‹ Traité pratique d'ophthalmoscopie et d'optométrieChapitre 82 sur 112 · TRAITEMENT · texte numérisé non relu

TRAITEMENT

neutraliser complètement l'hypermétropie, ou en d'autres termes de ramener rœil hypermétrope aux conditions dioptriques de Tem*métrope.Mais Texpérience fit promptementYoirque, malgré Tusage de Terres qui la corrigent complètement, l'hypermétropie reste en partie latente, parce qu'un certain degré de tension accommodative fait en ^quelque sorte partie de tout acte visuel, en raison d'une synergie fonctionnelle consacrée par une longue habitude. Il en résulte que, dans ces conditions, l'œil devient myope. Nonseulement la vision des objets éloignés est confuse, mais l'œil, même avec une convergence modérée, reste accommodé pour un point trop rapproché. L'impression désagréable causée par cet abaissement au minimum de l'amplitude relative de l'accommodation, empêche d'y voir même à une faible distance, conduit à rapprocher les objets de plus en plus, et partant à substituer à Tasthénopie accommodative une asthénopie musculaire.

L'observation a conduit Donders à partager les hypermétropes en deux classes, composées, la première, de ceux qui ont une amplitude normale de l'accommodation, et la seconde, de ceux chez lesquels une diminution permanente ou accidentelle de l'adaptation joue un rôle plus ou moins important.

La grande majorité des cas appartient à la première classe : ici l'état hypermétropique est la seule cause qui empêche de voir distinctement les objets rapprochés pendant un certain temps.

Ces conditions ne se rencontrent nécessairement que pendant la jeunesse, jusque vers l'âge de vingt-cinq ans. A ce moment l'accommodation fléchit un peu, elle n'est plus représentée que par j ou j, la vision rapprochée commence à devenir plus difficile, plus incertaine et l'asthénopie se déclare. Donders a observé que la femme se plaignait beaucoup plus fréquemment que l'homme, ce qu'il attribue à la nature des occupations.

Pour remédier à cette situation, Donders conseille le verre convexe qui exprime la valeur de l'hypermétropie manifeste. Mais il reconnaît que ce verre est rarement suffisant pour préserver de la fatigue que cause un ouvrage minutieux. Aussi propose-t-il, toutes les fois que le punctum proximum binoculaire est sensiblement plus éloigné que chez l'emmétrope, de donner des verres un peu plus forts soit ^ par exemple avec Hm égale à ~.

La mesure sera utile surtout chez les sujets très-jeunes qui ont une accommodation suffisante pour neutraliser même de hauts degrés d'hypermétropie, et chez les sujets un peu âgés déjà, trente ans

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par exemple, qui ont déjà subi une certaine diminution de Tamplitude d'accommodation. Nous avons dit précédemment que le verre qui nous paraissait le mieux convenir au plus grand nombre était indiqué, tantôt par la valeur de Hm, trouvée à l'optomètre, tantôt par la difierence entre la distance du punctum proximum et la distance à laquelle doit s'exercer la vision rapprochée.

Quelle que soit la marche suivie, on doit prescrire au malade de ne jamais travailler sans lunettes, d'interrompre fréquemment son travail pendant quelques minutes, d'éviter toute fatigue excessive des yeux et de revenir dans la huitaine rendre compte de son état. Si la correction a été appropriée, la réponse sera très-satisfaisante. La vision est restée, nette, la lecture même prolongée, les travaux d'aiguille ont été supportés ; il ne reste que quelques éblouissements et surtout un sentiment de vertige pénible au moment où on quitte les lunettes. On lui permet alors d'user de ses yeux sans réserve en recommandant expressément de ne point oublier que les lunettes dont il se sert deviendront mauvaises plus tard, quand Thypermétropie manifeste aura fait des progrès, sans qu'il ait à craindre quelque affaiblissement de la vue causé par leur usage. Quiconque connaît l'horreur invincible qu'elles inspirent au public comprendra toute l'importance qu'il y a à recommander au patient de venir à ce moment prendre de nouveaux conseils et de ne point en abandonner l'usage, ce qu'il ferait infailliblement de lui-même.

Mais il peut arriver aussi que les verres prescrits soient trop faibles ou trop forts. Dans le premier casjl'asthénopie n'a pas entièrement disparu et l'on constate souvent un degré un peu plus élevé d'hypermétropie manifeste qu'au premier examen. Le pMwc/wmpoximum^ déterminé de nouveau avec l'optomètre, sera généralement un peu plus éloigné. Il faut alors choisir un numéro plus élevé.

Si au contraire les verres étaient trop forts, le malade racontera qu'il n'obtenait de vision nette qu'en rapprochant les objets outre mesure, ce qui occasionnait une fatigue particulière due à l'astbénopie musculaire. Parfois aussi il accuse les lunettes de lui troubler la vision éloignée. Ce fait s'observe, malgré une bonne correction, chez les sujets doués d'une puissance d'accommodation très-grande. Dans ces cas il faut commencer par des verres plus faibles et n'en donner progressivement de plus forts qu'au moment où la tension accommodative.aura diminué.

Donders conseille l'emploi des mydriatiques lorsque les verres les

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mieux choisis et changés une première fois ne conviennent pas, lorsque, malgré Fasthénopie, l'hypermétropie reste tout à fait latente, enfin lorsque Ton ne doit pas revoir le malade. L'expérience lui a démontré qu'en donnant des verres qui neutralisent la totalité de l'hypermétropie manifeste et le quart environ de Thypermétro* pie latente, on atteignait le but, soit immédiatement, soit au bout de quelques semaines.

Ou voit par ce qui précède que l'idée principale du traitement inauguré par Donders consiste adonner des verres donton augmente la force, chaque fois que l'on a constaté l'élévation de l'hypermétropie manifeste. Ce n'est que lorsque celle-ci représente à peu près la totalité du vice de réfraction, c'est-à-dire lorsqu'il n'y a plus d'hypermétropie latente et que le 'parcours relatif de l'accommodation à repris sa position normale, que l'on trouve dans l'usage des verres choisis d'après les règles précédentes, une garantie certaine contre le retour de l'asthénopie. Parvenu, à ce résultat, on peut, si le malade est jeune, conseiller l'usage permanent des mêmes verres pour voir de loin et pour voir de près. Ils ont pour effet de neutraliser l'hypermétropie manifeste et de rendre possible la vision des objets éloignés sans tension accommodative.

Mais à côté de ces avantages se présente un inconvénient : l'habitude de porter des verres correcteurs fait perdre graduellement la faculté de voir clair de loin sans eux. Comme la tension nécessaire à la vision éloignée est relativement modérée, de courte durée et ne peut entraîner aucune influence fâcheuse, il est préférable dans la grande majorité des cas de réserver les lunettes pour la vision rapprochée : elles ne devront être portées constamment qu'autant que le malade, informé de ce qui l'attend, juge plus commode ou plus avantageux pour lui de ne pas les quitter. 11 existe un certain avantage aussi à se départir de la règle lorsque, par les progrès de rage, l'hypermétropie est devenue relativement absolue, ce dont on s'aperçoit à ce que la vision des objets éloignés n'a plus une netteté satisfaisante. Dans cette situation nouvelle il est sans contredit avantageux de porter des lunettes.

Enfin, l'emploi des verres convexes devra aussi être conseillé dans les cas d'hypermétropie absolue ou relative, développée chez un jeune homme, parce qu'alors la vision à distance n'est jamais distincte.

Il est nécessaire que l'amplitude d'accommodation soit normale pour que les mêmes verres servent de près et de loin.

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Dans la seconde classe d'hypermétropes sont rangés ceux qui présentent un trouble ou une diminution morbide et accidentelle de Taccommodation. Cette complication doit être soupçonnée lorsque l'asthénopie se déclare chez un malade qui n'a qu'une légère hypermétropie sans traces d'asthénopie musculaire.

Si l'asthénopie accommodative reconnaît pour cause un affaiblissèment soit général, soit limité à l'appareil d'accommodation, elle disparaîtra avec la cause qui l'a fait naître. C'est par conséquent à cette dernière qu'il faut porter remède ; jusqu'à la guérison, si elle est possible, l'usage temporaire de verres convexes sera d'une grande utilité. Lorsque l'exercice de l'accommodation est douloureux, il est indispensable d'instituer un traitement spécial qui trouvera mieux sa place à "propos des troubles de l'appareil d'accommodation.

S'il existe simultanément de l'hypermétropie et de la presbytie, il faut nécessairement avoir deux paires de lunettes, l'une, corrigeant l'hypermétropie manifeste, est destinée à voir de loin; l'autre, plus forte de la quantité de réfraction qui représente tout le déficit sénile de l'accommodation, servira pour les ouvrages rapprochés.

Si l'hypermétropie n'est compliquée d'aucun signe d'asthénopie, ce qui arrive fréquemment dans les degrés peu élevés, et si la vision à distance est nette, on devra se contenter de prescrire des verres pour les travaux rapprochés. Leur valeur sera indiquée par la différence en pouces entre la situation du punctum proximum et la distance à laquelle doivent être placés les objets pour le travail; leur force sera donc différente suivant la profession, plus grande par exemple pour coudre, broder, dessiner que pour lire et écrire.

Lorsque des numéros élevés sont nécessaires, on doit donner la préférence à des verres périscopiques dont la surface concave est tournée vers l'œil.

Quand l'hypermétropie est compliquée d'amblyopie monoculaire, comme il arrive presque toujours dans les cas de strabisme hypermétropique, il est indiqué d'exercer l'œil dévié plusieurs fois par jour avec le secours d'une loupe si c'est nécessaire.

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