‹ Traité pratique d'ophthalmoscopie et d'optométrieChapitre 87 sur 112 · M = -^; A5 = + ^, IS-G · texte numérisé non relu

M = -^; A5 = + ^, IS-G

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Il en est de même pour tous les cas qui peuvent se rencontrer. Nous ne saurions trop engager le lecteur à faire, à titre d'exercices, l'application de celte règle à tous les exeniples que nous avons donnés précédemment.

Dans le même but nous conseillons aussi de mesurer l'astigmatisme provoqué artificiellement par l'accolement devant l'oculaire de l'optomètre à l'aide d'un peu de cire à mouler, de cylindres de forme et de valeur variables. Chaque mensuration, pour être profitable, devra être suivie de la formule qui en est l'expression et le résultat pratique.

S'il est indifférent théoriquement d'employer, pour corriger l'astigmatisme, soit un cylindre convexe, soit un cylindre concave, il ne saurait en être de même dans la pratique. Toutes les fois que la correction a pour effet d'augmenter l'amétropie sphérique et par conséquent d'imposer dès verres sphériques convexes ou concaves plus forts, elle entraine tous les inconvénients qu'occasionne l'emploi de ces derniers , inconvénients d'autant plus grands, d'autant plus nombreux que le numéro est plus élevé. Nous devons dire cependant que des observateurs très*compétents en cette matière emploient le plus souvent la même forme de cylindres. A l'exception de quelques cas particuliers qu'il mentionne, Em. Javal conseille les cylindres concaves, Hirschmann, au contraire, les cylindres convexes, sans donner les raisons de leur préférence. Il convient d'ajouter que l'optomètre dont ils se servent est pourvu, l'un, de cylindres concaves et l'autre, de cylindres convexes, ce qui rend plus commode l'emploi d'une seule espèce de verres. Néanmoins, jusqu'à plus ample information, nous croyons préférable de donner à chaque forme d'astigmatisme le verre correcteur qui lui convient, c'est-à-dire le cylindre concave aux myopes, et le cylindre convexe aux hypermétropes. De cette fa-

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çon le cylindre a pour effet constant de réduire au minimum Tamétropie sphérique ou, en d'autres termes, de la rapprocher autant que possible de la vue normale.

Toutes les fois que la détermination des verres correcteurs cylindriques et sphériques est terminée, il est indispensable d*en faire le contrôle en les plaçant dans les lunettes d'essai qui sont pourvues d'une double monture dont Tune est graduée en degrés.

Nous avons supposé que pour chacune des deux déterminations que comporte la mensuration de l'astigmatisme, la fixation du pimctum remotum était facile et nettement indiquée. Il en est ainsi le plus souvent pour l'astigmatisme avec myopie et pour l'astigmatisme avec hypermétropie faible. Mais répreuve est plus difficile lorsque l'œil est fortement hypermétrope, lorsque, dévié ou non,, il ne sert qu'accessoirement à la vision distincte. Dans ces conditions, le méridien suivant lequel il a l'habitude de voir se mesure encore aisément; mais l'autre pour lequel il neutralise présente un réel embarras. 11 ne voit pas les lignes placées dans cette direction à quelque distance qu'on les place ; ou bien il les voit si confusément^ si incomplètement, qu'il est impossible de fixer le punctum remotum. Ajoutons à cela que, pendant ce labeur, l'accommodation intervient habituellement et fausse le résultat. Nous n'éprouvons aucun embarras à déclarer qu'avec notre optomètre il nous a été impossible d'avoir des réponses nettes dans les cas d'astigmatisme compliqués de perte de la vision binoculaire. Il est vrai de dire qu'avec Toptomètre de Javal, nous n'étions pas plus heureux.

Pour ces cas exceptionnels nous conseillons :

1"^ D'avoir constamment recours à l'atropine, qui supprime une accommodation que rien ne peut fixer ni maîtriser ;

2"* De substituer à nos lignes parallèles, qui sont assez fines pour exiger une acuité visuelle élevée, des lignes plus grosses et moins nombreuses.

Si, malgré ces artifices, la détermination est encore défectueuse, il est indispensable d'ajourner et de recommander au malade d'exercer l'œil rebelle surtout dans la- direction pour laquelle il est accoutumé à neutraliser, en lui donnant, s'il y a lieu, un verre sphérique approprié.

CAUSES ET SIÈGE DE L'ASTIGMATISME RÉGULIER. 4i3

ARTICLE VI

Causes et siège de rastigmatlsme rée^ulier.

Nous serons bref sur ce sujet, parce qu'il nous éloigne un peu du point de vue pratique auquel nous nous sommes placé.

L'astigmatisme peut avoir son siège dans le cristallin. Th. Young a démontré qu'il en était ainsi pour lui. En plongeant son œil dans une petite cupule remplie d*eau tiède et dont le fond était représenté par une lentille convexe à court foyer, il constata que la réfraction était restée absolument la même. L'indice de réfraction de l'eau étant sensiblement le même que celui de la cornée. Faction réfringente de cette dernière était de la sorte à peu près complètement annulée. Gomme Tastigmatisme persistait, il fut permis d'en conclure que le cristallin en était la cause et le siège. Dix ans plus tard, Gerson, dans une thèse latine présentée à rUniversité de Gœttingue, attribua Tastigmatisme à la déformation de la cornée.

Ce fut en 1839 que Kohlrausch eut l'idée de déterminer le siège de l'astigmatisme par la mensuration comparative des images fournies par la cornée. Toutefois, il ne poussa pas bien loin cette recherche, qui depuis fut reprise d'abord par Senfif en 1846, puis par Helmholtz en 1854, et en dernier lieu par Knapp et Donders. Nous avons précédemment indiqué l'instrument ingénieux appelé ophthalmomètre, à l'aide duquel il fut possible de démontrer directement, par la mensuration des images catoptriques, le changement de courbure du cristallin pendant l'accommodation. Le même appareil servit avantageusement à la constatation du siège de l'astigmatisme. Si, au lieu d'être un segment d'une surface de révolution, la cornée est assimilable à une ellipsoïde à trois axes inégaux, il est clair qu'un disque lumineux fourni par un écran percé d'un petit trou et placé devant une lampe formera sur cette membrane une image plus ou moins elliptique, et qu'en mesurant les deux diamètres principaux de cette image, on aura des éléments suffisants pour déterminer la forme de la cornée. L'ophthalmomètre permet de faire très-simplement, très-exactement, ces mensurations.

En déterminant de la sorte la forme de la cornée chez un assez grand nombre de sujets, Donders a constaté que l'astigmatisme

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déterminé par la méthode objective ne coïncidait pas exactement avec les indications fournies par la méthode subjective. Il en conclut que le cristallin produit aussi de l'astigmatisme, et comme, d'une façon générale, Tastigmatisme, déterminé subjectivement^ était moindre que l'autre, déterminé objectivement ^ il émit l'opinion que l'astigmatisme du cristallin est habituellement d'un sens opposé à celui de la cornée. Il fit de plus la remarque, d'après les observations de son élève Middelburg, que l'astigmatisme du cristallin est souvent placé dans une situation très-variable par rapport à celui de la cornée.

Toutes ces observations démontrent que la cause de l'astigmatisme peut siéger soit dans la cornée, soit dans le cristallin, soit le plus souvent dans les deux réunis. Mais l'étude de cette question est loin d'être épuisée. Il serait du plus haut intérêt d'avoir un grand nombre de faits dans lesquels les déterminations subjectives de l'astigmatisme total, puis de l'astigmatisme du cristallin, en neutralisant l'action de la cornée comme dans l'expérience de Young, seraient contrôlées par les mensurations ophthalmométriques. Alors seulement il sera possible de préciser le rôle du cristallin, de savoir s'il est variable ou permanent dans son degré et sa direction, s'il est modifié pendant l'accommodation pour les objets rapprochés, etc. : toutes questions fort importantes, dont la solution non-seulement jettera un jour nouveau sur l'étude scientifique de l'astigmatisme, mais aussi fournira des bases plus certaines au traitement.

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