DIAGNOSTIC
Ilse distingue du Vibrion du choléra par le développement plus rapide et l'aspect des cultures sur gélatine (p. 651), surtout par la liquéfaction plus forte et la propriété qu'auraitle liquide, d’après Mavrojannis (p. 60#), de ne jamais se solidifier sous l’action du formol ; par la réaction du rouge de choléra moins intense, sa pathogénéité moindre : ; surtout par l absence
de l'agglutination et de la réaction de Pfeiffer, avec le sérum anticholérique.
SPIRILLUM SPUTIGENUM Lewis.
Lewis (2) a signalé, dans la salive et le tartre dentaire d'individus sains, des Spirilles identiques à ceux du choléra comme dimensions, comme aspectet comme vivacité de mouvements. Mais ils ne se cultivent sur aucun des milieux de culture habituels, dans les conditions où le Spirille du choléra végète abondamment.
SPIRILLUM TYROGENUM DEXEKE.
(Vibrion de Deneke.)
Deneke (3) a isolé de vieux fromage une Bactérie courbe, qui présente aussi de grandes affinités avec le Spirille du choléra, au point de vue morphologique, mais peut s'en distinguer par certains caractères de ses cultures.
Ce sont des bâtonnets courbes un peu plus petits que ceux du choléra, donnant plus facilement des filaments spiralés à plusieurs tours. Ils sont aérobies et liquéfient la gélatine plus vile que le Spirille du choléra, mais moins que l'espèce de Finckler et Prior.
Sur plaques de gélatine, ce microbe forme de petites colonies cireulaires, brunâtres, à contours sombres, nets; la colonie pàlit dès que la liquéfaction commence. En piqûre, ilse produit, en quarante-huit heures, un sac de liquéfaction un peu moins marqué qu'avec le Sprrille de Finckler; le liquide produit ne se solidifie pas sous l’action du formol (Mavrojannis, p. 604).
Sur gélose, on obtient une bande mince d'un blanc jaunâtre; rien sur pomme de terre, même à l'étuve. Le sérum est rapidement liquéfié.
(1) Nicarr et Rierscu, Recherches sur le choléra (Arch. de physiol., 1885, n° 5, p197);
(2) Lewis, Memorandum on the comma-shaped Bacillus (The Lancel, 20 septembre 1884).
(3) Dexeke, Ueber ein neue den Choleraspirillen ähnliche Spaltpilze (Deustche med. W ochenschr, ., 1885, n° 3).
654 BACTÉRIACÉES.
Deneke a remarqué qu'en ingestion simple cette Bactérie ne produit aucun effet; en opérant d'après la méthode de Koch pour le choléra,
trois cobayes sur quinze sont morts. Hueppe (1) a pu tuer les cobayes avec les injections intrapéritonéales. Kasanky (2) dit qu'un centimètre cube de bouillon de culture de celte espèce fait rapidement mourir le pigeon avec des symptômes de septicémie. Metschnikoff (3) a confirmé ces dernières données el a, en outre, démontré que le Vibrion de Deneke pouvait êlre pathogène pour l'homme à haute dose, en occasionnant, par son ingestion, de la diarrhée cholériforme.
Il ne produirait pas d’indol, ne donnerait pas la réaction du rouge de choléra.
Il n’est pas agglutiné par le sérum anticholérique.
SPIRILLUM METSCHNIKOWI GAMALÉIA.
{Vibrion de Melschnikoff, Vibrion avicide.)
ATLAS DE MICROBIOLOGIE, PL. XXXV
C'est l'agent d'une maladie infectieuse des poules, observée en Russie par Gamaléia (4). Pfuhl (5) dit l'avoir rencontré dans l’eau.
L'affection est plus fréquente que le choléra des poules, pendant l'été, et frappe surtout les jeunes individus. Les symptômes extérieurs sont très voisins de ceux de celte dernière maladie. Les oiseaux malades sont comme endormis et ont le plumage hérissé ; ils ont de la diarrhée. La température reste voisine de la normale, oscillant de 38° à 41°; tandis que le choléra des poules détermine une fièvre intense, 43° à 44.
A l’autopsie, tout l'intestin, hyperémié, depuis le gosier, est rempli d'un liquide séreux, gris Jaunâtre parfois mêlé de sang. Les autres organes, la rate en particulier, sont normaux.
L'examen microscopique ne révèle d'ordinaire rien dans le sang. Si l’on inocule un pigeon avec le sang du cœur d’un jeune poulet, on le voit mourir en douze à vingt-quatre heures. Le sang du cœur renferme une quantité de Bactéries spécifiques.
MCRPHOLOGIE
Caractères microscopiques.—Ces Bactéries du sang ont la forme et les dimensions du Spirille du choléra ; elles sont d’ordinaire en virgule, parfois en spirales de cinq à dix tours plus ou moins rapprochés, toujours très mobiles et munies d'un seul cil vibratile à une extrémité. Lorsqu'on les fait repasser dans un autre pigeon, elles augmentent sensiblement de dimensions.
Cultures. — On en obtient facilement des cultures dans les milieux ordinaires.
(1) Huepre, Berlin. klin. Wochenschr., 1892.
(2) Kasanxxy, Wratch, 1898, p. 495.
(3) Merscanixorr, Recherches sur le choléra ; 2€ mémoire (Ann. de l’Inst. Pasteur, VII, 1893, p. 566).
(4) GamazéiA, Vibrio Metschnikowi et ses rapports avec le microbe du choléra asiatique (Ann. de l’Inst. Pasteur, II, 1888, n° 19).
(5) Pruuz, Ueber des Vorkommem des Vibrio Metschnikowi in einem ôffentliche Wasserlauf (Zeitschr. für Hygiene, XXII, 1894, p. 234).
SPIRILLUM METSCHNIKOWI. 655
Sur plaques de gélatine, les colonies isolées ont l'aspect d’une rondelle liquéfiée transparente, munie d’un point blanc au centre. Au microscope, on reconnail trois zones à ces colonies: l’extérieure, formée par la gélatine liquéfiée, est très pale ; la médiane a des contours sinueux et un aspect granuleux ; le centre est opaque etbrunâtre.
Sur gélaline en piqûre, la culture rappelle celle du Spirille du choléra. La partie supérieure se creuse de façon à former une sorte de bulle, puis se liquéfie. Le liquide formé ne se solidifie pas sous l'action du formol (Mavrojannis).
Sur gélose, les colonies sont blanches, avec une partie centrale jaunâtre et brillante.
Sur pomme de lerre, au-dessus de 25°, les colonies sont d’un brun pâle, teinte café au lait, avec un centre plus foncé.
Dans le bouillon à l’éluve, en six à sept heures on peut déjà percevoir un léger trouble qui se résout en ondes soyeuses par agitation. Le lendemain, leliquide est recouvert d’un voile minceet fragile. La culture ne dégage aucune odeur. On y trouve souvent de très longues spirales.
Le lait ne change pas d'aspect. La caséinese précipite à la longue, mais n'est pas attaquée. Le milieu prend une forte réaction acide ; les Bactéries périssent.
La réaction indol-nitreuse s'obtient toujours très nettement, sans addiüon de nitrite.
INOCULATION EXPÉRIMENTALE
Les pigeons sont {rès sensibles à l'action de ce microbe. Quelques gouttes de culture, inoculées sous la peau ou dans le muscle, les tuent en huit ou douze heures, différence très marquée avec ce que donne le Vibrion cholérique. Le sang contient alors de nombreux Vibrions. Les passages successifs exaltent notablement la virulence. L'infection par voie intestinale ne réussit pas.
Les poulels, au contraire, succombent très facilement à linfection par la nourriture ; pour les tuer par inoculation sous-cutanée, il faut des doses beaucoup plus fortes que pour les pigeons. Les poules adultes résistent à l'ingestion ; pour leur donner la septicémie, 1l faut de fortes doses en inoculation sous la peau ou dans les muscles.
Les lapins ne sont tués qu'avec de très fortes doses.
Les cobayes sont très sensibles et succombent par tous les moyens d'infection.
En injection intrapéritonéale, ils meurent très vite, avec une quantité très minime de produit virulent, même 1 p. 100 d’üse ; on trouve alors de nombreux Vibrions dans le sang. En injections sous-cutanées, on produit une septicémie vibrionienne avec de très petites doses. Par ingestion, après alcalinisation de l'estomac, l'animal est pris de gastro-entérite avec de nombreux Vibrions dans le contenu intestinal, le sang et les organes.
Metschnikoff n’a rien obtenu chez l’homme, par ingestion.
Les pigeons qui survivent aux inoculations deviennent réfractaires. Gamaléia a même observé ce fait très curieux, qui démontre qu'il est possible de vacciner ces animaux pour l'une de ces deux maladies avec le microbe spécifique de l’autre: un pigeon rendu réfractaire au choléra
656 | BACTÉRIACÉES.
asiatique est vacciné pour cette affection et inversement. Toutefois les cobayes vaccinés contre cette espèce succombent à la suite d’inoculations de Vibrions cholériques.
Wolkow (1) a démontré que les bouillons de culture contenaient des produits solubles toxiques. Bruhl (2) a obtenu, à leur aide, quelques résultats dans des tentatives de vaccination ou de sérothérapie.
SPIRILLUM PHOSPHORESCENS.
(Vibrion phosphorescent.)
Des Vibrions phosphorescents ont été obtenus à plusieurs reprises des eaux de fleuves et de rivières, des déjections des malades atteints de diarrhée. Kütscher (3) et Dunbar (4, entre autres, ont signalé plusieurs espèces de Vibrions que leurs caractères de cultures rapprochent de ceux du choléra présentant cette particularité. Certains sont pathogènes pour les arimaux, d'autres pas ; en tout cas, ils ne sont pas influencés par le sérum anticholérique. D'ailleurs, la p hosphorescence elle-même paraît être très inconstante chez ces différents types.
SPIRILLUM OBERMEIERI Cou.
(Spirochæte Obermetieri.)
Cette Bactérie a été trouvée en Allemagne, en 1873, par Obermeier(s), dans le sang des malades atteints de fièvre récurrente, fièvre à rechules, typhus récurrent, et nommée Sptrochæte Obermetert par Cohn (6). Depuis, de nombreux observateurs ont vérifié sa découverte.
La fièvre récurrente, ou sptrillose humaine, existe, en Europe, surtout en Russie et en Pologne; de là elle est souvent transportée en Allemagne eten Autriche: elle s'observe aussi en Irlande, à l’état endémique semble-t-il.
Elle a été observée dans presque tous les pays du monde. Il semble cependant aujourd'hui que les fièvres récurrentes d'Afrique, d'Amérique, et peut-être d'Asie, sont dues à des organismes différents quoique très voisins de celui découvert par Obermeier, qui seront étudiés successivement.
On trouve ces Spirilles d'Obermeier en grande abondance dans le sang des personnes malades ou des animaux infectés expérimentalement et jamais dans les sécrélions. Ils s'y rencontrent pendant l'accès
(1) Worxow, Toxicité du Vibrion avicide (Arch. de méd. expér., IV, 1892, p. 660).
(2) Bruuz, Contribution à l'étude du Vibrion avicide (Arch. de méd. expér., V, 1893, p. 38).
(3) Kurscuer, Ein Beitrag zur Kenntniss der den Choleravibrionenähnlichen Wasserbakterien (Deutsche med. Wochenschr., 1893, p. 1301). — In., Zur Phosphorescenz der Elbvibrionen (Centralbl. für Bakt., X VIII, 1895, p. 424).
(4) Duxsar, Versuche zum Nachweiss von Choleravibrionen in Flusswasser (Arb. aus dem kaiserl. Gesundheitsamte, IX, 1894, p. 379).
(5) Osermeier, Vorkommen feinster, eigene Bewegung zeigender Fäden im Blute von Recurrentkranker (Centralbl. für die med. Wissensch., 1873).
(6) Conx, Untersuchungen über Bacterien (Beiträge zur Biologie der Pflanzsen, 1, 1875, 2 f., p. 180).
SPIRILLUM OBERMEIERI. 657
de fièvre et ont complètement disparu quelques heures après la défervescence. [ls réapparaissent au moment des rechutes, qu'ils précèdent de trois ou quatre heures et peuvent alors annoncer. L'accès fébrile peut durer une dizaine de jours; c’est au bout d’un jour ou deux que le nombre des Spirilles que contient le sang est le plus considérable. Les cas graves en offrent beaucoup plus que les cas bénins.
Ce sontdelongs filaments onduleux, appointés aux extrémités, formant une spirale dont la longueur varie de 6 y à 50 y sur unelargeur maxima de 0,4 w, le plus souvent de 0,251. -
Ceux que l’on observe d'ordinaire, dans le sang des malades, ont de 7 à 20 u, les pelits étant à peine plus longs que les globules rouges. Les formes longues seraient des éléments en voie de division. La dimension de l'élément normal paraît être de 7 à 10 y.
Le nombre de tours de spires serait alors de trois ou quatre; avec le temps, il y en aurait cinq ou six, indice très probable d'une division prochaine.
Les très longs éléments, ayant de six à vingt tours d'hélice, sont formés par plusieurs. individus restés réunis après la multiplication par division.
On trouve, à l'extrémité des Fig. 135. — Spirillum Obermeieri. Sang formes courtes, un long flagel- d’un malade de fièvre récurrente (d’après lum situé à une extrémité, me- une photographie de Koch). 4 200/1.
surant de 5 à 7 y de long sur 0,1 à 0,2 y de large; pas de cils sur les côtés.
Les mouvements sont extrêmement vifs; ils consistent en un mouvement de flexion du corps, qui peut onduler à la facon d’un serpent, et en un autre mouvement de rotation autour de l’axe longitudinal de la spire, mouvement en pas de vis ou en tire-bouchon; pendant cette rotaüon, on peut voir le Spirille s’allonger et se raccourcir.
Lorsqu'on les observe dans des conditions convenables, comme une assez grande épaisseur de liquide dans la préparation, la non-formation d'un réseau fibrineux de coagulation, l'absence d'anticorps spécifiques, particulièrement d’agglutinines, les Spirilles se meuvent avec une très grande rapidité, il peut même être impossible de les suivre sous le microscope. D’ordinaire, la motilité est variable, surtout à cause du réseau de fibrine qui se forme dans la goutte de sang, des accolements par contacts, d’un début d’agglutination.
Le flagellum n'est pas seul à intervenir dans la mobilité: c’est une cause tout autre qui produit le mouvement hélicoïde.
La motilité est en rapport avec le moment où l’on prélève le sang. Elle est à son maximum au début de l'accès, et alors peutse manifester pendant longtemps en dehors de l'organisme, dans la préparation
Macé. — Bactériologie, 6° édit." II. —— 42
658 BACTÉRIACÉES.
lorsque celle-ci est mise dans des conditions convenables, souvent quatre jours au moins, parfois des semaines d’après Novy. A la fin de l'accès, la motilité baisse souvent fort el disparaît vite hors de l'organisme.
La cessation des mouvements n'implique pas que l'élément est morl; on peut en effet les voir reparaîtresous certaines influences et, en outre, il est possible de causer une infection expérimentale avec du sang qui ne renferme que des Spirilles immobiles.
La cause la plus importante de la modification de la mobilité paraît être la formation d’agglutinines, immobilisant les microbes en totalité ou en partie.
Fig. 136. — Sang d'homme avec Spirillum Le sang examiné à l'ultrami- Obermeieri. 4000/1, croscope (I, p. 188) montre, sur
un champ complètement noir, parmi les globules rouges lumineux et légèrement jaunâtres, des Spirilles très mobiles et très brillants. On obtient des résultats sem-
Fig. 137. — Sang de rat avec Spirillum Obermeieri. Zeiss 1/12, Oc. 4 (Levaditi).
blables en utilisant le procédé à l'encre de Chine (I, p. 364). Coloration. — Le Spirille d'Obermeter se colore aux solutions ordi-
SPIRILLUM OBERMEIERI. J 659
naires, mais faiblement; mieux aux solutions phéniquées, surtout
chauffées légèrement.
La technique suivante donne de bons résultats pour les préparations
de sang :
{o Fixer à 799;
90 Éliminer l'hémoglobine par un lavage avec une solution d'acide citrique ou acétique à 0,9 p. 100;
30 Neutraliser à l’aide de vapeurs d'ammoniaque ;
49 Colorer au violet de gentiane, à la (hionine, ou au bleu de méthylène phéniqués.
Les Spirilles et les leucocytes sont leints en violet ou en bleu; les globules restent incolores.
Lorsqu'on veut avoir des détails de structure, il est bien préférable d'employer la méthode de Romanowsky (TI, p. 388), celle de Giemsa (I, p. 388) ou de Marino (I, p. 389).
On colore les flagella à l aide des procédés de coloration des cils. La présence des cils latéraux n’a pu être vérifiée pour cette espèce, mais pour d’autres, très voisines.
spores. — On n’a jamais pu constater de formation de spores, bien qu'on ait établi, sur leur présence, une théorie de la maladie. Le sang infectant perdant toute activité par un chauffage à 55°, il semble difficile d'admettre la formation d'éléments de résistance.
Multiplication. — Elle pourrait se faire surtout par division transversale. Les longs Spirilles que l’on trouve-souvent dans le sang seraient constitués par plusieurs individus, issus de division, unis bout à bout, non encore séparés; ou y reconnait en effet des bandes transversales pâles indiquant la segmentation. Si l’on ne peut rejeter complètement la division longitudinale et si les cas observés ne sont pas dus à de simples apparences, à des accolements, on ne doit l’admettre que comme rare ou exceptionnelle.
La multiplication peut être très rapide; en inoculant une ou deux gouttes de sang de malade à un rat ou une souris, on peut déjà trouver après quinze heures des Spirilles dans le sang de la circulation périphérique; en trente-six ou quarante-huit heures, ils y sont en nombre considérable, puis décroissent et disparaissent.
Cultures. — Hors de l'organisme de l’homme et de certains animaux réceptifs, le Spirille d’Obermeier ne se cultive dans aucun des milieux employés, même ceux à base de sang. Norris, Pappenheimer et Flourney(1) disent avoir obtenu une très notable multiplication du microbe, après vingt-quatre heures, en ensemençant, avec quelques gouttes de sang infecté, du sang citraté d'homme ou de rat; une seconde génération a été obtenue en partant de la première, puis plus rien après. Peut-être réussirait-on en usant du procédé des sacs de collodion qui a donné des résultats positifs à Levaditi (2) pour le Spirille de la fièvre récurrente africaine et le Spirillum gallinarum voisin.
On peut toutefois conserver vivants les Spirilles d'Obermeter, pendant assez longtemps, dans du sang, en prenant quelques précautions
(1) Norris, PaPPeNHEIMER et FLourney, Study of a Spirochæte oftained from a case of relapsing fever in man (Journ, of infect. diseases, IL, 1906, p. 246).
(2) Levanrrr, Culture du Spirille de la fièvre récurrente africaine de l'homme (C. R de l’Acad. des sc., GXLIT, 1906).
660 BACTÉRIACÉES.
particulières. Karlinski (1) a montré qu'en prélevant du sang au début
d’un accès, vers le quatrième jour, on pouvait conserver des Spirilles vivants et bien mobiles pendant vingt et un jours entre lame et lamelle et jusqu’à une centaine de jours dans un tube capillaire. Pasternazki (2) a constaté qu'en faisant sucer à des sangsues du sang d'homme malade et gardant ces annélides à basse température, on pouvait conserver toute la vitalité des Spirilles pendant dix à vingt jours; de plus, la coagulation du sang ne se fait pas. Dans la solution physiologique, les mouvements ne se conservent pas, à beaucoup près, aussi longtemps que dans le sang; ils cessent très vite dans l’eau.
INOCULATION EXPÉRIMENTALE
Carter (3) et Koch (4) ont montré les premiers que l’on pouvait trans-
mettre la ir. à des singes, en leur injectant sous la peau de petites
quantités de sang défibriné de malades atteints de fièvre récurrente grave. Le fait a été confirmé depuis par beaucoup d’observateurs Environ quatre ou cinq jours après l'opération, il se déclare chez l'animal un fort accès de fièvre qui peut durer une huitaine de jours. Pendant tout ce temps, le sang montre de nombreux Spirilles. Aucun singe ne présente de rechute caractéristique.
L'inoculation à l'homme est toujours positive (Metschnikoff).
En se servant d’un virus qui a passé par le singe, on peut donner la maladie au rat, à la souris, au hamster. En poor de fortes doses de sang virulent dans leur péritoine, la maladie évolue vite et est fréquemment mortelle. Après une première crise, on peut chserver une ou plusieurs rechutes si l'animal n'a pas succombé.
Obermeier n'a rien obtenu en inoculant des chiens, des lapins, des cobayes; l'insuccès a été confirmé par bien des observateurs et étendu à l'âne, au porc, au pigeon, à la poule.
Chez le singe et le rat surtout, une première atteinte ne confère d'habitude aucune immunité; la maladie peut être rémoculée avec succès plusieurs fois de suite. Toutefois, ces animaux paraissent mieux supporter la réinfection que la première infection.
Il en est du reste de même chez l'homme : une Me atteinte, quelque grave qu’elle soit, ne met jamais à l’abri des récidives.
Ivanoff (5) a montré qu'il est possible de conférer au singe une immunité arüficielle, qu'il attribue à la fois aux processus de phagocytose qui sont exaltés, et à la formation dans le sang de substances bactéricides produites par les leucocytes.
On peut obtenir l’immunité chez le rat à la suite d'injections répétées de sang virulent, comme l'ont montré Novy et Knapp.
(1) Karuwsxi, Zur Kenntniss der fieberhaften Ictérus (Fortschrilte d. Medicin., 1870, n° 5)..
(2) Pasrernazki, Wratch, 1870, p. 207).
(3) Carrer, Contribution to the sperimental pathology of Spirillum-fever (Medicochirurg. Transactions, 1880, p. 79).
(4) Koca, Zur D ans von pathogenen Organismen (Mitt. aus dem kaiserl. Gesundheitsamte, 1, 1881).
(5) IVANOFF, is artificielle dans la fièvre récurrente. Thèse de Saint-Péters--
bourg, 1897.
SPIRILLUM OBERMEIERI. 661
Gabritschewsky (1) et Bardach (2) ont vu les premiers que le sang des hommes et des singes qui ont été atteints de fièvre récurrente possédait presque toujours des propriétés spirillicides énergiques ; à son contact, les Spirilles se gonflent, se déroulent, deviennent immobiles, granuleux, et finissent par se désagréger complètement. C’est un phénomène de bactériolyse bien net, analogue à la réaction de Pfeiffer (p. 633), qui peut se produire in vivo et in vitro, mais peut-être d’une manière inconstante.
A côté de ces propriétés bactéricides marquées, le sang des singes et des rats immunisés, et aussi celui des malades en voie de guérison, possèdent d’autres anticorps, particulièrement une ou des agglutinines qui agissent d’une facon remarquable sur les Spirochètes. En ajoutant du sérum obtenu d’un tel sang à un sang riche en Spirochètes que l'on a préalablement défibriné, puis laissant au repos pour obtenir la séparation des globules et du plasma, après douze à vingt-quatre heures on constate la formation, au-dessus de la couche de globules, de flocons ou de petites plaquettes blanches qui, à l'examen microscopique, se montrent formés de Spirilles agglutinés. Les plus gros amas montrent, à leurs bords, une frange de Spirilles en disposition radiaire; les plus petits groupes forment des rosettes souvent régulières, constituées par cinquante à cent éléments disposés aussi radiairement. Ces Spirilles agglutinés ont perdu leurs mouvements ondufatoires, mais conservent pendant des heures leur mouvement hélicoïde.
En employant des sérums provenant d'animaux fortement immunisés, ayantun pouvoir agglutinant élevé, 1 p. 1 000 ou 2 000, il serait possible de tirer de l’agglutination des indications pour un diagnostic exact.