‹ Traité pratique d'ophthalmoscopie et d'optométrieChapitre 48 sur 112 · RÉTINITE PIGMENTAIRE · texte numérisé non relu

RÉTINITE PIGMENTAIRE

faibles, la lumière du crépuscule ou d'un appartement sombre, ne l'impressionnent plus et le malade est devenu héméralope.

Toute héméralopie tenace, incurable, suffit à elle seule pour faire soupçonner Texistence de la pigmentation rétinienne. Le plus souvent celle-ci n'a pas d'autre symptôme pendant un grand nombre d'années. Mais arrive le moment où la rétinite atteint des parties plus essentielles à la vision ; alors le champ visuel se rétrécit, ce qui entraine de grandes difficultés pour l'orientation, le regard devient inquiet, vacillant, de plus en plus incertain, jusqu'à ce que survienne une cécité complète et absolue, dernier épisode de cette triste infirmité. Ici, comme dans les autres formes de rétinite, il arrive fréquemment que l'afiaiblissement de la vue n'est point en rapport avec la quantité de pigment infiltré dans la rétine. 11 n'en est plus de même du rétrécissement progressif du champ visuel, celui-ci suit exactement l'envahissement de la pigmentation. Bien que la rétine soit peu impressionnable à la lumière, elle reste excitable^ toujours prête à s'irriter douloureusement, et la pupille est habituellement contractée jusqu'après la perte totale de la vision. SHI existe des opacités cristalliniennes , on les recherchera, d'abord avec le miroir faiblement éclairé, puis avec l'éclairage oblique.

La marche de cette affection est le plus souvent extrêmement lente ; on peut suivre des malades pendant cinq, dix, quinze ans sans constater de notables changements. On s'accorde à dire, bien que le fait ne soit pas rigoureusement démontré, que les premiers symptômes datent presque toujours de la première enfance, et que la cécité n'arrive que vers 3S ou 40 ans; par exception, on rencontre une marche aiguë et une rapidité d'évolution assez grande pour rendre aveugle en très-peu d'années.

La pigmentation de la rétine envahit les deux yeux, toutefois elle ne suit point un développement symétrique des deux côtés.

Les causes de cette affection sont encore très*obscures : certains auteurs lui attribuent une origine constamment congénitale, mais cette opinion est trop absolue. Nous avons observé pendant longtemps un malade de 2S ans, chez lequel les signes fonctionnels et ophthalmoscopiques de la rétinite pigmentaire, non compliquée d'altérations choroïdiennes appréciables, se développèrent à la suite d'un long séjour sous les tropiques.

De Grœfe a signalé le premier l'influence de l'hérédité et une coincidencQ fréquente avec l'idiotie, la surdi-mutité. Horing, Stôr,

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Wecker, ont mentionné sa coïncidence ayec des anomalies congénitales consistant en des doigts ou des orteils supplémentaires. Liebreich attache une grande importance à la consanguinité comme cause primitive du mal : selon lui, la rétinite pigmentaire appartiendrait à des consanguins 40 ou SO fois sur 106. De telles évaluations reposent sur un trop petit nombre de faits pour ne pas avoir besoin de confirmation.

Aucun traitement n'a d'efficacité contre cette implacable affection.

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