des vaisseaux de la rétine.
Les vaisseaux de la rétine sont représentés par ce réseau élégant qui se profile sur le fond rouge de la choroïde, ils sont tous fournis par l'artère et la veine centrales. Les deux ordres de vaisseaux suivent la même direction générale sans toutefois être accolés l'un à l'autre, ainsi qu'il arrive souvent dans d'autres parties du corps.
L'artère et la veine centrales émergent de la papille en un point situé près de son centre, un peu plus rapproché pourtant du bord nasal. Parvenus à la surface de la papille, tous deux se divisent immédiatement en deux branches, l'une supérieure et l'autre inférieure. Celles-ci se partagent à leur tour en rameaux dichotomiques ou opposés, qui se distribuent en serpentant jusqu'aux régions antérieures de la membrane. Il arrive assez souvent que la division est prématurée et que les branches prennent naissance dans l'épaisseur de la papille ou du nerf optique même. Dans ces cas les vaisseaux naissent par des points multiples et distincts. La direction habituelle des vaisseaux rétiniens est arborescente, flexueuse ; il est pourtant des cas dans lesquels elle parait à peu près rectiligne, comme dans la figure 6 de la planche IX, par exemple.
Les artères d'un certain volume se distinguent assez facilement des veines. Elles sont plus petites, d^un rouge plus clair, moins flexueuses. Les veines sont plus volumineuses, de couleur foncée, lie de vin, sinueuses {pL VII, fig. 1 , 2, 4, S).
Les vaisseaux rétiniens, et plus particulièrement les artères, près de leur point d'émergence, c'est-à-dire dans le voisinage de la papille, sont marqués par une ligne claire qui suit leur axe
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et qui est produite par le reflet de leur paroi. La figure 4 de la planche VII qui représente une papille physiologique, vue à un fort grossissement, donne une idée plus saisissante des rapports de volume, de couleur et d'aspect des deux ordres de vaisseaux rétiniens. Ceux-ci rampent dans le même plau, ils se superposent, s'entre-croisent de la façon la plus variable. On a dit que les artères se trouvaient const^Cmment en avant des veines. Cette disposition est en effet la plus fréquente ; mais elle est loin d*étre constante. Il n'est pas rare de voir une artère passer d'abord sur la veine et un peu plus loin passer dessous. La figure que nous venons de mentionner représente précisément un cas de ce genre.
Lorsque les veines sont très-flexueuses, leurs contours peuvent ne pas être uniformément éclairés, elles sont alors plus sombres et comme noires sur certains points, plus claires sur certains autres. Dans la figure 6 de la planche YIII, la bifurcation supérieure de la veine affecte cette disposition. On la dirait tournée en vrille autour de son axe, avec des contours alternativement sombres et clairs. Cette disposition, qui doit être attribuée à des inflexions du vaisseau dans le sens antéro-postérieur, est très-fréquente dans les affections de la papille. Mais nous tenons à la signaler pour montrer qu'elle se rencontre à l'état physiologique, et que par conséquent on ne doit pas lui accorder une trop grande importance.
Les vaisseaux de la rétine se distinguent sans peine de ceux de , la choroïde. Ces derniers sont plus larges, moins nettement dessinés, d'une teinte brique uniforme ; ils affectent une direction sensiblement parallèle surtout vers Vora serrata; ils s'anastomosent fréquemment entre eux de façon à former des espaces losangiques plus ou moins allongés ; ils occupent constamment un plan situé en arrière de la rétine.
Les vaisseaux de la rétine au contraire sont plus petits, très-nettement dessinés, sans anastomoses entre eux ; ils sont situés sur un plan antérieur et par conséquent passent constamment devant les vaisseaux choroïdiens. D'ailleurs, en admettant que le doute soit possible, il suffit de suivre le trajet du vaisseau pour s'assurer si son point d'émergence se trouve sur la papille, comme il arrive toujours pour les vaisseaux de la rétine.
Lesveines rétiniennes sont animées de véritables pulsations. On les voit se dilater, puis revenir sur elles-mêmes, suivant une alternance parfaitement isochrone. Le pouls veineux n'est pas également facile à constater chez tous les sujets ; mais on peut toujours