FIXATION DU COMPLÉMENT
La réaction de Bordet-Gengou (I, p. 415) peut être utilisée comme moyen de diagnostic. Les observations sont encore trop peu nombreuses ettrop variables pour pouvoir conclure. Il est des Vibrions qui n'aggluünent pas et ne donnent pas la réaction de Pfeiffer et fixent, cependant, nettement l’alexine en présence de sérum anticholérique.
Besch et Kon (4), qui ont grande confiance dans celte réaction, donnent la manière de faire suivante :
On émulsionne une üse d’une culture sur gélose de dix-huit heures dans 2? centimètres cubes de solution physiologique et on chauffe une
(1) Kraus, Ueber ein akut wirkendes Bakterientoxin (Centralbl. für Bakt.,1te Abth., Orig., XXXIV, 1903, p. 488).
(2) Hunxreuuzzer et ORNsSTEIN, Zeitschr. für Hygiene, LXX, 1911, p. 306.
(3) Scnumacuer, Die Differentialdiagnose von Cholera-und choleraähnlichen Vibrionen durch Blutagar (Zeitschr. für Hygiene, LIV, 1906, p. 65).
(4; Bescn et Kox, Untersuchungen über Differenzierung von Cholera-und Cholera ähnlichen Vibrionen mittels der Komplementbindung (Zeilschr. für Hygiene, LXII, 1909, p. 161).
SPIRILLUM CHOLERÆ. 641
heure à 60°. On mélange avec le sérum anticholérique el on ajoute le sérum de cobaye neuf fournissant le complément. Après une heure à 37°, on ajoute le système hémolytique. L'examen est fait après séjour de deux heures à 37°, et de dix-huit heures à la glacière.
Il est nécessaire de disposer d'un sérum anticholérique agglutinant au moins à 1 p. 5000; 0ce,3 d’un tel sérum doit empêcher complètement l’hémolyse avec 0cc,1 de l'émulsion vibrionienne. Il se peut qu'il se produise une hémolyse partielle ; le résultat de la réaction est alors douteux.
La méthode a besoin d’une mise au point plus exacte.
RÉACTION D'IMMUNISATION.
Pfeiffer et Issaefl (1) avaient pensé pouvoir faire de la constataion de l’état d'immunilé un caractère de spécification de très haute valeur.
D'après eux, on devait considérer comme cholérique tout Vibrion suspect qui, inoculé convenablement au cobaye, le vaccinait contre un Vibrion cholérique bien établi.
D'un autre côté, le sérum d’un animal immunisé contre le Vibrion cholérique vrai doit protéger contre l'inoculation d’un Vibrion cholérique vrai et rester sans effet contre l’inoculation d'un Vibrion autre.
[1 faut absolument que les Vibrions éprouvés aient une virulence suffisante pour tuer le cobaye, afin que l’on constate nettement la différence entre l'animal témoin et celui qui a subi une immunisalion,
Il serait même possible d'arriver à un diagnostic rétrospectif du choléra, en usant de sérum des individus soupçonnés.
Celle méthode est loin d’avoir donné des résullats assez précis.
A côté des Vibrions cholériques vrais, isolés de cas de choléra bien établi, on a rencontré soit dans des cas de choléra paraissant réels, soit dans le milieu extérieur en temps de manifestations cholériques ou en dehors de toute suspicion de choléra, soit chez des individus sains ou alteints d'affections tout autres que le choléra ou les maladies cholériformes, des Vibrions qui, par beaucoup de caractères, se rapprochent du Vibrion cholérique.
Pour certains d’entre eux, les caractères de différenciation semblent suffisants pour les faire admettre comme des espèces distinctes.
Pour d’autres, ces caractères de différenciation sont moindres, de valeur plus minime ; sur ceux-ci, le jugement peut raisonnablement être réservé.
La variabililé des caractères morphologiques, les irrégularités que l’on constate souvent dans les réactions biologiques, même les plus importantes, comme l'agglutination et la bactériolyse, l'inconstance de la vaccination réciproque, constatée d'abord par Sanarelli, puis par d’autres, mais aussi bien entre les Vibrions isolés de selles cholériques qu'entre ces derniers et des Vibrions virulents isolés des eaux oudes matièresfécales non cholériques, peuvent faire penser à l'existence de plusieurs types pathogènes, véritables Vibrions cholérigènes, simples
(1) Preirrer et Issagrr, Loc. cit., p. 622.
LS ni
Macé. — Bactériologie, 6° édit. OURS
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variétés de l'espèce microbienne, pouvant, aussi bien les uns que les autres, selonles circonstances, produire des manifestations épidémiques. C'est ce qui concorderait par faitement avec bien des observations épidémiologiques et cliniques.
Il peut être utile de connaître les caractères des principaux types de: ces Vibrions cholérigènes ; nous allons en dire quelques mots (Voy. Atlas de microbiologie, pl. XXXIV).
Vibrions isolés de selles cholériques.
VIBRION DE MASSAOUAH
Pasquale (1) l’a isolé, en 1891, des déjections d'un cholérique à Massaouah. Fréquemment la dénomination de Vibrion de Massaouah est altribuée à tort à un autre type isolé de l’eau d’une localité voisine par le même expérimentateur, le Vibrion de Ghinda.
C'est un Spirille long et mince, à courbure peu prononcée, les éléments paraissant plutôt onduleux. Les cils sont au nombre de quatre, disposés comme il a été dit précédemment (p. 631).
Les cultures dans les solutions de peptones ne donnent pas de suite une pellicule superficielle, mais seulement après quatre Jours. La liquéfaction de la gélatine se fait plus rapidement.
La réaction du rouge de choléra est faible et lente à se produire.
Il est très pathogène pour le cobaye, qu'il tue même en inoculation sous-cutanée. Il fait périr aussi le lapin et le pigeon.
La virulence se conserve après une longue série de cultures en dehors de l’organisme.
VIBRION DE HAMBOURG
Il a été isolé de selles cholériques pendant l'épidémie de Hambourg en 1892.
La forme, courte et trapue, bien courbée en virgule, rappelle beaucoup le type indien de Koch. Comme lui, il ne possède qu'un cil vibratile.
Il produit nettement la réaction indol-nitreuse et est assez pathogène pour le cobaye.
Il paraît bien être un Vibrion cholérique vrai. C’est avec lui que Pfeiffer a fait beaucoup de ses recherches.
VIBRION DE COURBEVOIE
Il a été isolé par Netter (2) des selles dans un cas de choléra grave, à Courbevoie, pendant l'épidémie de 1892.
C’est un Spirille mince, assez long, bien incurvé. Il ne possède qu'un cil vibratile à une extrémité.
(1) Pasquaze, Ricerche batteriologiche sul colera a Massaua (Giornale med.R. Esencilo, 1891).
(2) Nerrer, Recherches bactériologiques sur des cas de choléra et diarrhée cholériforme (Bull. de la Soc. méd. des hôp., 1892.
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Le développement sur gélatine est celui du type de Koch. La réaction indol-nitreuse est marquée. Il est assez pathogène pour le cobaye, est mortel pour le pigeon et le lapin.
VIBRION DE ROME
Il a été isolé par Celli et Santori (1) de selles cholériques.
Il ne donne pas de pellicule superficielle sur les solutions de peptones, ne produit pas la réaction indol-nitreuse et n’est pas du tout pathogène pour le cobaye.
VIBRION D’ANGERS
Il a été isolé, en 1893, par Metschnikoff, des selles d'un cholérique.
Il est plus court et plus gros que le Vibrion de Courbevoie, se rapproche du type de Koch et n’a, comme lui, qu'un cil vibratile.
Il donne la réaction indol-nitreuse et était au début pathogène pour le cobaye : un centième de culture sur gélose tuait le cobaye, en injection intrapéritonéale ; les microbes abondaïent dans le sang. La virulence a rapidement diminué et s’est presque tout à fait éteinte dans les cultures successives.
VIBRION DE LISBONNE
Pestana et Bettencourt (2) l'ont isolé, en 1894, des selles de cholériques et de l’eau d'alimentation à Lisbonne.
C'est un Bacille virgule assez court, peu courbé.
Il ne donne pas la réaction indol-nitreuse et n'est que très peu pathogène pour le cobaye.
Il liquéfie rapidement la gélatine et se rapproche, par les caractères des cultures sur ce milieu, du Spirille de Finckler.
VIBRION DE PARIS
Il a été isolé d’un cas de choléra, en 1884.
C'est un Vibrion fin et allongé ayant déterminé chez l'homme, à la suite d’ingestion de cultures, des cas de diarrhée cholériforme avec nombreux Vibrions dans les selles (Metschnikoff). Le passage par l'homme n’a pas modifié la forme.
Sa virulence pour le cobaye est très faible ; l’animal supporte facilement l'injection dans le périloine d’une culture sur gélose entière.
VIBRION NASIK
Il a été rencontré à Nasik, aux Indes, par Simond, dans les selles d'individus atteints de choléra cliniquement vrai.
Il donne une toxine soluble très active, tuant le lapin en quelques
(1) Ceux et Sanrori, Loc. cit., p. 632.
(2) Pesrana et Berrexcourr, Bakteriologische Untersuchungen über die Lissaboner Epidemie von 1894 (Centralbl. für Bakt., 1894, p. 401).
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minutes par voie intraveineuse; il a des propriétés hémolytiques très
marquées. Un court chauffage à 58° détruit à la fois la toxine et l'hémo-
lysine.
En se basant sur ces propriétés et sur le faible taux d’agglutination par le sérum anticholérique, Kraus (1) lui dénie le titre de Vibrion cholérique vrai.
On a vu que ces caractères ne pouvaient pas servir pour une différenclation.
De nombreux autres types de Vibrions cholérigènes ont élé isolés de
selles cholériques. On peut citer encore, comme exemples de variations morphologiques, le Vibrion de Malle, très court, ayant presque l'aspect d'un coccus; le Vibrion de Shangaï, de forme presque droite, bacillaire (2).
Vibrions isoles des eaux.
VIBRION DE GHINDA
Il a été isolé par Pasquale (3) de l’eau d'un puils de Ghinda, près Massaouah, peu de temps après une petite épidémie de choléra.
C'est un Spirille assez mince, allongé, peu courbé, donnant peu de filaments. :
En culture sur les solutions de peptones, il donne une pellicule en vingt-quatre heures. Ces cultures ne produisent pas la réaction indolnitreuse au bout d’un jour, et très faiblement après.
Il est très pathogène pour le cobaye ; il suffit d’un dixième à un douzième, parfois un vinglième de culture sur gélose pour tuer le cobaye en inoculation intrapérilonéale et même sous-cutanée.
C'est un type auquel on ne peut pas dénier l’action cholérigène ; Metschnikoff a produit avec lui le choléra intestinal typique chez les animaux, et Fermi un cas de choléra grave chez l’homme.
Les types de Vibrions isolés des eaux sont lrès nombreux aujourd’hui. On trouvera des renseignements très circonstanciés sur cette importante question dans un beau mémoire de Sanarelli (4). Cet auteur en a isolé jusqu'à trente-deux types des eaux de Seine, des eaux d'égouts, des eaux de drainage de Gennevilliers, d'eaux de Versailles. Parmi eux, il en est que leurs propriétés biologiques, leur action pathogène ne permettent pas de séparer des Vibrions cholériques vrais: ils sont capables de déterminer, chez l'homme et les animaux, des symptômes morbides cliniquement identiques.
Metschnikoff a reconnu un Vibrion isolé de l’eau d'une fontaine de Versailles par Sanarelli, en dehors de toute manifestation de choléra,
(1) Kraus, Loc. cil., p. 640.
(2) Friepricu, Vergleichende Untersuchungen über den Vibrio Choleræ asiaticæ, mit besonderer Berücksichtigung der diagnostischen Merkmale desselb en (Arb. aus dem kaiserl. Gesundheitsamte, VIII, 1892).
(3) PasquaLe, Loc. cit., p. 642.
(4) Saxarezur, Les Vibriors des eaux et l'étiologie du choléra (Ann. de l’Inst. Pasteur, VII, 1893, p. 693). :
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nettement cholérigène pour l’homme, déterminant, chez le jeune lapin, un choléra mortel. Ce Vibrion de Versailles n'est toutefois pas agglutinable par le sérum anticholérique.
Il en est de même du Vibrion de Saint-Cloud, isolé de l’eau de Seine par Sanarelli.
D'aulres, non pathogènes, présentent avec les premiers des ressemblances si évidentes, qu'on est conduit à les considérer comme d'origine pathogène, mais adaptés à la vie saprophytique, capables en tout cas, probablement, d'acquérir à nouveau leurs propriétés perdues lorsqu'ils rencontrent des circonstances favorables. |
Vibrions isolés de l'intestin. .
Rumpel (1) à Hambourg, Metschnikoff (2) à Paris, ont les premiers signalé dans les selles d'hommes bien portants, en dehors de toute épidémie cholérique pour ce dernier au moins, la présence de Vibrions devant être considérés comme Vibrions cholériques vrais. Ivanoff (3) trouve dans les selles d'un typhique un Vibrion qui présente les caractères du Vibrion de Courbevoie et ne peut guère être considéré que comme Vibrion cholérique. Sanarelli (4), en injectant des toxines cholériques à des cobayes, dans l'estomac ou dans les veines, a pu isoler,
“après la mort de l'animal, qui survenait en quelques jours, douze types
de Vibrions de leur contenu intestinal. Les microbes préexistaient dans l'intestin, mais trouvaient des conditions très favorables à leur pullulation dans l’état pathologique créé par le poison.
VIBRION D’EL TOR
Ce type a été rencontré plusieurs fois par Gottschlich (5), au lazaret d'El Tor, en 1905, sur une centaine de cadavres de peélerins venant de La Mecque, dont aucun n'avait présenté de signes de choléra, décédés de maladies tout autres, dysenterie, variole, etc.
En se basant sur un pouvoir hémolytique marqué (voir p. 639) (6), la production d'une toxine très active (p. 608 et 616), l’agglutination faible par le sérum anticholérique, Kraus (7) refuse de le considérer comme Vibrion cholérique vrai.
Il n’est guère possible de considérer ces caractères comme exclusifs.
De plus, tousdles Vibrions d'El Tor produisent nettement la réaction de Pfeiffer.
(1) Rumwrez, Die Hamburger Choleraerkrankungen im Sommer 1893 (Berlin. klin. Wochenschr., 1891).
(2) Mersenxixorr, Recherches sur le choléra et les Vibrions; 2° mémoire (Ann. de lInst. Pasteur, VII, 1893, p. 565).
(3) Ivaxorr, Ueber eine neue choleraähnliche Vibrionenart (Zeitschr. für Hygiene, XV, 1893, p. 4341.
(4) Saxarezut, Les Vibrions intestinaux et la pathogénie du choléra (Ann. de l'Insf. Pasteur, IX, 1895, p. 129).
(5) GorrscaricH, Ueber Cholera und Choleraähnliche Vibrionen unter den aus Mekkazuruckkehrenden Pilgern (Zeitschr. für Hygiene, LILI, 1906, p. 281).
(6) BarrTuLeIx, Arb. aus dem kaiserl. Gesundheilsamte, XXX VI, 1912, p. 446.
(7) Kraus et Prisran, Ueber die Beziehungen der Vibrionen El Tor zu dem Choleravibrio (Centralbl. für Bakt., 1e Abth., Orig., XLI, 1906, p 15).
En résumé, en se basant d'un côté sur les résultats obtenus chez l'homme et chez les animaux, surtout par Metschnikoff et Sanarelli, de l'autre sur l'insuffisance de toutes les méthodes prônées pour la diagnose, tout aussi bien des caractères de cultures, des caractères morphologiques, même des propriétés biologiques qui semblent avoir une réelle valeur, telles que l’agglutination et la bactériolyse surtout, qui conduisent à tout instant à des conclusions paradoxales, il semble que lon doive considérer tous ces Vibrions comme des Vibrions réellement cholériques, appartenant bien à un même groupe, peut-être à un même type spécifique, considéré dans une large acceplion du terme, comme 1l semble qu'on doive le faire pour ces organismes inférieurs formant , l’ordre des Bactéries. Les divers types observés seraient alors des variétés, dans le sens attribué à ce mot en botanique, variétés plus ou moins fixées suivant leur adaptation spéciale, pouvant alors présenter des caractères différentiels plus où moins marqués, pouvant, en particulier, être devenues complètement inoffensives ou produire des substances toxiques ou vaccinantes d'activités bien différentes.
On doit reconnaître l'importance d'une telle conception pour l’éliologie du choléra, qui ne devrait plus alors être considéré comme devant être exclusivement causé par l'importation d’un germe infectieux exotique, mais pourrait se développer sur place par suite de l'infection par un germe indigène, être même parfois d'origine auto-infectieuse, lorsque se rencontrent des conditions favorables à l’action pathogène. C'est ce qui peut donner l'explication de bien des cas de choléra sporadique ou d'épidémies cholériques autochtones, véritable choléra nostras, où l'importation ne peut se rencontrer. Ceci ne doit pas, toutefois, réduire l'importance du rôle qui est à attribuer à un germe exotique importé qui peut, à cause de son adaptation spéciale, avoir des propriétés d'infection plus grandes et déterminer des manifestations plus intenses et plus étendues.
Pour être un problème difficile, à cause précisément de cette question des Vibrions cholérigènes, la recherche et le diagnostic du Spirille du choléra n'en ont pas moins une importance considérable. Si, du reste, on se place à un point de vue plus général, la simple constatation d'un microbe cholérique ou cholérigène peut suffire souvent à donner satisfaction. Il faut reconnaître qu'alors bien des caractères, insuffisants ou douteux pour permettre de distinguer des types voisins de ces Vibrions, pourront donner des indications précieuses et conduire au but cherché.
DIAGNOSTIC BACTÉRIOLOGIQUE.
Pour le diagnostic d'un Vibrion cholérique, il est nécessaire d'en praliquer l'examen microscopique pour constater ses caractères morphologiques, el la mise en cultures pour obtenir des cultures pures qui serviront à la recherche des réactions que l'on doit obtenir.
Quand les produits à examiner constituent une sorte de culture pure, comme parfois le contenu intestinal des cholériques (p. 592), ou quand les Vibrions sont très abondants, l'ensemencement direct peut conduire à l'isolement; il se fait alors sur gélose alcaline (p. 600), ou mieux sur gélose au sang de Dieudonné (p. 600) ou gélose de Crendiropoulo (p. 601).
SPIRILLUM CHOLERZÆ. 647
Sur les plaques de gélose au sang ensemencées directement, les colonies sont visibles à l'œil après six à huit heures ; ilest facile d'en prélever pour faire des examens, des cultures d'isolement et même rechercher la réaction d'agglutination. Lorsque tout réussit, le diagnostic peut être porté en une douzaine d'heures.
Mais c’est là lexception.
Il se trouve en même temps, d'habitude, d'autres microbes, souvent en forte proportion, dont le développement masquerait le V ibrion cholérique ou rendrait sa recherche longue et pénible. Il faut recourir alors à une culture d’enrichissement, qu’il est à conseiller de pratiquer chaque fois d'une facon systématique.
Celte culture d’enrichissement se fait au mieux en gélopeptosel de Metschnikoff (p. 601), à l’étuve à 37°. Après cinq à six heures, on constate la production d'un trouble à la partie supérieure du tube. On peut prélever un peu du liquide pour examen microscopique et culture.
On peut aussi se servir, comme milieu d'enrichissement, de la culture en bile préconisée par Ottolenghi (p. 602).
L'emploi de gélopeptosel donne detrès bonsrésultats etserecommande par sa simplicité.
La culture directe ou la culture d’enrichissement est examinée au microscope, peut servir de suite à diverses réactions, surtout à l'étude de l’agglutination, mais sert surtout à ensemencer des milieux propices, gélose simple alcaline, géloses spéciales, bouillon peptonisé, qui permettront d'obtenir assez de produit pur pour pouvoir constater les divers caractères nécessaires au diagnostic.
La marche à suivre pour le diagnostic bactériologique d’un Vibrion comprend la série d'opérations suivantes :
1° Examen microscopique du produit suspect en goutte pendante et
‘après coloration à la fuchsine phéniquée ;
2° Cultures d’enrichissement en eau peptonée ou en gélopeptosel ; 3° Simultanément, ensemencement direct en strie sur gélose au sang de Dieudonné ou gélose de Crendiropoulo;
* Examen microscopique du résultat de 2° en gélopeptosel et mise en culture à 37° sur gélose alcaline coulée en boîte de Petri, en stries ee quadrillage, sur tubes de gélose et en tubes de bouillon;
Examen des colonies obtenues dans ce dernier cas et, si l'on trouve fe formes suspectes, essai de l’agglutination et de la réaction de Pfeiffer ;
6° Recherche de la réaction du rouge de choléra à l'aide de cultures en bouillon;
7° Injection intrapéritonéale au cobaye avec le produit de culture d’un tube de gélose.
La recherche des Vibrions cholériques se fait surtout dans les malières fécales ou le contenu intestinal à l’autopsie, rarement dans les vomissements, puis dans l'eau.