ANATOMIE DE LA RÉTINE
rents, réfractant fortement la lumière et se troublant au contact de Feau. Ces corpuscules sont de forme sphérique ou ovalaire : ils forment toujours chez Thomme deux couches distinctes, Tune externe, plus épaisse, et l'autre interne, plus mince, séparées par une couche intermédiaire plus transparente, plus finement granulée. La couche externe est constituée par des corpuscules appliqués contre les bâtonnets et les cônes. La couche interne est en connexion avec les prolongements filiformes de ces mêmes éléments.
Fig, 32. — Éléments de la couche des bâtonnets ; leurs connexions avec les fibres de MQller, chez l'homme. Grossissement de 350 diamètres.
1, Canes et fibres de AÊÛller^ a, partie renflée du cône oa cône proprement dit; ô, bâtonnets qui les surmontent, et dont l'un est plus long ; e, crête circulaire à l'extrémité interne du cône ; d, renflement muai d'un noyau (corps de cellule) situé déjà dans la couche granuleuse externe ; e, fibre de Millier avec laquelle ce renflement se continue ; e\ prolongement latéral de cette fibre, se portant en dedans ; A Rrain cellule, de la couche granuleuse interne ; g^ extrémité interne des fibres de MiJller.
2, Bàtonnnet* et fibres dt /Huiler, a, bâtonnets ; 6, crête transversale à leur extrémité interne ; c, origine des fibres de MQIler ; cl, éléments de la couche granuleuse externe, dont l'un est appliqué contre le bâtonnet; e, fibres de MSUer dans la couche intermédiaire; f, grain qui présente un piolongement latéral ; g, extrémité interne des fibres de HiiUer.
3, Eléments de la couche granuleuse interne avec trois prolongements ; le plus externe parmi ces prolongements se ramifie et porte plusieurs corpuscules de la couche externe b, et plusieurs bâtonnets, doQl un seul a été dessiné.
3" Couche de substance grise ou ganglionnaire. — Elle est assez nettement délimitée du côté de la couche granuleuse, beaucoup moins du côté interne. Elle se compose d'une couche externe finement
1 96 OPHTHALMOSCOPIE.
granulée et striée, ou couche de fibres grises de Pacini, et d'une couche interne de ceUules nerveuses multipolaires. Ces dernières ressemblent à celles du cerveau, seulement elles paraissent un peu plus claires. Toutes sont pourvues de prolongements dont le nombre varie de 1 à 6 et même plus, et qui sont analogues à ceux que Bowmann a observés le premier dans les cellules du système nerveux central. Lorsque, dans la préparation d'une coupe perpendiculaire de la rétine, on est assez heureux pour rencontrer une de ces cellules, munie de ses prolongements, on constate que deux d'entre eux se dirigent en dehors et se perdent dans la couche granuleuse externe, tandis que les autres marchent horizontalement pour se continuer tantôt avec les fibres du nerf optique, tantôt avec d'autres cellules nerveuses.
4** Couche des fibres nerveuses. — Elle est constituée par l'épanouissement du nerf optique. A partir de la saillie que ce nerf forme à la face interne de la rétine et qui porte le nom de papille optique, les fibres nerveuses se dépouillent chez Thomme et chez beaucoup d'animaux de leur double contour, elles deviennent transparentes, jaunes ou grisâtres et analogues aux fibres les plus fines du système nerveux central. Ces fibres manquent de noyaux, ellesont un pouvoir réfringent relativement considérable et affectent constamment après la mort une disposition variqueuse : on peut conclure de ces caractères qu'elles sont pourvues, sinon d'une moelle analogue à celle des nerfs ordinaires, du moins d'un contenu liquide probablement de nature graisseuse. KôUiker n'a jamais constaté de cylinder axis dans les fibres de la rétine. Mais il croit avoir reconnu distinctement une gaine propre au niveau des varicosités. On peut en conclure que les fibres de la rétine ne se composent pas exclusivement ni même principalement de myéline, et leur résistance à l'éther témoigne qu'elles sont constituées principalement par une substance azotée.
Les fibres nerveuses émanées de la papille optique s'irradient dans toutes les directions de façon à former une véritable membrane continue depuis le nerf optique jusqu'à Tora serrata, en exceptant toutefois un point spécial sur lequel nous allons revenir et qui porte le nom de tache jaune : là il y a une interruption. Les fibres qui composent cette membrane sont réunies en faisceaux un peu aplatis qui s'anastomosent sous un angle aigu, ou cheminent parallèlement dans toute leur étendue. Ils sont beaucoup plus nombreux du côté interne que du côté externe de la papille, en