PROPHYLAXIE
On peut, de ces données, Lirer des déductions importantes pour la prophylaxie de la fièvre typhoïde. Toujours, la fièvre typhoïde se transmet par contagion d'un virus provenant de typhiques. Le typhique peut disséminer les germes de l'affection dont il est atteint par ses matières fécales et ses urines d'abord : cela paraît être le point le plus important ; ensuite, mais très accessoirement, par le sang, les produits d’expectoration, le pus de certains abcès, Ces produits peuvent contaminer directement les individus réceptifs, ou bien le microbe, arrivant chez des individus réfractaires, s'y implante et s'y multiple, faisant de ces individus de véritables sources de contage, comparables en tout aux malades eux-mêmes; ou alors le virus, ainsi émis au dehors, peut se conserver vivant dans le milieu extérieur ; c'est le sol qui lui semble le milieu le plus favorable pour sa conservation. Il revient à l'organisme par des voies diverses : il arrive surtout dans l'intestin avec l’eau de boisson, les aliments, les poussières dégluties.
Un fait cilé par Petruschky (2) est des plus intéressant à cet égard. Un typhique urine dans une bouteille qui est mise par mégarde sur la table; sa sœur, étonnée de l'aspect trouble du liquide qu'elle prenait pour du vin blanc, voulut le goûter avant d’en donner au malade. Bien qu'elle eût été prise aussitôt de vomissements, elle tomba malade de fièvre typhoïde après une incubalion de douze jours. ;
On doit conclure de là qu'il faut veiller soigneusement à la désin-
(1) Kezsca, Considérations critiques sur la contagion et l’origine des maladies infectieuses (Acad. de méd.,22 décembre 1896).
(2) Perruscuky, Ueber Massenausscheidung von T yphusbacillen durch den Urin von Typhus-Rekonvalescenten und die epidemiologische Bedeutung dieser Thatsache (Centralbl. für Bakt., XXIII, 1898, p. 577).
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fection des produits venant des typhiques et des anciens typhiques reconnus porteurs de germes, particulièrement les matières fécales et les urines, éviter les souillures du sol qui peuvent provenir de leur dispersion, surtout quand ces souillures peuvent avoir une répercussion sur l’eau qui sert à la boisson.
L'importance attribuée aux porteurs de germes, dans la contagion el dans la dissémination du microbe, fait qu'il peut être intéressant de les reconnaître. L'examen bactériologique des selles permetseul d'y arriver. Toutefois, les résultats des essais faits en grand par le gouvernement allemand (1), sur divers points du territoire où furent installées des stations bactériologiques uniquement destinées à s'occuper de celte question, ne paraissent pas en rapport avec les complications nécessitées.
Il ne semble pas que les moyens de prophylaxie recommandés jusqu'ici aient donné tout ce que l'on croyait pouvoir attendre d'eux: ce qui doit faire penser qu'il y a encore d'importantes inconnues dans le problème de l'étiologie de la fièvre typhoïde.